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vendredi 31 juillet 2015

Escobarines: Tableaux (3)

– Alors, les filles ?
– Oh, ben on y est retournées, vous pensez bien…
– Même qu’on y a passé l’après-midi…
– Et qu’il y avait foule !
– Pas autant qu’au vernissage, mais pas loin…
– Vous m’avez l’air bien excitées toutes les trois…
– Oh, ben oui, attendez ! Montrer ses fesses comme ça à tout un tas de monde pendant des heures et des heures…
– Même que ce soit qu’en peinture, c’est quand même les nôtres…
– Et toutes rouges…
– Comment ils les regardaient les gens !
– Sans se douter que c’était nous…
– Il y en a c’était de la folie, ce qu’ils pouvaient rester longtemps devant…
– Et ils causaient… Des tas de commentaires ils faisaient…
– Qu’ils auraient bien aimé nous la mettre eux-mêmes la fessée qu’ils disaient certains…
– Oui… Parce que de beaux petits culs comme ça, ça leur donnait sacrément envie…
– Et ils se demandaient pourquoi on avait bien pu l’avoir… Qu’est-ce qu’on avait fait ?
– Ils imaginaient… Des tas d’idées ils avaient…
– Surtout les filles…
– Oui, mais ça, c’est normal…

– On y est encore retournées…
– Et vous savez ce qu’on s’est dit qu’allait pas finalement, à force de les entendre ? Ben, c’est qu’on l’avait eue sans raison la fessée…
– Juste pour que vous puissiez la peindre…
– Ce qu’il aurait fallu, c’est qu’on l’ait pour quelque chose… Une vraie bêtise…
– Et qu’il y ait un panneau à côté de chaque tableau qui raconte… Qui explique pourquoi on l’a reçue…
– N’importe comment maintenant c’est trop tard…
– Ah, non, c’est pas trop tard… Non…
– Comment ça ?
– Elle dure huit mois cette expo… J’aurais largement le temps…
– De refaire trois tableaux ?
– Pas trois, non… Un… Je vous mettrais toutes sur le même…
– Oui, mais le motif ? Ce serait quoi ? Faudrait un motif pour la fessée…
– Il est tout trouvé le motif… Vous passez vos après-midis à vous repaître de l’effet que produisent vos petits derrrières sur les gens qui les voient… Et à y prendre du plaisir…
– C’est vrai… Ça mérite… Elle a raison…
– Et pas qu’un peu…
– Et qui c’est qui va nous la donner alors ? C’est vous ?
– Bien sûr que c’est moi ! Qui vous voulez que ce soit d’autre ?

– Si vous bougez tout le temps, j’y arriverai jamais…
– Oui, mais ça brûle… Ça fait du bien de remuer… Ça soulage…
– Oui, parce que qu’est-ce que vous avez tapé fort n’empêche !
– Oh, pas tant que ça…
– Je sais pas ce qu’il vous faut…
– Tenez-vous tranquilles… Arrêtez de gigoter… Sinon je vous en recolle une… Et par-dessus la première, je peux dire que vous allez le sentir passer…


– Wouah ! Comment ça rend bien… Vous allez l’exposer ?
– Bien sûr ! À la place d’honneur…
– Ils vont aimer les gens…
– Et vous allez expliquer sur un panneau à cause de quoi on l’a eue ?
– Comme convenu…
– Oh, c’est trop… Non, mais comment c’est trop…

– On y va ? On va les regarder le regarder notre tableau ?
– Oui, mais alors une par une… Pas toutes les trois ensemble…
– Ben, pourquoi ?
– Parce que toutes les trois ensemble il y en a ils risquent de se douter que c’est nous… Les cheveux… L’allure générale… Tout ça…
– Ça me déplairait pas, moi, qu’ils se doutent… À condition qu’ils soient pas complètement certains…
– Moi pareil… Ça m’exciterait même…
– Peut-être que moi aussi finalement… Oui… Sûrement même…
– Bon… Ben, allez alors…

mardi 28 juillet 2015

Fessées croisées (38)

Midi


– Charles a dû se demander où j’étais passée, non ?
– Ah, ben ça… Mais on a assuré toutes les deux… On lui a raconté que t’étais partie à la recherche d’une pharmacie… Vu que tu t’étais réveillée avec une espèce de conjonctivite qui te faisait un mal de chien… Et que, dans la foulée, t’allais sans doute en profiter pour faire deux ou trois courses…
– Génial !
– Ça a l’air d’aller nettement mieux que ce matin en tout cas…
– Ah, pour ça, oui ! Je suis allée me changer les idées… Un bien fou ça m’a fait…
– T’es allée où ?
– En farfouillant sur Internet, l’autre nuit, j’ai vu qu’il y avait un club, dans le coin, où se retrouvent tous les passionnés de fessées… J’y suis passée…
– Ah, oui ? Et alors ?
– C’était fermé… Mais j’ai quand même vu la patronne… Trois amis à elle il y avait aussi… Deux hommes et une femme… Hyper sympas… Un bon moment on a discuté… Oh, mais je vais y retourner, ça, c’est sûr… Et pas plus tard que tout-à-l’heure… Ce sera ouvert cet après-midi… Vous voulez venir ?
– Ça se passe comment ?
– Oh, c’est tout simple… Un bracelet rouge pour ceux qui veulent en recevoir… Un vert pour ceux qui veulent en donner… Et un jaune pour ceux qui veulent seulement regarder… On peut rester masqué si on veut… Mais c’est quand même interdit de faire des photos…
– Oui, ben ça… Normal… Et tu peux refuser ? Si le type ou la fille, ils te plaisent pas ?
– On n’oblige personne à rien…
– Je crois bien que je vais me laisser tenter, moi !
– Et moi donc !



18 heures


– Ce délire ! Non, mais ce délire !
– Là, faut reconnaître… On a fait fort…
– Cette honte que tu m’as fait passer… Devant… Combien ils étaient ? Au moins une cinquantaine… Et sans me prévenir de ce que tu mijotais en plus !
– Ça aurait perdu tout son charme…
– Leur balancer, comme ça, que tu avais été obligée de me punir POUR DE VRAI et que j’allais leur montrer le résultat… Que ça faisait partie de la punition… Non, mais comment j’étais dans mes petits souliers…
– T’as pas aimé ?
– Tu parles que j’ai pas aimé… J’ai adoré, oui…
– Et eux donc ! Leurs têtes quand ils ont vu l’état de ton derrière ! Ils en revenaient pas…
– Faut dire que, quand tu flanques une fessée, toi, tu la flanques…
– Tant qu’à faire…
– Et là, en plus, deux coup sur coup ça faisait… L’une par-dessus l’autre… Et comme je marque que le diable…
– Ah, on a fait des heureux, ça, c’est sûr…
– Sans compter qu’après Christine a pas été mal non plus dans son genre…
– Tout ce temps qu’elle a mis pour choisir qui c’est qu’allait la lui donner…
– Scotchés ils étaient… On aurait entendu une mouche voler…
– Dès le début j’avais décidé… Dès que je l’ai vue… Ce serait cette nana et personne d’autre… Mais, d’un autre côté, comment c’était jouissif de les avoir tous, comme ça, en mon pouvoir… De les tenir à bout de bras… De sentir leur envie… De palper leur attente… Comment ça donnait envie de faire durer…
– Elle a assuré la fille apparemment… Vu comment t’as braillé…
– Je dois reconnaître… Un sacré bon moment j’ai passé…
– Oui… Ben ça, ça s’est vu…
– Heureusement qu’on était là finalement… Parce que sans nous…
– C’est vrai que les autres, c’était pas vraiment terrible…
– Ça se laissait regarder, mais bon…
– Ils feront peut-être mieux la prochaine fois…
– Peut-être, oui… Ben, sinon on reprendra les choses en main…
– On les reprendra de toute façon…
– Vous croyez qu’il y était le détective privé ?
– Ça, il y a toutes les chances… C’est même certain…
– Et donc…
– Ben donc, la prochaine fois nos chers maris seront dans la salle… Masqués…
– Je le reconnaîtrais entre mille mon bonhomme… Même masqué… Alors là…
– Ça, moi aussi…
– Ils prendront pas ce risque… Qu’est-ce vous pariez qu’ils iront se planquer se planquer dans les petites cabines au fond ?
– Ce qui leur coûtera la peau des fesses…
– Pour rien… On saura quand même qu’ils sont là…

mardi 21 juillet 2015

Fessées croisées (37)

4 août 2012


– No comment… S’il te plaît, no comment… Je le sais que j’ai une tronche à faire peur…
– T’as surtout la tronche de quelqu’un qu’a beaucoup pleuré…
– Toute la nuit…
– Jaufret ?
– Ben oui, Jaufret… Oui… Jamais j’aurais dû l’appeler hier soir… Il a été odieux… Mais au moins, maintenant, les choses sont claires…
– Peut-être que t’es mal tombée… Que si tu le rappelles…
– Te fatigue pas ! Quand un mec te dit que t’as juste été bonne à lui vider les couilles… Qu’à part ça tu présentes pas le moindre intérêt…
– Quel salaud !
– Ah, ça, tu l’as dit…
– Tu vas faire quoi ?
– Qu’est-ce tu veux que je fasse ? Je vais chialer un bon coup… Et essayer de l’oublier…
– Non, mais je veux dire… Pour Charles… Il s’est rendu compte de rien cette nuit ?
– Oh, tu sais, lui, quand il dort, il dort… Et puis la nuit je l’ai surtout passée dans la salle de bains… Alors…
– Sauf que s’il te trouve dans cet état-là, quand il va descendre, il va forcément se poser des questions… Et t’en poser…
– J’inventerai quelque chose…
– Quoi ?
– Je trouverai bien…
– Tu prends des risques… Ou alors faut vraiment que ce soit très très plausible… Parce qu’un homme qui voit sa femme pleurer, il y a toutes les chances qu’il finisse par soupçonner que c’est pour un autre…
– Oui… Non… J’ai pas besoin de ça… En plus du reste… Je vais aller faire un tour… Et je reviendrai quand je serai à peu près présentable…
– Tu veux que je t’accompagne ?
– Non… Merci… Non… Je préfère digérer ça toute seule…



10 heures


– Ça devait arriver… Un jour ou l’autre… Mais quand même… Je le connais bien Jaufret… Pour qu’il se montre aussi mufle, il a vraiment fallu qu’elle y mette du sien Christine… Et pas qu’un peu… Bon, mais c’est pas nos oignons, ça, n’importe comment…
– J’espère pour elle qu’elle va réussir à se reprendre… Et vite… Parce qu’il est pas idiot Charles… Il aura vite fait de flairer qu’il y a anguille sous roche…
– Sans compter que tu risques bien de te ramasser une balle perdue… Parce que si Charles découvre le pot-aux-roses, Gilles aussi pourrait bien se mettre à se poser des questions… Vu que ça fait des semaines et des semaines que vous êtes fourrées toute la journée ensemble toutes les deux… De là à en conclure que…
– J’y avais pas pensé, mais…
– L’occasion de recevoir enfin la bonne fessée dont tu rêves pour l’avoir trompé de façon éhontée…
– Si j’étais sûre que ça se passe comme ça… Et qu’il se contente de ça… Seulement pour savoir comment il réagirait… Je le sens pas Gilles en ce moment… On s’était rapprochés ces derniers temps… Si, c’est vrai… On était à nouveau très complices… Et puis, d’un seul coup, il est redevenu exactement comme avant… Distant… Lointain… Et ça, c’est depuis cette histoire de fessée avec Christine… Il en parle pas, il le dit pas, mais je suis sûre qu’il m’en veut de tout ça…
– Et pourtant pas besoin de t’en faire qu’il y trouve son compte… Et pas qu’un peu…
– C’est peut-être ça qu’il veut me faire payer finalement, va savoir…
– À moins que ce qu’il supporte pas, c’est que toi t’y trouves le tien et qu’il y soit pour rien… Que ça se passe en-dehors de lui… C’est peut-être d’ailleurs pour ça les détectives privés… Tout simplement… Pour se réapproprier ce qui lui échappe… Ce qui leur échappe à tous les deux…
– J’en sais rien… Il est compliqué Gilles… Il a toujours été imprévisible… Mais alors en ce moment ça bat les records… Et ça me déstabilise complètement…
– Tu vas pas arrêter au moins ?
– Arrêter ? Les fessées ? Je crois pas que ça y changerait grand’chose… Le mal est fait… Et puis, de toute façon, maintenant que j’y ai goûté… Je pourrais pas… Ça me manquerait trop…
– Oui, ben moi, très égoïstement, ça m’arrange… Parce que t’as une de ces façons de la donner la fessée… Ça me fait complètement fondre…
– Ça se voit…
– Et d’ailleurs si c’était pas trop te demander…
– Tu voudrais qu’on remette ça…
– Voilà, oui…
– Là ? Tout de suite ? Par-dessus l’autre tu risques de le sentir sacrément passer…
– Ça fait rien… Au contraire… J’ai trop envie…

vendredi 17 juillet 2015

Escobarines: Tableaux (2)

– Je passais dans le coin… Alors je me suis dit : “Tiens, et si je montais lui faire un petit coucou…”
– C’est gentil… Eh ben entre ! Tu feras la connaissance de Faustine…
– C’est qui Faustine ?
– Quelqu’un qui pose pour moi…
– Je veux pas déranger…
– Oh, mais tu déranges pas… On arrivait en fin de séance n’importe comment…

– Pourquoi vous me l’avez pas dit ?
– Quoi donc ? Qu’elle serait à poil ? Tu devais bien t’en douter…
– Non, mais pas ça ! Qu’elle les aurait dans cet état les fesses… Comment elle a dû se sentir gênée que je la voie…
– Elle ? Oui, oh, ben alors là il y a pas de risque… Elle en est plus là…
– Mais alors, si je comprends bien, ça y est votre projet de peindre des derrières qu’ont reçu la fessée… C’est parti…
– Et bien parti… À quatre déjà j’en suis…
– Eh ben, dis donc ! Qui c’est qui lui a fait à Faustine ? C’est vous ?
– Ça aurait pu, mais non… Elle a ce qu’il lui faut sous la main…
– Son copain ?
– « Un » copain, à ce que j’ai compris…
– Ça me dépasse des trucs pareils… Ça me dépasse complètement… Non, mais comment on peut ?
– Demande-lui… Repasse demain et pose-lui la question…
– Oh, ben non… Non… J’oserai jamais… Et puis j’m’en fous n’importe comment… C’est pas mon problème…

– Eh ben dis donc, pour quelqu’un qui s’en fout…
– Vous téléphoniez… Fallait bien qu’on s’occupe pendant ce temps-là toutes les deux…
– Et alors ?
– On a bien discuté…
– Et ?
– Oh, ben rien… Rien… Enfin, si ! On dîne ensemble demain soir…

– Alors ? Ce dîner ?
– Il y avait son copain… Enfin… Le copain qui lui a fait… Sylvain… Qu’est qu’un copain, c’est vrai… Mais hyper sympa…
– Et vous en avez parlé…
– Au début, oui… Et puis après ils m’ont fait voir… Il lui en a mis une… Pour fêter ça que vous l’ayez fini le tableau, ils ont dit… Mais vraiment une vraie il lui a donnée, hein ! Non, mais comment il tapait !
– Et alors ?
– Ben, elle, ça lui plaisait… Ça se voyait que ça lui plaisait… Drôlement même…
– Et ça t’a donné envie…
– Ce serait pas possible de toute façon… Parce qu’il y a mon mari… Et qu’il s’apercevrait forcément…
– Il y a toujours des solutions quand on veut…

– Vous en peignez une autre de fille du coup maintenant ?
– Oh, ben oui… Oui… Pas question que je m’arrête en si bon chemin…
– Elle est là ?
– Elle sera là demain… Passe si tu veux… Tu la verras…
– Vous allez en faire aussi une exposition de tout ça ? Comme l’autre fois ?
– En mars prochain… Au même endroit…
– Comment ça va leur faire drôle aux filles de se mélanger aux visiteurs… De les regarder les regarder… Et de se dire qu’ils savent pas que c’est elles… Qu’elles sont juste à côté… Déjà que quand c’était juste le derrière… Mais alors là… Comme ça…
– Elles vont adorer, je suis sûre…

– Vous êtes toute seule ?
– Oui…
– On me l’a fait… Une fessée… Je l’ai eue…
– J'étais sûre qu'un jour ou l'autre… Sylvain ?
– Non… Faustine…
– Et alors ?
– C’était trop bizarre…
– Agréable ?
– Finalement, oui… Mais bizarre…
– Ben, fais voir… Oh, là ! Elle y est allée de bon cœur, dis donc !
– Oui, c’est moi qu’ai voulu pour que ce soit…
– C’est superbe… Absolument superbe…
– Vous allez me peindre alors ?
– Un peu que je vais te peindre… Et je vais même commencer tout de suite… Mets-toi là… Juste à l’angle du mur… Et relève ta robe… Encore un peu… Là… Parfait… Bouge plus !

(à suivre)

mardi 14 juillet 2015

Fessées croisées (36)

14 heures


Christine a soupiré…
– C’est de ma faute tout ça… Ben si ! Si ! J’aurais pas laissé Jaufret me flanquer une fessée, on aurait pas été obligées d’inventer toute une histoire à dormir debout pour faire passer la pilule à Charles…
– Reconnais que ça a quand même eu des bons côtés… Ça nous a fait découvrir des tas de choses dont on avait pas idée toutes les deux…
– Peut-être… Mais en attendant on est piégées…
– Oui, oh ! Pour le moment, question mecs, on court pas de bien gros risques… En ce qui me concerne, Enzo j’ai définitivement fait une croix dessus… Quant à Jaufret, si on en croit Mélanie…
– C’est peut-être pas ça qu’ils cherchent à savoir…
– Ah, oui ? Ben, ce serait quoi alors ?
– Tout simplement ce qu’on fabrique derrière leur dos… Si on continue à se la donner la fessée… Où ? Quand ? Comment ? Dans quelles conditions… Éventuellement avec qui… Parce que… Une fois on le leur a offert le spectacle… Une seule… Et depuis rien… Je suis sûre qu’ils se disent que c’est pas possible… Qu’on continue forcément… En cachette… Et ils se font des films… Ils nous imaginent dans des situations invraisemblables… Et très excitantes…
– Ils auraient un moyen simple de savoir à quoi s’en tenir pourtant…
– Ben oui, nos derrières… Évidemment… Un simple coup d’œil dessus et ils seraient fixés… Or, ils ne le font pas… Charles en tout cas, moi, il me le fait pas… Par moments, j’ai même l’impression qu’il évite soigneusement les situations qui le lui permettraient…
– Oui… Gilles exactement pareil… Comment ça s’explique à ton avis ?
– Ils ont mis des détectives sur le coup… Ils en attendent des révélations… Dont ils comptent bien ensuite tirer profit tout leur saoul… D’une façon ou d’une autre… Alors tu crois qu’il serait judicieux pour eux, en ce moment, d’aller mettre le nez sur l’état de nos derrières qu’ils supposent rougeoyants ? Ça nous refrénerait… Ça nous paralyserait… Ce serait complètement contre-productif…
– Ça se tient tout ça… Oui, ça se tient… Et on fait quoi, nous, alors du coup ?
– On réfléchit… Et on avise…



16 heures


Christine nous a laissées aux abords de la place…
– Tu vas faire quoi ?
– Les promener dans Toulon… Et je peux te dire qu’ils ont intérêt à avoir de bonnes jambes…
On l’a regardée s’éloigner…
Bon… Mais et nous ? On allait faire quoi, nous ?
– Ils y sont peut-être là-bas, au café, nos deux petits vieux…
– Tu parles qu’ils y sont… Et qu’ils nous espèrent de toutes leurs forces…

Ils y étaient…
– Il fait beau, hein, aujourd’hui ?
Ah, ça, oui… On était bien de leur avis… Pour faire beau, ça, il faisait beau…
On a eu droit à un feu nourri de banalités… Sur le climat qu’était en train de changer… Sur les touristes… Qu’étaient moins nombreux que d’habitude… Sur les jeunes qui voulaient plus rien faire aujourd’hui…
– Qu’il y a des fois je te leur botterais bien le derrière, moi…
Et puis, il y en a un des deux qui s’est bravement lancé…
– On a entendu hier…
Ah ! Et ils avaient entendu quoi ?
– Ben, que la jeune fille, là, elle posait des problèmes des fois…
– Oh, ça, vous pouvez le dire… Et plus souvent qu’à son tour…
– Vous lui avez pas fait quand même ? Ce que vous avez dit… Vous lui avez pas fait ?
– Bien sûr que si !
Ils ont échangé un long regard dubitatif…
– Mouais…
– Vous me croyez pas ? Venez si vous me croyez pas… Venez voir !
Je me suis levée…
– Allez ! Venez !
Ils ne se sont pas fait prier…
– Et toi, arrive !
– Oh, non ! S’il te plaît, non !
– Si ! Ça te servira de leçon… Allons ! Depêche !
Elle a suivi… En bougonnant et en traînant la jambe…
J’ai poussé tout ce petit monde sous une porte cochère…
– Baisse ton pantalon !
Elle nous a tourné le dos et l’a descendu, de mauvaise grâce, jusqu’à mi-fesses…
– Plus bas ! Encore !
J’ai tiré… Jusqu’au-dessus des genoux…
– Ah, oui ! Quand même !
Ils s’en sont repus… Avec une délectation manifeste…

– Trop génial cette idée que t’as eue ! Vraiment trop génial… Comment j’avais honte ! Comment c’était bon ! Ce que j’aurais aimé voir leurs têtes…
– Moi, ce que je me demande, c’est ce qu’il en a tiré comme conclusion s’il y a un détective qui nous a vus entrer là-dessous…

mardi 7 juillet 2015

Fessées croisées (35)

3 août 2012


Elle avait une de ces têtes Christine… Une tête de crevée…
– Je sais, oui… J’ai pas dormi de la nuit…
– Jaufret ?
– Ben oui, Jaufret… Oui… Je comprends pas… J’y comprends rien… Me faire faux bond comme ça, hier, sans prévenir…
– Il aura eu un empêchement…
– C’est pas une raison… On prévient… Il y a des téléphones, non ?
– Peut-être qu’il a pas pu…
– Tu parles ! On peut toujours quand on veut… On trouve toujours une solution… Non… Il y a quelque chose… Peut-être une autre nana… Ou bien alors, tout simplement, il en a marre de moi…
– T’en sais rien du tout… Attends de l’avoir revu… Que vous vous soyez expliqués…
– Je suis pourtant pas la fille chiante… Je lui demande rien… Jamais… Si encore je lui avais parlé de quitter Charles… De venir vivre avec lui… Des trucs dans le genre… Je comprendrais qu’il veuille se sauver en courant… Mais je suis pas complètement idiote… Au contraire… Je prends toujours soin de pas l’encombrer… De me faire aussi légère que possible… La seule chose… Je lui montre que je tiens à lui… Je lui dis… Ben oui… Oui… Je peux quand même pas faire celle qu’en a rien à battre… Qu’est-ce qu’il irait penser ?
– Tu te compliques beaucoup trop la vie…
– Il sera là cet après-midi ? Je veux qu’il soit là… À ton avis il sera là ?
– Qu’est-ce que tu veux que j’en sache ?



10 heures


– Il y sera pas, non…
Et elle a commencé à se déhabiller…
– T’es sûre ?
– Certaine… En Italie il est… Avec des copains… Et apparemment pour un bon moment…
– Ah, ben d’accord… Et Christine ? Il en a rien à fiche d’elle alors, c’est ça ?
– Même pas, non… Il vit le moment présent… Christine, il sait que de toute façon il la récupérera quand il voudra… Il aura juste à claquer des doigts… Alors pourquoi il se gênerait ?
Elle est sortie de son string… Qu’elle a abandonné sur le carrelage… A grimacé en se frottant les fesses…
– Ça te brûle toujours ?
– Un peu… Mais ce qu’il y a surtout, c’est que c’est tout endolori… Dès que je m’appuyais dessus cette nuit, j’te dis pas comment je dégustais…
– Fais voir ! Tourne-toi ! Ah, oui… Oui… Effectivement… Il y a des séquelles… Et des belles…
– Tu parles qu’il y a des séquelles ! Vu comment tu y es allée de bon cœur…
– Tu regrettes ?
– Ah, non ! Ça, non alors ! On recommence quand tu veux… Tu me fais une petite place avec toi dans la baignoire ?
Elle a escaladé… S’est laissée glisser… A pris appui, avec les pieds, de chaque côté, contre mes hanches…
– Ça fait du bien, hein ?
– Un peu que ça fait du bien… Tu crois qu’ils y seront ?
– Qui ça ?
– Nos deux petits vieux d’hier au café cet après-midi…
– Ça ! Mais on peut passer voir si tu veux… Et, au cas où, leur en rajouter une couche…
– J’aimerais bien, oui… Mais avant, faut que je te dise un truc… J’ai eu Ludo ce matin au téléphone… Et c’est pas impossible qu’on soit surveillées…
– Comment ça « surveillées » ?
– Il y avait un type qui rôdait hier à la crique… Ses copains se sont trouvés nez à nez avec…
– Un voyeur, sûrement… Tu parles que, depuis le temps, t’en as qu’ont dû repérer qu’il s’y passait des trucs, là…
– Oui… Sauf qu’il y a un des gars qui l’a reconnu… Il est formel : c’est un détective privé…
– Un détective privé !
– De Nice…
– Les salauds ! Non, mais les salauds ! Alors c’est ça qu’ils sont allés faire à Nice l’autre jour… Nous mettre des flics au cul… Des fois qu’on les trompe… Oui, ben ils vont en être pour leurs frais… Parce qu’Enzo… Quant à Christine, c’est un sacré coup de bol pour elle qu’il soit pas venu hier Jaufret alors finalement…
– Probable, oui… En attendant on sait à quoi s’en tenir… Dès qu’on met le nez dehors on est sous haute surveillance…
– C’est gai !
– Ça !
– Mais en même temps, maintenant qu’on sait – et qu’ils savent pas qu’on sait – qui c’est qui mène le jeu ? Super excitant ça peut être si on veut…

vendredi 3 juillet 2015

Escobarines: Tableaux (1)

– J’ai vu votre annonce…
– Eh bien, entrez ! Restez pas là sur le palier…
– Merci… Je vous avouerai… J’ai failli pas venir… J’avais peur de tomber dans un traquenard… Sur un mec avec des intentions louches…
– Ben non, vous voyez, non… Je suis une femme… Tout ce qu’il y a de plus femme…
– En quoi ça consiste alors votre annonce au juste ? Vous pouvez m’expliquer ? Vous êtes peintre, c’est ça ?
– C’est bien ça, oui…
– Et vous cherchez de nouveaux modèles…
– Amateurs… Uniquement amateurs… Des « Madame-tout-le-monde »… Qui sont, en général, beaucoup plus vraies, beaucoup plus naturelles que les « poseuses » professionnelles…
– Et, si j’ai bien compris, c’est des nus que vous peignez…
– En effet… Exclusivement…
– C’est bien ce qu’il me semblait… Et justement… C’est pour ça que je suis venue… Non… Parce que j’ai toujours été terriblement complexée par mon physique… Alors je me suis dit que – peut-être – ça m’aiderait à m’accepter comme je suis…
– Oui… Oh, alors ça, sûrement… Il y a rien de tel…
– La seule chose… Je voudrais que personne sache… Mon mari… Mes collègues… Mes amis… Tout ça… Faudrait pas qu’on voie ma figure… On sait jamais…
– Il y a aucun risque… Mais venez voir à côté, dans mon atelier, plutôt… Vous allez comprendre…

– Il y a que des derrières…
– Et des dos…
– Et qu’est-ce qu’il y en a ! Oh, mais ça me va… Si on me reconnaît pas, ça me va… Mais peut-être que c’est moi qui vais pas vous convenir ?
– Ça, faudrait que je voie… Que je juge sur pièces…
– Ah, ben oui, c’est vrai… Que je suis bête ! Je me déshabille alors ?
– Tu te déshabilles…

– Alors ?
– Quand je pense que t’es complexée ! Mais t’as un cul absolument magnifique…
– Vous trouvez ?
– Un cul comme ça, c’est un vrai régal à peindre… J’en ai déjà les pinceaux qui me démangent…
– Vous allez me le faire ?
– Un peu que je vais te le faire…
– Quand ?
– Le plus tôt possible… Tout de suite si tu veux… Si t’as rien d’autre de prévu… Non ? Eh bien allez on commence…

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– Comment ça me faisait drôle tous ces gens qui défilaient dimanche, à l’expo… Qui s’arrêtaient devant mon derrière… Qui le regardaient… Sans savoir que j’étais juste à côté… Que c’était le mien…
– Drôle ou plaisir ?
– Un peu les deux… Mais plaisir aussi, oui… Surtout qu’il y en a on voit qu’ils apprécient vraiment…
– C’est qu’ils ont bon goût…
– Il y a un bonhomme… Plus d’une heure il est resté planté devant hier… Il arrivait pas à s’en aller…
– Ah, parce que tu y es retournée hier…
– J’ai pas pu m’empêcher…
– Et puis peut-être lundi… Et aussi mardi… Et pourquoi pas mercredi tant qu’à faire…
– Mardi justement il y en a trois qu’ont discuté un long moment juste en-dessous… J’ai pas réussi à entendre ce qu’ils disaient… Parce que j’étais un peu loin et que j’osais pas trop m’approcher… Mais à eux aussi ça avait l’air de leur plaire…
– Quand je pense qu’il a fallu que je te bataille quinze jours pour que tu finisses par accepter que je l’expose cette toile…
– Je me rendais pas compte…
– Profites-en bien ! Parce que le trente, c’est fini… On décroche tout…
– Je sais, oui… Et vous prévoyez rien d’autre ?
– Oh, si ! C’est en cours d’élaboration…
– Chouette ! Et sur quoi ce serait ? Toujours les derrières ?
– Toujours… Mais joliment rougis cette fois… Parce qu’une bonne fessée sera passée par là…
– Vous trouverez jamais de volontaires pour un truc pareil !
– Bien sûr que si ! J’ai déjà cinq ou six candidatures…
– Ah, oui ? Ça, alors là, je pourrais jamais, moi…

(à suivre)