jeudi 14 juin 2018

Quinze ans après (10)

Andrea a voulu savoir. Aussitôt. À peine la porte franchie.
– Tu m’as pas dit. Tu lui as fait écouter à ton ami ?
– C’est tout récent. De cet après-midi ça date.
– Et alors ? Ça lui a plu ?
– Tu parles si ça lui a plu ! Six fois il a fallu que je lui fasse réécouter. « Qu’est-ce qu’elle chante bien ! » il arrêtait pas de répéter. « Non, mais qu’est-ce qu’elle chante bien ! Ah, tu devais y aller de bon cœur ! »
– Ah, pour ça ! Près d’une semaine il m’a brûlé, le joufflu.
– Plains-toi !
– Oh, non ! Non, je me plains pas. Au contraire. Il a rien dit d’autre ?
– Il m’a demandé s’il pourrait pas en avoir une copie. Histoire de t’entendre pousser la chansonnette tout à loisir.
– Oh, si il veut.
– Et il m’a posé des tas de questions sur toi. Ce que tu faisais comme boulot. Comment t’étais physiquement. Si t’en avais déjà reçu avant des fessées. D’où ça t’était venu, cette envie. Et quand je t’en donnais, c’était couchée sur mes genoux ? Ou bien debout, appuyée contre ma cuisse ? Autrement ? Toujours à la main ? Ou bien aussi au martinet ? Ou au paddle ? Ou à la badine ? Et comment tu réagissais ? Tu gigotais ? Tu battais des jambes ? Mais alors je te raconte pas quand je lui ai dit que tu montrais tout. Et plus que tout. Généreusement. Il m’a suppliée. Il pourrait pas voir ? Assister ? Au moins une fois. Juste une fois.
– Et t’as répondu quoi ?
– Que c’était pas à moi de décider. Mais que ça m’étonnerait que t’acceptes.
– Mais c’est qui, ce type, finalement ?
– Je t’ai dit. Un ami à moi.
– Vieux ?
– À peu près mon âge.
– Tu le connais d’où ?
– C’est l’ex d’une copine. Qui lui en a fait voir de toutes les couleurs. Quand elle l’a eu plaqué, on est restés en contact. Et puis voilà.
– Ça se passerait comment ?
– Comme tu voudrais… Il peut rester caché si tu préfères.
– Oh, non, non…
– Ou bien rester derrière toi et faire tout un tas de réflexions sur ce qu’il voit et ce qu’il entend.
– C’est pas que ça me déplairait, mais ça craint quand même…
– Une autre solution encore, ce serait qu’il se mette devant toi. Que tu puisses croiser son regard…
– Oh, la honte !
– T’aimerais pas ?
– Si ! Peut-être. Je sais pas. Ça dépend.
– De quoi ?
– De lui. De comment il est. De comment je le sens.
– Suffirait que tu le rencontres avant…
– Je voudrais pas me sentir obligée…
– Avec lui, il y a pas de risque ! C’est vraiment pas le genre de type à te forcer la main. Bon, alors, qu’est-ce que je fais ? Je nous organise une petite bouffe ?
– Si tu veux, oui. Mais pas chez toi. Au resto. Que je me sente pas coincée si le courant passe vraiment pas…

Coxan était ravi.
– T’es un amour. Un véritable amour. Ce sera quand ?
– Très bientôt. Et j’ai une idée en plus !
– Ah, oui ? Quoi ?
– Surprise ! Mais tu seras pas déçu, tu verras…

4 commentaires:

  1. Il y aura effectivement pas mal de rebondissements en perspective.

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  2. Toute la question est maintenant de savoir quelle option va être retenue.

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