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jeudi 29 octobre 2009

Colocataires ( 19 )

- Qu’est-ce que vous allez penser de moi maintenant !…
- Que tu es une petite Mélissa très sensuelle… Qui prend à faire l’amour un plaisir infini…
- J’ai honte…
- Il y a vraiment pas de quoi !…
- Ben si, si !… On se voit à peine deux fois et je me jette sur vous comme une meurt-de-faim…
- Et alors ?!… Tu as bien des principes !…
- Mais non, mais… C’est de votre faute aussi !… On n’a pas idée de donner autant envie…
- C’est de ma faute !… Ben voyons !…
- Ben oui, oui !… C’est vos yeux… C’est votre sourire… C’est tout vous… Je me demande comment elles font les autres pour pas craquer… Moi, je peux pas…
Elle s’est redressée sur un coude…
- Vous m’en voulez pas trop ?…
- Arrête de dire des bêtises, tu veux ?!…

- Je suis bien avec vous…
Sa tête sur ma poitrine. Sa main sur mon sexe. L’autre dans mes cheveux…
- J’ai rarement été aussi bien avec quelqu’un…
- Tu as oublié…
- Ca s’oublie pas ces choses-là… Non… C’est vrai… Je me sens protégée… En sécurité… Comme si rien ne pouvait plus m’arriver… Et même – ça va vous paraître complètement idiot – comme si je pouvais plus jamais mourir… Comme si de ça aussi vous alliez me défendre… Ca tient pas debout, hein ?!… Peut-être que je devrais pas vous le dire… Que ça va vous inquiéter… Vous faire peur…
- Peur ?… Pourquoi peur ?…
- Parce que… Les hommes ils ont toujours peur de nous… Peur qu’on les colle… Qu’on fasse les sangsues… De jamais pouvoir se débarrasser… Mais moi, je suis pas comme ça, vous savez !… Le jour où vous voudrez plus de moi vous me direz… Et je partirai… Sur la pointe des pieds… Sans faire d’histoires… Sans faire de bruit… Même si je dois être très malheureuse… Mais j’espère bien que vous allez me garder un tout petit peu quand même… En secret… Vous voulez bien ?…

- Il y avait que nous tout à l’heure au spa… Nous trois… Peter, Alexandra et moi… On a beaucoup parlé… Tout l’après-midi en fait… Qu’est-ce qu’il y tient à ce que je le ficelle !… Et il veut que ce soit moi… Moi et personne d’autre… Ca devient une obsession ce truc… Faut vraiment que je m’apprenne… Que je devienne une spécialiste… Quant au reste – faire quelque chose avec un autre mec – ben il serait pas contre du tout… J’en suis tombée de cul… Alexandra aussi… Comme quoi on croit connaître les gens, mais en réalité… C’est les deux autres qu’il va falloir convaincre maintenant… Au moins un des deux… Trouver le truc qui les motive… Qui les décide une bonne fois pour toutes… Vous avez pas une idée vous qu’êtes un mec ?… Quoique… Vous connaissant… Ca m’étonnerait… Je suis sûre que c’est quelque chose à quoi vous vous êtes jamais amusé… Vous êtes bien trop sage pour ça… Et ben justement !… Qu’est-ce qui vous ferait sauter le pas à vous ?… Tiens… Si je vous le demandais… Si je vous disais que j’ai vachement envie de vous voir sucer un autre mec… Ou de vous voir vous faire sucer… Ou pire encore… Vous me répondriez quoi ?…
- Que j’en suis toujours passé par tout ce que t’as voulu… Qu’il y a pas de raison que ça s’arrête…
- Oui… Oh, ça !… De toute façon la question se pose pas… C’est pas vous que j’ai envie de voir le cul en l’air, mais les mecs avec qui je couche… Alors…

- Vous me faites trop rire !… Non, mais comment vous pouvez être empoté !… Vous vous seriez vu tout à l’heure au hand… C’était à mourir de rire… Parce que Melissa vous l’aviez à trois mètres cinquante… Et vous regardiez ailleurs… Vous faisiez comme si vous l’aviez pas vue… Alors que je vous ai dit cent mille fois qu’elle a flashé sur vous et qu’elle attend que ça… Elle vous plaît pas ?… Si ?… Eh bien alors ?… Il est où le problème ?… Je vais vous dire, moi, où il est… C’est que si vous étiez allé lui parler à Mélissa elle vous aurait empêché d’aller voir ce qui se passe dans les douches à la fin… Comme l’autre jour… Et pour vous c’est beaucoup plus important, ça, d’aller mater des minous et des paires de seins en douce que de coucher avec elle… Vous vous en fichez de coucher finalement… Faut être un peu spécial quand même… Faut forcément avoir un problème quelque part… Et alors moi si ça m’avait traversée de vouloir coucher avec vous j’aurais été de la revue aussi ?… Ah, c’est agréable !… Ah, c’est gratifiant !…
- Tu as toujours soutenu que…
- Qu’il était hors de question qu’il se passe quoi que ce soit avec vous, oui !… Mais c’est pas pour autant que vous devez pas en avoir envie… C’est quand même pas la même chose pour une nana de se dire que le mec il la saute pas parce qu’elle veut pas ou de savoir que c’est parce que ça lui dit absolument rien… Bon, mais enfin bref !… J’espère que vous en avez bien profité au moins dans les douches ?… C’est sur lesquelles que vous étiez ?… Les quatre de l’autre soir, je parie !… Ben oui, forcément !… Et surtout Emilie… Non ?… Je me trompe ?… Je vous les ramènerai un de ces jours… Bien que vous le méritiez pas du tout…

- Evidemment tout nu… Vous croyez que c’est tout habillé que je vais le ligoter Peter ?… Et tenez-moi le bouquin bien droit… C’est déjà assez compliqué comme ça… J’y comprends rien… Si je passe par là-dessous ça peut pas en faire vraiment un de nœud… Et de l’autre côté non plus… A moins que… Ah oui !… Ca y est !… J’ai compris… Ah oui !… Oui !… Bougez pas !… Là !… Et voilà le travail… C’est trop ce truc !… Ca le coince complètement le mec… Il peut plus se défendre… Il peut plus rien faire… On est sacrément en position de force, dites donc !… Plein d’envies ça doit donner dans le feu de l’action… Il va voir si j’en ai pas de l’imagination Peter… Et même vous si je voulais… Je pourrais bien décider ce que veux je vois pas comment vous pourriez m’en empêcher maintenant… Qu’est-ce que je pourrais vous faire ?… Vous voulez pas me donner des idées ?… Non… Evidemment… C’est pas votre intérêt… Et de toute façon des idées j’en ai à revendre… J’ai pas besoin de vous… Alors… Oui, tiens !… Oh, oui !… Celle-là… Depuis le temps que j’en rêve… Mais pour ça faut que je vous bande les yeux…
- Qu’est-ce que tu vas me faire ?…
- Vous occupez pas… Vous verrez bien…
Elle m’a noué un foulard autour de la tête. Plus rien. L’obscurité. Complète. Le silence. Total. Longtemps…
- T’es toujours là ?…
Pour toute réponse elle m’a enfoncé un morceau de tissu dans la bouche. Quelque chose m’a frôlé les seins. Il y a eu un claquement métallique. Un autre. Ca s’est éloigné. C’est revenu. Un bruit de chaîne. Un objet dur et froid m’a touché les fesses, a paru vouloir s’insinuer entre elles. A insisté. Paru s’apprêter à forcer. A renoncé. Elle a éclaté de rire…
- Comment elle est devenue riquiqui !… Les couilles aussi… Si elles pouvaient s’enfoncer dans un trou de souris !… Faut croire que vous êtes rassuré !… Que la confiance règne !… Non, mais franchement quelle opinion vous avez de moi !… Vous croyez vraiment que… Mais je vous libère !… Je vous libère !… Si j’exagère vous seriez capable de plus vouloir me le faire le cobaye… Et il y a que vous sur qui je peux m’entraîner, moi !…

lundi 26 octobre 2009

Colocataires ( 18 )

- Vous allez lui dire à Mélianne que vous m’avez emmenée au restaurant ?
- Je n’ai aucune espèce de raison de le lui cacher…
- Oui, mais du coup elle va vouloir savoir… Ce qu’on s’est dit… Ce qui s’est passé… C’est un peu comme si elle était là, entre nous, à nous surveiller… Jamais je vais pouvoir être naturelle avec vous, moi, ni vous parler franchement si je dois sans arrêt me dire qu’elle sera au courant de tout…
- On n’est pas obligés d’entrer dans les détails…
- Oui, ben alors ça avec elle c’est pas gagné… Elle va pas arrêter de m’interroger… Elle va pas arrêter de vous interroger… Elle nous lâchera pas… Jusqu’à ce qu’on ait craché le morceau…
- Quel morceau ?
Elle n’a pas répondu. Elle a brièvement effleuré mon regard, s’est concentrée sur sa truite dont elle a minutieusement levé les filets…
- Hein ?… Quel morceau ?… Savoir si on a couché ensemble ?… Si on va coucher ensemble ?
- C’est vrai que ça la préoccupe… Beaucoup…
- Et qu’elle pousse à la roue… Et pas qu’un peu !…
- Ca m’agace !… Vous pouvez pas savoir comme ça m’agace !… Comme s’il y avait que ça qui m’intéressait !…
- Il y a que ça qui l’intéresse, elle… Du moins en ce qui me concerne…
- Ca, c’est sûr… Des tas de questions elle se pose par rapport à vous… Vous la déstabilisez complètement de pas essayer avec elle… Même qu’elle vous ait mis les points sur les i dès le début… Seulement moi, j’ai pas une âme de cobaye… Et j’ai pas du tout envie que ce qui va se passer – ou ne pas se passer – entre nous ce soit en fonction des attentes ou des appréhensions de Mélianne… Et c’est forcément ce qui va se produire si on lui laisse un droit de regard sur nous…
- Eh bien ne le lui laissons pas !…
- On lui dit rien ?
- On lui dit rien… Même pas qu’on se voie… Surtout pas qu’on se voie…
- Merci…

- Ben alors ?… Où vous aviez disparu ?… Je vous ai cherché, moi !… Pour aller là-bas, tiens, pardi !… Vous avez raté quelque chose, vous savez !… Parce que Alexandra aujourd’hui elle s’est ramassé Kevin entre les fesses… Ben oui, forcément !… De l’autre côté, elle, c’est même pas la peine d’y penser !… Et moi Baptiste du coup !… Ca l’avait mis en appétit… De toute façon les mecs dès qu’il s’agit de nous passer par là ils se sentent plus… Mais seulement nous !… Elle a beau dire Alexandra que c’est un premier pas et que quand on les aura bien habitués ils se le feront entre eux j’y crois pas une seule seconde… Parce que vu le nombre de fois où je me le suis fait faire comme ça si ça jouait vraiment il y a belle lurette que pratiquement tous les mecs que j’ai eus ils se taperaient à qui mieux mieux dans la lune… Et c’est pas le cas… Ah non alors !… Pas question… Ils veulent pas en entendre parler… Mais justement !… Justement… qu’elle dit Alexandra… C’est qu’ils en crèvent d’envie au fond d’eux-mêmes… Ils s’en défendraient pas avec autant d’énergie sinon… Peut-être… Peut-être… J’en sais rien… Mais s’ils savent pas eux-mêmes qu’ils en ont envie je vois pas à quoi ça peut nous avancer…

- Faut que je vous raconte !… A vous… Il y a que vous qui pouvez comprendre… Hier soir ça s’est passé… Au moment de partir du boulot… J’avais travaillé toute la journée sur un dossier important… Fallait absolument qu’il soit prêt ce matin… Je venais juste de le finir… Je le ferme… « Voulez-vous enregistrer les modifications apportées à D12V ? »… Et comme une imbécile je clique sur non… La boulette… La grosse boulette… J’ai beau le rouvrir… Le refermer… Le rouvrir encore… Ca a définitivement disparu… Pas d’autre solution que d’aller expliquer à monsieur Lambert, dans son bureau, ce qui s’est passé… « - Ah, Victorine, vous n’en ferez jamais d’autre !… Vous savez ce que vous mériteriez ?… Une bonne fessée… »… Je suis devenue écarlate… J’ai balbutié je ne sais trop quoi… Et il en a rajouté une couche… « - Eh bien !… Eh bien !… Reprenez-vous !… C’est d’entendre parler de fessée qui vous met dans des états pareils ? »… Je n’ai pas cherché à lutter… Je n’ai pas protesté… « - Venez avec moi… »… Il m’a ramenée à mon ordi… Devant lequel il s’est installé… « - Voilà !… Le malheur est réparé… Il y a toujours moyen de ramener un ordi à une situation antérieure… Encore faut-il savoir le faire… »… Il s’est levé… « - N’empêche que je devrais quand même bien vous en mettre une… »… Et il est parti sans se retourner… Heureusement !… Et moi, j’ai passé la nuit à imaginer qu’il me la donnait vraiment… Quelquefois dans son bureau… Quelquefois devant mon ordi… Et même, de temps en temps, devant tous mes collègues qui riaient et se moquaient de moi… Il y a des moments… je me demande si je deviens pas complètement folle…

- Là, c’est Gaëlle… Là, Emilie… Là, Cynthia… Et là Pauline… Vous les connaissez… Vous les avez vues au hand… Ca dérange pas que je les aie amenées ?… Non, parce que Claire elle enterre sa vie de jeune fille le 18… Alors faut qu’on prépare… Qu’on lui mijote tout un tas de surprises… On a le temps, mais vaut mieux s’y prendre à l’avance… Surtout qu’on veut que ça sorte de l’ordinaire… Parce que si c’est pour se bourrer la gueule ou se taper les éternels chipendales merci bien !… Vous avez pas des idées, vous ?… Comment ça se passait dans votre temps ?…
- Ca se faisait pas tellement… Pour les filles en tout cas…
- Heureusement qu’on est pas nées à cette époque-là, nous !… On n’avait jamais droit à rien… Non, mais sans rire, on devait s’ennuyer à mourir… Je te leur aurais foutu un bordel, moi !… Ils auraient pas été déçus du voyage… Bon, mais ça nous dit pas ce qu’on va lui concocter à Claire… Vous avez des idées, les filles ?… Non, mais attendez !… Pas toutes à la fois… Chacune son tour !…

- Vous dormez ?… Non ?… Je peux allumer alors ?… Juste une minute… Le temps que je me couche… Oh, c’est sympa… Vous m’avez chauffé la place… Vous pouviez… C’était la moindre des choses… Parce que comment j’ai été gentille avec vous !… Vous amener quatre petites nanas comme ça pour passer la soirée… Et des mignonnes en plus !… Sans compter que vous les avez toutes vues à poil sous la douche… Je me mets à votre place… Comment ça doit être excitant d’y repenser, de vous dire en leur parlant, en les écoutant, que vous savez comment elles sont faites et qu’elles s’en doutent même pas… Ca a dû sacrément vous mettre en appétit, non ?… Vous vous êtes amusé tout seul le temps que j’arrive ?… Même pas ?… Eh ben il doit y avoir besoin, dites donc !… Faites voir !…
Elle y a installé sa main. D’autorité…
- Ho la la, oui !… Vous voulez que je vous le fasse ?… Faut pas hésiter à me demander, hein, quand c’est comme ça… quand vous avez envie… Moi, ça me gêne pas du tout… Au contraire… J’aime bien… Le mec tu le tiens complètement en ton pouvoir… Et puis il faut quand même que vous ayez droit à quelque chose de temps en temps… Mais peut-être que vous aimez pas que ce soit quelqu’un d’autre qui vous branle… Que vous préférez tout seul… Je sais qu’il y en a des comme ça… C’est comme vous voulez… C’est vous qui décidez…
Elle a doucement caressé. Du bout du pouce…
- C’est fou comment c’est doux là… J’adore… Et vous, vous aimez ?… On dirait en tout cas… Qu’est-ce ça vous fait ?… C’est pas juste… Non, c’est pas juste… Faudrait qu’on puisse être dans votre peau des fois, nous les femmes, pour savoir ce que vous sentez… Vous pensez à quelque chose ?… Vous pensez à quoi ?… Ou à qui ?… A Emilie, je parie… Elle est sacrément bien foutue, hein !… Je crois que de toutes celles du hand… Oh, ben non, non, pas déjà !… J’ai même pas eu le temps de vous commencer…

jeudi 22 octobre 2009

Colocataires ( 17 )

- Vous venez ?… Mais si, venez !… Elle sera contente de faire votre connaissance… Je lui ai tellement parlé de vous… Et c’est quelqu’un de très simple, vous verrez… Vraiment de très très simple pour une femme de médecin… Elle saura vous mettre tout de suite à l’aise…

- Je suis là !…
Dans le spa. Mélianne s’est approchée, penchée pour lui faire la bise…
- Eh bien !… Qu’est-ce que vous faites ?… Amenez-vous !… Venez lui dire bonjour à Alexandra… Elle va pas vous manger…
Elle s’est légèrement soulevée pour me tendre la main…
- Alors comme ça, c’est vous ?!… C’est vous la coqueluche des jeunes filles…
Mélianne s’est déshabillée, l’a rejointe…
- Qu’est-ce qu’on est bien !… C’est juste à la température qu’il faut… Et vous ?… Vous allez quand même pas rester toute l’après-midi au bord à nous regarder comme un imbécile ?… Venez dedans avec nous !… Pour une fois que vous avez l’occasion d’être dans un truc comme ça…

- Alors ?!… Qu’est-ce que je vous disais ?… C’est pas génial ?… Bon, mais qu’est-ce qu’ils foutent les deux autres ?… Deux heures je leur avais dit… Il y a pas moyen… Faut toujours qu’ils soient à la bourre…
Elle a disparu sous l’eau, a resurgi, s’est ébrouée…
- Vous croyez vraiment que ça va marcher notre plan ?
- Bien sûr que ça va marcher… A condition d’être patientes… De procéder étape par étape… Sans en brûler aucune…
- Les voilà !… Si, c’est eux !… Les voilà !…

Baptiste et Kevin. Qui ne se sont pas fait prier pour se jeter à l’eau. Des cris. Des fous rires. Des courses-poursuites avec Mélianne. Autour. Dedans. Des éclaboussements. Alexandra souriait. Elle ne cessait pas de sourire…

Ils se sont immobilisés. Enlacés. Tous les trois. Mélianne a lentement perdu pied. Noué ses bras. Battu des jambes. Abandonnée à eux, elle a doucement gémi. Sangloté de bonheur. Les mains sous l’eau, les lèvres entrouvertes, Alexandra ne les a pas quittés un seul instant des yeux. Un râle. Profond. Eperdu. Un second comme en écho. Elle a laissé retomber sa tête sur la margelle…

Je ferme les yeux. Et je suis là-bas. Avec vous. Que nous. Personne d’autre. Et pas Mélianne. Surtout pas Mélianne. Je suis toute nue sur le canapé. Et vous regardez. Vous avez les yeux que j’aime. Et ça dure. Ca ne s’arrête jamais. Je voudrais que ça ne s’arrête jamais… D’autres fois au contraire c’est vous qui êtes assis dessus. Vous m’attendez. Comment vous avez l’air sévère !… Et votre voix !… Elle me fait peur votre voix… Elle me gronde… Et ça me fait pleurer… Parce que vous n’êtes pas content de moi… Ca me fait mal tellement mal au dedans de vous avoir déçu, vous !… Et tellement pleurer… De plus en plus… Mais vous n’arrêtez pas… Au contraire… Vous me grondez encore plus fort… Je suis tellement malheureuse… Et puis vous le dites… « - Reconnais que c’est amplement mérité, non ?… »… Je reconnais. Oui. Je suis méchante. Je suis fautive. Je n’ai pas la moindre volonté… Je fais n’importe quoi… Punissez-moi !… Que je me sente réconciliée. Apaisée… Vous me prenez les mains… Vous m’attirez très doucement vers vous… Vous me faites pencher sur vos genoux… Vous m’installez… Vous me calez… Vous me soulevez ma robe… Jusqu’en haut… Vous me tirez sur ma culotte… Jusqu’en bas… Vous me faites attendre… Une éternité… Vous en lancez une… Et puis plus rien… Une autre… Longtemps après… Une grêle de claques d’un seul coup… Une cascade… Ca brûle… Ca lance… Ca cuit… Ca ravage… Ca me secoue dans tous les sens… Ca me fait crier… De plus en plus fort… Vous n’arrêtez pas… Vous n’arrêterez jamais… Vous arrêtez… Vous me faites relever… Vous me gardez sur vos genoux… Je jette mes bras autour de votre cou… Je me blottis contre vous… Je suis en paix… Pardonnée… Je pleure… Vous n’êtes pas là… Je suis toute seule… Ce n’est pas vrai en vrai…

Melissa m’a aperçu dans les gradins, est montée, s’est assise à mes côtés…
- Tu joues pas aujourd’hui ?
- Non… J’ai une contracture à la cheville… Pas la peine de tenter le diable et d’en rajouter une couche…
- Il y a longtemps que tu la connais Mélianne ?
- Depuis la sixième… On a fait toute notre scolarité ensemble… Même en fac, là, on est encore ensemble… Pourquoi vous me demandez ça ?
- Non… Pour rien… Comme ça… Vous avez dû en vivre des choses ensemble alors !… Même en dehors de l’école…
- Vous voulez dire pour les sorties ?… Tout ça ?… Pas tellement non… Pas du tout même… Non… Moi, les types de mon âge je m’ennuie vite avec… En général ils ont pas grand chose à dire… A part te faire du rentre-dedans… Depuis toujours je me suis beaucoup mieux entendue avec les personnes plus mûres que moi… Celles qui ont de la conversation… Toute petite déjà… Mes parents recevaient souvent le dimanche… Au lieu de m’éclipser, aussitôt le dessert avalé, pour aller jouer, comme on m’y engageait, je restais à table avec les adultes… J’écoutais… Je buvais leurs paroles…
- Et aujourd’hui tu continues…
- Quand c’est possible… Ca l’est pas toujours… Parce qu’il ne suffit pas d’avoir cinquante ans pour être quelqu’un d’intéressant…
- Et moi, à ton avis, je le suis ?
- Oh oui, oui !… Là-dessus il y a aucun doute…
- Qu’est-ce que tu en sais ?… Tu me connais à peine…
- Il y a tout ce que j’ai entendu…
- Qui est peut-être complètement faux… Tant qu’on n’a pas eu l’occasion de juger par soi-même…
- Faut me la donner alors !…
- Tu fais quoi demain à midi ?
- Rien… Rien de spécial…
- Je t’emmène déjeuner quelque part ?
Son visage s’est illuminé d’un éclatant sourire…

- Sa cheville ?… Oui… Tu parles !… C’était cousu de fil blanc… Vous en avez profité pour avancer au moins ?… Ca m’étonnerait… A moins que ce soit elle qui ait pris l’initiative… Parce que vous… C’est ce que je lui ai dit l’autre jour… Faudra que tu le violes… Parce que si tu le violes pas dans un an vous en êtes toujours au même point tous les deux… En attendant elle vous a privé de votre petit spectacle douche habituel… Ca vous a pas trop manqué ?… Non ?… De toute façon aujourd’hui question spectacle vous aviez atteint votre quota en début d’après-midi… Vous en avez pensé quoi de tout ça ?… Vous croyez qu’on va y arriver à ce que les mecs ils se le fassent ensemble ?… Parce que qu’est-ce que j’ai envie !… De plus en plus à force d’en parler avec Alexandra… Elle aussi d’ailleurs !
- Il y avait pas Peter…
- Non… C’était exprès… Qu’ils s’habituent d’abord à me le faire là-dedans devant elle tous les deux… Il viendra après Peter… Et ils s’occuperont de moi tous les trois… Et de fil en aiguille, si tout se passe comme on veut, si on sait bien manœuvrer toutes les deux… Mais je sais pas… Je sais pas… On verra bien…

lundi 19 octobre 2009

Colocataires ( 16 )

- Je sais pas si le reste ça fonctionne pas comme il faut, mais alors je peux vous dire que son clito à Alexandra il est sacrément en état de marche… J’ai rarement vu ça… Il devait en fumer, je suis sûre… Elle nous avait le nez carrément dessus à Peter et à moi et hardi, petit !… En te poussant des râles que t’aurais cru qu’elle était à l’agonie… Victorine à côté c’est vraiment une petite joueuse… Une toute petite joueuse… Vous pouvez pas savoir comment ça stimule quelqu’un qu’en est comme ça à côté de soi… Pour passer un bon moment on a passé un bon moment tous les trois… ça… on peut pas dire… Et même après… Parce que Peter il a bien fallu qu’il retourne s’occuper de ses malades… Et nous on en a profité pour aller se prendre un bain… Et quand je dis un bain… Ils ont un spa… Un truc énorme… Sept ou huit places… Au moins… On t’a flâné la moitié de l’après-midi là-dedans… Et on a papoté !… Je lui ai parlé de mon fantasme de voir deux mecs ensemble… Elle a le même… Et elle pense que presque toutes les nanas l’ont… Mais qu’il y en a plein qui peuvent pas ou qui veulent pas se l’avouer… Elle, ce qui la brancherait surtout c’est Peter avec un type plus jeune que lui… Mais comme je lui ai dit : j’ai ce qu’il lui faut sous la main si on sait s’y prendre… Baptiste… Ou Kevin… Encore que Kevin… J’y crois pas trop… Ce qu’elle voudrait aussi c’est que ce soit le jeune qui s’occupe de son cas à Peter… Que ce soit lui qui… Bref, vous me comprenez… On a élaboré toute une stratégie toutes les deux… Et je peux vous dire qu’ils ont intérêt à bien se tenir… Parce que quand on va leur tomber dessus à ceux qu’on a décidé ils resteront pas longtemps puceaux du derrière…

- Vous voyez, je vous ai écrit… Comme je vous avais promis… Si vous saviez comme j’ai besoin de vous… Je me dégoûte… Trois jours que je suis rentrée et je me suis fait six mecs… Six, oui… Il y a de quoi être fière, hein ?… C’est vachement dur… Pauvre conne, va !… Si t’en avais voulu quarante-deux t’en aurais eu quarante-deux… Ca m’avance à quoi ?… A me convaincre que je suis désirable ?… Même pas… Ils baisent n’importe quoi les mecs… Pour eux un trou c’est un trou… Ce qu’il y a autour ils en ont strictement rien à foutre… J’en ai marre… Si vous saviez ce que j’en ai marre… C’est pas de ça que j’ai envie… De quoi j’ai envie ?… D’un truc comme dans le temps… Oui… Même si c’est dur à avouer… Parce que ça fait ringard… D’un mec que ce serait qu’on se tiendrait la main… même qu’on ait l’air complètement cons… et qu’on se promènerait juste ensemble dans les rues… Ou dans la campagne… Ou n’importe où… Et qu’on se sentirait bien… Je vous en veux à vous… Vous pouvez pas savoir comme je vous en veux… Parce que tout le temps que j’ai été chez vous vous m’avez laissé faire n’importe quoi… Avec n’importe qui… Vous m’avez jamais rien dit… Sauf juste là avant que je reparte… C’était à vous de m’empêcher… De me dire stop… Et de me mettre des déculottées si j’avais rien voulu entendre… J’attendais que ça… Vous avez rien compris… Enfin si !… Vous avez compris plein de choses et vous m’avez fait découvrir des trucs que jamais j’aurais pensé toute seule que ça pouvait être aussi jouissif de les faire… Mais pas l’essentiel… J’ai besoin qu’on me prenne en mains… Qu’on m’oblige… Parce que personne l’a jamais fait… Vous comprenez ça ?… Vous pouvez comprendre ça ?…

- Vous avez des problèmes financiers en ce moment ?
- Non… Pourquoi ?… Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
- Parce que… vous me proposez plus de resto… plus de sortie… plus rien… Jamais… Vous êtes devenu pingre ?
- C’est bon… Va te préparer…
- Et c’est moi qui le choisis le resto…

- Vous retournez pas !… Pas tout de suite… Mais il y a un de mes anciens profs là-bas au fond… De quand j’étais en Terminale… Celui d’Histoire… Même qu’un jour… Savoir s’il y pense encore… Mais faut que je vous raconte… Tout avait été de travers ce matin-là… Mon réveil avait pas sonné… Il y avait plus de café… Ni de pain frais… Plus une culotte dans mes tiroirs… Dans la panière à linge sale non plus… Elles étaient toutes en train de sécher… Me faire dépanner par ma mère ?… Je me suis approchée de la chambre… Ils étaient en pleine action là-dedans… J’étais déjà largement en retard… Je suis partie sans… Evidemment quand je suis arrivée au bahut tout le monde était déjà rentré en classe… La cour était déserte… J’ai couru… J’ai foncé… Juste au moment où j’allais pousser la grande porte battante du hall quelqu’un a fait la même chose de l’autre côté… Le prof… Qui me l’a envoyée de plein fouet dans la figure… Je suis tombée à la renverse… Vous imaginez le spectacle que je lui ai offert… Dont il a largement profité… Penché sur moi, plein de sollicitude, il s’inquiétait, il s’excusait… « - Vous n’êtes pas blessée au moins ?… Vous n’avez mal nulle part ?… »… Mais comme par hasard il s’était agenouillé là où il pouvait avoir une vue panoramique imprenable et il a mis un temps infini avant de m’aider à me relever… On avait cours ensemble en plus dans la matinée… Alors je vous dis pas… Il pouvait penser qu’à ça… Ca se voyait gros comme une maison… Et moi aussi du coup… Comment j’étais mal à l’aise… Vous avez pas idée… Et j’étais pas au bout de mes peines… Parce qu’il l’a raconté à toute la salle des profs que je portais pas de culotte… J’ai eu droit à tout un tas d’allusions… De quoi j’ai eu l’air, moi, jusqu’à la fin de l’année !… En attendant il m’a reconnue… Il arrête pas de regarder de mon côté… Et je suis sûre qu’il y pense… Si ça tombe il est même en train d’en parler à la bonne femme avec qui il est…
- Tu sais ce que tu devrais faire ?… Tu devrais aller aux toilettes…
- Aux toilettes ?… Pourquoi faire ?
- Parce qu’il y a une porte battante… Alors on sait jamais… Tu pourrais la prendre dans la figure au retour…
- Ah, c’est malin !…

- On rentre là-dedans ?
- T’as besoin de quelque chose ?
- Pas spécialement non… C’est juste histoire de jeter un coup d’œil… Parce qu’un sex shop une fille elle peut pas y aller toute seule… Avec tous les mecs qui lui tournent autour et qu’essaient de la tripoter elle a qu’une envie, c’est de se tirer vite fait… De quel côté on va ?… Vous avez envie de voir quoi, vous ?… Moi, ce que j’aimerais… Il doit bien y avoir un truc quelque part sur les ficelages… On en parlait tout à l’heure avec Alexandra… Parce que ce qu’elle voudrait avec Peter c’est que je le… Tiens, c’est là… Wouah !… Comment ça a l’air compliqué… Doit falloir y passer des heures avant de pouvoir être opérationnel… Vous m’aiderez… Vous ferez le cobaye… Jusqu’à ce que je maîtrise… Parce que pas question que je me lance avant… Si c’est pour avoir l’air complètement idiote…

jeudi 15 octobre 2009

Colocataires ( 15 )

- Vous savez pas avec qui j’ai passé l’après-midi ?… Alexandra… La femme du toubib… On a déjeuné ensemble… Et elle s’est pas fichue de moi elle non plus… Vous auriez vu ce palace… Et ce repas… On a parlé… Elle a voulu qu’on joue franc jeu… « - Parce que je te sens réticente avec moi… Sur la défensive… Tu te demandes ce qu’il y a derrière tout ça… Ce que je peux bien te vouloir au juste… Et c’est bien normal… Alors voilà… »… Ce qu’il y a c’est qu’elle a une maladie… Un truc dont j’avais jamais entendu parler… Le vaginisme ça s’appelle… T’as tous les muscles tellement contractés en bas que tu peux rien t’y rentrer dedans… Ca passe pas… Ou alors ça te fait des douleurs tellement insupportables que c’en est une horreur… Du coup son mari faut pas qu’il y compte avec elle… Et ça fait des années qu’il va voir ailleurs… « - Avec ma bénédiction… Même si ce n’est pas de gaîté de cœur… Tu ferais quoi à ma place ?… La même chose… Toutes les femmes feraient la même chose… Même s’il existe des solutions de substitution, auxquelles on ne se prive pas d’avoir recours tous les deux, je n’ai pas le droit de le priver de ça… De toute façon il se passerait de ma permission… Et il aurait bien raison… Mais tu sais ce qui me manque le plus à moi ?… C’est ses yeux… Ses yeux quand il est dans une femme… Ses yeux pendant son plaisir d’homme… Je sais pas ce que je donnerais pour ça… Tu comprends ?… » Si je comprenais ?… Très bien, oui… Très très bien… Et du coup ce qu’elle voulait c’était qu’il me le fasse devant elle… Qu’elle nous regarde… C’était ça, hein ?… C’était ça, oui… Et… j’en pensais quoi ?… Que c’était sûrement pas moi que ça allait déranger… Alors là !… Au contraire… « - Au contraire ? »… Ben oui, au contraire… Ca avait quelque chose de terriblement excitant quelqu’un qui regarde… Elle m’a embrassée par dessus la table… « - Tu comprends beaucoup de choses, toi !… Même celles qu’on dit pas… » … Et c’est vrai que ça va pas me déranger… Sauf que j’aimerais quand même bien continuer à le faire aussi au cabinet des fois… C’est pas pareil… Il y a l’endroit… C’est là qu’il les fait déshabiller les gens… Et puis t’as tout le monde à côté dans la salle d’attente… Qui se doute pas de ce qui se passe… Oh, mais ça m’étonnerait qu’il veuille pas… Et de toute façon il suffira que je me pointe là-bas avec rien en-dessous et je sais bien comment ça va forcément tourner…

- Vous venez avec moi ?… Au hand… Vous venez avec moi ?… Oui… Evidemment... J’ai de ces questions… De toute façon même que vous auriez pas voulu je vous aurais emmené quand même… De force… Pour avoir la paix… Parce que si vous saviez ce que Melissa elle peut me tanner avec vous… Je sais pas ce que vous lui avez fait, mais elle arrête pas… Toute la journée… Il y en a que pour vous… Et tout ça seulement pour vous avoir aperçu une demi-heure, de loin, assis dans les gradins… Qu’est-ce que ce sera quand vous aurez fait connaissance !… Ce soir je vous présente… Je lui ai promis… Après la douche…

Elle s’y est précipitée la première, nue, Mélianne sur ses talons. Mélianne qui lui a parlé. Elle s’est retournée pour lui répondre, a été face à moi. Des petits seins attendrissants. Un ventre en pente douce. L’encoche refermée sur ses secrets. L’eau a ruisselé. D’autres les ont rejointes. L’ont masquée. Redonnée. Masquée encore. Elle a définitivement disparu de mon champ de vision. Les autres aussi. Les unes après les autres. Sauf deux. Qui se sont enlacées. Embrassées. Dont les mains sont fébrilement parties à la recherche l’une de l’autre…

- Ben alors !… Qu’est-ce que vous faisiez ?… Ca fait une demi-heure qu’on vous attend… Bon… Mais je vous présente Melissa… Notre capitaine…
Qui a regardé ma main. Hésité. Tendu la joue…
- Ca pose un problème qu’elle vienne manger à la maison ?
Ca n’en posait aucun…

Elle a englouti son dessert
- Bon, mais je vous laisse cinq minutes… Faut que je fasse un truc… C’est urgent…
Je suis resté seul avec Mélissa. Je lui ai souri. Elle m’a rendu mon sourire…
- Comment elle vous a à la bonne, Mélianne !… C’est de la folie !… Vous entendriez comment elle parle de vous… Vous êtes un dieu pour elle…
- C’est qu’elle me connaît mal alors…
- Il y en a à la pelle des filles qui l’envient Mélianne… Qui voudraient être à sa place…
- Parce qu’elle paye pas de loyer ?
- Oh, non !… Non… C’est pas ça… Parce que des comme vous il y en a pas beaucoup… Pour pas dire pas du tout…
- Je n’ai rien d’exceptionnel, tu sais…
- Oh si, si !… Vous êtes tout juste exactement comme une femme elle a envie qu’un homme il soit…
- Parce que je couche pas ?… Alors ce qu’une femme attend d’un homme finalement c’est qu’il couche pas ?!
- J’ai pas dit ça, non… C’est pas ça l’essentiel… L’essentiel, c’est…
Mélianne a fait sa réapparition…
- Ca y est !… J’ai fini… Vous parliez de quoi ?

- Vous allez coucher avec ?
- Si on te le demande…
- Je dirai que vous savez pas… Et c’est vrai que vous savez pas… Parce que c’est elle qui décidera… Si elle veut vous coucherez… Si elle veut pas vous coucherez pas… C’est toujours comme ça que ça se passe… C’est nous qu’on décide… Normal d’ailleurs… Donc… Vous coucherez… Parce qu’elle en crève d’envie… Ce qui m’arrange d’ailleurs… Parce que sinon, si vous couchez pas, vous allez la porter aux nues… En faire la septième merveille du monde… Et en passer par tous ses caprices…
- Comme j’ai fait avec toi ?
- Oui… Oh, ben alors là parlons-en !… S’il y en a un qui a imposé ses quatre volontés à l’autre c’est bien vous… Qui c’est qui m’a obligée à être tout le temps toute nue ?… Qui a exigé de prendre son bain avec moi ?… Qui m’a forcée à me laisser raser en bas ?…
- Tu es d’une mauvaise foi !…
- Moi ?… On peut me reprocher bien des choses… Mais sûrement pas d’être de mauvaise foi…

- Ben alors qu’est-ce que vous faites ?… Vous venez ?… Ca fait une heure que je vous attends… Ah, quand même !… C’est pas trop tôt…
Elle a soulevé la couette pour me laisser me glisser auprès d’elle…
- J’arrive pas à m’endormir, moi, si on discute pas un peu avant tous les deux… Et dites-moi… Il y a un truc que je voudrais savoir… C’est que vous les avez regardées se gnougnouter sous la douche les deux autres tout à l’heure que vous avez autant traîné ?… On se demandait ce que vous faisiez… Et je pouvais quand même pas lui dire tranquillement à Mélissa… « - T’inquiète… Il est en train de mater dans les douches… Mais dès qu’on sera toutes sorties… »… J’imagine sa tête… Ca vous a plu au moins ?… Oui… Vous me diriez le contraire… Et moi ?… Vous me laisserez voir quand vous coucherez avec Mélissa ?… Ce serait normal, attendez !… J’ai quand même bien droit à une récompense… C’est moi qui vous arrange tout… Qui vous la mets dans les bras… En douce que j’aimerais bien voir comment vous vous y prenez… Vous êtes pas très doué, je suis sûre… Ca se sent ce genre de truc… Oui… Faudra qu’on se débrouille pour que je voie ça… Sans qu’elle s’en rende compte… Parce qu’à mon avis elle apprécierait pas… Mais alors là pas du tout…

lundi 12 octobre 2009

Colocataires ( 14 )

- Elle est pas revenue Mélianne hier soir… Ni cette nuit…
- Non… Tout à l’heure… Sûrement…
- J’ai pas envie… J’ai pas envie de la voir... Quand je pense qu’il va falloir que bientôt je remonte là-haut… Et que je la laisse toute seule avec vous… Vous pouvez pas savoir ce que ça me fait… Il y a des moments je me dis que je vais tout plaquer… tant pis… et rester là… Surtout après un week end comme ça…
- C’est pas ce que tu ferais de mieux…
- Je le sais bien… Mais c’est pas juste, avouez !… C’est moi qui vous ai trouvé… C’est moi qui ai tout fait… Et c’est elle qu’en profite…
- T’y es bien un peu pour quelque chose, non ?
- C’est bien ça le pire… Si vous saviez ce que je m’en veux… Oui… Non… Je crois que je vais pas repartir finalement…
- Si tu fais ça…
- Si je fais ça ?…
- Je te fous dehors… Et tu remets pas les pieds ici…
- Vous tiendriez pas le coup… Vous auriez bien trop envie de me voir… Non… Mais de toute façon je suis pas idiote… Je vais pas faire n’importe quoi… On s’écrira par contre, hein ?!… Je vous écrirai… Tous les jours… Vous me répondrez ?… Oui ?… Sûr ?… Je vous dirai tout… Vraiment tout… Vous me donnerez des conseils… Vous m’engueulerez si je fais des conneries… Vous me promettrez la fessée quand je la mériterai… Et quand je descendrai vous me la donnerez vraiment… Ou bien vous viendrez là-haut exprès pour me le faire… Sans prévenir… Que j’aie la surprise… Mais vous lui en parlez pas de tout ça à Mélianne, hein ?!

- Vous êtes où ?… Ah, vous êtes là…
Dans la cuisine. Où je péparais le repas de midi…
- Elle est pas là Victorine ?… Elle est où ?
- Elle vient juste de sortir… Elle avait quelqu’un à aller voir, je crois…
Elle a jeté son manteau sur une chaise, s’est débarrassée de ses chaussures…
- Une vraie torture ces grolles… Je suis vannée… Complètement vannée… Vous voulez pas venir au salon plutôt ?…
Où elle s’est affalée de tout son long sur le canapé…
- Et m’apporter un café… Je vous en serais éternellement reconnaissante…

- Alors ?… Ce week end ?
- Alors… Ben alors si je m’y attendais à celle-là… Il y avait sa femme…
- Sa femme ?!
- Sa femme, oui !… Sa femme qu’était au courant de tout… C’est la première chose qu’elle m’ait dite… « Je sais tout… »… Comment tu te trouves conne !… Surtout que lui il s’était éclipsé vite fait… Qu’il nous avait laissées toutes les deux…
- Et ça a été la grosse explication…
- Pas du tout, non… Au contraire… Elle m’a fait tout un tas de compliments… Que j’étais mignonne comme tout… Mais que ça c’était pas une surprise… Son mari avait toujours eu très bon goût… Qu’elle était ravie qu’il ait choisi une fille comme moi… Parce que non seulement j’étais belle et sensuelle, mais en plus, à ce qu’il lui avait dit, pas compliquée pour un sou… J’étais vraiment pas le genre à faire des tas d’histoires… Alors si je voulais venir là, chez eux, quelquefois, le week end ou même le soir de temps en temps, elle n’y voyait vraiment aucun inconvénient… Je serais quand même mieux à faire ça là, tranquillement, avec lui plutôt qu’à la sauvette, au cabinet, entre deux clients… Non ?… Je croyais pas ?… Si, si, bien sûr, mais… Et puis la situation serait beaucoup plus claire… Pour tout le monde… Parce que devoir se cacher en permanence les uns des autres ça avait quelque chose de profondément humiliant… Et de parfaitement ridicule… J’étais pas de cet avis ?… Ben si, si, aussi, mais… « - Qu’est-ce qui te dérange ?… Que ce soit inhabituel ?… Je devrais être jalouse, c’est ça ?… T’arracher les yeux ?… Te menacer de je ne sais trop quoi ?… Tout ça parce qu’on partage le même homme… Eh bien non, non, désolée !… J’aime beaucoup trop mon mari pour lui en vouloir de t’apprécier… Et pour t’en vouloir à toi qu’il t’apprécie… Bon, mais va vite le retrouver… T’en crèves d’envie… Et il doit t’attendre… »… Je savais plus trop quoi penser, là… « - Eh bien pense pas il m’a dit le toubib… » avant de me faire dégringoler sur le lit… C’est quoi votre avis à vous ?… J’aime pas trop ça quand je comprends pas…
- Il y a toutes sortes d’explications possibles… C’est peut-être effectivement un couple très libéré… Qui se dit tout… Qui se cache rien… A moins qu’elle fasse contre mauvaise fortune bon cœur… Que, faute de pouvoir empêcher les frasques de son mari, elle se fasse leur complice… Pour garder un œil sur ce qui se passe… Pour faire face au danger… On peut aussi envisager qu’elle aime les femmes… Que la façon dont il lui a parlé de toi lui a donné envie de faire ta connaissance et qu’elle compte bien, à terme, te partager avec lui…
- Oui, j’y ai aussi pensé à ça… Surtout qu’elle a drôlement insisté, après, pour qu’on devienne amies toutes les deux… Qu’on aille faire du shopping ou des trucs ensemble l’après-midi… Alors oui… Sûrement qu’il y a quelque chose comme ça… C’est pas que ça me gênerait, non… Je fais bien des trucs ensemble avec Baptiste et Kevin, moi !… Non… La seule chose, comme je vous ai déjà dit, c’est que moi les femmes… Mais bon… On verra bien…

- Allo… C’est moi… C’est Victorine… Je suis repartie… Enfin presque… Il me reste juste deux trois trucs à faire avant de remonter… J’ai pris mes affaires… Je repasserai pas à la maison… Je préfère rester sur mon impression de tout à l’heure… Sur ce qu’on s’est dit… Sur ces deux jours qu’on a vécus ensemble… Rien que nous deux… Je veux pas la voir… Pas maintenant… Pas en ce moment… On se prendrait le chou grave… Ca volerait… Et vous lui donneriez raison…
- Qu’est-ce que t’en sais ?
- Ben si, si !… Vous allez pas vous brouiller avec… Et plus avoir personne chez vous… Maintenant que vous y avez pris goût… Bon… Mais vous m’écrirez, hein ?!… Vous m’avez promis…
Elle a raccroché au bord des larmes…

- Partie ?… Comme ça ?… Sans dire au revoir à personne ?… Elle est pas nette il y a des jours… C’est ça le problème avec elle… Tu sais jamais sur quel pied danser… Je la connais depuis le temps… Il y a des jours elle est adorable… Elle se mettrait en quatre pour te faire plaisir… Et il y en a d’autres elle est absolument infecte… Faut t’en méfier comme de la peste… Et il y a aucune logique là-dedans… Tu sais pas pourquoi… Et elle non plus…

- Qu’est-ce que tu fais là, toi ?
Dans mon lit…
- Ben je suis couchée… Pourquoi ?… Ca vous ennuie ?… J’y suis bien venue l’autre soir… Et vous avez rien dit… Mais si vous voulez pas que je reste…
- Maintenant que t’es là…
- J’en étais sûre… J’en étais sûre que vous diriez pas non… On pourra causer comme ça le soir… Aussi longtemps qu’on voudra… Et vous me réchaufferez les pieds… J’y ai tout le temps froid…

jeudi 8 octobre 2009

Colocataires ( 13 )

- Excusez-moi pour tout à l’heure… Je suis désolée… Je sais vraiment pas ce qui m’a pris…
- C’est pas grave… Choisis plutôt… Si je me souviens bien les croustades au ris de veau sont un véritable délice…
- Si, c’est grave, si !… Comment je me déteste quand je suis comme ça… Je sais pas ce que je me ferais… Je sais pas ce que je mériterais…
- Une bonne fessée…
- Oui… Vous rigolez, mais oui… Je me demande si ce serait pas encore la meilleure solution… Pour ça et pour plein d’autres trucs… J’ai aucune volonté… J’ai l’air sûre de moi quand on me voit comme ça, mais en réalité c’est du yaourt à l’intérieur… Il y a rien de solide… Rien qui tient debout… Et s’il y a pas quelqu’un qui m’oblige… Dans mon intérêt… Pour mon bien… J’ai cru que vous alliez le faire au début, quand je suis arrivée chez vous, tellement j’étais insupportable et puis bon…
- T’étais insupportable exprès ?
- Non, oh non !… Enfin je me demande… Je me demande quand même si je vous poussais pas à bout des fois pour que vous finissiez par m’en flanquer une… En attendant comment c’est bon ce machin d’écrevisses…

- A quoi vous pensez ?
- A tout à l’heure quand on va rentrer et que je vais pouvoir t’admirer tout mon saoul… Allez, finis vite ton dessert…
- Et si je traîne ?
- Tu prends des risques…

Il était sur le trottoir. Devant la porte…
- Baptiste !… Mais qu’est-ce que tu fais là ?
- Elle est pas avec toi Melianne ?
- Non… Non… Tu le vois bien… Elle est pas là…
- Elle est où ?
- Qu’est-ce que tu veux que j’en sache ?… Je passe pas mon temps à la surveiller…
- Elle est avec un mec, hein ?
- T’es frigorifié… Rentre te réchauffer… Et boire un café… On verra ça là-haut…

Il y a eu leurs voix en interminable ruissellement. Léger. Régulier. Jusque tard dans la nuit… Et puis le silence. Des halètements. Des gémissements. Qui sont devenus plaintes affolées. Hurlements de bonheur éperdu. Ca a recommencé. Ca a chuchoté. Une porte. Une autre…

Assise à la table de la cuisine, elle me tournait le dos. Elle déjeunait. Elle ne s’est pas retournée. Quand mes mains se sont posées sur ses épaules elle a frissonné. Je les y ai laissées…
- Alors, jeune fille, bien dormi ?
Elle n’a pas répondu. Elle s’est contentée de soupirer…
- Pas vraiment, hein ?… On avait d’autres préoccupations…
Mon ton s’est fait plus sec. Cassant. Mes doigts se sont enfoncés dans la peau…
- Tu n’as pas honte ?
- Si, mais non, mais…
- Mais quoi ?… Tu as couché avec le petit ami de Mélianne… Oui ou non ?
- Oui, mais c’est parce que…
- Et en plus tu vas te trouver des excuses !… C’est absolument inqualifiable ce que tu as fait là… Inqualifiable… Tu en as conscience au moins ?
- Oui…
- Et tu l’as fait quand même…
- J’ai pas pu m’empêcher… Punissez-moi !
Dans un souffle…
- Punissez-moi !… Je l’ai mérité…
- Viens !

Elle s’est relevée, frotté vigoureusement les fesses…
- Hou !… Vous avez pas fait semblant, dis donc !… Mais il faut… C’est pas une vraie fessée sinon…
- Tu sais que t’en mériterais une autre ?…
- Là ?… Maintenant ?… Pourquoi ?…
- Pour pas avoir tenu ta promesse hier soir…
- Ah oui !… Mais je peux encore, hein !…
- Trop tard !…
Et elle s’est laissé une nouvelle fois basculer, sans la moindre résistance, en travers de mes genoux…

- Comment ça me brûle !
- Laisse-le bien à l’air…
- Oui, ça évidemment, pardi !… C’est pas vous qu’allez me dire le contraire…
- L’idéal ce serait à l’air libre dehors, dans la rue…
- Ben voyons !… J’imagine la tête des gens…
- Et la tienne…
- Wouahh !... Comment j’aimerais pas !… Mais en même temps…
- En même temps ?
- Comment j’aimerais !… Parce que j’aimerais pas justement… Je suis compliquée, hein ?…
- Pas tant que ça, non… Et si on retournait à la passerelle ?… Ou à la maison de retraite… Ce serait le moment ou jamais…
- Oui, mais j’aurais pas la surprise… Ce qu’il faudrait c’est un truc à quoi je m’attendrais pas du tout…

- Ca va être quand ?… Ca me fout une de ces trouilles…
- Dans pas longtemps… Tu verras bien…
L’avenue Victor Hugo. La rue Nungesser et Coli. Les jardins de la mairie. Un jeune couple, assis sur un banc, nous a regardés approcher en souriant. On est passés lentement à leur hauteur. J’ai agrippé le bas de la robe, l’ai délibérément soulevée. La fille a poussé un petit cri, éclaté d’un rire haut perché…
- Oh, l’autre !… Cette rouste qu’elle a prise !…
Le type a répondu quelque chose, sur un ton moqueur, qu’on n’a pas compris…
Victorine s’est tournée vers moi, a plongé ses yeux dans les miens. Il y dansait une petite flamme noire d’infinie gratitude…

- Elle rentre quand l’autre ?… Ce soir ?…
- Ou demain matin… Au plus tard… Faut bien qu’il reprenne ses consultations le toubib…
- Si vous voulez… Venir regarder… Tant que vous voulez…
Elle a allumé l’halogène, s’est allongée sur le canapé, a fermé les yeux…

lundi 5 octobre 2009

Colocataires ( 12 )

Elle était en train de se faire une beauté. A sept heures du matin…
- Qu’est-ce qui se passe ?… Tu vas où ?…
- Figurez-vous !… Le toubib… Vous savez bien… Celui où je vous ai emmené l’autre jour… Eh ben il m’a mis un texto… Il veut qu’on passe le week end ensemble… Je me suis pas fait prier, tu parles !… Depuis le temps que je lui demandais et qu’il trouvait tout un tas de prétextes pour pas le faire…

J’ai pris le petit déjeuner en tête à tête avec Victorine. Qui a fait la moue…
- Elle se fait tout un film avec ça… Il en a rien à foutre d’elle son toubib… Strictement rien… Il a une femme. Des enfants. Alors Melliane !… Si !… Pour la tirer… Vite fait… Quand elle se pointe à son cabinet… Ou quand il a une opportunité… Comme aujourd’hui… Parce que sa femme doit avoir des trucs à faire quelque part… Et qu’il se retrouve tout seul… Mais si elle s’attend à quelque chose d’autre !… Si elle s’imagine qu’il va la plaquer pour elle…
- Elle ne donne pas vraiment l’impression d’espérer quoi que ce soit…
- Parce que vous la connaissez pas comme je la connais… Il y a toujours tout un tas d’arrière-pensées avec Melianne… Dans tout ce qu’elle fait… Et être une Madame Toubib ce serait pas pour lui déplaire… Surtout un comme lui… Qu’a les dents longues… Quitte à le faire tant et plus cocu un fois qu’elle se le sera mis dans la poche… Et ça… elle sait faire…

Elle a repoussé son bol, s’est levée…
- Bon, mais on va pas rester là à parler d’elle toute la journée… On va faire quelque chose… De quoi vous avez envie ?…
- Et toi ?
- Moi ?… Qu’on aille se promener quelque part tous les deux n’importe où au hasard… Et puis ce soir que vous m’emmeniez au restaurant… Celui où on était pour mon anniversaire…
- A une condition… C’est que tu t’habilles comme tu l’étais ce jour-là… Au-dessus… Et au-dessous…
- Ca marche…
- Et qu’après, en rentrant, tu me laisses te regarder, de tout tout près, comme le dernier soir qu’on a passé ensemble avant ton départ…
- Je suis contente que vous me demandiez ça… Vous pouvez pas savoir comme je suis contente… C’est souvent que j’y pense, vous savez !… Et que j’en ai envie… Comment ça vous avait rendu !…

- Tu m’emmènes où ?
- On y est presque… C’est pas loin…
- Ah, la fameuse passerelle !…
Au beau milieu de laquelle elle s’est immobilisée…
- Discutez-moi !… Qu’on ait l’air très occupé… Et de pas se rendre compte que ça s’arrête en dessous...
Elle s’est dandinée d’une jambe sur l’autre…
- Je veux pas regarder… Il y en a beaucoup ?
- Quatre ou cinq… Qui font mine de s’être aperçus de rien… Mais qui ne peuvent pas s’empêcher de lever sans arrêt la tête…
- Ils voient quoi à votre avis ?
- Vu la longueur de ta robe, vu que t’as pas de culotte et vu que t’arrêtes pas de danser sur place à mon avis ils voient tout... Absolument tout… Et il y en a de plus en plus…
- Ca craint, non ?… Vaut peut-être mieux qu’on s’en aille maintenant…

- Personne nous suit ?
- Personne, non…
- Parce que vous êtes là… Mais je serais toute seule… C’est ça qu’est chiant quand tu fais des trucs pareils c’est que les mecs ils se croient tout permis après… Et il y en a qui sont lourds, mais lourds !… Vous savez où elle est ?
- Quoi donc ?
- La maison de retraite où elle va Melianne… Avec les petits vieux il y a pas de risque au moins… Ils restent à mater dans leurs chambres…

- C’est lequel son banc ?
Elle s’en est emparée, s’y est confortablement installée…
- Bon… Mais finalement ils l’ont encore jamais vue complètement à poil, elle, jusqu’à maintenant ?… Juste la culotte… Ils vont drôlement apprécier alors !…
Elle a étalé ses jambes, laissé la robe remonter légèrement sur les cuisses…
- Vous croyez qu’il y en a qui m’ont déjà repérée ?… Oui… Sûrement… A part passer leur vie à la fenêtre qu’est-ce que vous voulez qu’ils fassent d’autre ?
Mon portable a sonné…
- C’est moi, Melianne… Ca va ?… Qu’est-ce que vous faites de beau ?
- C’est elle ?!… Vous lui dites pas qu’on est là, hein, surtout !
En chuchotis. Les sourcils froncés…
- Rien de spécial… Et toi ?… Ca se passe bien ?
- Oh, moi, c’est super !… Si vous saviez tout ce que… Mais je vous raconterai… J’ai pas le temps là… Je voulais juste vous faire un petit coucou…

- Je peux vous poser une question ?
- Dis toujours…
- Vous avez couché avec ?
- Non…
- Pourtant elle a dormi avec vous le soir de la fiesta…
- On peut très bien dormir ensemble sans que…
- Oui, oh, alors ça !… J’y crois pas beaucoup… Mais admettons !… Ca viendra de toute façon… Je me fais pas d’illusions…
- T’as l’air bien sûre de toi…
- Je la connais par cœur… Elle sait manœuvrer… Et puis c’est obligé… Pour que vous la préfériez à moi il faut bien qu’elle vous donne quelque chose que vous avez pas eu avec moi… Et ça, pour ça, c’est vraiment ce qu’il y a de mieux…
- Mais pourquoi faudrait-il absolument que je préfère l’une à l’autre ?… Je vous apprécie toutes les deux autant et…
- Tu parles !… C’est des mots tout ça… Il y en a toujours forcément une qu’est préférée à l’autre… Et vaut mieux être celle qu’est préférée que celle qui l’est pas… Non… J’aurais jamais dû l’amener chez vous… J’ai été bien trop conne… Que ça tourne comme ça c’était couru… Ne serait-ce que parce que elle est là avec vous, tous les jours, et que moi je suis à des centaines de kilomètres… Si vous étiez resté tout seul au moins chaque fois que je serais venue on se serait retrouvés que tous les deux… Exactement comme avant…
- Sauf si… dans l’intervalle… j’avais pris une autre colocataire…
- Oui… Mais ça aurait pas été celle-là… Bon… Allez, vous venez ?… On y va ?…
Elle a levé la tête…
- Ah oui, il y a ceux-là là-haut… Je vais quand même pas lui laisser le dernier mot avec eux aussi… Manquerait plus que ça…
Elle s’est plantée au beau milieu de l’allée, tournée vers la façade. A relevé sa robe jusqu’au-dessus de la taille…
- Voilà… Voilà… Vous l’avez vue… Vous êtes contents ?

jeudi 1 octobre 2009

Colocataires ( 11 )

- C’est nous !
- Oui, ben ça, je vois bien !…
- Vous nous attendiez pas, hein !
- Pas vraiment, non…
- Eh ben on est revenues…
- Oui, parce que c’est vraiment minuscule chez elle là-haut… T’as à peine la place de te tourner…
- Et en plus tous nos vrais copains c’est ici qu’ils sont…
- On va te faire une de ces fiestas !…
- On pourra les amener ?
- Evidemment qu’on pourra !… Tu penses bien que c’est pas lui qui va nous empêcher… Trop content de pouvoir laisser traîner un œil par ci par là…
- Ou une oreille…
- Mais on passera quand même du temps avec vous, hein, faut pas croire !
- La preuve !… On descend faire un peu les connes… Vous venez ?
- Vous allez faire quoi au juste ?
- On sait pas… On verra… On improvisera…

Les magasins. De fringues. Et de chaussures. Surtout de chaussures.
- Tu l’as vu le type ?
- Quel type ?
- Le vendeur… Comment il a l’air coincé !…
Elles se sont chuchoté quelque chose à l’oreille, ont éclaté de rire. Sans le quitter des yeux. Il s’est dandiné d’une jambe sur l’autre. A plongé le nez dans ses boîtes comme si sa vie en dépendait. Elles se sont encore concertées à voix basse…
- Tu vas pas faire ça ?… T’as pas de culotte…
- Je vais me gêner…
Et Victorine a foncé droit sur lui…
- Monsieur !… Monsieur, s’il vous plaît… Je pourrais pas l’essayer la paire rouge dans le coin à gauche de la vitrine…
Il s’est précipité. La lui a apportée. S’est agenouillé à ses pieds. Elle lui a tendu une jambe, a relevé l’autre. La robe a glissé le long de la cuisse. La chaussure n’entrait pas. Il s’est obstiné. A insisté…
- Aïe !… Mais vous me faites mal…
Et elle s’est rejetée en arrière. Encore plus haut la jambe…
- Pardon… Excusez-moi !… Pardon…
Tétanisé, écarlate, transpirant à grosses gouttes, il ne quittait pas son entre-jambes des yeux…
Du bout du pied elle a pris appui contre son épaule, a poussé…
- Espèce de sale grand dégoûtant !… Vous n’avez pas honte ?
Plus fort. De toutes ses forces. Il est tombé à la renverse sans un mot…
Sur le trottoir elles ont été prises d’un irrépressible fou rire…

Il en arrivait sans arrêt…
- Oh, mais vous pouvez rester, hein !… Ca gêne pas…
Avec des packs de bière. Des bouteilles de Coca. De whisky. Des pizzas. Des sachets de frites. Des kebabs...
Il y avait des Remi. Des Anatole. Des Benjamin. Une Audrey. Des Fredo. Des Jason. Avec de la musique. Et deux énormes boîtes de préservatifs brandies sous les acclamations.
Ils se sont installés. Sur le canapé. Sur la moquette. Sur la table. Ils ont ouvert. Déballé. Décapsulé…
- Dites… Dites…
Discrètement à l’oreille…
- Si ça vous ennuie pas… Vaudrait mieux que vous disparaissiez maintenant… Parce que devant vous ils vont jamais oser se montrer entreprenants…

Dans la nuit la porte s’est tout doucement entrebaîllée. C’était Mélianne. Qui s’est approchée à pas de loup…
- Vous dormez pas ?… Je pourrais pas venir dans le lit avec vous ?… Parce que il y en a partout… Dans toutes les pièces… Dans tous les lits… Et ça donne… Ils en ont pour un moment… Comment ils en sont !…
- Et pas toi ?
- Oh, moi, j’ai eu ma dose… Un tout mignon tout craquant… Entre autres… Faut pas exagérer non plus… Si c’est pour que le machin il te brûle pendant trois jours… Vous pouvez pas me passer un peu de couette, là ?… Vous avez tout… Merci… Faut reconnaître qu’on a fait fort ce soir… Neuf gentils couillus pour quatre filles… Et pas des feignants… Des motivés… Qu’on avait soigneusement triés… Faut trier si on veut que ça se passe bien… On est presque toujours déçues sinon…

- Ca, c’est Victorine qui beugle… Quand il s’agit de se faire remarquer, elle !… Elle voulait absolument que j’amène Baptiste ce soir… Mais je la voyais venir !… Depuis le temps qu’elle a envie de se le taper… Et pas seulement !… Carrément de me le souffler, oui !… De toute façon quand tu te fais un délire comme ça les derniers à amener c’est bien tes officiels… Ils arrêtent pas de te surveiller sans en avoir l’air et après ils te loupent pas… Tu peux être sûre qu’à un moment ou un autre t’auras l’effet boomerang… Alors si tu veux avoir la paix…

- N’empêche comment on se sent bien après quand on a eu ce qu’on voulait comme ça… Qu’on est complètement rassasiée… T’as tout qu’est apaisé… Il y a plus rien qu’a d’importance… Juste d’être bien en toi… On peut bien dire ce qu’on veut, mais heureusement qu’on les a finalement les mecs et qu’ils se font pas prier quand on a besoin d’eux…

- J’ai froid !… Et comment vous êtes chaud, vous !…
Elle s’est pelotonnée contre moi, a glissé ses pieds entre mes mollets…
- Ils sont gelés… Vous sentez ?… Des vrais glaçons…
Ses seins contre mon dos. Sa main sur mon torse…
- Je suis bien comme ça… J’aime bien vivre chez vous… J’aime bien vivre avec vous…
Et elle s’est paisiblement endormie…