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samedi 31 janvier 2009

La classe des filles ( 5ème jour )

Il s’est avancé dans l’allée et il a rendu les copies. En commençant par les meilleures et en descendant. Pernelle et Noémie ont eu seize. A moi il m’avait mis quatorze…
- Il reste quand même encore un certain nombre de fautes inadmissibles…
A Trianne tout juste la moyenne. En dessous il ne restait que trois copies. Un huit. Un sept. Et puis…
- Noëlle !… Viens voir là !…
Elle a obéi, s’est arrêtée, tête basse, au pied de l’estrade. Il lui a brandi sa copie sous le nez…
- Qu’est-ce que c’est que ça ?… Tu peux m’expliquer ?… Est-ce que tu peux m’expliquer ?
Elle s’est mise à pleurer silencieusement …
- Oh, arrête ce petit jeu !… Si tu comptes m’apitoyer avec ça… Tu ne fais qu’aggraver ton cas… Et tu es déjà dans une posture suffisamment fâcheuse pour ne pas chercher à en rajouter… Parce que les petites paresseuses dans ton genre…
- Mais j’ai travaillé !…
- A qui tu veux faire croire ça ?… Et menteuse en plus !…
- Mais c’est vrai !…
- Bon, allez !… Assez perdu de temps avec toutes ces simagrées…
Il l’a fermement agrippée par le coude. Il a tiré sa chaise jusqu’au milieu de l’estrade. Il y a posé le pied et il l’a fait basculer en équilibre sur sa cuisse, solidement maintenue avec son bras passé sous le ventre. Il a relevé la robe au-dessus de la taille, sèchement baissé la culotte qu’il a laissé dégringoler, qui est piteusement restée accrochée à l’une des deux chevilles. Qui y a pendouillé lamentablement…
- Au moins tu vas pleurer pour quelque chose…
Et il l’a fessée. Calmement. Tranquillement. A grandes claques largement espacées. Retentissantes. Une fois une fesse une fois l’autre. Ca a rougi très vite. Noëlle a battu des jambes dans tous les sens. De plus en plus fort. De plus en plus vite. La culotte a fini de tomber. Elle a crié. Elle s’est égosillée. Il s’est montré sans pitié.
Quand il a enfin arrêté, qu’il l’a reposée par terre elle a voulu regagner sa place en toute hâte. Il l’a arrêtée…
- Non, non !… Tu vas au coin… Là-bas… Allez, dépêche-toi !… Et relève ta robe… Bien haut !… Que tout le monde voie ce qui arrive aux grandes filles paresseuses…


Le chef-cuistot a envoyé Basile nettoyer les poubelles à grande eau en bas et nous a chargées, nous, pendant ce temps-là, de procéder à l’épluchage d’un monceau de pommes de terre. Elles en ont épluché trois ou quatre et puis elles ont posé leurs couteaux…
- On va voir ce qu’il fait, l’autre ?
A la fenêtre. Qu’elles ont ouverte à deux battants…
- Et tu bosses comme il faut, hein !… Sinon panpan cucul…
Elles se sont esclaffées. D’un rire délibérément offensant. Sont revenues…
- C’est quand alors que vous allez lui faire ?
- Le moment venu…
- Ca veut rien dire, ça… Quand ?…
- Je vous l’ai dit : bientôt…
- A cul nu ?
- Evidemment à cul nu… Evidemment…
- Cool !…
- Vous comptez quand même pas vous rincer l’œil ?
- Ben tiens !… On va se gêner… Vous, les types, vous ratez jamais une occasion quand il s’agit de mater… Pourquoi nous on ferait pas pareil ?…
L’autre a surenchéri…
- Oui… Surtout que comment ça doit être trop marrant de voir le derrière gigoter tout rouge !
- Et les boules ballotter dans tous les sens entre les fesses…
- Qu’est-ce qu’on va s’amuser !… Pas vous, M’sieur Fournier ?
Il s’est contenté de sourire en les couvant d’un œil attendri…
- Ben non !… Pas lui… Forcément… Il s’en fout de voir le cul d’un mec… Ca l’intéresse pas… Mais si c’était une femme…
- Oh, mais on en a une sous la main là si on veut… On peut lui faire, nous !… Ca vous plairait ? Toutes les deux on s’y mettrait à la tambouriner… Et vous, vous regarderiez… Tant que vous voulez… Hein ?… Qu’est-ce que vous en dites ?… Ca vous tente ?
Il n’a pas répondu. Il m’a jeté un coup d’oeil. Il a continué à sourire…
- Mais si qu’il a envie… Ca se voit bien…


Trianne a profité de ce que Pernelle s’était absentée quelques instants du box pour nous mettre en garde…
- Moi, je vous dis le comme ça, mais faites attention, les filles, hein !
- Attention ?… Attention à quoi ?
- Il y a eu une fessée aujourd’hui et quand il y a eu fessée il y a systématiquement contrôle le soir…
- Contrôle ?!… Mais contrôle de quoi ?
- Ben… Il y en a certaines, quand elles y repensent dans leur lit après, ça leur donne des envies…
- Ah oui, je vois… Mais qui c’est qui contrôle ?
- Ca dépend… Des fois c’est Pernelle…
- Pernelle ?!… Mais elle se le fait aussi… Je l’ai entendue l’autre jour…
- Ben oui, oui, mais elle est chef de box… Sinon c’est Tixier…
- Tixier !… Il va pas sous les draps quand même !
- Bien sûr que si !…
- Et il se passe quoi si on est en train de…?
- Devinez !…
- Ah oui !… Oui… Evidemment…
Pernelle est revenue. On s’est tues…

Elle a commencé par Trianne. Et puis, dans l’obscurité, elle s’est approchée de mon lit. Elle a résolument tiré les couvertures. D’instinct j’ai voulu me protéger, les mains ramenées sur le bas-ventre. Elle les a sèchement écartées, a plongé dans la culotte de pyjama…
- T’étais sage ?… Oui… Ca a l’air… Mais ça va peut-être pas durer…
Elle s’est attardée à l’intérieur. J’ai voulu me dégager. Elle m’a vigoureusement repoussée…
- C’est moi qui décide…
Elle s’est faite précise. Intrusive. Elle a ri…
- Ca y est !… Tu mouilles… Et pas qu’un peu… Eh ben dis donc !… Il t’en faut pas beaucoup à toi !… Mais tu sais que c’est pas bien du tout ?… Que si je t’emmenais chez Tixier tu y aurais droit… Et qu’il ferait pas semblant… Tu piaulerais à en ameuter tout le dortoir… Ca t’arrivera… Mais pas ce soir… J’ai d’autres projets pour toi… Je te garde pour la bonne bouche… Ce soir tu peux continuer à t’amuser toute seule si tu veux… Tant que tu veux…

mardi 27 janvier 2009

La classe des filles ( 4ème jour )

- Ca fait mal une fessée ?…
C’était Noëlle. Une jolie petite blonde effacée qui rougit pour un rien et qui, à la récréation, va s’asseoir toute seule à l’écart sur le petit muret en contrebas… Elle avait profité de ce que je m’étais un peu attardée après le petit déjeuner pour m’attendre à la sortie du réfectoire …
- Hein ?… Ca fait mal ?…
- Ca dépend… Ca dépend comment elle est donnée… Mais pourquoi tu me demandes ça ?
- Parce que je vais en avoir une demain en Français… C’est couru : j’ai fait plein de fautes à la dictée…
- Exprès ?
- Oh non, non !… J’ai rien compris… Mais ce qui s’appelle rien… Ces trucs-là ça a toujours été du chinois pour moi… Même avant…
- T’en as jamais eu que tu demandes si ça fait mal ?…
- Jamais, non…
- Pourquoi t’es venue ici alors ?
- A cause de ma sœur… Elle y était il y a deux ans et ça l’a drôlement dégourdie… Parce que avant !… Fallait voir ça !… Elle avait peur de tout et de tout le monde… Elle restait enfermée dans sa chambre des semaines entières sans en sortir… Elle avait pas d’amis… Elle pleurait sans arrêt… Maintenant ça n’a plus rien à voir… Elle a un petit copain… Elle bosse… Elle est toujours par monts et par vaux… Elle rigole tout le temps… C’est la fessée qui lui a fait ça… Alors si pour moi ça pouvait faire pareil… Même que ça me fasse mal finalement ça n’a pas beaucoup d’importance… Pourvu que ça réussisse…

Quand on est sorties du cours de Maths, dehors, en récré, on est restées un long moment silencieuses. Et puis il y en a une qui a éclaté de rire…
- C’est quoi, ce guignol ?
- Pour être bizarre il est bizarre…
- Vous avez vu ?… Pas un mot sur la fessée… Rien… Comme si il en avait pas entendu parler… Comme si il savait pas que dans cette école…
- Oui… Il a fait son cours… Point barre…
- Un cours hyperchiant en plus…
- Peut-être que personne lui a dit…
- Tu parles !… Tu penses bien que le directeur il recrute pas n’importe qui… Il faut que ceux qui viennent ils acceptent les conditions… Il les prend pas sinon…
- Peut-être qu’il a fait semblant d’être d’accord et qu’il y a que la paye qui l’intéresse…
- Moi, je crois plutôt qu’il cache bien son jeu… Et que ça nous descendra dessus au moment où on s’y attendra le moins…
- Et si ça tombe il sera bien pire que les autres finalement…
- Ce que ça peut être agaçant de pas savoir…
- C’est fait exprès… Pour nous mettre la pression… Vous comprenez pas ça ?…

En bas, Basile et moi on se tape tout le boulot. Parce que les deux filles le chef cuistot leur dit absolument rien. Il les laisse faire tout ce qu’elles veulent. Elles ont pratiquement passé l’après-midi assises sur des cartons à rire et à discuter. Et à se moquer ouvertement de nous qu’elles appellent les repris de justice. Dont elles décrivent, avec force détails scabreux, les crimes imaginaires. Il rit avec elles en les regardant, l’œil allumé, se dandiner lascivement dans leurs petits jeans moulants…
- Mais alors vous avez le droit de les punir ces deux-là ?
- Oui, oui, bien sûr…
- Pourquoi vous le faites pas ?
- Faudrait un motif… On peut pas punir sans motif…
- Il y en a pas besoin, tu parles !… Ou il y en a douze mille si on veut… Qu’ils travaillent pas assez vite… Ou qu’ils vous regardent de travers… Vous pouvez bien inventer ce que vous voulez… C’est vous le chef…
- On verra…
- Oh, M’sieur Fournier, s’il vous plaît !… Vous pouvez bien… Allez, quoi !
- Pas aujourd’hui…
- Quand ?
- Bientôt…
- C’est promis, hein ?… Promis-juré ?… Tous les deux ?
- Non… Un seul pour commencer…
- Lequel ?
- Lequel vous voulez ?
- Oh, lui, lui !
- Oh oui, lui, parce que…
Elles se sont chuchoté quelque chose à l’oreille, ont pouffé…
- Ce sera quand ?
- Vous verrez bien…
- Bientôt, hein !… Vous avez promis…

Les repas en face de Noémie c’est devenu une véritable épreuve. Parce qu’elle arrête pas…
- Qu’est-ce qu’il fait ?
- Il mange… Qu’est-ce que tu veux qu’il fasse d’autre ?
- Il parle avec les autres ?
- Un peu… Pas beaucoup…
- Et nous ?… Il regarde vers nous ?
- De temps en temps… Sans plus…
- Tu crois qu’il m’a remarquée ?… Qu’il fait attention à moi ?
- Franchement ça donne pas vraiment cette impression…
- Oui… Non… Faut que je lui parle… Faut vraiment que je trouve un moyen de lui parler…

vendredi 23 janvier 2009

La classe des filles ( 3ème jour )

Il s’est adossé au bureau…
- Bien… Je suppose que les accords du participe passé n’ont maintenant plus de secrets pour vous… Que ce soit avec le verbe ETRE ou avec le verbe AVOIR…
- Non, M’sieur !…
- Parfait !… On va vérifier ça tout de suite… Vous prenez une feuille… Dictée… Pour cette fois seules les fautes en relation avec ces accords seront prises en compte… J’ose espérer qu’il n’y en aura pas… Du moins dans les copies de celles qui ont sérieusement travaillé et ont fait preuve d’attention et de bonne volonté… Quant aux autres, les distraites et les paresseuses, elles n’échapperont pas à la punition exemplaire dont vous admettrez avec moi qu’elle aura été parfaitement méritée…
On a toutes baissé la tête. Il a commencé à dicter. Les plumes ont crissé sur le papier…

Dans la cour, à la récré, après, on s’est presque toutes regroupées sous le platane à côté du préau…
- Vous avez su, vous ?
- Moi, oui, à peu près, je pense…
- Moi aussi…
- Moi, j’ai tout mélangé à la fin… Mais alors ce qui s’appelle tout…
- Tu vas te ramasser une fessée, c’est couru…
- Vous croyez qu’il va vraiment le faire ?…
- Ben ça !… On savait à quoi s’en tenir en venant ici, non ?
- Il tape fort ?
- On peut pas savoir… Il est nouveau de cette année…
- Moi, je dis que ça doit pas être désagréable du tout avec lui… Beau gosse comme il est…
- Ca donne envie de faire des fautes exprès…
- Oui, ben pas moi alors là !… J’ai pas envie qu’il me prenne pour la dernière des dindes… J’aurais bien trop honte…
- On a quoi après ?… - Histoire… Avec la mère Petitbois…
- Oh, ben alors là ça va être une autre paire de manches…
Noémie m’a fait signe…
- Tu peux venir voir deux minutes ?…

- Quoi ?… Qu’est-ce qu’il y a ?
- Tu crois que je peux aller lui parler ?
- A qui ?
- Au type là-bas avec le polo vert…
- Ben… Personne le fait pour le moment d’aller leur parler aux garçons…
- On n’a pas le droit ?
- C’est pas formellement interdit, mais à mon avis vaut mieux éviter… Surtout comme ça, dès le début, à peine arrivée… Parce que c’est un sujet sur lequel ils sont très à cheval si j’ai bien compris… On va te cataloguer… Tu seras dans le collimateur et tu pourras plus bouger le petit doigt… Attends un peu… Que ça se fasse naturellement… Ou qu’il y en ait d’autres qui aient commencé…
- Ce qu’il est beau !… Non, mais ce qu’il est beau !… Tu sais quoi ?… Jamais j’ai été amoureuse comme ça…
- Oui, ben du calme… Du calme… Tu le connais pas… Tu sais rien de lui… Si ça tombe il est con comme une valise sans poignée…
- Alors ça, ça m’étonnerait… Je l’aurais senti… Je les sens toujours ces choses-là…

La fille derrière a susurré… - Hé !… Psst !… C’est la mère Mac Miche cette prof d’Histoire… On s’est réfugiées toutes les deux, Cynthia et moi, d’un même mouvement derrière nos bras repliés pour éclater de rire…
- Mesdemoiselles !… Oui, c’est à vous que je m’adresse… On peut savoir ce qu’il y a de si drôle ?… Que tout le monde en profite… Eh bien ?… On attend… Alors !?
- Non, mais rien, M’dame !… Rien…
- Alors comme ça vous riez sans savoir pourquoi ?… Vous me prenez pour une imbécile ?
- Oh non, M’dame !…
Et le fou rire nous a rattrapées de plus belle…
- Bon… On a décidé d’amuser la galerie à ce que je vois… Mais j’en ai maté de beaucoup plus coriaces que vous, vous savez… Vous n’aurez pas le dernier mot avec moi… Venez ici !… Toutes les deux… Montez sur l’estrade… Là… Tournez-vous !… Dos à la classe… Relevez vos robes… Allez !… Ne m’obligez pas à répéter… J’ai horreur de ça… Plus haut !… J’ai dit : « Plus haut ! »…
Elle l’a fait, sèchement, par surprise : la culotte baissée d’un coup, à mi-cuisses. J’ai laissé échapper un cri. Cynthia a laissé retomber sa robe qu’elle a vite relevée, d’elle-même, un peu plus haut qu’avant encore. La mère Mac Miche est allée décrocher de son clou, près du tableau, la grande règle de bois plate. Elle est revenue derrière nous. Elle me l’a passée lentement sur les fesses. Tout du long. Dans la raie entre les fesses. Sur tout le pourtour. En prenant bien son temps…
- T’y as déjà goûté à ça ?… Non ?… Tu vas voir… C’est très… Comment dire ?… Convaincant… Ca te vous fait passer l’envie de se faire remarquer en deux temps trois mouvements… Tu vas m’en dire des nouvelles… Là… Tu es prête ?
Je me suis crispée dans l’attente du premier coup. Qu’elle a fait indéfiniment attendre. Qui n’est pas venu...
- Non… Finalement on va commencer par l’autre plutôt… Je n’aime pas du tout ce petit air de se ficher du monde qu’elle arbore en permanence… On va te le rabattre ton caquet, petite mijorée… Quand tu te seras époumonée dix minutes en gigotant du popotin tout ton saoul je peux t’assurer que tu feras moins la fière…
Elle lui a longtemps promené la règle sur le derrière comme à moi et puis, sans que rien puisse le laisser prévoir elle l’a brusquement jetée au pied du bureau…
- Reculottez-vous !… Et retournez vous asseoir…
On n’a pas demandé notre reste…
- Pour cette fois ça n’ira pas plus loin… Pour cette fois… C’était juste un échantillon de ce qui vous attend – toutes – si j’ai quoi que ce soit à vous reprocher… Que vous ne puissiez pas dire que je vous ai prises en traître… Vous savez désormais à quoi vous en tenir et vous voudrez bien noter que je me montrerai dorénavant inflexible... Des questions ?… Non ?… Tout est clair ?… Pour tout le monde ?… Parfait… Alors maintenant au travail…

Les deux assistantes du cuisinier, 19 et 23 ans, – qui sont employées et non pas pensionnaires – ont passé l’après-midi à nous interroger Basile et moi dans la réserve – que le chef nous avait demandé de remettre en ordre – en échangeant des regards entendus et des sourires complices…
- C’est vrai ce qu’on dit ?
- Qu’est-ce qu’on dit ?
- Que vous êtes tous des repris de justice là-dedans… Qu’on vous a laissé sortir de prison uniquement parce que vous avez accepté de venir travailler ici et d’être fouettés quand les chefs sont pas contents de vous…
- Jamais de la vie !…
Et il a fallu expliquer – tenté d’expliquer – qu’on n’avait assassiné ni volé personne, qu’on était toutes et tous volontaires et que…
- On vous croit pas !… A moins d’être cinglé personne peut accepter d’être battu exprès… Surtout à votre âge… Parce que quel âge vous avez tous les deux ?… Au moins 40 ans !… Si c’est pas plus…

lundi 19 janvier 2009

La classe des filles ( 2ème jour )

C’est monsieur Tixier qui nous a réveillées, à cinq heures, en tapant des mains dans le couloir…
- Allez, debout, les filles !… Debout !… A la douche…
Il a brusquement écarté le rideau…
- Et on se dépêche…
On a dérivé au radar jusqu’à une grande salle collective avec toutes les douches alignées le long du mur, sans la moindre séparation entre elles, et un banc en face pour y déposer ses affaires. Monsieur Tixier nous a regardées y aller, les unes après les autres, sauf une, une petite brune qui s’y est catégoriquement refusée malgré les objurgations insistantes de sa chef de box… Il s’est approché d’elle…
- Tu tiens vraiment à être la première à recevoir la fessée devant tout le monde ?
Elle s’est obstinée…
- A moins que tu préfères que je t’envoie te laver avec les hommes… Pour te guérir définitivement de ces pudeurs ridicules… Oui, c’est probablement ce que je vais faire… Elle n’a pas répondu, mais elle a précipitamment retiré – il y en a qui ont ri – sa veste et sa culotte de pyjama et elle nous a rejointes. Tout le temps qu’elle est restée sous la douche il ne l’a pas quittée des yeux. Quand elle a voulu en sortir il l’a arrêtée…
- T’y es allée après tout le monde… T’y resteras après tout le monde… Jusqu’à ce que je te donne l’autorisation d’aller rejoindre tes camarades…
Quand on est descendues au réfectoire, pour le petit déjeuner, elle était encore là-bas…

- Je serai donc votre professeur principal… Et votre professeur de Français…
Il a une quarantaine d’années. Athlétique. Tout bronzé. Un mélange subtil de force et de douceur. Le genre de type dont tu te dis qu’il va te falloir faire preuve d’une volonté surhumaine pour ne pas en tomber amoureuse. Parce qu’il n’est pas pour toi. Pas la peine de te raconter des histoires. Mais le genre de type dont tu vas quand même tomber amoureuse – dont on va toutes tomber amoureuses – parce que c’est impossible de s’en empêcher…
- Bon… Alors vous connaissez la musique… Vous commencez par me remplir une petite fiche avec vos nom, prénom, date de naissance, etc… Et vous n’oubliez pas d’indiquer, avec précision, les motifs pour lesquels vous avez décidé de vous inscrire à ce stage…
Il a déambulé entre les tables, lu par-dessus les épaules…
- Bien… C’est terminé ?… Alors quelqu’un ramasse… Tenez, vous, Mademoiselle…
Noémie ne se l’est pas fait dire deux fois…

Il s’est assis au bureau et il a pris tout son temps pour examiner nos fiches. Une à une. En détail. Dans le plus complet des silences… Et puis il les a repoussées loin de lui avec un soupir profondément attristé…
- Vous devriez avoir honte… Honte !… C’est un ramassis de fautes d’orthographe toutes plus affligeantes les unes que les autres… Des fautes que la grande majorité des enfants de douze ans ne commettent plus depuis longtemps… Non, mais est-ce que vous vous rendez seulement compte ?… Vous êtes, pour la plupart d’entre vous, commerçantes, infirmières, voire même secrétaires… Est-ce que vous avez conscience de l’image déplorable que vous donnez de vous-mêmes lorsque vous êtes amenées à rédiger une lettre, un rapport ou quelque document que ce soit… Vous n’êtes pas crédibles. Vous vous déconsidérez. Toutes seules. Comme des grandes. Si encore il ne s’agissait que de quelques fautes d’usage sans conséquence on pourrait ne pas vous en tenir trop rigueur, mais ce sont des fautes d’accord élémentaires et d’autant plus inacceptables qu’il suffit, pour les éviter, d’appliquer des règles d’une simplicité enfantine. Encore faut-il les connaître. Encore faut-il les avoir apprises. Ce qui n’est manifestement pas votre cas. Nous allons donc tout devoir reprendre depuis le début… Le B-A BA… Et je vous engage à faire toutes preuve, dès à présent, de la plus extrême attention si vous ne voulez pas avoir à le regretter amèrement…
Il est allé au tableau. On a consciencieusement pris des notes…

On n’a cours que le matin. L’après-midi il y a ce qu’ils appellent les « travaux ». Au dessert Monsieur Ménisson est venu nous lire, d’un ton cérémonieux, une liste d’attribution. Il y en a qui sont chargés d’aller faire le ménage au dortoir ou en classe. D’autres de s’occuper, sous la responsabilité du jardinier, de l’entretien du parc et des extérieurs. A certains – dont Trianne et Cynthia – on a confié des travaux administratifs. Elles ont bien l’intention – elles ne s’en cachent pas – de se la couler douce. Pour ma part je m’en sors, je crois, pas trop mal : mon rôle va consister à prêter main-forte au chef-cuisinier et à ses deux assistantes – deux jeunes filles d’une vingtaine d’années – en compagnie d’un autre pensionnaire, un dénommé Basile, un garçon timide et effacé, auquel je n’avais pas, jusque là, prêté la moindre attention… Et auquel – le chef a beaucoup insisté là-dessus – je devrai continuer à ne pas prêter la moindre attention… Comme s’il pouvait me venir à l’idée d’envisager quoi que ce soit avec ce type !…

Il y a eu de grands fous rires étouffés, vers une heure du matin, dans le box d’à côté. Et une voix qui s’efforçait en vain de les faire cesser. Pernelle a crié...
- Oh, ça suffit maintenant !… Vous l’arrêtez votre bordel…
Ca s’est calmé. Ca s’est tu. Ca a repris. En sourdine d’abord. Avec hésitation. Avec de plus en plus d’assurance. Ca s’est élancé. Affirmé. Pernelle s’est levée, y est allée…
- Appelle Tixier si t’es pas capable de les tenir… Je vais le chercher…
- Non… Attends, non !
Des pas décidés dans le couloir. Et la voix de monsieur Tixier…
- Qui ?… Laquelle ?…
- Celle-là… Ca a claqué presque aussitôt. D’emblée à plein régime. La fille n’a pas protesté ni pleuré ni crié. Ca s’est arrêté d’un coup…
- Et vous, Laetitia, tâchez de faire preuve d’un peu plus d’autorité… C’est la première et la dernière fois qu’on me dérange pour venir rétablir l’ordre… Si ça devait se reproduire je vous en tiendrais pour personnellement responsable et vous auriez à en supporter les conséquences… Suis-je bien clair ?
Et ses pas se sont tranquillement éloignés dans le couloir…
- Salope !… Tu me le paieras…
Pernelle a silencieusement éclaté de rire…
- Mais oui, ma belle !… C’est ça… C’est ça…
Et elle est revenue se coucher…
A côté la fille reniflait à petits coups. Le lit de Pernelle a bougé. Elle a respiré plus vite. Plus profond. Quand c’est venu elle a voulu l’enfouir dans l’oreiller. Elle n’a pas pu. Pas tout à fait. Pas complètement…

jeudi 15 janvier 2009

La classe des filles ( 1er jour )

Le cadre était effectivement magnifique…
- Qu’est-ce que je te disais !… Et encore t’as pas vu le parc !
Où elle m’a aussitôt entraînée…
- Regarde ces arbres !… Non, mais regarde !… Je suis sûre qu’ils ont au moins trois cents ans…
On s’est assises sur un petit banc face à une grande vasque sur le pourtour et au centre de laquelle batifolaient des naïades de pierre moussue… On a fermé les yeux. On s’est offertes au soleil avec volupté…
- Qu’est-ce qu’on est bien !…

- Non, mais faut pas vous gêner !… Qu’est-ce que vous faites là ?…
C’était un grand type à cheveux blancs, très maigre, qui était arrivé sans bruit, par derrière… Cynthia s’est troublée, a balbutié…
- Le parc… Mon amie connaissait pas… J’ai voulu lui montrer…
- Qui vous a donné l’autorisation ?
- Personne, mais j’ai cru… J’ai pensé…
- Vous n’avez pas à penser… Ni à croire… Seulement à faire ce qu’on vous dit… C’est compris ?… Il n’a pas attendu la réponse…
- Suivez-moi !
Et il est reparti à grandes enjambées sans se retourner une seule fois pour vérifier qu’on lui obéissait bien… On a remonté des allées à toute allure, franchi une porte à double battant, avalé un couloir, gravi un escalier… On est entrés dans un dortoir…
- Monsieur Tixier…
C’était un tout jeune homme, d’une vingtaine d’années à peine, qui nous a capturées dans son regard, un regard gris acier étonnamment froid, qui nous y a gardées…
- Monsieur Tixier… Ces deux-là en prenaient à leur aise dans le parc… Faites en sorte que cela ne se reproduise pas… Ayez-les tout particulièrement à l’œil… Ce sont, à l’évidence, de fortes têtes qu’il faudra très rapidement mater…
- Vous pouvez compter sur moi, monsieur Ménisson… Je vais m’occuper d’elles…

Il nous a indiqué notre box…
- Le dernier à droite… Tout au fond…
Les deux meilleures places, celles près de la fenêtre, étaient déjà prises. L’une par une toute jeune fille qui est restée silencieusement assise sur son lit et l’autre par une femme à peu près dans nos âges qui s’est précipitée à notre rencontre… Qui nous a fait à tour de rôle la bise…
- Salut !… Moi, c’est Trianne… Et vous ?
- Cynthia…
- Raphaëlle…
- Vous allez vous plaire, vous verrez… A condition d’apprécier la fessée, évidemment… Mais enfin si vous êtes là je suppose que…
Elle a ri…
- Vous serez pas déçues… Ils savent y faire… Ils savent vraiment y faire… Tout est calculé, pensé… Rien – absolument rien – n’est laissé au hasard…
- Vous êtes déjà venue, vous ?
- Depuis les tout débuts il y a huit ans… Mais on peut se tutoyer, non ?… Ce serait mieux…
- C’est qui ce monsieur Tixier ?…
- Le surveillant du dortoir…
- Mais c’est un homme !…
- Ben oui… Oui… Evidemment… C’est fait exprès… Et les types c’est une nana – une jeune aussi – qui surveille leur dortoir…
- Et l’autre, c’est qui ?
- Ménisson ?… Il fait office de surveillant général… On peut dire ça comme ça… Lui, vous avez pas intérêt à lui tomber entre les pattes… Parce qu’il vous ménagera pas…

Monsieur Tixier a écarté le rideau…
- Pernelle… Chez le directeur… Tout de suite… Il t’attend…
La fille a sauté du lit, s’est précipitée dans le couloir, eloignée à grands pas claqués sur le parquet…
- J’en étais sûre… Ca, j’en étais sûre… Oh, elle sait bien mener sa barque, va, cette petite garce…
- Qu’est-ce qu’il lui veut ?…
- Il lui veut… Il lui veut qu’il va la nommer chef de box… Voilà ce qu’il lui veut… De toute façon c’était couru… Un an qu’elle fait des pieds et des mains pour ça…
- C’est quoi « chef de box » ?…
- Ben, c’est celle qu’est responsable des autres… Qui doit se débrouiller pour que tout se passe bien… Qu’il y ait pas de complications… Pas d’histoires…
- Elle a aussi le droit de nous mettre la fessée ?
- En principe non… Mais t’as intérêt à lui obéir parce qu’elle peut t’en faire avoir… Et des sévères… Si elle a à se plaindre de toi on va pas chercher à comprendre au-dessus on va automatiquement lui donner raison…
- Non, mais attends, elle a quel âge ?
- 21, je crois… Ou 22…
- C’est une gamine !… On va quand même pas obéir à une gamine !…
- Si vous voulez pas, vous pouvez partir… Personne vous retiendra… Mais si vous restez…

Elle est revenue métamorphosée… Sans un mot elle a ouvert nos placards. Celui de Cynthia elle l’a vidé. Complètement. Elle en a jeté tout le contenu par terre…
- Ca se range un placard… Comme il faut…
Cynthia n’a pas protesté. Elle s’est baissée. Elle a ramassé. Elle a rangé…

Les autres filles on a fait leur connaissance, à sept heures, au réfectoire. Seize on est en tout, en comptant les chefs de box qui se sont installées, d’autorité, en bout de table et nous ont assigné des places avec interdiction absolue d’en changer. Qui en ont aussi désigné deux, au hasard, pour faire le service. La fille assise juste en face de moi – Noémie elle s’appelle – m’a aussitôt fait discrètement remarquer, d’un air entendu, que j’avais de la chance…
- De la chance ?… Pourquoi de la chance ?
- Parce que tu vas avoir une vue imprenable sur la table des garçons, tiens !
Les garçons qui sont entrés, quelques instants plus tard, dans un grand brouhaha. Elle s’est retournée. Ses voisines aussi. Toute la rangée. Au bout ça a tapé sèchement sur la table…
- On regarde devant soi…
Elles ont obéi, l’une après l’autre, à contre-cœur...
- Ils sont comment ?… Raconte !… Il y en a des mignons ?…
- Quelques-uns, oui…
- Beaucoup ?…
- Trois quatre… Je sais pas… Il y en a plein qui sont de dos n’importe comment…
Elle a baissé la voix…
- C’est pour eux que je suis venue, moi !… Parce que ma meilleure amie elle s’en est trouvé un ici l’année dernière… Et ils sont toujours ensemble… Et ça se passe super bien… Alors !… Pourquoi pas, hein ?… Qui ne tente rien n’a rien… A condition de pas se faire prendre… Parce qu’une histoire avec un garçon c’est la porte en direct il paraît…

- Bon, allez !… Vous vous couchez…
- Déjà !… Mais il est même pas neuf heures !…
- Moi, je suis fatiguée… Alors vous vous couchez, j’ai dit…
Et Pernelle ne s’est plus occupée de nous. Elle s’est déshabillée et elle a éteint…

lundi 12 janvier 2009

La classe des filles ( l'inscription )

- Tu fais toujours rien de spécial en Août ?
- Non… Pourquoi ?
- Parce que je nous ai trouvé un point de chute… Tiens, lis !
- Ouais… Ouais… Tu plaisantes, j’espère ?
- Non, mais attends !… Ca fait des mois qu’on en parle… Qu’on répète sur tous les tons que si un jour on avait vraiment l’occasion de s’éclater avec des fessées on la laisserait pas passer et maintenant qu’on l’a…
- Mais enfin tu le connais ni d’Eve ni d’Adam ce type !… On va pas aller se jeter dans la gueule du loup comme ça !
- Parce que c’est pas ce qu’on a fait l’année dernière pendant toutes les vacances peut-être !?… Rappelle-toi le soir d’Argelès !… Et la nuit de Banyuls… C’est passé plutôt fin, non ?
- C’est pas pareil… Ca n’a rien à voir…
- C’est pas pareil, non, ça, c’est sûr !… On couchait et là on couchera pas…
- Mais non, c’est pas ça !…
- C’est quoi alors ?… Tu veux que je te dise ce que c’est ?… C’est que t’as la trouille… Tant qu’il s’agissait que d’en parler comme ça de loin ça te posait aucun problème… Seulement maintenant que ça peut devenir réalité tu te dégonfles… Il y a plus personne… Bon, mais ça fait rien, laisse tomber… Je me débrouillerai toute seule… J’ai l’habitude…
- Mais non, mais seulement si… - Non, laisse tomber, j’te dis !… C’est pas la peine…

- T’y es allée voir alors ?!… Ben raconte !… C’est comment ?
- Je croyais que ça t’intéressait pas…
- C’est vraiment un ancien pensionnat ?…
- Et superbe en plus !… Avec un parc immense… Tu verrais ça !…
- Et le bonhomme ?
- Le directeur ?… Quelqu’un de très classe… La cinquantaine… Mais alors il a une de ces façons de te regarder
- Comment ça une façon ?… Vicieuse ?
- Pas du tout, non… Tu te sens toute petite… Avec l’impression d’avoir fait quelque chose de mal… D’avoir mérité d’être punie… Exactement ce que j’aime…
- T’y vas alors du coup ?
- Un peu que j’y vais !
- Et ça se passe comment au juste ?
- Ca se passe qu’on te met complètement dans les conditions de la pension… Tu manges au réfectoire… Tu couches au dortoir… Tu vas en cours… En récréation… T’es punie quand tu le mérites… Comme tu le mérites… Pour indiscipline… Ou paresse… Ou effronterie… Comme c’était dans le temps…
- Et c’est mixte ?
- Oui, mais on est dans des classes séparées… Les dortoirs aussi évidemment… Il y a que dans la cour et au réfectoire qu’on peut se voir… Seulement se voir, bien entendu…
- Et t’es sûre qu’il y a pas anguille sous roche ?… Que tu vas pas te retrouver au beau milieu d’un plan complètement foireux ?…
- Certaine… J’ai passé l’après-midi d’hier avec une femme dont le directeur m’avait donné le numéro de téléphone… Elle y était l’année dernière… Et l’année d’avant… Elle en est revenue chaque fois enchantée… Et elle attend le mois d’Août avec une impatience !
- C’est jusqu’à quand les inscriptions ?…
- Tu vas te décider alors finalement ?
- Je sais pas… Je vais voir… Faut que je réfléchisse…

( à suivre, bien sûr! )

vendredi 9 janvier 2009

Soeurs

Après bien des hésitations je m’y suis enfin résolue… Après tout ça mettrait un peu de vie et d’animation dans une maison bien vide depuis la mort de Jean… Ca me ferait une compagnie… Et puis – ce n’était pas à négliger – un petit apport financier…

Deux sœurs… 23 et 19 ans… Toutes les deux étudiantes… Et désireuses d’échapper à un oppressant cocon familial… On s’est tout de suite entendues… Et sur le prix… Chacune sa chambre… Elles y tenaient… 130 euros par mois… Une bénédiction pour elles… Et sur les conditions d’utilisation des pièces communes… Que personne ne cherche à empiéter sur le territoire de personne et j’étais toute disposée à me montrer souple et conciliante… En ce qui concernait les visites par contre, je tenais à ce qu’elles fassent, au cas par cas, l’objet d’un accord préalable. Elles devaient bien comprendre que je ne tenais pas à ce que ma maison se transforme en moulin où n’importe qui pourrait, à tout moment, aller et venir comme bon lui semblerait. Elles en ont convenu. Elles étaient de toute façon prêtes à convenir de tout pour profiter de l’aubaine…

On vivait en bonne harmonie toutes les trois… On partageait la maison sans heurts majeurs… Il y avait bien, de temps à autre, des dissenssions entre elles, des querelles dont elles prenaient soin de me tenir à l’écart et dont ne me parvenaient fort heureusement que de lointains échos… Je n’avais, d’une manière générale, qu’à me louer de cette irruption de fraîcheur et de jeunesse dans mon univers…

On prenait parfois nos repas toutes les trois ensemble. Ou à deux. Ou toutes seules. Tout dépendait des occupations, des horaires et de l’envie du moment des unes et des autres… Valentine, l’aînée, se plaisait manifestement à discuter avec moi… Elle s’attardait à table en ma compagnie, racontait, m’interrogeait… Elle était peu à peu entrée en confidences et m’entretenait longuement d’un étudiant en médecine dont elle était tombée éperdument amoureuse… Et… justement… est-ce qu’il ne pourrait pas venir la voir ici le soir de temps en temps ?…

Il est venu… Il a filé sans bruit jusqu’à sa chambre… Il a disparu au petit matin… Il est revenu… Souvent… De plus en plus souvent…

Marjorie n’a pas voulu être en reste… Bon, mais alors si sa sœur recevait ses mecs, elle pouvait bien, elle, recevoir des copains qui n’étaient que des copains ?… Oui, mais un par un, et à condition qu’ils ne fassent pas plus de bruit que n’en faisait le petit ami de Valentine… Oh, mais ça se recevait toujours à plusieurs les copains !… C’était pas marrant sinon… Dans ce cas c’était non… Mais pourquoi ?… Parce que je ne tenais pas à voir la maison envahie par toute une bande qui l’investirait, se répandrait dans tous les coins et y prendrait, au fil du temps, de plus en plus ses aises… - D’autant plus, a fait remarquer Valentine sans avoir l’air d’y toucher, qu’ils boivent… Et qu’ils fument… Et que ce qu’ils fument c’est… - Toi, ta gueule !… Oui, alors en somme, si elle voulait qu’on vienne la voir fallait qu’elle couche… comme l’autre, là… de toute façon celle-là il y en avait jamais eu que pour elle… Depuis toujours… Depuis toute petite… Oui, je voulais la faire coucher… - Vous êtes vraiment complètement tordue, hein !… - Non, mais dis donc, tu veux me parler correctement, oui !… - Je parle comme je veux… Ca a été d’instinct, par pur réflexe… J’allais quand même pas me laisser marcher sur les pieds par une gamine d’à peine vingt ans !… Je me suis levée et je lui ai lancé sur les fesses, par dessus le jean, quatre ou cinq claques bien senties… - Et essaie de recommencer pour voir !… Elle est partie, sans un mot, s’enfermer dans sa chambre… Valentine a ri… - Oh, elle recommencera… Même que vous la lui mettiez à cul nu c’est pas une fessée qui va l’arrêter… Au contraire !… Elle adore ça…

- Mais qu’est-ce qui s’est passé ici ?… Je revenais d’un week end chez ma sœur, dans les Ardennes… L’abat-jour de ma belle lampe verte était complètement défoncé et une énorme tâche brune s’étalait de tout son long sur le tapis… Marjorie n’a pas cherché à nier… - C’est moi !… Je suis désolée… Je suis vraiment désolée… C’est en allant chercher du Coca cette nuit… Je me suis pris les pieds dans le tapis et… Valentine a brusquement fait irruption en compagnie de son petit ami… - Elle s’est pas cassé la figure du tout… Elle avait invité des copains et des copines… Une dizaine… Ils ont fait la fête toute la nuit et ils se sont dépêchés de tout nettoyer avant que vous arriviez… - C’est vrai ?… Elle n’a pas répondu… Elle se contentait de fixer obstinément quelque chose par terre… - Je te l’avais formellement interdit… Sans un mot je l’ai prise par la main et entraînée jusqu’au canapé… Elle n’a pas opposé la moindre résistance… Quand j’ai passé la main sous la robe et descendu la culotte non plus… Elle s’est docilement laissé coucher en travers de mes genoux… Elle a frémi sous le premier coup… Gémi sous les autres… Franchement crié à la fin… A pleine voix…
Elle s’est laissé lourdement retomber sur le tapis, y est restée, inerte, les yeux clos, le derrière – copieusement rougi – à l’air… Valentine s’est éclipsée avec son petit ami… Et, pour la première fois, elle a clamé éperdument son extase…

lundi 5 janvier 2009

Carmen ( texte d'Isabelle )

Je ne résiste pas au plaisir de vous donner à lire aujourd'hui, avec son accord, un texte d'Isabelle...

Ses autres récits sont là: http://autourdelafessee.over-blog.com/

et vous pouvez également la retrouver ici: http://isabelle-183.blogspot.com/

Excellente lecture et bonne journée à tous...

Carmen
Le mari de N, celui que j’ai surnommé le « professeur Unrath », transpire à grosses goûtes. Il est épuisé par la fessée qu’il vient d’administrer à sa légitime épouse.
N, installée au coin de la pièce, nous présente un arrière train qui affiche une écriture imbibée de passion pour les sensations fortes.
Le professeur se déserre le nœud de sa cravate pour mieux respirer. Je suis sûre que la transpiration ne concerne pas que son visage. Ceci doit être le contrecoup de sa surcharge pondérale.
Il se tient très proche de moi, en imaginant déjà, poursuivre sa bonne action contre le laxisme de mœurs chez certaines femmes. Si sa femme est « l’ange bleue », lui c’est un nouveau Aguire et représente la colère de Dieu sur terre.
Je flaire l’odeur de sa transpiration. Je dirais :
« Cela sent l’homme qui perds la maîtrise de lui dans une situation délicatement perverse. »
Il faut se méfier que le jeu ne déborde pas trop.
M est là et je ne risque rien ce que je ne voudrais pas subir par plaisir. J’ai entièrement confiance en mon homme. Il est toujours maître de la situation, autant à la maison que dans la vie sociale. Personne ne sait me rassurer comme lui.
« Permettez, cher M que je m’occupe d’Isabelle. Après tout, c’est un peu mon devoir de mari. Votre petite élève a offensé mon épouse. »
« Je vous en prie, décidez de sa punition et chargez-vous de l’application. »
Le professeur est aux anges. La générosité de M le touche profondément. Son visage rayonne quand il se tourne vers moi.
« J’aimerais que tu enlèves d’abord toi-même ta culotte, Isabelle pour nous montrer que tu sois consentante pour subir ta correction. »
J’adopte une position de garde à vous avec mes mains posées sur l’extérieur de mes cuisses, les pousses largement écartés du reste des doigts et à la hauteur du bas de ma jupette.
Je remonte d’un mouvement lents et langoureux mes mains le long de mes cuisses en soulevant ma jupe à l’aide de mes pousses jusqu’à que ceux-ci atteignent l’élastique de ma culotte. Puis, je les insérés et commence doucement la descente.
En même temps, je fléchi légèrement mes genoux, cambre mon dos et fais bomber mon séant. Dans cette position arrive vite un point - en trémoussant légèrement les fesses - où la culotte commence à glisser toute seule.
Il faut un petit entraînement pour acquérir cette technique. J’ai pris de cours de strip-tease en cachette pour mieux détende M quand il a besoin de se changer les idées entre deux séances de travail.
Monsieur le prof reste béat devant ma performance. Visiblement il n’est pas un habitué de cabarets osés. Sans me servir de mes mains, uniquement aidée par mes pieds, je me débarrasse de ma culotte dans la règle de l’art.
« Je voudrais statuer un exemple pour d’autres que les mauvaises comportements cessent de se propager.
N, retourne-toi et observe ce qui pourrait t’arriver. »
Il est quand même gentil, ce professeur. Il pense au bon moment à sa femme qu’elle en prenne aussi un peu de bon temps. Je suis sensible aux hommes attentionnés et je commence à bien apprécier notre invité. Je ne serai pas gênée en cas d’attouchements.
« J’aimerais aussi que tu quittes ta jupe, Isabelle. Cela me faciliterai la dure tâche qui m’incombe à t’inculquer la discipline. Tu seras plus à l’aise dans ta honte. »
J’ai compris, encore un adepte de la conception fessée honte. Je vais donc être avenante. J’ai un sens large d’hospitalité qui caractérise mon pays natal et pour prouver ma bonne volonté, je fais suivre la jupe le même chemin que la culotte, avec autant d’élégance. N me récompense par un petit mouvement d’un de ses sourcils peints. Maintenant, approuvée par une femme, j’ai la certitude que j’ai bien retenu la leçon du déshabillage érotique.
Mon chemisier est trop court pour couvrir la nudité de mon intimité. J’ai choisie la longueur express pour les grandes occasions.
Mon pubis imberbe impressionne toujours les messieurs d’un certain âge qui ne sont pas au courrant de la mode actuelle.
Nous disposons d’une grande table basse au salon, acquise express pour les jeux coquins. Elle n’a pas échappé à la vigilance du professeur et il m’invite à m’installer à quatre pattes, les jambes bien écartées, puis de pencher mon buste à ras de la table, bien aplatie, ma tête reposant sur mes mains.
Il y a beaucoup d’hommes qui prennent plaisir de contempler une femme dans une telle position.
Je crois que là s’exprime une différence entre garçons et filles. En parlant avec des nombreuse copines, je me suis rendue compte que l’aspect visuel importe moins aux femmes que l’aspect du savoir faire dans les caresses donc la fessée aussi en fait part.
Mes sentiments personnels d’adopter une telle posture ?
Le romantisme de me sentir livrée, abandonnée à un homme, de diriger ses émotions par la vue de mon corps et bien sûr la fierté de lui montrer ce qu’il ne possède pas et ce qui lui hantera tout au long de sa vie adulte.
Le professeur fait le tour de la table pour se familiariser avec son sujet d’étude. Il ne s’agit nullement d’un objet. Il est trop implique au travers de sa biochimie personnelle qui lui fait bouillir le sang pour garder l’objectivité nécessaire à la recherche.
La tentation de me toucher le démange. C’est plus fort que lui. Ma position se prête à la merveille pour observer ce qui se passe derrière mon derrière. Je vois la main du prof s’approcher de moi, puis je vois comme il la retire vite, gêné par son propre geste. S’il oserait se taper sur ses propres doigts, il le ferait.
Méphistophélès, sous les apparences de M, s’approche de lui, sans frapper à sa porte, car le professeur est entré par consentement dans l’âtre du tenteur qui voudrait le mettre à l’épreuve.
« Cher D, je vous donne l’autorisation de toucher Isabelle. Vous en crevez d’envie et je ne suis pas sadique au point de vous en priver. Isabelle m’a donné préalablement son accord. Sinon je ne me serais jamais permit de vous proposer cette faveur.
Je connais trop bien ma petite chérie. Elle se soumet avec joie dès qu’elle se rend compte que son partenaire ne veut pas la soumettre. Elle ne vous donnera aucun plaisir si vous essayerais de la forcer. Elle est une femme avant tout et ne pas une source de satisfaction, comme elle ne cesse de répéter.
Mais soyez courtois dans vos gestes et évitez son centre d’excitation. Je suis vraiment amoureux de cette femme qui a su changer complètement ma vie par ses petites manies, si insupportables, que je voudrais pour ne rien au monde partager sa jouissance avec un autre homme.
Sinon, n’ayez pas peur et faites comme bon vous semble.
Isabelle vous invite à découvrir son jardin privé par le bout de vos doigts.»
Le professeur est un fin taquineur avec son indexe qui établit le contact entre nos corps.
Quand un autre être humain entre dans notre intimité par contact corporel, il a toujours des émotions intenses qui se libèrent spontanément.
Son doigt fait le tour de mes globes pour évaluer le terrain avant de s’aventurier vers mon entre jambe.
Le professeur tient parole. Il est vrai qu’il évite le centre du séisme, mais laisse libre cours à ses envies concernant le reste. Il teste la douceur de mon pubis, de mes grandes lèvres, ma raie fessière et le contour de l’orifice non défendu. Il s’y prend plutôt bien et aiguise mes sens par des caresses particulièrement sensuelles et douces. Ce jeu me plait beaucoup et cela se voit.
« Je crois que l’on devrait passer à la punition. Sinon la petite Isabelle risquerait de perde de vue le but de notre jeu. »
« Je suis d’accord avec vous, Monsieur le professeur. Inutile de faire le teste du buvard…
…Auriez-vous oreille musicale et le sens du rythme ? »
Monsieur le professeur ? Ai-je bien entendu ? M a-t-il une fois de plus deviné mes pensées intimes. Partage-t-il vraiment à ce point mon sens d’humour ?
Je me sens comprise. M est le seul à me cerner jusqu’au moindre détail.
« Le sens du rythme ? »
Unrath est un peu déstabilisé par cette allusion, peu évidente à déchiffrer pour un non-initié.
« Eh bien, cher professeur que diriez vous d’un opéra à une voix et quatre mains, autour d’un air de Carmen par exemple »
« J’admire votre sens exquis du raffinement M. Vous n’êtes pas qu’un maître en peinture... »
Deux chaises sont installées face à face, les hommes prennent place.
N, l’épouse de Unrath, se charge de la musique, tandis que moi, contrairement à l’image d’une Carmen innocente, j’avance vers l’arène, tout en secouant hardiment des cheveux auparavant noués de façon stricte.
Mon côté inaccessible s’effonds soudain, je deviens la femme indomptable et fière que j’aime renvoyer de moi … celle rêvée et réelle tout à la fois d’une espagnole ou d’une italienne, bien loin de l’origine allemande que je m’efforce d’oublier.
N me lance un regard admiratif, ses yeux parcourant avec insistance ma belle chevelure.
J’adore m’exprimer par les mouvements.
Mais là, le balancement de mes hanches à la mesure de mes petits pas est difficile … Ah, ces talons plats ! J’aurais dû garder mes talons aiguille habituels.
Tant pis.
Je relève alors la tête dans un mouvement de défi, le regard braqué sur ceux qui m’attendent maintenant avec une impatience à peine contenue. Je pousse ainsi l’insolence à son paroxysme, offrant un beau contraste avec la docilité dans la mise à la disposition de l’orchestre pour un concerto à quatre mains. Tout en laissant mon corps exprimer ces effets contrastés, je m’évade un instant, … toute à mes pensées, oubliant que cet orchestre attend son instrument.
Une fois couchée sur deux paires de jambes, les garçons s’amusent d’abord à me déshabiller entièrement. J’ai pris depuis longtemps l’habitude de m’acheter des chemisiers qui se boutonnent dans le dos. Ils se font rare en commerce et je me sers dans les fripes. Mais l’effet est garanti devant un fesseur susceptible à la tenue de sa fessée.
Pour le corset, par accord tacite (voir aussi la « germania » de Tacite sur les mœurs d’hospitalité de mon peuple) M laisse le soin au professeur qui se perd vite dans cette tache entre fils et nœuds.
L’envie d’imiter Alexandre le Grand pour défaire un nœud ne lui manque pas. Mais il est poli et ne dispose pas d’épée.
Carmen dans l’opéra est déjà morte quand le dernier ruban sort de son œillet. Mon corps porte l’empreinte du corset et les hommes se divertissent à redessiner les marques avec leur bout de doigts.
N, en remettant l’air de Carmen, les rappelle à l’ordre.
Ils sont du mal à s’accorder sur le terrain qui est mon fessier tendu vers eux. Je n’ai jamais vécu une telle situation et je suis un peu crispée. Néanmoins : je n’ai pas de coui…s, mais je suis courageuse quand même.
Leurs tapes sont gentillets et ne provoquent qu’un léger rosissement de mes épidermes pendant ce prélude claquant.
Le plaisir de ces messieurs ne m’échappe pas, ni de l’un, ni de l’autre côté. Entre autre, je savoure la fessée sur les genoux en raison de cette communication si intense et directe entre le masculin et le féminin.
N trouve les hommes un peu trop mous dans leur attitude et change de musique. La marche de Radetzky réveille les esprits et donne du tonus à leur entreprise.
Cela devient vite douloureux pour ma peau, mais j’aime trop cet érotisme rude qui passe par les épidermes.
Toujours farouche, j’essaye de leur donner encore plus de mordant en me débattant et en poussant des cris. Je respire spasmodiquement, bien audible pour tout le monde en mettant ainsi en valeur le saillie de ma croupe. Je suis largement récompensée par le langage des corps : Dur, dur, autant pour mes fesses que pour le contenu de pantalon de mes fesseurs.
Je m’adapte à la situation en bougeant comme il faut.
M qui a pourtant habitude de moi, devient méfiant. Il se souvient trop bien d’une tache involontaire qui m’avait tant amusée.
Le professeur par contre n’arrive pas au bout de cette marche militaire. Sa retenu déserte devant une adversaire expérimentée en stratégie dans cette forme de bataille concernant le corps à corps. Elle se perd absorbée par le tissu de son pantalon.
Le pauvre, visiblement gêné par cette « bavure », arrête la punition et essaye de retrouver son souffle.
M, gentleman comme toujours, le rassure :
« Bien venu au club. L’indomptable Isabelle a encore fait une victime. »
On m’a souvent posé la question où se situ mon bonheur dans les rapports charnels. En voila une de mes réponses :
Procurer un plaisir extrême et inoubliable à ceux que laisse pénétrer dans mon intimité.

vendredi 2 janvier 2009

Sortie du dimanche

C’était en gym surtout qu’il fallait faire attention… Et encore plus avec le martinet… Parce que souvent ça avait cinglé aussi autour… Ca débordait de la culotte sur les côtés et en haut des cuisses… Alors la seule solution c’était de traîner… De rejoindre les autres la dernière sur le stade… Et d’attendre après, à la fin, que toutes les filles soient parties pour se rhabiller…

Sauf que ce jour-là la porte s’est rouverte… J’ai pas eu le temps… Trop tard… C’était Céline… Elle cherchait Amélie… Elle a vu… - Hou là là !… Ben dis donc !…On t’a pas loupée… C’est qui qui te la flanque ?… Ton père ou ta mère ?… Tu veux pas le dire ?… Les deux ?… Oui… Sûrement c’est les deux… Et c’est quand qu’on te la donne ?… Quand tu fais quoi ?… Je m’étais rhabillée… On est sorties… Elle a continué… Jusqu’au portail… Et après encore dans la rue… - Hein ?… Celle-là par exemple c’était pour quoi ?… - Oh pour rien… - Ca peut pas être pour rien… Il y a forcément une raison… C’est quoi ?… Oh, et puis garde-le si tu veux pas le dire… Et elle m’a plantée là, s’est retournée juste avant de disparaître au coin de la rue Victor Hugo… - T’inquiète pas… Je dirai rien…

Le samedi suivant elle est passée à la maison sous prétexte de m’emprunter mon livre de Maths… - Le mien, je sais pas ce que j’en ai foutu… Elle s’est longuement attardée en bas à discuter avec eux… Et puis on est montées dans ma chambre… - Ils sont drôlement bien, dis donc, tes parents… Comparés aux miens… Et on dirait jamais à les voir comme ça… Mais alors devant tes frères ils te le font?… Oui… Evidemment… Comment j’aurais honte, moi, à ta place !… Déjà qu’on me le fasse… Mais devant eux en plus !…

Elle en parlait tout le temps … - C’est toi qui la baisses ta culotte ou c’est eux qui te l’enlèvent ?… Non… C’est toi… Je suis sûre que c’est toi… Ils te disent de le faire et tu obéis… C’est pas vrai peut-être ?…

Elle est restée avec moi après tout le monde… Amélie aussi… Longtemps… Avec des tas de sourires par en dessous toutes les deux… - Pourquoi tu te rhabilles pas ?… T’en as encore pris une, c’est ça ?… Rhabille-toi !… Qu’est-ce que t’attends ?… Il a bien fallu finir par le faire… - Fais-voir en entier… Allez, fais voir, quoi !… Qu’est-ce ça peut foutre ?… On est entre filles… On le raconte à tout le monde sinon si tu veux pas… - Hou la la !… Cette trempe !… Non, mais cette trempe !…

C’était sans arrêt… J’en avais pris une autre ?… Non ?… - Menteuse !… Sûrement que si !… Elles m’entraînaient jusqu’aux toilettes… Et il fallait que j’ouvre mon jean ou relève ma robe… - Si tu veux pas que les autres sachent… C’était pourquoi celle-là ?… Qu’est-ce t’avais fait ?… - Te fatigue pas !… Elle dira rien… - Mais on saura… On finira par savoir…

Un dimanche elles sont passées me prendre avec Loïc qui tenait absolument à nous faire essayer sa belle voiture toute neuve… On a roulé longtemps… On a traversé des villages, avalé de grandes portions d’autoroute, débouché dans une ville inconnue, atterri dans un immense café enfumé rempli de gens qui parlaient fort…

- Bon, allez !… On y va ?… - Pourquoi ?… Tu t’ennuies avec nous ?… - Non, mais… - Mais quoi ?… Ah oui !… T’as une heure pour rentrer… Et si tu te loupes tu vas y avoir droit… C’est ça, hein ?!… Oui, ben c’est pas bien grave… T’as l’habitude… T’en es plus à une près… Et elle a commandé une autre tournée…

Huit heures… - Et si on allait manger quelque chose au Macdo ?… Tout le monde s’est levé… - De toute façon au point où on en est maintenant !… Un peu plus tôt un peu plus tard ça changera rien pour toi… Après il y a encore eu un café… Et puis une des filles de l’autre voiture a voulu revoir l’immeuble où elle avait habité quand elle était petite…

Quand ils nous ont déposées toutes les trois devant le petit square il était une heure du matin… - Hou la la !… Ca va te coûter cher, dis donc !… On va venir avec toi… Ce sera mieux… - Non… non… c’est pas la peine… - Mais si !… Et elles se sont engouffrées dans l’escalier derrière moi…

Ils n’étaient pas couchés… Ils regardaient la télé… - Alors, ma chérie ?… Ca a été ?… Tu as passé une bonne journée ?… - Oh oui, oui… Pas mal… - Il reste du rôti dans la cuisine… Si vous avez faim… - Non, non, merci… On rentre, nous… - A demain alors, les filles !…

Ils partaient à six heures le matin… Mes frères à sept… Et il y avait gym le lundi après-midi… J’ai sorti le martinet de sa cachette et je me suis agenouillée au pied du lit…

jeudi 1 janvier 2009

Bonne année 2009

Excellente année 2009 à vous toutes et à vous tous...