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mardi 22 décembre 2015

Fessées croisées2 (18)

14 heures


– Prends à droite…
– À droite, mais…
– Mais c’est moi qui choisis… Toi, hier… Moi, aujourd’hui… Chacun son tour… Allez, vas-y ! Tourne ! Et ensuite première à gauche…
– Vos désirs sont des ordres, petite Madame…

– Alors ? T’en dis quoi de mon petit hôtel ?
– À vrai dire, je m’en fiche complètement de l’hôtel… Du moment que toi, t’es là…
Et il m’a poussée vers le lit…
– Non, attends !
– Attendre ? Attendre quoi ? J’ai trop envie… Tu me rends fou… Toute la nuit j’ai pensé qu’à ça… J’ai pensé qu’à toi… À nous… À comment j’étais bien en toi… J’ai même…
– Même ?
– Coulé pour toi… J’ai pas pu m’empêcher… Tu m’excites d’une force ! J’ai jamais eu envie de personne comme ça… Personne… Jamais…
– Moi aussi ! Si tu savais !
Et on s’est rués l’un sur l’autre… Agrippés l’un à l’autre… Noués… J’ai joui… Il a joui… On a joui… Recommencé…

On est retombés, épuisés… Sa main s’est posée, légère, au creux de mes reins… Y a séjourné… Longtemps… S’est aventurée vers les fesses… Qu’elle a parcourues et reparcourues… Du bout des doigts… Apprises… Longtemps… Et puis ses lèvres… Et une volée de petits pincements entre ses dents…
– Aïe !
– Ça fait mal ?
– Un peu, oui…
– Faut dire que vu l’état dans lequel t’as le derrière !
– Mais c’est pas vraiment désagréable non plus…
– Ah, oui ? Oh, ben alors !
Et il y est retourné… En suçotements… En mordillements… De plus en plus profonds… De plus en plus déterminés… Je me suis crispée… Raidie… Il s’est interrompu… A relevé la tête…
– Continue ! Oh, s’il te plaît, continue !
Il ne s’est pas fait prier… Il a continué, une main glissée entre mes cuisses… Le plaisir m’a emportée… Ravagée…

– C’est qui qui te donne la fessée ?
– Ça, c’est mon secret…
– Des secrets ? Pour moi ? Non, mais alors là ! C’est qui ?
– Je te le dirai pas…
– Oui, ben alors ça, c’est ce qu’on va voir…
Et il m’a lancé une grande claque… À plein derrière…
– Oh, tu peux bien tant que tu veux… Tu sauras rien n’importe comment…
– Tant que je veux ? Tu sais pas à quoi tu t’exposes…
Et il m’a flanqué une magistrale fessée… Il y a mis tout son cœur…

– N’empêche que j’ai rien dit…
– Mais j’ai quand même ma petite idée…
– Ah, oui ? C’est quoi ?
– Ah, ça, tu sauras pas… Moi aussi, j’ai mes secrets…



19 heures


– Alors ? Ça s’est passé comme tu voulais ?
– En beaucoup mieux même…
– Tu vas me raconter… En détail… Mais pas ici ! Je t’emmène…
– Tu m’emmènes ? Où ça ?
– Devine !
– Pas là-bas au moins ?
– Ben si ! Même chambre… Même lit… J’ai retenu…
– Non, mais t’es vraiment retors d’une force, toi, dans ton genre…
– Ça te dit pas ?
– Si ! C’est ça le pire…
– Un amant le matin… Un autre l’après-midi… Et le soir le mari… En bouquet final…
– Oui… Ben, il y a une, la patronne de l’hôtel, je te dis pas la tête qu’elle va faire… Déjà que tout-à-l’heure…

mardi 15 décembre 2015

Fessées croisées2 (17)

14 août


– Et alors ? Le programme de ta journée ? C’est quoi ?
– Enzo ce matin…
– Et l’autre cet après-midi…
– Voilà, oui…
– Tu devrais quand même te garder un peu de temps…
– Du temps ? Pour quoi faire ?
– Pour en lever un troisième…
– Te moque pas !
– Regarde-moi ! Regarde-moi en face et dis-moi que t’y as pas pensé…
– Peut-être un peu, si !
– Seulement un peu ?
– Ça te fait pas ça à toi ?
– Quoi donc ?
– De te dire que sûrement il y a encore mieux ailleurs ?
– Il y aura toujours sûrement mieux ailleurs…
– C’est justement… Bon, mais allez ! Laisse-moi me préparer… Que je vais être en retard sinon…
– Oh, mais vas-y ! Vas-y ! J’adore te regarder faire… Et dis-moi… Tu vas le retrouver où Enzo ?
– Bonne question… J’en sais strictement rien… Il doit me récupérer sur un parking de grande surface et m’emmener quelque part… Il a jamais voulu me dire où… À l’hôtel sûrement… Pourquoi tu ris ?
– Parce que… T’imagines que ce soit celui où tu étais hier après-midi avec l’autre ? Même hôtel…Même chambre…
– Ça n’arrive que dans les romans ce genre de truc…
– Oui… Oh, alors ça ! Qui sait ? Bon, mais en attendant comment je vais faire pour vous retrouver, moi ? Parce que le but de l’opération, c’est quand même que je vous tombe dessus, non ?
– Oh, mais pas tout de suite… Une autre fois… Laisse-le se rassurer… Ce n’en sera que meilleur…



10 heures 30


– Il t’en a reparlé ?
– Qui, Enzo ? De quoi ?
– Ben, ton mari… De l’autre jour…
– Ça ! Évidemment ! Qu’est-ce tu t’imagines ? Qu’il va laisser passer ça comme ça ? Non… Un sacré moment je vais en entendre parler…
– Il te dit quoi ?
– Qu’il est ravi que je me sois trouvé un amant et que je m’éclate avec… Mais non, idiot ! Qu’est-ce tu veux qu’il me dise ? Ce qu’on dit dans ces cas-là… Il me fait des tas de reproches… Et moi, je lui jure que c’était juste un moment d’égarement… Que je sais pas ce qui m’a pris… Que ça se reproduira pas… Jamais… Ni avec toi ni avec qui que ce soit d’autre…
– Il te croit ?
– Mais bien sûr qu’il me croit ! Je sais être très convaincante quand je veux… Bon, mais allez ! On va pas passer notre temps à parler de lui… On a beaucoup mieux à faire…



Midi


– C’était bien ?
– Oui, oh, sans plus ! Il était terrorisé – ça se voyait – à l’idée que tu pouvais surgir d’un moment à l’autre… Il débandait dès qu’il y avait du bruit dans le couloir…
– Ça devait être gai…
– Comme tu dis, oui… Il a quand même fini par arriver à ses fins, mais bon… C’était pas ça qu’était ça…
– Ma pauvre chérie ! Tu te rattraperas tout-à-l’heure, va ! Avec ton bel inconnu…
– Il y a des chances, oui… Surtout si…
– Si quoi ?
– Quand je pense que je suis allée t’épouser ! T’es vraiment complètement tordu comme mec, hein !
– Ça, ça veut dire que tu vas retourner cet après-midi là où tu étais ce matin… Dans la même chambre… Dans le même lit… Mais avec l’autre…
– Si tu m’en avais pas donné l’idée…
– Tu aurais fini par l’avoir toute seule… Non ? Tu crois pas ?

vendredi 4 décembre 2015

Escobarines: BTS (6)

Il est odieux. Avec tout le monde. Avec Marie-Laure. Qui laisse passer l’orage, impassible. Avec Samantha. Qui fond en larmes.

Son téléphone sonne…
– Oui… Non… Non… On verra…
Sonne encore. Il s’engouffre dans son bureau. Comme un furieux. Elles en profitent…
– Eh ben, dis donc !
– Sa femme le trompe si ça tombe…
– Ou son gamin accumule connerie sur connerie…
– À moins qu’on lui souffle dans les bronches en haut lieu…
Bénédicte se penche discrètement vers moi…
– On se voit à midi, hein…

Il tapote interminablement sur son portable…
– Monsieur, s’il vous plaît… Qu’est-ce que je fais pour le dossier Lartille ?
– Ce que vous voulez… Vous êtes payée à la fin du mois, non ? Alors démerdez-vous !
Et Marie-Laure éclate une nouvelle fois en sanglots…

Le même restaurant…
– Alors ? Raconte !
– Que je raconte ? Mais que je raconte quoi ?
– Ben, hier soir…
– Il y a rien eu du tout hier soir…
– Tu me prends vraiment pour une idiote, hein ? Tu marches comme un canard… T’as toutes les peines du monde à t’asseoir… Bien pire qu’hier… Et tu veux me faire croire qu’il y a rien eu !
– Il y a rien eu, non…
– Ben, voyons ! Non… Je vais te le dire, moi, ce qu’il y a eu… T’as pas voulu que j’assiste… Alors vous vous êtes retrouvés ailleurs… Tout simplement…
– Mais jamais de la vie enfin !
– S’il y a un truc dont j’ai horreur, c’est bien qu’on me roule dans la farine… Ah, tu veux jouer, ma petite ! Eh bien, on va jouer… Et, pour commencer, tu vas me réserver ta soirée…
– Ma soirée ? Mais pour quoi faire ?
– Tu verras bien… Et t’as intérêt, hein ! Parce que sinon demain matin tout le service est au courant que tu te ramasses des fessées par le patron… Et alors là j’te dis même pas…

– J’te présente Martial…
– C’est donc vous !
– C’est elle, oui ! Qui me soutient dur comme fer qu’elle y a pas eu droit hier soir… Bon… Mais on va voir ça… Elle va nous montrer… Eh, ben vas-y, toi ! Qu’est-ce t’attends ?
– Que je…
– Mais oui ! Allez ! Baisse-moi tout ça ! Il va pas en perdre la vue… Ah, ben voilà ! Et c’est bien ce que je disais… C’est tout frais… Hier soir il te l’a collée… Tu diras pas le contraire maintenant…T’es allée chez lui, c’est ça, hein !
– Mais pas du tout !
– Et tu couches avec, j’parie… Il t’en met une… Ça t’excite… Et vous vous envoyez en l’air par là-dessus… Ah, ben c’est du propre ! Qu’est-ce t’en penses, toi, Martial ?
– Qu’on peut pas laisser passer ça comme ça…
– Oui, hein ! Tu lui donnes ou je lui donne ?
– Donne-lui, va ! c’est toi qui te la supportes toute la journée au boulot…

Elle m’attire à elle… Me fait basculer sur ses genoux… Et elle tape… Lentement d’abord… Le temps de trouver son rythme… Et puis généreux… Enthousiaste… Elle s’interrompt brusquement…
– Il y a une petite surprise… Regarde qui c’est qu’est là…
– Mais…
– Marie-Laure, oui… Oh, mais t’inquiète pas… Elle dira rien…
Et elle reprend de plus belle…

– En tout cas, elle y trouve son compte notre petite stagiaire, je peux vous dire… Il y a des signes qui ne trompent pas…

mardi 1 décembre 2015

Fesséescroisées2 (16)

14 heures


Gilles m’a rejointe dans la salle de bains… Il m’a regardée me coiffer… Me maquiller…
– C’est pour aujourd’hui, hein, avec le bel inconnu…
Nos regards se sont enlacés dans la glace…
– Il y a des moments j’aimerais vraiment savoir comment tu me vois tout au fond de toi… Comment tu me juges…
– Je ne te juge pas…
– Non… Tu m’en laisses le soin… Tu te contentes d’exécuter la sentence…
– On peut voir ça comme ça, oui…



15 heures


Personne… Ni à « notre » table ni à aucune autre… Sur la place non plus… Nulle part… J’ai eu beau chercher des yeux… Désespérément… Non… Nulle part… Il n’était pas là… Il n’était pas venu…
– Eh bien, petite Madame… On est perdue ?
Hilare, au volant de sa voiture…
– Idiot ! Ah, c’est malin de me faire des peurs pareilles…
– Allez, monte ! Je t’enlève…

Il a refermé la porte sur nous…
– Il y a si longtemps que je l’attends ce moment-là…
Il m’a renversée sur le lit… Ses lèvres… Son désir contre ma cuisse… Son impatience… Ma culotte repoussée sur le côté… Sa main qui me cherche… Qui me fouille… Qui m’ouvre… Sa queue en moi… Il y a déchargé… Tout de suite…

Il y est resté…
– Je suis désolé…
– C’est pas grave !
– Ah, ben si, c’est grave, si ! Mais c’est ta faute aussi… On n’a pas idée de donner envie comme ça… Je maîtrisais plus rien, moi !
– J’ai vu ça, oui… Mais c’est pas désagréable du tout, tu sais, de faire perdre complètement la tête à un type… C’est même très jouissif…
– N’empêche que t’as pas eu ton plaisir, toi, du coup !
– J’en ai eu un autre… Différent… Mais il va y avoir une session de rattrapage, je suppose, non ?
– Ah ben, si ! Si ! Et comment !

Et il s’est fait très doux… Il m’a lentement déshabillée… Lentement parcourue… Partout… De ses mains… De ses lèvres qui sont venues m’habiter en bas… Sa langue m’a prospectée… Feuilletée… Aspirée… S’est aventurée plus loin… En dessous… A cerné obstinément l’entrée de mon petit trou de derrière… A paru renoncer… Est revenue à la charge… Précise… Insistante… J’ai frémi… Ondulé…
– Tu aimes ?
Si j’aimais !
– Viens ! S’il te plaît, viens !
Et je me suis retournée… Sur le ventre…
De ce côté-là, oui…
Avec mille précautions… Infiniment de délicatesse…

Je me suis réfugiée dans ses bras…
– C’était bon, mais bon !
– J’ai vu ça, oui…
– Qu’est-ce t’as ? T’as l’air tout triste…
– Oui… Non… C’est que je me dis… C’est tellement bien nous deux…
– Et c’est ça qui te rend malheureux ?
– J’ai tellement peur que ça dure pas…
– Se poser ce genre de question, c’est le meilleur moyen de tout gâcher…



20 heures


– Eh, ben dis donc ! Lui offrir ton petit derrière, comme ça, d’entrée de jeu…
– J’étais bien… En confiance… Ça s’est fait tout seul… Naturellement…
– Dis plutôt que tu crevais d’envie de lui mettre tes fesses rougies sous le nez…
– Non… Non… Je t’assure…
– Et alors ? Il a réagi comment ?
– Rien… Pas un mot… Il a vu pourtant… Il a forcément vu…

mardi 24 novembre 2015

Fessées croisées2 (15)

13 août


– Il y aura pas de prochaine fois, Gilles…
– Hein ? Mais pourquoi ça ?
– Parce que… Tiens, écoute ! C’est un texto d’Enzo… « Désolé pour hier… J’espère pour toi que ça va… Mieux vaut s’en tenir là… C’est trop dangereux… Je garderai un excellent souvenir de toi… De nous… Je t’embrasse… Enzo… »
– Et t’as répondu quoi à ça ?
– Rien encore…
– En tout cas te voilà fixée sur les sentiments de ce monsieur à ton égard…
– Il y a longtemps que je l’étais…
– Et sur sa façon d’affronter les situations…
– Je ne me faisais aucune illusion là-dessus non plus…
– Et donc… maintenant ?
– Ben, t’as entendu… Il veut plus…
– Oui, mais… Et toi ? C’est toi qui comptes…
– Il y a cru hier… Il a pensé que tu me punissais vraiment…
– Ce qui était effectivement le cas…
– Oui… Enfin non… Oui et non… Je le savais… On était d’accord… Sauf que lui, il y a vu que du feu…
– Ce qui t’a ravie…
– Tu sais bien…
– Et tu te faisais une fête de remettre ça…
– Et pas qu’un peu…
– Eh ben alors ! Fais-le changer d’avis !
– Tu crois ?
– Je crois que quoi ? Que tu vas y arriver ? Évidemment que tu vas y arriver ! Vas-y ! Appelle ! Mets le haut-parleur et appelle-le !
– Je vais le faire, oui… Mais d’abord je vais aller prendre un bain…



10 heures


– Allô… Enzo ? C’est moi… J’ai eu ton texto…
– Oui… C’est mieux comme ça, je crois… Pour tout le monde…
– Je vois pas en quoi…
– Ah, ben si ! Si ! Maintenant que ton mari est au courant…
– Ça change quoi ?
– Mais tout enfin !
– Pour moi, ça change pas mal de choses, oui… Mais c’est mon problème… Ça te concerne pas…
– Quand même un peu, non ?
– Est-ce qu’il t’a dit quelque chose ? Est-ce qu’il t’a fait la moindre réflexion ?
– Non, mais…
– Mais quoi ? T’as peur qu’il vienne te foutre sur la gueule, c’est ça ?
– Non… Non, mais j’ai pas envie de te faire courir le risque, à toi, d’en ramasser une autre…
– Parce que tu t’imagines que… Non, mais attends ! Je suis pas idiote… Ça m’a servi de leçon… C’est de ma faute aussi… J’aurais bien dû me douter que retourner là-bas, c’était la dernière des choses à faire… Il y a bien trop de monde qui sait que c’est là qu’on se retrouvait… Mais c’est pas une raison non plus pour mettre un terme… Suffira de faire attention à l’avenir… De prendre des précautions… De se voir ailleurs… Et tout se passera bien, tu verras…
– Oui… Enfin… Il va se méfier maintenant… Te surveiller…
– Oh, alors ça, j’en fais mon affaire…Gilles, dans deux jours je l’aurai rassuré… D’autant qu’il demande que ça…
– Il y aura quand même toujours un risque…
– Ah, ben ça, oui… Forcément… Il peut toujours y avoir un impondérable… On peut commettre une maladresse… Une imprudence… N’importe quoi il peut se passer… On ferait plus jamais rien si on attendait d’être sûr à cent pour cent…
– Je sais bien, mais…
– Eh, ben alors ! Le tout, c’est de faire en sorte qu’il y en ait le moins possible des risques… Tu crois que j’ai envie de me refaire tanner le cul, moi ? N’empêche que le risque je suis quand même prête à le prendre… Pour le bonheur d’être dans tes bras… De me serrer contre toi… De sentir ton désir se dresser contre mon ventre… Venir y éclater… Maintenant si toi, de ton côté, t’en as plus rien à foutre de moi… Si t’es prêt à te jeter sur n’importe quel prétexte pour me larguer…
– Mais jamais de la vie, enfin !
– Eh, ben alors ! Bon, mais laisse-moi faire… Je m’occupe de tout… Je nous trouve un endroit et je te rappelle demain… Sans faute… D’accord ?
– Si tu veux, oui…
– À demain alors… Je t’embrasse…
Gilles s’est penché sur moi…
– Tu as été absolument parfaite, ma chérie…

vendredi 20 novembre 2015

Escobarines: BTS (5)

– Le dossier Vourain, Gaëtane… Ah, ils sont pas simples cee gens-là… Vous essayez de nous débrouiller tout ça ?
– Oui, Monsieur…
Bénédicte le regarde s’éloigner… Se penche vers moi…
– Heureusement que j’avais oublié mon portable hier soir… Jamais j’aurais su sinon… Jamais je me serais doutée…

Il est au téléphone… Il est furieux…
– Vous m’emmerdez !
Il raccroche… Vient droit sur moi…
– Laissez tomber ! Quand on a affaire à des cons… Tenez, occupez-vous de ça plutôt…

Midi… Bénédicte enfile son manteau…
– On déjeune ensemble ?
– Je sais pas… Je…
– Mais si, allez ! Viens ! Je t’invite…

Un petit restaurant dans un dédale de rues derrière…
– Elles le connaissent pas celui-là les collègues… On sera tranquilles pour parler… Non, parce que si je m’étais attendue à ça hier soir ! Jamais je serais allée m’imaginer que c’était lui… En douce que t’aurais pu me le dire quand même… Tu me connais : c’est pas moi qui aurais raconté quoi que ce soit à qui que ce soit… Sauf Martial… Mais Martial, c’est autre chose… C’est mon mari… Qui, soit dit en passant, n’a pas cessé de me harceler de questions toute la soirée… Il était vraiment si rouge que ça ton derrière ? Et pourquoi il te la donnait la fessée ? Et ça t’arrivait souvent ? Qu’est-ce que tu voulais que je lui réponde ? À part que pour l’avoir rouge, ça, oui, tu l’avais rouge… Et, pour qu’il me laisse dormir, j’ai dû lui promettre que je te ferais raconter… Tout… Bien en détail… Mais j’ai une bien meilleure idée finalement… Parce que c’est quand qu’il va t’en redonner une ?
– Ça, j’en sais rien du tout…
– Je verrai bien n’importe comment… S’il te fait rester le soir, c’est que tu vas y attraper… Forcément… Et je trouverai un prétexte… Je reviendrai… Et je rentrerai… Au bon moment… Il sera content Martial… Et puis, j’avoue, je suis curieuse de voir ça… Oh, mais t’inquiète pas, hein ! Je dirai rien… Elles sauront pas les autres… Motus et bouche cousue…

Il est préoccupé… Ailleurs… Il va… Il vient… Il sort… Il rentre… Il passe un temps fou dans le couloir… Il y hurle au téléphone…
Bénédicte me jette des regards apitoyés…
– Ma pauvre ! Si tu y attrapes ce soir, tu vas morfler quelque chose de rare…

Il ne veut pas… Il n’y pense pas… La salle se vide… Je reste la dernière… Il ne me voit pas… Il m’ignore…

Devant la glace de ma chambre je relève ma robe… Elles sont toujours là les marques… Le rouge a viré… Plus sombre… Plus profond… S’y sont surajoutés des violets… Des jaunes… Des noirs… C’est sensible… Douloureux par endroits…

Je ferme les yeux… Je le fais venir… Il arpente toujours le bureau comme un furieux… Jette des dossiers contre les murs… En précipite des piles entières par terre…

Et puis il m’aperçoit…
– Qu’est-ce tu fous encore là, toi ?
– Rien… Rien… Je…
– Tu m’espionnes, c’est ça ? Tu vas me le payer, ma petite ! Je peux te dire que tu vas me le payer…
S’il veut… Comme il veut… Si ça peut le soulager… L’apaiser…
Il m’empoigne… M’entraîne… Me fait pencher à l’équerre sur son bureau… Et il cingle… Je cingle… Les lanières du martinet s’abattent… Sans relâche… Ça brûle… Ça mord… Ça déchire… Il ne s’interrompt pas… Je ne m’interromps pas… Au contraire… Plus vite… Plus fort…

Je reprends mon souffle… Et mes esprits… Il me sourit…
– Merci, Gaëtane…
– Ça vous a fait du bien ? Ça va mieux ?
Il acquiesce… Sourit encore…
– Va vite au coin maintenant… Là… Et relève ta robe…
J’obéis… Je sais que je vais y passer la nuit…

Un rire soudain… Celui de Bénédicte…
– Eh, ben dis donc, quand je vais lui raconter ça à Martial…

Ma main hésite… Descend… Se reprend… S’immobilise… Repart à l’aventure… Je vais leur offrir mon plaisir…

mardi 17 novembre 2015

Fessées croisées2 (14)

15 heures


Il a voulu se lancer aussitôt dans tout un tas d’explications… De justifications à n’en plus finir…
– Non, parce que tu comprends… Nathalie…
– Écoute, Enzo, ce que t’as vécu avec Nathalie… Ce que tu vis peut-être encore avec elle…
– Il n’y a plus rien, je t’assure…
– Ça ne me regarde pas… Je m’en fous… Et j’ai pas du tout l’intention de passer des heures et des heures à t’écouter m’en parler… Alors ou bien, quand t’es avec moi, il y a que moi qui compte… Il y a que nous… On prend du bon temps et on oublie tout le reste… Comme on faisait avant… Ou bien alors on s’en tient là… Chacun sa route… Ça vaudra mieux… Pour tout le monde…
Il m’a attirée contre lui…
– Excuse-moi ! Je suis idiot il y a des moments…
Serrée dans ses bras… Et il y a eu le goût de ses lèvres… Ses yeux en chavire… Son désir pressé contre mon bas-ventre…
Je lui ai pris la main…
– Viens ! Là-bas…
Il a souri…
– Notre petit chez-nous… Oh, mais il y a eu des squatteurs, on dirait… Et de vrais forcenés… L’herbe en est encore toute traumatisée…
On s’est allongés… On s’est enlacés… Il a glissé une main sous mon tee-shirt… Est remonté… S’est emparé d’un sein…

Enzo… Sa douceur… Son ardeur… Et Gilles… Quelque part… Déjà… Sûrement… À attendre son heure…
– Tu m’as manqué… Tellement…
– Toi aussi, Enzo… Toi aussi… Si tu savais…
Sa bouche… Ses mains… Sur moi… Partout… Son désir… Mon désir… Sa queue…
– Viens ! Oh, s’il te plaît, viens !
J’ai refermé les jambes autour de lui…
Pas tout de suite, Gilles ! Ne viens pas ! Pas tout de suite… Pas encore… Je t’en supplie, attends ! Laisse-moi le temps ! Laisse-moi jouir…
– Oh, Enzo, mon amour ! Je jouis… Je vais jouir… Oh, c’est bon ! Que c’est bon !

On est restés blottis l’un contre l’autre… Des martinets dessinaient de grands cercles dans le ciel… Sa queue a repris consistance contre ma cuisse… J’ai ri…
– Mais c’est que tu serais insatiable…
– Il y avait si longtemps… Non, mais qu’est-ce qu’on a pu être cons !
– Qu’est-ce que TU as pu être con…
– Il y a quelqu’un…
Il a tendu la main vers ses vêtements… Qu’il a ramenés vers lui…
– Quoi ?
– Il y a quelqu’un… Un bonhomme… Il vient vers nous…
Dont il s’est maladroitement efforcé de se faire un rempart…
– Où ça ? Oh, merde ! C’est mon mari…
– Ton mari ? Mais qu’est-ce qu’il fait là ?
– Pose pas de questions idiotes, je t’en prie… C’est pas le moment…
Gilles nous a tenus un long moment sous son regard… Tous les deux… L’un après l’autre…
– Eh, bien, ma chérie, tu ne me présentes pas ce charmant jeune homme ?
– Enzo… C’est Enzo…
– Enchanté de faire votre connaissance, Enzo… Vous avez sympathisé avec ma femme, à ce qu’il semble… Vous m’en voyez ravi…
– Écoute, Gilles…
– Que j’écoute ? Que j’écoute quoi ? Qu’est-ce que tu vas essayer de m’expliquer ?
– Rien… Non, rien…
– J’aime mieux ça… Bon, mais tu sais ce qui t’attend ?
– Maintenant ? Pas maintenant… S’il te plaît, Gilles, pas maintenant…
– Maintenant, si ! On paie cash chez moi… La maison ne fait pas crédit… Donne-moi ta ceinture, toi, le Don Juan… Qu’elle serve à quelque chose… Et toi, ma chérie, mets-toi sur le ventre… Là… Comme ça… Parfait… Allez, tu es prête ? On y va…



19 heures


– Trop génial ton idée de te servir de sa ceinture…
– Tu as aimé ?
– Tu parles si j’ai aimé… Qu’est-ce qu’il faisait, lui ?
– Il regardait, tiens ! Qu’est-ce tu voulais qu’il fasse ?
– Et ça lui plaisait ?
– Il le montrait pas… Il montrait rien…
– Dommage… J’aurais bien aimé savoir…
– Peut-être la prochaine fois…
– La proch…
– Ça te dit pas ?
– Oh, si ! Bien sûr que si !

samedi 14 novembre 2015

Écœurement…

De tout cœur avec les proches des victimes du fanatisme et de la barbarie…


mardi 10 novembre 2015

Fessées croisées2 (13)

12 Août


– Deux heures au téléphone… Et vous vous voyez cet après-midi… C’est plus de l’amour, c’est de la rage…
– Non, Gilles, non… C’est pas ça… C’était pas lui…
– Ah, oui ? C’était qui alors ? Attends ! Laisse-moi deviner ! Un type qui voulait te vendre des panneaux solaires… C’est ça, hein ?
– Te moque pas ! C’est déjà assez compliqué comme ça…
– On peut savoir ?
– Qu’est-ce que je peux être conne quand je m’y mets… J’aurais dû lui raccrocher au nez… Et puis voilà…
– C’était Enzo, hein ?
– Comment tu le sais ?
– Enzo que sa Nathalie vient de plaquer…
– Pour de bon cette fois…
– Oui, oh, alors ça !
– Je voulais pas, hein, mais comment il sait y faire ce salaud ! Il m’a complètement entortillée…
– Et comme t’adores te laisser entortiller…
– Mais non, mais… Je sais pas comment je me débrouille, mais à l’arrivée tout tourne toujours comme je voudrais pas…
– Comme t’essaies de te faire croire que tu voudrais pas… Et donc, vous allez vous revoir…
– Je lui ai pas dit oui…
– Tu lui as pas dit non non plus…
– Je crois pas que j’irai finalement…
– Parce que ?
– Parce qu’il se fout de moi… S’il croit qu’il va lui suffire de claquer des doigts… C’est pas parce que sa chieuse l’a plaquée…
– Vas-y ! Vas-y ! Casse-lui du sucre sur le dos… Défoule-toi ! Ça te fera du bien… T’iras le retrouver, après, dans de bien meilleures dispositions…
– Je t’assure, Gilles…
– Te voile pas la face… T’en crèves d’envie… Par contre, tu vas organiser ton emploi du temps comment ? Enzo le matin et le petit nouveau l’après-midi ? Il va plus te rester beaucoup de place pour moi, dis donc !
– Tu sais bien que si ! C’est toi l’essentiel… C’est avec toi que j’ai envie d’être… C’est vers toi que je reviens… Toujours…

– Eh ben dis donc !
– Oui… Hou la la… Comment c’était bon… C’est de la folie… Pour toi aussi, Gilles ?
– Ça se voyait pas ?
– Si ! Si ! Bien sûr… Et pas qu’un peu… N’empêche qu’il y a des trucs, j’ai du mal à les comprendre…
– Quoi, par exemple ?
– Ben, les autres nanas, quand elles vont voir ailleurs, c’est parce que ça va plus avec leur mari… Parce qu’il les néglige… Qu’elles sont devenues transparentes… Et moi, c’est exactement le contraire… Plus ça va bien avec toi et plus j’ai envie de vivre aussi quelque chose avec d’autres… Plus j’en rencontre d’autres et plus ça me rapproche de toi… Et donc plus… C’est sans fin… Comment t’expliques ça ?
– Est-ce qu’il faut forcément chercher à expliquer ? T’es bien comme ça… Je suis bien comme ça…
– Toi aussi ? C’est vrai ? Je me demande des fois, tu sais…
– Je suis bien… Parce que je vois que tu es bien…
– N’importe comment c’est ta faute, dans un sens, tout ça…
– Ben, voyons !
– Si ! Parce que tu sais ce que je me disais tout-à-l’heure quand je parlais avec Enzo au téléphone ? C’est que c’était vilain ce que j’étais en train de faire… Que t’allais me flanquer une fessée pour la peine… Sauf que c’était exactement l’effet inverse que ça faisait… Plus j’y pensais et plus j’avais envie que tu me la flanques… Plus j’en rêvais… Et plus je le laissais dire Enzo… Et plus j’entrais dans son jeu… Je faisais même carrément ma petite allumeuse…
– Si c’est pas un appel du pied, ça !
– Ben oui… Si ! Tu vas me la donner ?
– Je vais te la donner, oui…
– Quand ?
– C’est là-bas que tu vas le retrouver ? À l’endroit habituel… Là où l’autre jour, toi et moi…
– Sûrement, oui…
– Alors c’est là-bas que j’irai vous surprendre… Et c’est là-bas que je te la donnerai… Devant lui…
– Génial ! Trop génial ! Je lui envoie un SMS… On se voit tout-à-l’heure…
– Et l’autre ? Ton amoureux transi ?
– Il attendra… Il est pas à un jour près…

vendredi 6 novembre 2015

Escobarines: BTS (4)

– Eh bien, Gaëtane, on s’est oubliée ce matin ?
Tout haut… Tout fort… Devant tout le monde…
– Je suis désolée…
– Ah, vous pouvez… Deux heures de retard…
– Le réveil a pas sonné…
– Achetez-en un autre… Un qui marche…
Les collègues ricanent… Toutes…

Il va d’un poste à l’autre…
– C’était bien vous le dossier Clairins, Solange ? Ils ont répondu… Je vous ai transféré le mail…
– Encore là-dessus, Bénédicte ? Laissez tomber… Passez à autre chose…
Et puis il est derrière moi…
– Il y a ça pour l’Allemagne, Gaëtane… C’est urgent… Et… Ah, oui… J’oubliais… Pour les deux heures de tout-à-l’heure vous resterez les récupérer ce soir…
Je rougis…
– Bien, monsieur…

– Gaëtane !
Je sursaute…
– Hein ? Quoi ?
– La nuit a été épuisante, à ce qu’on dirait…
Les collègues éclatent de rire…
– Mais non, mais…
– Oh, si, si ! Vous avez une mine ! Et vous tombez de sommeil… Tenez, descendez donc ça à l’accueil… Ça vous réveillera… Et vous évitera de piquer du nez sur votre écran…

Et ça recommence… Comme l’autre fois… Monter… Descendre… Porter ceci… Ramener cela… Il prend un malin plaisir, chaque fois, à me laisser me rasseoir… À me regarder me rasseoir… Avec mille précautions… En réprimant une grimace… Et à me faire presque aussitôt relever… À m’envoyer ici… À m’expédier là…

Bénédicte vient m’emprunter mon agrafeuse…
– T’en as pris une, hein ?
En chuchotement… D’un air entendu…
– Une ? Une quoi ?
– Oh, tu peux bien me le dire… Ça se voit n’importe comment… C’est qui ? Ton petit copain ?
Je ne réponds pas… Je fixe obstinément mon écran…

Elles s’en vont… Les unes après les autres… Je ne bouge pas… Je reste à ma place…
– Bon courage ! À demain…
Leurs rires dans le couloir…
Deux heures… Il a dit deux heures…

Il s’en est écoulé une entière quand il s’extirpe enfin de son bureau…
– Vous faites voir ?
Que je fasse voir ? Mais quoi ?
– Jouez bien les imbéciles !
Il me regarde me mettre les fesses à l'air… Me fait pivoter sur moi-même…
– Magnifique ! Le rouge vous va décidément à ravir…
Un portable sonne… Celui de Bénédicte… Resté sur son bureau…
Il épouse les contours de sa fessée… Du bout du doigt… Avec des arrêts… Des retours en arrière… Il appuie par endroits… Insiste…
Je me crispe…
– Ça fait mal ?
– Un peu…
– Il faudrait pourtant bien en rajouter une couche… Deux heures de retard… Ce serait amplement mérité, non, vous croyez pas ?
– Si !
– Seulement il va se passer quoi si on remet ça ? Vous allez encore vous contorsionner toute la nuit, avec délectation, devant la glace… Et demain matin, ce n’est pas deux heures de retard que vous aurez, mais quatre…
– Je sais pas…
– Eh bien, moi, je sais… Alors le plus judicieux, ça va être de la mettre en réserve cette fessée… De vous la garder pour plus tard… Bien au chaud…
S’il veut… Comme il veut…
– Et, pour le moment, on va se contenter de vous envoyer méditer dans cette tenue une petite heure au coin…

Des pas dans le couloir… Des pas précipités… Des pas de femme… La porte…
– Quelle idiote je fais ! J’ai oublié mon… Ah, ben alors ça ! Ah, ben d’accord !
(à suivre)

mardi 3 novembre 2015

Fessées croisées2 (12)

15 heures 30


– Tu m’as manqué…
Le tutoiement… D’emblée…
– Comment j’aurais pu vous manquer ? On se connaît à peine…
– N’empêche que c’est comme ça… Tu éclaires mes journées… Tu les habites…
– Je suis un trompe-l’ennui en somme… Que ce soit moi ou une autre, ça n’a pas la moindre espèce d’importance… Du moment qu’il y a quelqu’un à vos côtés pour vous distraire…
– Tu sais bien que c’est pas ça…
– Non, justement… Je sais pas…
– Promets-moi !
– Que je vous promette ? Mais que je vous promette quoi ?
– De ne pas me laisser, comme ça, des semaines entières sans ta présence… Sans la moindre nouvelle…
J’ai ri… De bon cœur…
– Des semaines entières ? Ça fait trois jours…
– Une éternité… Promets-moi !
– Si tu veux…
– Merci…
Il m’a posé la main sur le genou… Je l’y ai laissée… Trois secondes… Dix secondes… Et puis je l’ai doucement – tout doucement – repoussée…
– Chuuut…
– Ça vous ennuierait qu’on aille marcher un peu ? Non, parce qu’à force de vous attendre, comme ça, pendant des heures et des heures, j’ai fini par attraper des fourmis dans les jambes, moi !
Ça m’ennuyait pas, non…
Il s’est levé… Je me suis levée…

– Vous m’emmenez où comme ça ?
– Nulle part… N’importe… Où ça voudra…
Ça a voulu dans tout un tas de petites rues… Où il m’a très doucement pris le bras… Je ne le lui ai pas retiré… Ça nous a amenés dans un square… Déposés sur un banc, bien à l’abri, dans un petit réduit de verdure…
– On est bien là, hein ?
On était bien, oui…
Il s’est penché vers moi… A plongé ses yeux dans les miens…
– Tu sais quoi ? J’ai une envie folle de t’embrasser…
Il a attendu une réponse… Qui n’est pas venue…
Il a approché ses lèvres… Plus près… Encore plus près… A effleuré les miennes… S’en est éloigné… Est revenu… A recommencé… Et c’est moi… Moi qui ai jeté les bras autour de son cou… Qui l’ai attiré… Retenu… Pour un interminable baiser…
Il s’est détaché… M’a caressé la joue… Le cou…
– Si tu savais comme je l’ai attendu ce moment-là ! Comme j’en ai rêvé…
– Et moi donc !
On s’est souri… Encore embrassés…
– Et maintenant ?
J’ai haussé les épaules…
– On le sait bien ce qui va se passer…
– Tu as envie ?
– Très… Mais j’ai encore plus envie qu’on se fasse un peu attendre… Le temps d’avoir un peu plus envie encore…



19 heures


– Le temps que les marques se soient estompées… C’est ça, hein ?
– Je sais pas… Peut-être… J’ai du mal à savoir…
– À savoir quoi ?
– Ce qu’il en penserait… Comment il réagirait…
– Ça va l’exciter… Il y a toutes les chances… Et toi avec, par la même occasion…
– Et si ça le choque ?
– Oui, oh, alors là, tu sais ! L’immense majorité des hommes dans un cas comme celui-là… Non… Ce qu’il y a… Il va vouloir savoir, ça, c’est sûr… Connaître les tenants et les aboutissants… Il va te poser des tas de questions…
– Qu’est-ce que je vais lui dire ?
– Ben, la vérité… Qu’est-ce tu veux lui dire d’autre ?
– Rien… Rien… Seulement…
– Seulement il va savoir que tu es très très complice avec ton petit mari… Ça t’ennuie ?
– Oh, non… Non… Bien sûr que non…
– Eh bien alors ! Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…

mardi 27 octobre 2015

Fessées croisées2 (11)

11 août


Dix fois je l’ai reposé le téléphone… Dix fois je l’ai repris… Ça a sonné… Cinq fois… Six fois… Ça a décroché…
–Allô… Oui…
– Bonjour… Monsieur Joubert ?
– Ah, non ! C’est pas monsieur Joubert, non…
– Excusez-moi ! J’ai dû me tromper… J’ai vérifié pourtant… Chiffre à chiffre… Je comprends pas…
– Attendez ! Raccrochez pas ! Elle me dit quelque chose votre voix… N’importe comment si vous avez mon numéro, c’est forcément qu’on se connait…
– Je vois pas…
– Je suis dans votre répertoire ?
– Non… Sur un petit bout de papier…
– Ah, ça y est ! J’y suis… Vous êtes la fille du café… Vous allez bien ?
– Du café ? Quel café ? Ah, oui ! Désolée… Joubert aussi m’avait laissé son numéro sur un papier… Je me suis emmêlé les pinceaux…
– Pas grave… Ça fait plaisir de vous entendre… Alors ! Qu’est-ce que vous devenez ?
– Oh, rien de spécial…
– En attendant, vous me faites faux bond… Tous les après-midis je suis fidèle au poste… Et tous les après-midis j’attends pour rien…
– S’il y a que ça pour vous faire plaisir, je finirai bien par revenir faire un bout de causette avec vous…
– Quand ?
– J’en sais rien quand… Quand je pourrai…
– Cet après-midi ?
– Vous êtes bien pressé…
– Oh, oui… Oui… C’est un tel bonheur de passer un moment avec vous…
– En faites pas trop…
– Vous viendrez ?
– J’essaierai…
– Oh, si, vous viendrez… Si ! Dites oui…
– Vous verrez bien…



11 heures


– Gilles…
– Oui…
– Tu comptais qu’on fasse quoi cet après-midi ?
– Pourquoi tu me demandes ça ?
– Parce que je l’ai eu au téléphone le type du café, tu sais…
– Ce qui veut dire que tu l’as appelé… Il te manquait tant que ça ?
– Non… Enfin, si ! Un peu…
– Et alors ?
– Ben, je vais y aller…
– Tu fais bien ce que tu veux…
– Mais si tu préfères qu’on soit tous les deux, je reste là, c’est pas un souci…
– Il n’en est pas question… Non, non… Tu y vas…



14 heures


– Bon, ben à tout-à-l’heure alors…
– Attends ! Une petite seconde… Viens voir là…
– Qu’est-ce qu’il y a ?
– Elles y sont plus les marques ?
– Pratiquement plus… Faut vraiment le savoir…
– Faut remédier à ça alors… Non ?
– Gilles…
– Oui ?
– Non… Rien…
– On va te faire toute belle, tu vas voir… Quelque chose de soigné… Qu’il soit content… Qu’il apprécie… Si d’aventure elle se termine au lit votre après-midi… Allez ! Mets-moi ce petit derrière à l’air…

vendredi 23 octobre 2015

Escobarines: BTS (3)

On joue au chat et à la souris… Je suis irréprochable… Mon travail lui donne entière satisfaction… Ça ne durera pas… Il le sait… On le sait… Ce sera quand je voudrai… Quand je l’aurai décidé… Et ce jour-là…

Je ne veux pas… Pas encore… J’aime trop sentir son attente… Je la savoure… Je m’en délecte… Chaque matin il est là, derrière moi… Il se penche… Il lit… Il supervise…
– Vous faites d’immenses progrès, Gaëtane… Je m’en réjouis… Mais en même temps, je le regrette… Profondément…

Il va falloir… Bientôt… Parce que son attente est en train de devenir impatience…
– C’est parfait… Presque trop…
Si je ne la comble pas, elle va se faire aigreur… Puis rancœur…

Alors une première erreur… Un détail… Une broutille… Mais il la relève… Avec jubilation… Les yeux brillants… L’heure est proche…

Une seconde… Dès le lendemain… Une troisième… Une autre encore… Une pluie d’erreurs…
– Ce n’était qu’un feu de paille, il semblerait, Gaëtane…
J’ai la mine contrite… L’oreille basse…
– Je suis désolée… Je vais faire attention… Je vous promets…
Il hausse les épaules…
– Oui, oh, les promesses… On sait ce qu’elles valent vos promesses… Non… Par contre, on avait passé un petit accord tous les deux… Vous vous souvenez ?
Je me souviens, oui… Je rougis… Je balbutie…
– Peut-être que… Une dernière fois… Une dernière chance…
– Ah, non ! Non ! Rien du tout… J’ai été suffisamment patient, il me semble… Non… Vous resterez là ce soir… Qu’on règle nos comptes…

Je frappe à la porte de son bureau… Pas de réponse… Je recommence…
– Oui… Entrez ! Ah, c’est vous !
Comme s’il le savait pas !
Il écrit… Il m’ignore… Il fait durer… Relève enfin la tête…
– Eh bien, déshabillez-vous ! Qu’est-ce que vous attendez ?
Sur un ton, mais un ton ! Qui ne souffre pas de réplique… Et qui me fait fondre… Tellement…
Que je… Oui… Voilà… Voilà… Tout de suite… J’enlève… J’arrache… Tout… Il veut…
Il m’arrête…
– Pas la culotte ! Je m’en occuperai personnellement la culotte…
Et il se remet à écrire… Longtemps… Il lève les yeux sur moi… Il fixe mes seins… D’instinct, je les recouvre de mes mains…
– Tsss… Tsss… Allons ! Allons !
Je les lui laisse…

Il se lève enfin… Contourne son bureau… Me prend fermement par le bras…
– Venez !
Sur le pas de la porte, j’ai un mouvement de recul… Il rit…
– Mais il y a personne… Il y a belle lurette qu’elles sont parties vos collègues…
Elles sont là quand même… Leur ombre… Leur présence… Elles regardent… Narquoises… Moqueuses…
Il s’assied à ma place, dos tourné à l’ordinateur…
– Approchez ! Encore !
Tout près… Ses mains se posent sur mes reins… Il m’attire doucement vers lui… Genoux contre genoux… Ses yeux s’emparent des miens…
– Être obligé d’en arriver là ! Alors que si vous vouliez… Si vous y mettiez un peu de bonne volonté… Parce que vous avez des qualités… C’est incontestable… Seulement vous les gâchez… Par votre étourderie… Par votre négligence… Vous avez constamment la tête ailleurs, Gaëtane… Et s’il n’y a pas quelqu’un pour vous prendre sérieusement en mains, c’est votre avenir que vous allez compromettre… Vous allez retomber constamment dans les mêmes errements… Non ? Vous ne croyez pas ?
– Si !
D’une toute petite voix…
– Vous l’admettez… C’est déjà ça… C’est un début… Oh, mais on va pas vous laisser tomber… Vous êtes quelqu’un d’attachant… Très… Alors on va s’occuper de vous… Vous verrez… Ils vont aller vite les progrès… Dans trois mois vous ne vous reconnaîtrez pas…
Il passe les pouces sous l’élastique de ma culotte, de chaque côté, au niveau des hanches… Il les y laisse… Il les y promène tout doucement… Ça dure… Longtemps… Si longtemps…
– C’est pour votre bien… Vous le savez… Hein que vous le savez ?
Je le sais, oui… Bien sûr que je le sais…
Alors il fait descendre… Il descend… Jusqu’en bas… Je ne ramène pas mes mains… Je ne me cache pas… Je sors de ma culotte… Un pied… Puis l’autre…
– Venez !
Je viens… Je me penche… Je m’incline… Je suis en travers de ses genoux…
Ça tombe… Une première claque… Une seconde… Ça hésite… Une troisième… Ça s’élance… Ça s’abat…

(à suivre)

mardi 20 octobre 2015

Fessées croisées2 (10)

14 heures


– Tu fais voir ?
– Quoi ? Mon derrière ?
Il a fait signe que oui… Oui…
Je me suis déculottée… Tournée… Il y a longuement promené son doigt…
– Ça se voit encore… Et pas qu’un peu…
– Ben oui… Forcément… D’hier seulement ça date…
– Tu veux aller le retrouver quand même ?
– Non, Gilles, non… Vaut mieux pas… Pas encore… Plus tard… Parce que j’y ai repensé à ce que t’as dit… T’avais complètement raison… Je suis piégée si j’y vais… Dans tous les cas de figure…
– Finalement j’aurais un bon moyen de t’empêcher de le voir définitivement… Ce serait de te mettre fessée sur fessée… Que t’aies le derrière constamment rougi…
– Je sais pas…
– Tu sais pas quoi ?
– Si ça y ferait vraiment… Parce qu’au bout d’un moment je pourrais pas m’empêcher… J’aurais trop envie… J’irais quand même… Et tant pis s’il voyait… Il se passerait ce qui se passerait…
– Bon, mais on en est pas là… Ou pas encore…



15 heures


– J’en étais sûre que t’allais me ramener là… Certaine…
On s’est déshabillés… On a tout enlevé… On s’est installés… Exactement au même endroit…
– Oh, ben oui… Oui… C’est tellement excitant pour toi de faire ça avec ton mari là où tu le faisais avant avec ton amant…
– Mais non, Gilles…
– Non ? On a vu ce que ça donnait hier… Et je suis bien tranquille que c’est la même chose aujourd’hui… T’es déjà toute trempée, je suis sûr… Rien que d’être là… Rien qu’à l’idée…
Il m’a parcourue… Du bout des doigts… Je l’ai laissé faire… Descendre… S’aventurer…
– Ah, tu vois ! À quoi ça t’avance de nier l’évidence comme ça, hein, tu peux me dire ? À te faire du mal et puis c’est tout… Accepte les choses telle qu’elles sont… Accepte-toi telle que tu es… Et tout ira beaucoup mieux, tu verras…
– Oui, mais…
– Il n’y a pas de mais qui tienne…
Et il m’a prise contre lui… S’est fait tout doux… Très amoureux… Ça a été un plaisir plein… Intense… Que j’ai psalmodié, nouée à lui…

Il est resté en moi…
– Tu m’as pas dit pour Rémi…
– Je t’ai pas dit quoi ?
– Si tu l’as revu… Si vous avez remis ça…
– Non… Je te jure, Gilles… Non…
– Mais tu y as pensé…
– Quelquefois, oui…
– Et t’as essayé de le revoir…
– Non… Mais c’est vrai que j’ai espéré… Que j’ai attendu… J’étais sûre qu’il allait se manifester…
– Ce qu’il n’a pas fait… Il avait eu ce qu’il voulait… Tu l’intéressais plus…
– Je crois pas que ce soit ça, non…
– C’est quoi alors ?
– Je sais pas… Il y en a plein des explications possibles… Mais pas celle-là…
– Parce qu’elle te ferait trop mal ?
– Non… Parce que ça lui ressemble pas… C’est pas lui, ça… Ça peut pas être lui…
– Tu y crois toujours, hein ?
– Pas vraiment, non…
– Mais quand même un peu…
– Ce qui me fait mal, c’est de pas savoir… De pas arrêter de me demander…
– Tu y es retournée ? Au château ? Sur le banc du jour du mariage… Tu y es retournée ? Oui… Évidemment que tu y es retournée… Des après-midis entières tu y as passé… À attendre… Des fois qu’il finisse par y venir lui aussi… Qu’il ait la nostalgie de ce qui s’est passé là entre vous deux…
– Tu me fais peur… Tu sais tout… Tu devines tout…
– Et si ?
– Quoi ?
– Si on y allait ensemble un jour là-bas ? Tous les deux ?
– Tu comprends tout… Tu comprends vraiment tout…
– Peut-être que ça le ferait venir…
– Tais-toi, Gilles ! S’il te plaît, tais-toi ! Dis rien !