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jeudi 28 mars 2013

Escobarines: Aglaé et Valentine ( 2 )


– Tu l’as vu ?
– Évidemment que je l’ai vu…
– Tu lui as dit ?
– J’ai pas eu besoin… Il a deviné…
– Et alors ?
– Il tient toujours ses promesses… Il viendra…
– Aujourd’hui ?
– Ça… C’est à lui de voir…

– Il viendra plus maintenant…
– Sûrement pas, non… Il est trop tard…
– Hier non plus il est pas venu… Ni avant-hier…
– Je sais, oui…
– Il t’a dit quelque chose ?
– Non… On n’en a pas parlé…
– Tu vas voir que ça lui sera passé d’idée…
– Oh, tu vas pas recommencer, écoute…
– Je recommence pas, mais…
– Mais tu parles plus que de ça… Depuis trois jours tu ne parles plus que de ça… Ça devient lourd à force… Vraiment lourd…

– Bonjour… Je suis Ugo… le copain d’Aglaé…
– Ah, oui, bonjour… Entrez… Entre… Elle devrait pas tarder, mais elle est pas là…
– Ça tombe bien… Je voulais te parler…
– À moi ?!
– À toi, oui… Que tu m’expliques un peu pourquoi tu tiens tant à la voir recevoir une fessée Aglaé…
– Oh, j’y tiens pas plus que ça, hein…
– À l’entendre…
– Elle exagère… Elle a toujours exagéré… Pour tout… Non… C’est juste comme ça que je veux voir… Pour me rendre compte… Parce que c’est un truc je connais pas du tout… Ça me paraît complètement fou… Alors quand elle m’en a parlé… Qu’elle m’a dit qu’elle en recevait…
– Simple curiosité en somme…
– Voilà, oui…
– Mais alors c’est pas obligé que ce soit Aglaé du coup… Ça pourrait être n’importe qui d’autre…
– Oh, sûrement, oui…
– Tu as raison finalement… C’est pas une bonne idée Aglaé… Vous êtes copines depuis des années... Vous vivez sous le même toit… C’est beaucoup trop compliqué… Non… Je vais te trouver quelqu’un d’autre… Aucun problème…
– Oui, oh, mais c’est pas…
– Non ? Ça te va pas ?
– Si…
– T’as l’air déçue…
– Oh, non, je suis pas déçue, non…
– Oh, que si ! Si, tu es déçue… Parce que c’est Aglaé que tu veux voir fessée… Aglaé et personne d’autre… Et c’est bien compréhensible… Parce que depuis le temps que vous vous connaissez toutes les deux il s’en est accumulé des rancoeurs entre vous… Vous vous entendez bien, oui, mais au prix de toute une quantité de non-dits… Il a fallu – il faut encore – passer sur une foule de choses, non ?
– Ben si, mais…
– Tiens, par exemple, il y a combien de temps que t’as pas eu de petit ami ? Deux ans… Plus de deux ans…
– Comment tu... ? Ah, parce qu’elle t’a dit ?
– Est-ce qu’elle s’est privée, pendant tout ce temps-là, de t’exhiber les siens sous le nez ? De te vanter en long, en large et en travers, leurs exploits au lit ? Et t’inquiète pas qu’elle y prenait un malin plaisir, va ! Alors que tu lui en veuilles quoi de plus légitime ? N’importe quelle femme à ta place… Non ?
– Si !
– Sans compter tout ce que tu es la seule à savoir… Qu’est pas passé… Qui passera jamais… Qui continue à te faire obstinément mal… Tout ce que, au fond de toi, tu rêves de la voir payer… De la faire payer…
– Mais comment tu sais ? Personne…
– Elle est là l’occasion… L’occasion ou jamais… Alors tu sais pas ? C’est pour tout ça que je vais la lui donner tout-à-l’heure… À ta place…
– Là voilà… Je l’entends… Elle arrive…

– Bien… elle est prête la petite Aglaé ?
– Je suis prête, oui…
– Eh bien alors… allez !  

     
     







lundi 25 mars 2013

Le Centre ( 12 )


Il m’a fait revenir dans le bureau là-haut Martial… Il m’a fait revenir juste comme on allait regagner nos boxs pour la nuit…
– Tu n’as rien à me dire ?
– Non… Rien… Non…
– Tu es sûre ?
– Je vois pas…
– Valentine…
– Encore elle !
– Encore elle, oui ! Tu nous as raconté des salades tout-à-l’heure…
– Hein ?! Ah, mais non… Non…
– Bien sûr que si ! Tu crois qu’on la connaît pas depuis le temps ? Qu’on sait pas de quoi elle est capable ? C’est elle qui te les a faites les avances… Là-dessus pas l’ombre d’un doute… Pourquoi tu t’es obstinée à prétendre le contraire ?
– Hein ? Mais c’est vous ! C’est vous qui vouliez pas me croire… Qui me traitiez de menteuse… Vous m’avez même donné la fessée à cause de ça…
– Oui… Alors si je comprends bien il suffit d’une petite fessée de rien du tout pour te faire changer d’avis…
– De rien du tout ?! On voit que c’est pas vos fesses à vous qui l’ont prise…
– Oui, oh ! C’était pas si terrible que ça… Alors ou bien tu n’es vraiment pas très courageuse et il suffit de te flanquer deux ou trois petites claques sur le derrière pour te faire avouer tout ce qu’on veut… Ou bien t’as cherché à la couvrir Valentine… T’as voulu porter le chapeau à sa place…
– J’y comprends plus rien… Vous embrouillez tout…
– C’est pourtant simple…
– Peut-être pour vous… Mais moi, la seule chose que je vois dans tout ça, c’est que n’importe comment… quoi que je fasse… quoi que je dise… de toute façon je suis coupable…
– Ah, ben tu vois que tu comprends finalement… Tu comprends même très bien… Bon… Mais si tu me racontais ce qui s’est exactement passé plutôt ?  
– Oh, mais rien… Rien… Sauf que chaque fois que j’en prends une faut qu’elle voie… Faut qu’elle touche… Faut qu’elle commente… Sans arrêt… Soi-disant que ça change tout le temps les couleurs…
– Et… ? Parce qu’elle s’en tient pas là, je suppose ?
– Si… Non… Enfin des fois…
– Des fois ?
– Ça dérape un peu…
– C’est-à-dire ?
– Faut pas que je vous explique quand même ?
– Si, justement…
– Oh, ben… à force qu’elle touche comme ça ça arrive que ses doigts ils aillent un peu ailleurs… Un peu plus loin… Et pas que ses doigts… Sa bouche aussi elle y met des fois… Sa langue…
– Et tu la laisses faire ?
– Oh, non… Non… Enfin si ! Un peu… Elle est tellement…
– Tellement quoi ?
– Je sais pas… C’est comme si quand elle veut quelque chose c’était complètement impossible d’essayer de lui refuser… Parce qu’on sait que de toute façon elle finira par l’obtenir…
– Je vois… Oui… Dis-moi, Eugénie, pourquoi tu es venue ici ?
– Je l’ai déjà dit… Parce qu’il y a des trucs en moi qui vont pas et que je voudrais changer…
– Non… Mais la vraie raison…
– C’est celle-là…
– Bien sûr que non… Regarde-moi ! C’est quoi tes fantasmes ?
– Mes fanta… Oh, je…
– Eh bien ?! Je t’écoute…
– C’est compliqué… Et puis quand on le raconte un fantasme tout de suite il a plus du tout de force… Tout banal il paraît…
– Et si je t’aide ?
– Je sais pas…
– Le Moyen-Âge… Ça te parle le Moyen-Âge ?
– Oui, mais…
– Une prison… Une prison de femmes…
– Comment vous savez ?
– Tu as été enfermée là-dedans sur l’ordre d’un Seigneur tout puissant, auquel tu te refuses obstinément… Ivre de courroux il t’a accusée de toutes sortes de méfaits… D’avoir délibérément mis le feu aux récoltes… D’avoir voulu l’empoisonner ton maître… D’user de sortilèges pour rendre impuissants tous ceux qui t’approchent… On t’a jugée… Condamnée… Tu as échappé de peu au bûcher… On t’a fouettée… Promenée nue par les rues… Sous les rires salaces et moqueurs d’une foule en joie…
– Mais comment vous savez ?
– Et maintenant tu es là… Livrée pieds et poings liés à des geolières qui en usent avec toi comme elles l’entendent… Qui te font subir tout ce qui leur passe par la tête… Tu n’es plus qu’un jouet – docile et repentant – entre leurs mains…
– Vous me faites peur…
– Je continue ?
– Oh, non !
– Ou bien alors un couvent… Tu y es entrée pour expier tes fautes…
– Vous me faites peur… Mais vous lisez en moi, c’est pas possible !
– On t’y donne la discipline… Tu le veux… Tu l’implores… Pour ton bien… Pour ton salut… Mais la chair est faible… La tienne en tout cas… Et avec l’une ou l’autre des sœurs tu te laisses parfois aller à de tendres et ardentes étreintes… On te punit pour ça… Il arrive qu’on vous surprenne… Qu’on vous dénonce… La Mère Supérieure entre alors dans de terribles colères et vous inflige de redoutables châtiments… Elle dispose, pour ce faire, de toute une panoplie d’instruments particulièrement efficaces… Comme ceux que… Tiens, viens voir… Alors ? Qu’est-ce que tu en penses ?
– Que…
– Que tu as amplement mérité d’être punie pour t’être livrée à ces petits jeux avec Valentine ? Oui, tu as raison… Eh bien installe-toi alors ! Là… Les mains sur la tête… Parfait… Et on bouge plus maintenant, hein...

Bon… Eh bien je te laisse… Passe une excellente nuit… 

jeudi 21 mars 2013

Escobarines: Aglaé et Valentine


– Encore ! Mais c’est tous les soirs maintenant !
– Oui… Enfin non… En fait j’ai rencontré un mec…
– Je m’en doutais un peu… Bon… Alors si je comprends bien faut que je m’attende à ce que tu m’annonces, un de ces quatre matins, que la colocation toutes les deux c’est fini… Qu’il faut que je me débrouille autrement…
– Oh, non… Non… On n’en est pas là… Je sais pas encore trop où ça va avec lui… Et tant que je serai sûre de rien… Et puis c’est pas demain la veille que je vais m’installer pour de bon avec un type… J’ai déjà donné, merci… Non… Faudra d’abord qu’il fasse ses preuves… Et pas qu’un peu… Alors pour le moment on le garde l’appart…

– Quand je suis rentrée tout-à-l’heure…
– Oui… Eh bien ? Quoi ?
– T’étais sous la douche…
– Je sais, oui… Et alors ?
– J’ai vu… Il te bat ?
– Non, mais ça va pas, non ?
– Ben pourtant t’as le derrière…
– Je t’attendais pas si tôt…
– J’me doute… Mais c’est pas une réponse, ça…
– Tu peux pas comprendre…
– Je suis trop conne, dis-le tout de suite…
– Mais non, c’est pas ça, mais c’est compliqué à expliquer…
– Essaie quand même…
– C’est son truc… De donner des fessées… C’est son truc… Tu comprends ?
– Pas trop, non… Parce que moi, un mec, ça aurait beau être son truc, c’est pas pour autant que je lui tendrais docilement mon derrière…
– Mais moi non plus !
– Je comprends de moins en moins…
– Mais si ! Comment dire ? Tu sens que c’est tellement important pour lui que c’est obligé que ça te fasse quelque chose à toi aussi…
– Oui, alors en somme, à toi aussi c’est ton truc finalement…
– Dans un sens non… Et puis dans un sens oui… Ça le devient… Parce que tu peux pas savoir comment ça te remue à l’intérieur de voir dans quel état ça le met et de te dire que c’est à toi qu’il a envie de faire ça… Que c’est à toi qu’il le fait… Et à personne d’autre…
– Mouais… Ça doit faire mal n’empêche…
– Non… Enfin oui… Quand même… Mais c’est pas ça l’essentiel… C’est pas ce moment-là… Non… C’est tout ce qui vient avant… Quand il te dit qu’il va te le faire… Et pour quel motif… Un motif que souvent t’as même pas pensé qu’il pouvait exister… Mais qu’une fois qu’il te l’a donné ça te paraît tellement évident que tu peux pas t’empêcher de te demander pourquoi tu l’as pas trouvé toute seule… Et si t’es honnête t’es bien obligée de reconnaître que t’as mérité d’être punie pour ça… Et que si ce n’était pas venu de lui il aurait fallu que tu le lui demandes… Que tu l’en supplies… Pour retrouver la paix intérieure…
– Je crois que je commence à comprendre un peu… Même si…

– Il t’en a donné une autre ? C’est vrai ? Tu fais voir ? Mais si, fais voir, quoi ! Qu’est-ce ça peut foutre ? On est entre nous…

– Là… Voilà… Bon, allez, maintenant tu me laisses m’habiller et…
– Non, mais attends ! Attends ! C’est pire que l’autre fois… Bien plus rouge… Et beaucoup plus étendu… Ça a dû te faire drôlement mal, non ?
– Encore assez, oui…
– Et tu lui as pas dit d’arrêter ?
– Non… J’avais pas envie…
– Ah, oui ? Eh ben dis donc ! T’as crié ? Tu cries ?
– Oh, ben oui… Oui… Ça, oui…
– Qu’est-ce t’avais fait celle-là ? Pourquoi il te l’a donnée ?
– À cause de toi…
– De moi !
– Il voulait que personne sache… Personne…
– Mais c’était pas de ta faute… Et puis t’étais pas obligée de lui dire…
– Je sais pas mentir… Je peux pas… Surtout à lui…
– Et là ? Il va savoir ?
– Bien sûr… J’ai aucune espèce de raison de le lui cacher…
– Et qu’est-ce qu’il va faire ? T’en mettre une autre ?
– Oui… Devant toi… Il me l’a dit… « La prochaine fois que ta copine Valentine se rend compte de quelque chose, je t’en recolle une… Et devant elle… »
– Ah, oui ?! Quand ?
– Dès qu’il saura… Ce soir… Ou demain… Bientôt en tout cas…    
  


lundi 18 mars 2013

Le Centre ( 11 )


Valentine m’a posé la main sur le bras…
– On te demande au bureau…
– Hein ? Qui ça ? Pourquoi ?
– Tu verras bien… Mais moi, à ta place, je les ferais pas trop attendre… Ils ont horreur de ça...

Il y avait Martial…
– Tiens, tiens… Eugénie…
Et puis un vieux… Que j’avais encore jamais vu…
– Assieds-toi ! Tu sais pourquoi t’es là, je suppose…
– Non… Justement… Non…
– Ben voyons !
Il a hoché la tête… Soupiré…
– Encore une qui veut faire sa maligne… Joue pas trop avec nous, ma petite… Joue pas trop…
Martial s’est levé… M’a contournée… A posé ses deux mains sur mes épaules…
– Tu te rappelles pourquoi j’ai été amené à te punir quand même ?
– Ah, ben ça, oui… Oui… Mais j’ai pas recommencé, hein ! Je vous jure…
– T’as pas recommencé, non ! T’as fait pire…
– Pire ? Qu’est-ce que j’ai fait ?
– Oui, ben d’abord tu vas le prendre sur un autre ton… Et ensuite… tu vas nous faire le plaisir de fiche la paix à Valentine… Tes sollicitations sexuelles permanentes…
– Quoi ?! Mais c’est elle ! C’est elle !
– Ne retourne pas la situation, veux-tu…
– Mais si, c’est elle ! Si ! C’est elle qu’arrête pas… De vouloir me regarder le derrière… De chercher à me faire des trucs…
– Écoute-moi bien, Eugénie… Valentine on la connaît ici… Depuis des années… Elle a fait ses preuves… On sait que c’est quelqu’un de fiable… Sur qui on peut compter… Elle n’a aucune espèce de raison de nous mentir… Toi, par contre, à peine arrivée, dès la première nuit, il a fallu que tu te fasses remarquer… Et de façon éclatante…
– Je savais pas… Qu’on n’avait pas le droit, ça… Je savais pas…
– Tu mens… Tu mens encore… Tu mens tout le temps… Tu passes ta vie à mentir… Pour ça comme pour le reste…
– Mais c’est pas vrai ! Je mens pas… Je savais pas… Si, c’est vrai, hein ! Oh, et puis de toute façon…
– De toute façon ?
– Je peux bien dire ce que je veux vous me croirez jamais… Parce que vous avez décidé que ce serait comme ça… Alors c’est pas la peine…
– Je t’ai déjà dit de le prendre sur un autre ton…
– Je… Oui… Excusez-moi…
– Et j’attends…
– Vous attendez ? Vous attendez quoi ?
– J’attends que tu reconnaisses enfin qu’en ce qui concerne Valentine…
– Ah, mais non ! Non ! Alors ça il en est pas question…
– C’est ce qu’on va voir…
– C’est tout vu…
Le vieux s’est levé…
– Laisse-la moi ! Je vais m’en occuper personnellement… Viens ici, toi ! Viens voir de quel bois je me chauffe… Allez… On met ce petit derrière à l’air et…   

– Alors ? Toujours aussi entêtée ?
– Mais non, mais… Je vous l’ai dit… J’ai pas… Aïe ! Mais aïe !
– Oui, hein ! Ça fait mal… C’est le but… Et ça va continuer à faire mal… Jusqu’à ce que tu te décides à dire enfin la vérité…
– Ouille… Ouille, mais aïe ! Oui, c’est moi ! Valentine, c’est moi ! je le ferai plus… Je promets…
– Ah, enfin ! C’est quand même malheureux d’être obligé d’en arriver là, avoue ! Comme si tu pouvais pas dès le début… Non ?
– Si !
– Bon, mais allez, file ! Et évite dorénavant de te faire remarquer… Parce que cette fois…

– Alors ?! Qu’est-ce qu’ils te voulaient ?
– Comme si tu le savais pas…
– Je te l’avais dit de me ramener une fessée des cuisines cet après-midi… Je te l’avais pas dit ?
– Ben oui, non, mais attends…
– Pourquoi tu l’as pas fait ? T’aurais pu… Je suis sûre que t’aurais pu si t’avais voulu… T’y as mis de la mauvaise volonté… Alors, moi… C’est normal, non, avoue…   

jeudi 14 mars 2013

Escobarines: Au pied du mur


– Ah, ben bravo ! Bravo ! Vous pouvez être fières de vous…
– Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qu’on a fait ?
– Et elles demandent ce qu’elles ont fait ! Vous étiez où ce matin ?
– Ce matin ?
– Faites bien les andouilles… Ce matin, oui…
– On… C’est parce que… On a pensé… On s’est dit… On leur a porté deux trois trucs vite fait à Jo et à Sam…
– Ouais… Et direct dessus vous les avez amenés les keufs du coup…
– Nous ?
– Vous, oui…
– Oh, non ! Non ! C’est pas vrai ?! Non ! On n’a pas fait ça ?!
– Eh si ! Mais putain qu’est-ce qui vous est passé par la tête ?! Parce que nous on leur trouve la planque royale… Que pour aller les dénicher là-dedans ils pouvaient se gratter un moment… Et vous, vous avez rien de plus pressé que de vous précipiter là-bas ! On vous l’a pas assez dit que c’était zone interdite… Qu’on allait forcément nous mettre sous surveillance et nous pister… Mais non ! Vous êtes toujours plus malignes que tout le monde…
– Ils les ont pris ?
– À votre avis ? Évidemment qu’ils les ont pris… Depuis le temps que ça les travaillait…
– Et c’est notre faute, putain ! C’est notre faute…
– Ah, ben ça !
– Ils sont où ?
– Pour le moment… en garde à vue… Mais ils vont morfler, ça, c’est sûr ! Ils vont morfler…
– On peut faire quoi, nous ?
– Rien du tout… Attendre… Maintenant qu’elle est faite la connerie…
– Je m’en veux… Oh la la ! Qu’est-ce que je m’en veux !
– Et moi donc ! C’est moi qu’ai eu l’idée en plus…
– En attendant… on a décidé, là… Tous… À l’unanimité… On veut plus rien avoir à faire avec vous… Personne… Vous êtes beaucoup trop dangereuses…
– Mais on recommencera pas… On vous jure… On fera attention…
– Ah, oui alors, oui… Ce coup-ci on est vaccinées…
– Que vous dites… Mais non… Non… Il y a trop de risques avec vous…
– Pam et Nelly elles sont bien restées, elles… On les a pas virées…
– C’est vrai, ça ! Et pourtant ce qu’elles avaient fait c’était bien pire…
– Exprès c’était, elles… Alors que nous…
– Oui, mais Pam et Nelly, elles, elles ont payé leur dette…
– On sait… On a vu…
– Maintenant si, de votre côté, vous êtes prêtes à payer la vôtre on pourra éventuellement reconsidérer la situation…
– Ce serait… ?
– De la même façon… Exactement de la même façon… Réfléchissez… Vous nous direz…

– Qu’est-ce qu’on fait ?
– Ben…
– Ils leur avaient mis le cul dans un état à Pam et à Nelly…
– C’est pas ça le pire, moi, j’trouve… Parce que ça encore… Non… C’est de leur avoir fait contre notre mur… Avec toute la bande autour… Et tout le monde qui regardait aux fenêtres…
– Je sais, oui… Il y en a même qu’ont applaudi à la fin…
– D’un autre côté moi, je me vois pas sans eux…
– Moi non plus… Je le supporterais pas ça…
– Ben oui… Oui… Tu te rends compte ? T’imagines ?
– Sans compter que…
– On n’a pas trop le choix finalement…
– On l’a pas du tout, tu veux dire, oui…
– Bon, ben allez ! On va les retrouver… Plus vite ce sera fait…

– Vous êtes vraiment décidées ?
– Oui…
– Bon ben allez, alors ! Allez ! On met les petits culs à l’air… Voilà… Très bien… Les mains contre le mur maintenant… Et on regarde devant soi…

– Vous vous en êtes quand même pas trop mal tirées, les filles… Si, c’est vrai… Nettement moins bien que Pam et Nelly… Ah, si, si, faut dire ce qui y est… Elles, elles s’étaient montrées vraiment courageuses… Vous par contre… Mais bon… On peut pas trop vous en demander non plus… Non… Ce qu’on voulait surtout maintenant, c’est vous rassurer… Parce qu’en réalité ils les ont pas serrés Jo et Sam les keufs… Ils sont toujours là-bas bien pépères…
– Hein ? Mais alors…
– Alors ça aurait pu… Reconnaissez que ça aurait pu…    

lundi 11 mars 2013

Le Centre ( 10 )


– Wouah ! Mais j’ai dormi…
– Ah, ça, pour dormir, t’as dormi, oui… Et t’as pas fait semblant…
– Quelle heure il… ? Hou la la… Je devrais être au boulot, moi… Et depuis un bon moment… Qu’est-ce que je vais prendre ! Arrête ! Non, arrête…
– J’ai encore envie…
– Non, j’te dis… Non… Je suis à la bourre…
– Oui, oh ! Un peu plus un peu moins… De toute façon qu’est-ce que tu risques ? Une bonne fessée ? Eh ben tant mieux ! J’en profiterai…
– Écoute, Valentine…
– Chuuut… Sage… Allons, sage… On se laisse gentiment faire… Non ? On veut faire sa vilaine ? Comme tu voudras… Je déteste pas qu’on me résiste… Au contraire… Ça met du piment…  

– Alors ? On regrette ?
– Mais non, mais…
– Tu me dirais le contraire ! Une sacrée petite jouisseuse t’es au fond, oui… Mais ça dès le début je l’ai su… Dès que je t’ai vue… Allez, va vite maintenant… Et ramène-moi une belle fessée… Bien cuisante…

Lucie était assise sur la barrière… Celle-là même où elle avait pris sa première fessée… En pleine discussion avec notre responsable cuisine…

– Tu peux m’expliquer ton retard ?
– Oui… C’est-à-dire que… Je suis désolée… Je me suis endormie et…
– Endormie ! Non, mais cette fois on aura tout vu… Bon… Mais on réglera ça plus tard… Pour le moment tu vas me chercher six belles salades au potager… Et tu me les nettoies… Exécution…

– Tu t’en sors ?
– Laver des salades, on peut quand même pas dire que ce soit bien sorcier… Il est où ?
– Ils ont une réunion…
– Ah… Il a dit quelque chose que je sois arrivée en retard ?
– Rien… Non… Non… Ça l’arrangeait plutôt…
– Ah oui ? Parce que… ?
– Parce qu’on avait à parler tous les deux… Et que… Je sais pas où je vais, Eugénie… Je sais vraiment pas où je vais…
– Te pose pas tant de questions… Il te plaît ?
– C’est pas ça… Parce qu’on peut pas dire qu’il soit beau… On peut même pas dire qu’il ait du charme… Seulement ce qu’il dégage…
– Eh ben fonce alors ! Prends du bon temps… C’est quoi qui t’arrête ? Xavier ?
– Oh, Xavier… Oui… Non… C’est pas si simple… S’il s’agissait que de tirer un coup… Non… Je suis en train de tomber complètement sous sa coupe en fait… Je le sens bien…
– Oui, mais ça ! C’est parce qu’on est ici… Avec tout le climat… L’ambiance… Une fois qu’on sera parties…
– Je crois pas, non… Il m’a trop bien percée à jour… Parce que tu sais, c’est pas seulement un jeu tout ça pour moi… C’est bien plus profond… Ça va chercher beaucoup plus loin… Il y a des années et des années que je rêve de me fondre totalement dans la volonté d’un homme… De n’être plus que ce qu’il veut que je sois… À lui… Vraiment à lui… Entièrement à lui…
– Tu t’emballes, là… Tu t’emballes… Méfie-toi ! Tu risques de tomber de haut…
– Je crois pas, non… Et même… J’en suis sûre… Au fond de moi il y a quelque chose qui en est sûr… Je sais que c’est lui…
– C’est pas parce qu’il t’a flanqué deux ou trois fessées…
– Tu peux pas comprendre…
– Oh, que si ! Bon, mais alors au final, concrètement, tu vas faire quoi ?
– D’abord je vais quitter Xavier…
– Comme ça… D’un coup… Sans réfléchir…
– C’est tout réfléchi… Ça fait un moment que c’est mort Xavier… Qu’on n’a plus rien à faire ensemble… J’essayais de me voiler la face, mais bon… Non… C’est décidé…  Je le quitte… Tout entière à Leo je veux être…
– Il te l’a demandé ?
– Il a pas besoin…  Faut que je sois libre… Disponible… Pour quand il voudra… Au cas où il voudrait…
– Et s’il veut pas ?
– J’attendrai…
– S’il veut jamais ?
– Il voudra… J’en suis sûre…

Valentine m’a attirée dans le petit recoin sous l’escalier, à droite de la porte du réfectoire…
– Alors ? T’en as pris une ?
– Non…
– Hein ? Mais c’est pas possible… Plus de deux heures de retard t’avais… Je te crois pas…
– Ben si !
– Fais voir !
– Si quelqu’un arrive…
– J’m’en fous… Fais voir, j’te dis… Non… Il y a rien… Qu’est-ce t’as foutu ? Je t’avais dit que je voulais que t’en ramènes une… Je te l’avais pas dit ?
– Ben si, mais…
– Mais t’y as mis de la mauvaise volonté… Si t’avais vraiment voulu… Mais tu vas me payer ça… Je peux te dire que tu vas me payer ça…