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jeudi 27 février 2014

La petite vendeuse (8)

– Il est où Stéphane ? Il est parti ?
Je revenais des toilettes…
– Ah, ben oui, il est parti… Oui… Et vous êtes pas près de le revoir…
– Hein ? Mais pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce que j’ai dit ?
– Rien justement… C’est bien là le problème… Vous n’avez pas desserré les dents de toute la soirée… Si c’était pour tirer la tronche comme ça c’était vraiment pas la peine…
–  Je n’ai pas…
– Non, mais vous vous êtes pas vue ! On avait pas envie de vous approcher, ça, c’est sûr ! Ah, c’est agréable, on peut pas dire ! Parce que moi, je me décarcasse tant que je peux pour vous… Pour que vous ayez l’air à peu près présentable… Pour que les mecs ils aient envie… Je vous en trouve un de mec… Et pas n’importe lequel… Je vous sors… Et vous, vous trouvez le moyen de tout foutre par terre… Bon, mais ça va, j’ai compris… Je jette l’éponge… Je m’occupe plus de rien…Vous vous débrouillez toute seule maintenant… Comme une grande… Vous faites ce que vous voulez… J’en ai plus rien à foutre… Continuez ! Continuez à mener votre petite vie de merde dans votre magasin minable… À passer vos dimanches devant la télé… À rêver du Prince Charmant sur son beau cheval blanc… Continuez ! Bon, mais allez ! En voiture ! Je vous ramène chez vous et puis basta !


Elle s’est garée le long du trottoir…
– Vous êtes arrivée…
– Tu vas pas me laisser vraiment ?
– Je vais me gêner !
– Même au magasin ?
– Même au magasin… Dès que j’ai trouvé autre chose…
– Tu vas pas faire ça ! J’ai que toi, moi ! Qu’est-ce que je vais devenir si tu t’en vas ?
– Il fallait y réfléchir avant…
Elle m’a ouvert la portière…
– Bonne nuit…
– Il faut qu’on parle… Il faut vraiment qu’on parle… Tu veux pas monter ? Juste deux minutes…
– Ah, vous voulez parler ? Eh bien on va parler… Vous inquiétez pas qu’on va parler…
Et elle est descendue…


– Vous l’avez où ? Votre martinet… Vous l’avez où ?
– Là-bas… Dans ma chambre…
– Eh bien allez le chercher…
– Que je…
– Ben oui ! Oui… Vous avez amplement mérité aujourd’hui, avouez ! Non ?
– Si… Oui…
– Ah, vous voyez ! Et de toute façon vous allez vous le faire… Vous aurez rien de plus pressé que de vous le faire… Dès que je serai partie… C’est pas vrai peut-être ?
J’ai baissé la tête sans répondre…
– Autant que ce soit moi qui vous le fasse alors… Ça me défoulera… Parce que comment vous m’avez énervée aujourd’hui… C’est rien de le dire…


Je le lui ai tendu…
– Merci… Eh bien désapez-vous ! Qu’est-ce que vous attendez ?
La robe… La culotte…
– Le sous-tif aussi… Vous vous mettez bien à poil quand vous vous le faites toute seule… Non ? Eh bien alors ! Là… Les chaussures aussi… Tout…
Nue… Entièrement nue… Bras ballants… Elle a fait claquer le martinet plusieurs fois en l’air…
– À genoux, Madame ma patronne… À genoux…
À genoux au pied du lit… Elle m’a pesé sur la nuque… Écrasé la figure dans les couvertures…
Et elle a cinglé… Dix fois… Vingt fois… Plus… Tellement…

lundi 24 février 2014

Le Centre (58)




Un coup de sonnette… Ma voisine de palier…
– Je vous dérange pas ?
– Mais non ! Entrez !
– Non… Non… Je veux pas vous importuner… C’est juste que… vous avez su pour madame Laliette, la mémé du troisième, ce matin ?
– Non… Je travaille de nuit… Alors le matin…
– Vous dormez, oui, je sais… Elle s’est fendu le crâne sur le carrelage de sa cuisine la pauvre vieille… Elle appelait au secours tant qu’elle pouvait… Sauf que c’était fermé de l’intérieur et que personne avait les clefs… Quand les pompiers sont arrivés elle avait perdu connaissance… Et beaucoup de sang… Aux dernières nouvelles elle va s’en sortir… Mais ce que ça prouve en tout cas, c’est qu’il faudrait toujours que quelqu’un ait un double… On sait jamais… Sans parler de cas aussi extrêmes il peut se passer n’importe quoi… Un incendie à l’étage du dessous… Une fuite d’eau à celui du dessus… Moi, en tout cas, je me sentirais beaucoup plus rassurée si quelqu’un avait les clefs de mon appartement… Et comme vous êtes mon plus proche voisin et la seule personne de tout l’immeuble en qui j’ai vraiment confiance je vous mettrais bien à contribution… Si vous n’y voyez pas d’inconvénient…
– Aucun inconvénient, non… Bien sûr que non…
Elle est allée aussitôt me les chercher…
– Et si vous, de votre côté… Ce sera bien volontiers, hein !
Et est repartie avec les miennes…

Mon premier soupçon je l’ai eu un matin, en rentrant du boulot… Une odeur… Une odeur légère, ténue, indéfinissable… Une odeur inhabituelle… Étrangère…

Quelques jours plus tard ce fut ma télé, retrouvée en veille, alors que j’étais convaincu de l’avoir éteinte…

Le mercredi suivant un rond d’humidité sur le tapis, devant le canapé, comme si on s’était efforcé de nettoyer quelque chose… Quelqu’un s’introduisait chez moi… Ça ne faisait pas l’ombre d’un doute… Qui ? Il ne fallait pas être grand clerc pour le deviner : ma chère voisine…Qui avait habilement manœuvré pour disposer de mes clefs… Et qui jouait sur du velours : j’avais des horaires extrêmement réguliers… Je quittais mon appartement chaque soir, sur le coup de neuf heures, pour n’y revenir que le lendemain matin entre six heures et demie et sept heures… Elle avait donc toute la nuit le champ libre… Mais que diable venait-elle faire chez moi ? Qu’y cherchait-elle ? Mystère… Un mystère que je me suis bien juré de percer…

Un petit coup de fil à mon patron et, au lieu de me rendre sur mon lieu de travail, je suis allé m’installer sur un banc dans le petit square derrière… De là j’avais une vue imprenable sur la fenêtre de ma salle de séjour… Je n’ai pas eu à attendre bien longtemps… À dix heures elle s’est illuminée… J’ai laissé passer un peu de temps… Dix minutes… Vingt… Et puis je suis tranquillement monté…

Elle n’avait pas refermé la porte de l’intérieur…
– Non, mais faut pas se gêner !
En petite culotte blanche et bas résille, elle regardait tranquillement la télévision… Qu’elle s’est empressée d’éteindre, quand elle m’a entendu, avant de se dissimuler, tant bien que mal, avec l’un des gros coussins du canapé…
– Mais qu’est-ce que vous faites là ?
– C’est plutôt à vous qu’il faut poser la question, non ?
– Je… C’est-à-dire que… C’est super un grand écran comme ça… J’en ai pas, moi… Alors je me suis dit : « Il est pas là… Et je fais pas bien de mal… Et puis je suis sûre que si je lui demandais il accepterait en plus… »
– En tout cas vous manquez pas d’air…
– Vous voulez un whisky ? C’est le mien… Je l’ai apporté… J’allais quand même pas vous boire le vôtre…
– Ce sont des scrupules qui vous honorent… Et vous regardiez quoi sans indiscrétion ?
– Oh, rien ! Rien de bien intéressant…
– Mais si ! Faites voir !
Et j’ai tendu la main vers la télécommande… Elle aussi…
– Non ! Non, j’vous dis !
J’ai été le plus rapide…
– Mais c’est que c’est mon disque dur externe qui tourne en plus ! Il y en a des choses là-dessus… Faut dire aussi… 2000Go… Et sur quoi il s’était porté votre choix ? Un film d’horreur ? Un thriller ? Ah, non, tiens ! Un film de fessée… Vous avez bon goût… Parce qu’il est super celui-là… La fille est magnifique… Et le scénario tient la route… C’est pas toujours le cas… Même le type il est très classe… Hein ? Vous trouvez pas ?


– Je…
– Désolé de vous avoir interrompue… Au meilleur moment en plus… Bon, mais vous savez pas ? On va le regarder ensemble…
– Je vais rentrer… Je…
– Ah, mais si ! Si ! Ça me fait plaisir…

(à suivre)

jeudi 20 février 2014

La petite vendeuse (7)

– Vous savez quoi ? Eh ben c’est ce soir…
– Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ce soir ?
– Stéphane… On va au restaurant… Tous les trois… Et puis, après, je vous laisse tous les deux… Et hop ! Affaire conclue…
– Ce soir ? Non… Je peux pas ce soir… J’ai quelque chose de prévu…
– Vous ? Alors là ça m’étonnerait…
– Mais si ! Si ! Je t’assure…
– Ah, oui ? Et quoi ? On peut savoir quoi ?
– Une vieille copine à moi… Qu’est de passage… Juste pour la journée…
– Vous savez pas mentir… Elle a jamais existé votre copine…
– Non, mais pas ce soir… C’est trop tôt… Une autre fois… Laisse-moi un peu de temps…
– Du temps ? Pour quoi faire ? Vous croyez pas que vous en avez déjà eu du temps ? Beaucoup… Et ça vous a servi à rien…
– Oui, mais…
– Plus vous reculerez et plus ce sera difficile… Alors fermez les yeux et jetez-vous à l’eau… Vous me remercierez, vous verrez…
– Tu crois ?
– Je crois pas… Je suis sûre…


– Bon, allez ! On ferme ?
– Déjà ! Mais c’est pas l’heure !
– Vous êtes la patronne, non ? Vous faites bien ce que vous voulez… Et si vous avez envie de fermer…
– C’est pas si simple… Les clientes ont leurs habitudes et…
– Et nous on a à faire… On a à vous préparer pour tout à l’heure… C’est beaucoup plus important… Allez !
Et, d’autorité, elle a baissé le rideau…


– Essayez-moi ça !
Un soutien-gorge noir, vaporeux, transparent, à motifs brodés entrelacés…
– Ah, ça y est ! C’est arrivé…
– Ben oui, c’est arrivé, oui ! Vous voyez bien… Bon, ben allez ! Qu’est-ce que vous attendez ? On n’a pas que ça à faire… Faut encore qu’on repasse chez Séverine… Qu’elle vous redonne un coup de peigne… Et qu’elle vous maquille…
Elle a agrafé… Ajusté les bonnets sur les seins, passé un doigt entre le tissu et la peau…
– Nickel… Exactement votre taille… On peut pas rêver mieux… Celui-là… Le Parme maintenant…
Qu’elle a tenu à bout de bras pendant que je retirais l’autre… Dont elle m’a elle-même enfilé les bretelles…
– En douce que vous avez encore des sacrés beaux seins pour dire que vous avez 45 ans… Il va se régaler Stéphane… Oui, mais non… On garde le noir… Remettez-le ! Oui… Oui… Il est beaucoup plus sexy… Essayez la culotte qui va avec pour voir… Tournez-vous !… Super… Il y a pas photo… Il y a vraiment pas photo… En attendant vous vous en doutiez que ce serait pour bientôt Stéphane, avouez !
– Hein ? Ah, mais non ! Non… Pas du tout…
– Bien sûr que si ! Vous vous l’êtes pas fait… Vous avez plus de marques… Il y a bien une raison…


– Ce qu’ils peuvent vous mater les types maintenant !
C’était vrai… Des regards se posaient sur moi, s’y attardaient, s’efforçaient d’attirer mon attention… Le serveur… Un homme à la table juste en face… Un autre…Elle a éclaté de rire…
– On voit trop que vous avez pas l’habitude… Qu’il y a des années que ça vous est pas arrivé… Une de ces têtes toute contente vous faites ! Et ça va pas du tout ça… Mais alors là pas du tout ! Il faut faire ou bien celle qui s’aperçoit de rien ou bien celle qui s’en fout complètement… Pour qui c’est tellement habituel que ça n’a plus la moindre importance… C’est ça qui va leur donner envie aux mecs… Envie de tout faire pour que vous vous intéressiez à eux… Tiens, le v’là Stéphane… Le v’là… À vous de jouer maintenant…

lundi 17 février 2014

Le Centre (57)



– Qu’est-ce qu’il a dit ?
Elle a baissé les yeux…
– Que je vous montre… Aussitôt… Dès que j’arriverai…
– Eh bien alors ? Qu’est-ce que vous attendez ?
Elle m’a tourné le dos… A relevé docilement sa robe…
– Tiens, il y a une culotte aujourd’hui… Il le sait ?
– Il le sait, oui… Et…
– Et ?
– Il veut que ce soit vous qui me la baissiez… Que je vous le demande…
– Très agréable perspective… Oh, mais on va prendre notre temps… Tout notre temps… Il y a rien qui presse… Laissez-la relevée bien haut la robe et penchez-vous un peu en avant… Comme ça, oui… C’est parfait… Ne bougez plus…
J’ai allumé mon ordi… Ouvert un tiroir… Sorti des dossiers… Je me suis installé…
– Rien que tout autour déjà, c’est un vrai bonheur… Ce rouge intense… Lumineux… Ces dégradés… Alors qu’est-ce que ce sera tout-à-l’heure ! Quand elle va dégringoler cette petite culotte… D’autant qu’il n’a pas ménagé ses efforts… Il vous a vraiment soignée… Vous l’aviez cherché, faut dire… Prétendre que vous lui aviez obéi… Que vous m’aviez montré… Alors qu’en réalité…
– Hein ? Mais vous savez bien que…
– Que quoi ?
– Non… Rien…
– Je préfère…
Et je me suis plongé dans mon travail… J’ai fait semblant… Du temps s’est écoulé… On passait dans le couloir… On s’appelait… On a ri… Quelqu’un s’est arrêté devant la porte… Elle a précipitamment laissé retomber sa robe…
– Qui vous a permis ?
Les pas se sont éloignés…
– Mais si…
Elle l’a relevée…
– Mais si quoi ? Personne n’entre jamais dans ce bureau sans frapper… Et vous le savez très bien…
– Il suffirait d’une fois…
– C’est exaspérant cette manie que vous avez d’ergoter comme ça en permanence sur tout… Il va falloir que ça vous passe… Il va vraiment falloir que ça vous passe…
Je me suis levé… Approché… Tout près…
– Bon… Mais vous n’avez pas quelque chose à me demander ?
– Si !
– Eh bien je vous écoute…
– Il faudrait… Il voudrait… Je… Baissez-la moi !
– Quoi donc ?
– Ma culotte… Baissez-la-moi !
J’ai introduit un doigt entre l’élastique et la peau… Un deuxième… J’ai doucement fait descendre… Un peu… Juste un peu… Découvert le tout début du sillon entre les fesses…
– Là ! Voilà… Ça suffira… Pour le moment ça suffira…
Et je suis retourné m’asseoir… Un quart d’heure… Un autre… On est encore passé dans le couloir… On s’est encore interpellé… Elle n’a pas bougé…
– Finalement vous avez trouvé le bon prétexte pour rien foutre et me laisser tout le boulot, vous, hein ! Seulement si vous imaginez que ça va se passer comme ça !
Je suis revenu auprès d’elle… J’ai posé ma main au creux de ses reins…
– Quelle paresseuse vous faites ! Ça mériterait une bonne correction, non, vous croyez pas ? Et je vais vous la donner…
Et j’ai descendu la culotte… D’un coup… Jusqu’en bas… Ma main sur sa fesse… Qu’elle a lentement parcourue… Redessinée…
– Ça aussi vous allez me le demander… Allez ! Je vous écoute…
Elle a frémi…
– Punissez-moi !
– Pourquoi ? Dites pourquoi…
– Parce que je suis une paresseuse… Punissez-moi !
– Ça viendra… Le moment venu… Vous perdez rien pour attendre…
Et je lui ai remis sa culotte en place…

– Qu’est-ce que j’apprends ? Il t’a déculottée… Au boulot… Et c’est toi qui lui as demandé… Non, mais tu n’as pas honte ?
– Hein ? Mais tu m’avais dit…
– Quoi ? On peut savoir ?
– Mais de…
– De ?
– Non… Rien… Rien…
– T’aimes ça montrer tes fesses… T’aimes ça, hein ? Eh bien vas-y ! Vas-y ! Mais ça va pas être pour rien… Je peux t’assurer que ça va pas être pour rien…

jeudi 13 février 2014

La petite vendeuse (6)

– Pourquoi tu me regardes comme ça ?
– Parce que… Parce que ce que je suis en train de me demander, c’est si vous vous l’êtes donné le martinet hier soir… Tous les jours vous vous le faites ? Oui, hein ?
– Je… Écoute… Faudrait peut-être qu’on rafraîchisse la vitrine… Depuis le temps que…
– Pourquoi vous voulez pas en parler ? On peut bien en parler si on veut… Il y a pas de honte… Je suis sûre que vous en avez envie en plus… Parce que faut bien reconnaître qu’être obligée de se faire ça toute seule ça doit pas être franchement marrant… Et vous savez ce que je me disais en y repensant hier soir ? C’est qu’à part vous il y a que moi qui pourrais vous le faire en fait… Parce qu’il y a que moi qui sais… Sûrement je vous le ferai d’ailleurs un jour… Un jour que j’aurai envie… Par exemple, parce que vous aurez loupé une vente, tellement vous vous y serez prise comme un manche… Et pas que ça… Parce que, quand on vous connaît un peu, on sait qu’il y en a plein des raisons pour vous en coller… C’est pas ça qui manque…


– Le v’là !
– Qui ça ?
– Ben Stéphane, tiens ! Il me l’avait dit qu’il passerait… Histoire de voir à quoi vous ressemblez…
Un grand brun tout bronzé… Qui s’est penché… Qui, d’autorité, m’a fait la bise…
– Ravi de faire votre connaissance… Amandine m’avait chanté tant et plus vos louanges, mais elle était encore très en dessous de la vérité…
Une cliente… Une bouée de sauvetage… Vers laquelle je me suis précipitée… J’ai fait durer… Quand j’ai regagné la caisse il était parti…


– Alors ? Comment vous l’avez trouvé ?
– Sympa… Il a l’air gentil…
– En tout cas vous êtes drôlement à son goût… Il me l’a dit… Mais ça j’en étais sûre… Je le connais Stéphane depuis le temps… Bon, ben voilà… Ça va le faire… Il y a plus qu’à…
– Je pourrai jamais…
– Il vous plaît pas ?
– Si ! Si ! C’est pas ça… Mais il est bien trop beau… Qu’est-ce qu’un type comme lui peut bien avoir à foutre d’une femme comme moi ? Et si c’est pour me faire la charité…
– Vous êtes trop, vous, dans votre genre… Parce que un mec comme Stéphane il y en a des dizaines et des dizaines des nanas qui rêveraient de l’avoir dans leur lit… Vous, il vous tombe tout rôti dans le bec et vous faites la fine bouche… Alors que vous avez absolument rien à vous mettre sous la dent… C’est quand même fabuleux, avouez ! Non, votre problème, c’est que vous avez une image tellement négative de vous-même que vous vous donnez droit à rien… Mais ça va changer… Faut que ça change… L’aspect extérieur pour commencer… Parce que quand on n’est plus la même au-dehors on n’est plus la même dans la tête non plus… Bon, mais je sais ce qu’on va faire… Je sais…
– Qui t’appelles ?
– Ma copine Séverine… Qu’est coiffeuse… On y passera tout à l’heure après la fermeture…


Elle a donné ses consignes…
– Tu vois ce que je veux, Séverine ?
Suivi de bout en bout le déroulement des opérations…
– Ah oui !… Ah oui !… Vous avez rajeuni de dix ans… Une véritable métamorphose…
On m’a promené une glace lentement tout autour de la tête…
– C’est pas mieux ?
Une autre…Différente… Une inconnue…
– Si ! Je sais pas… Faut que je m’habitue…


– Et attendez ! Attendez ! C’est pas fini… Elle va vous maquiller Séverine…
À petits coups rapides, précis, expérimentés…
– Comment ça vous change ! C’est fou… Personne va vous reconnaître… Marchez pour voir ! Jusqu’à la fenêtre… Revenez ! Encore ! Déjà vous vous tenez nettement plus droite… Ça dit bien ce que ça veut dire…