lundi 17 février 2020

Les fessées d'Aurélie (2)



Source de l’illustration : Engin Akyurt sur Pixabay

Au bureau, il était là entre nous, ce rêve. En permanence. Si je croisais par hasard le regard d’Ugo, il me revenait aussitôt à l’esprit que je l’avais fait. Et ce qui s’en était suivi. Et je baissais les yeux. S’il m’adressait la parole, je devais prendre sur moi pour ne pas laisser paraître que j’étais troublée, que cette menace qu’il m’avait un jour lancée en l’air, en plaisantant, avait fait mouche et m’avait complètement déstabilisée.
Est-ce qu’il s’en rendait compte ? La plupart du temps, je me disais que non. J’espérais que non. Mais, parfois, j’étais convaincue du contraire.

Le pire, c’était que je le refaisais, ce rêve. Endormie, oui. Mais aussi, de plus en plus souvent, bien éveillée. Pas forcément sous sa forme initiale. Il y avait des variantes. Des aménagements. Mais je finissais toujours par me retrouver en travers de ses genoux, les fesses à l’air, pour une vigoureuse claquée qui me laissait pantelante, dégoulinante de mouille, avec l’irrépressible envie de me servir de mes doigts. Et, une fois que tout était retombé, coupable. Intensément coupable.

Et, évidemment, ça a fini par se reproduire. Un beau matin, mon ordinateur a une nouvelle fois planté. J’ai paniqué. Ah, non, non, pas question de faire appel à lui. C’était totalement exclu. Et je me suis efforcée de me débrouiller toute seule. J’ai ramé. Plus d’un quart d’heure durant. Jusqu’à ce que, de son poste de travail là-bas, il s’aperçoive de quelque chose, qu’il s’approche, vienne se pencher par-dessus mon épaule.
‒ Un problème ?
‒ Non, non. Tout va bien.
‒ Menteuse !
Et ses mains sont venues se substituer aux miennes.
‒ T’étais prévenue. Cette fois, tu vas pas y couper. Une bonne fessée. Cul nu.
En chuchotements, à l’oreille.
Je suis devenue écarlate. Mais je n’ai pas protesté. Je n’ai rien dit.

Et ça s’est installé entre nous. Ce n’était pas qu’il soit spécialement insistant, non. C’était juste que, de temps à autre, il procédait à une discrète piqûre de rappel.
‒ Tu n’oublies pas ? On est en dette tous les deux.
Ou bien.
‒ Ça y est ? T’as choisi une date ?
Je ne savais jamais quand ça allait survenir. Mais, chaque fois, je me sentais fondre. Chaque fois ça me mettait dans tous mes états. Et chaque fois j’attendais impatiemment le soir pour être avec lui. Pour lui offrir voluptueusement mon derrière à fesser.

C’était comme une drogue. Je ne vivais plus avec Benoît. Je ne vivais plus avec mon mari. Je vivais avec Ugo. Avec la main d’Ugo qui s’abattait imperturbablement, en imagination, sur mon fessier. Si Benoît me voulait, le soir, dans le lit, je ne disais pas non. Au contraire. Je le laissais prendre son plaisir en moi. Parce que je savais qu’aussitôt après il s’endormirait profondément et que j’aurais les coudées franches pour aller me pianoter tout mon saoul avec mes images. Pour y passer un temps infini si le cœur m’en disait. Et il m’en disait souvent.
J’étais en train de le perdre, Benoît. Il était passé très largement au second plan. Et bientôt, si je n’y prenais garde, il n’aurait plus, à mes yeux, la moindre importance. Il me fallait réagir. Au plus vite. Et réagir, c’était mettre hors d’état de nuire ce fantasme qui m’avaient envahie. Comment ? Il n’y avait pas trente-six solutions. En le réalisant. Mais alors juste une fois. Une seule.

Et quand, le surlendemain, à la machine à café, Ugo s’est penché à mon oreille.
‒ Alors ? Quand ?
‒ C’est quand tu veux.
Il n’a pas eu l’air le moins du monde surpris.
‒ Demain ?
‒ Demain.

jeudi 13 février 2020

Agathe et la fessée (5)


‒ Tu sais quoi ? Ben, elle est venue. Si ! Oui. Tout à l’heure. Elle a sonné. Comme ça. Sans raison. Juste pour parler. « Parce qu’entre proches voisines, ce serait quand même dommage qu’on n’essaie pas de faire plus ample connaissance, non ? » J’étais bien d’accord. Tu parles si j’étais d’accord !
‒ Et alors ?
‒ Ben, on a discuté. Ça, pour discuter, on a discuté. Un peu de tout au début. De son métier à lui. Il est agent d’assurance. À son compte. De la chance qu’elle a qu’il ramène suffisamment d’argent pour qu’elle ne soit pas obligée de travailler. « Je sais que c’est pas très bien vu, au jour d’aujourd’hui, de se faire entretenir. Même par son mari. Mais bon, je m’en fiche un peu de ce que les gens pensent. Pour pas dire complètement. » Ce qu’elle voit, c’est que ça lui laisse du temps. Pour faire ce qu’elle a envie. Pour se livrer, entre autres, à sa passion.
‒ Et c’est quoi, sa passion ?
‒ Tu penses bien que je lui ai demandé. Elle écrit. Elle rêve d’être publiée.
‒ Ah ! Et elle écrit quoi ?
‒ Un roman. Un truc au long cours. Plus de cinq cents pages, ça devrait faire au final. Elle me montrera, elle m’a dit. Oh, mais de plein d’autres trucs encore on a parlé. Figure-toi qu’elle aussi, elle a vécu à Angers. Quatre ans. À peu près à la même époque que moi. On aurait pu se rencontrer là-bas. C’est trop marrant, non ? On y refera peut-être un saut ensemble un de ces jours, du coup. Enfin bref, près de trois heures on y a passé. Et c’est à la fin, juste au moment de partir… « Oh, là, vous avez vu l’heure ? Faut vraiment que j’y aille ! » qu’elle m’a demandé comme ça, de but en blanc, s’ils faisaient pas trop de bruit. Je m’attendais vraiment pas à ça. J’ai été prise de court. Je me suis troublée. J’ai rougi comme une imbécile. J’ai balbutié que non. Non. Pas du tout. Mais elle n’a pas été dupe. « Si, hein ! On entend tout d’un appartement à l’autre dans ces immeubles. Donc vous avez entendu. Vous entendez. » Elle n’a pas précisé quoi. Mais on savait aussi bien l’une que l’autre de quoi il s’agissait. « Je voudrais pas que vous le jugiez mal, Lucas… » Elle s’est rassise. Du bout des fesses. Sur le bord du canapé. « Non, parce que vous allez me trouver complètement contradictoire mais, si écrire est ma grande passion, je suis aussi d’une paresse phénoménale. J’ai toujours dix mille prétextes à ma disposition pour retarder le moment de me mettre au travail. C’est pour ça : à ma demande, on a passé un accord, tous les deux, Lucas et moi. Si, quand il rentre le soir, je suis dans l’incapacité de lui donner au moins deux pages à lire, et des pages qui tiennent la route, il me punit. Pour mon bien. Sinon, il sera jamais fini, ce bouquin. Alors que c’est la chose que je souhaite le plus au monde. » Elle a jeté un coup d’œil à sa montre, s’est levée. Pour de bon, cette fois. « Et là, ce soir, je vais y attraper, c’est couru. Parce que, aujourd’hui, j’ai pas écrit une seule ligne. » J’ai culpabilisé. Oh, mais c’était de ma faute, avec mon bavardage. J’étais désolée.
Je l’ai attirée contre moi.
‒ Tu parles que t’étais désolée ! Je suis bien tranquille qu’à la perspective de l’entendre, ce soir, gémir et crier sous les claquées, tu devais mouiller allègrement ta petite culotte.
‒ Je
‒ Non ?
‒ Mais pourquoi je suis comme ça ?
J’ai glissé une main dans son corsage, enrobé un sein dont la pointe s’est instantanément dressée.
‒ Attends, Maxime, attends ! Tout à l’heure. Quand

Elle a passé la soirée aux aguets, sursautant au moindre bruit en provenance d’à côté.
Et elle a brusquement bondi.
‒ Ça y est, Maxime ! Écoute ! Ça y est ! T’entends ?
J’entendais, oui. J’entendais qu’il lui reprochait de n’avoir pas écrit la moindre ligne. « J’ai pas eu le temps. » « Tu te fous de moi ? T’as que ça à faire. T’as encore passé ton après-midi devant Netflix, je suis sûr. » « Non. J’ai un peu discuté avec la voisine. » « Mais pas toute la journée, j’imagine ! Bon, mais trêve de discussions. Tu sais ce qui t’attend » Elle n’a pas protesté. Il y a eu, presque aussitôt, un bruit de claques, en rafale, rapprochées, crépitantes, qui lui ont arraché une longue plainte ininterrompue. Et Agathe a voulu.
‒ Viens, Maxime, viens !
Passionnément. Éperdument. Quand elle a chanté son plaisir, la fessée, à côté, n’était pas encore terminée.

lundi 10 février 2020

Les fessées d'Aurélie (1)



Origine de l’illustration : Hamonazaryan1 sur Pixabay.

Écran noir. Et impossible de faire quoi que ce soit. Tout était bloqué. Pas d’autre solution que d’appeler Ugo, le petit jeune, à la rescousse.
‒ Ugo, au secours !
Il a soupiré.
‒ Qu’est-ce t’as encore fabriqué ?
Il s’est levé, est venu se pencher pas-dessus mon épaule.
‒ Comme l’autre jour. Pareil. Je t’ai montré pourtant.
‒ Ben oui, mais
Son parfum. Subtil. Entêtant. Son souffle tiède dans mon cou. Ses longs doigts fins, que j’ai regardés courir, sûrs d’eux, sur mon clavier.
‒ Et voilà ! Le malheur est réparé. T’as regardé comment je faisais, cette fois, au moins ?
‒ Oui. Merci.
Je n’avais rien regardé du tout, obnubilée par ses mains.
‒ Tu sauras faire toute seule alors maintenant ?
‒ Je crois, oui.
‒ T’as intérêt, parce que sinon c’est la fessée.
J’ai ri. D’un rire un peu forcé.
Et je n’y ai plus pensé. Je me suis remise au travail.

Ça m’a sortie en sursaut du sommeil. Un rêve. Un rêve que je venais de faire. Si présent. Si troublant. Nous étions au bureau, Ugo et moi. Seuls. Tous les autres étaient partis. Mon ordinateur était à nouveau bloqué. Il s’escrimait dessus.
‒ Tu l’as fait exprès. Je suis sûr que tu l’as fait exprès.
‒ Mais non, Ugo, je te jure.
‒ Si, tu l’as fait exprès. Si !
Il était furieux.
‒ Oh, mais t’étais prévenue. T’étais pas prévenue ?
J’étais prévenue, oui, mais…
‒ Il n’y a pas de mais qui tienne. Cette fois, tu vas pas y couper. La fessée…
Et il m’empoignait. Il me couchait en travers de ses genoux. Je me laissais faire, tétanisée. Il me baissait ma culotte et il tapait. Sèchement. Une fesse après l’autre. Méthodiquement. Et ça devenait humide entre mes cuisses. Mouillé. Torrentiel.
Ça l’était encore, maintenant que j’étais réveillée. Ça l’était de plus en plus. Je ne parvenais pas à sortir de mon rêve.
Tu es folle, ma pauvre fille ! Tu es complètement folle. Un garçon qui a la moitié de ton âge…
Mais je me suis mise malgré tout à caresser, du bout des doigts, mes images. À me faire plus précise, plus insistante.
Benoît dormait paisiblement à mes côtés. Je me suis levée sans bruit. Dans la salle de bains, je me suis assise sur le rebord de la baignoire. Et je me suis laissée envahir.

jeudi 6 février 2020

Agathe et la fessée (4)


‒ Tu vas te moquer…
‒ Mais non, dis !
‒ Emma, la voisine, j’ai passé ma matinée à la suivre pendant qu’elle faisait ses courses. Discrètement. Et à me demander dans quel état elle les avait, les fesses, depuis hier soir. Si elles étaient écarlates, comme on voit des fois sur Internet…
‒ Ah, parce que…
‒ Oh, ben oui, oui, attends ! Je suis allée voir. Si je veux me faire une idée. T’as tous les cas de figure en fait. Des tas de nuances. Ça va du rosé au carrément rubicond. Tout dépend s’il a tapé fort ou pas, le type. Et aussi de la peau de la fille. Si elle marque beaucoup ou pas. Ce que je me demandais aussi, c’était s’il les avait réparties sur toute la surface, les claques, ou s’il avait toujours visé le même endroit. Ça donne pas du tout la même chose en fait comme résultat.
‒ Tu deviens une experte, dis donc !
‒ Et encore une autre question que je me posais en la regardant pousser son chariot, là, devant moi, c’était si elle avait mis une culotte sous sa robe ou pas. Parce que comment ça doit te battre là-dedans si tu l’enfermes, la fessée. Alors sans doute que c’est mieux, le lendemain, de la laisser à l’air libre. Non ? Qu’est-ce t’en penses, toi ?
C’était probable, oui. Mais enfin je n’avais pas de lumières particulières sur la question non plus.
‒ Et, pour finir, je lui suis tombée dessus, comme par hasard, à la caisse. On a un peu parlé toutes les deux. Un bon moment, même. Et alors de savoir et de me dire qu’elle savait pas que je savais, comment ça me remuait à l’intérieur…
‒ Et pas qu’à l’intérieur, je suis sûr. Tu mouillais, avoue ! Tu mouillais comme une petite folle. C’est pas vrai peut-être ? Et tu mouilles encore. Rien que d’en parler. Rien que d’y repenser. Non ?
Je l’ai attirée contre moi. Lui ai doucement massé les fesses à travers le tissu de la robe. Sous la robe. Sous la culotte. J’ai glissé un doigt dans le sillon entre elles.
‒ Maxime
‒ Oui ?
‒ Elle est rentrée. Elle est là. Elle va entendre.
‒ Et alors ? La belle affaire ! On entend bien, nous, quand elle se prend une fessée.
‒ C’est pas pareil.
‒ Ah, oui ? En quoi ?
‒ Elle va
‒ Tendre l’oreille, ça, c’est sûr. Dès que tu vas te mettre à gémir. Peut-être même la coller à la cloison. Glisser une main dans sa culotte. S’y activer. La retirer, la culotte. Mettre ses fesses rougies à découvert. Pour se sentir plus libre. Plus à son aise. Peut-être même qu’elle va longuement se les caresser, les fesses. Et elle va venir. En même temps que toi, si ça tombe.
‒ Maxime
On s’est entraînés l’un l’autre vers le lit. On s’y est laissé tomber.
Et elle s’est faite ardente. Exigeante. Elle s’est emparée de ma queue. Elle s’est ruée sur elle. À grands coups de bassin effrénés. Pour un plaisir qui est venu vite. Tumultueux. Ravageur. Un plaisir qu’elle a proclamé à pleins poumons. Qui est lentement retombé.
‒ Eh ben, dis donc, là, si elle a pas entendu…
‒  J’ai crié fort ? Je me suis pas rendu compte.
‒ Menteuse !
‒ Mais non ! Enfin si ! Un peu quand même…
Elle s’est perdue un long moment dans ses pensées.
‒ Alors, toi, tu crois qu’elle se l’est fait en nous écoutant ?
‒ J’en suis même sûr.
‒ C’est vrai qu’on entend tout, ici, d’un appart à l’autre.
Elle a froncé les sourcils.
‒ Ce qui veut dire qu’ils savent très bien que nous aussi on entend quand elle se la prend la fessée.
‒ Ça !
‒ Ils s’en foutent, tu crois ?
‒ Ou bien ils aiment ça, de se dire qu’on les entend.
‒ Faut qu’on les invite, Maxime ! Faut vraiment qu’on les invite.

lundi 3 février 2020

Les fessées de Morgane (11)



Origine de l’illustration : Free-Photos sur Pixabay

Elle a voulu qu’on descende à huit heures.
‒ Qu’on voie le plus de monde possible. Quitte à le prolonger, le petit déjeuner.
Il y avait deux couples attablés. Qui ne nous ont pas prêté la moindre attention.
‒ Ils ont pas dû entendre, ceux-là. Sans doute qu’ils étaient trop loin.
La salle s’est progressivement remplie, mais on continuait à nous ignorer superbement.
Il y a bien eu deux jeunes femmes qui ont chuchoté en riant sous cape, mais à aucun moment elles n’ont regardé dans notre direction.
‒ Vous croyez que c’est de nous qu’elles parlent ?
‒ Franchement, j’en doute.
‒ Oui, moi aussi.
On sortait. On entrait. Mais on ne nous manifestait pas le moindre intérêt.
‒ Je comprends pas. J’ai crié fort quand même. Non ?
‒ Oh, pour ça, oui !
‒ Et ça s’entend, le claquement du fouet. Ou alors faut être complètement sourd.
Quant à nos plus proches voisins, ils ne sont pas descendus.
‒ Sans doute qu’ils se sont fait porter le petit déjeuner au lit.
‒ Oui, mais enfin, c’est incroyable, ça ! Tout le monde s’en fout. Je sais pas, moi, mais si j’avais entendu un truc pareil dans l’une des chambres d’à côté, je me serais empressée, le lendemain, de descendre voir la tronche qu’elle avait la fille. Je l’aurais fixée, de l’air de dire que je savais qu’elle s’était fait tanner le cul et qu’il devait être dans un drôle d’état là-dessous. J’aurais tout fait pour la mettre mal à l’aise, qu’elle ait bien honte, qu’elle sache plus où se mettre. J’aurais fait tout un tas de réflexions exprès pour qu’elle les entende
‒ Si tu continues comme ça, c’est toi qu’on va entendre. Qu’on entend déjà d’ailleurs.
Elle a haussé la voix.
‒ Je m’en fous. Je les connais pas, tous ces gens-là, n’importe comment.
‒ Ça suffit, Morgane !
‒ Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? C’est pas vrai peut-être ?
‒ Fais attention ! Fais bien attention !
‒ Oui, oh, c’est toujours pareil. Je peux jamais dire ce que je pense. Jamais. J’en ai marre ! Ce que je peux en avoir marre !
Je me suis levé. Je l’ai prise par le bras. Fait lever à son tour.
‒ Viens !
‒ Où on va ?
‒ Et tu discutes pas.
‒ Oh, non ! Pas encore une fessée, hein !
‒ Ça, c’est ce qu’on va voir.

Dans la chambre, en haut, elle s’est faite admirative.
‒ Non, mais comment vous avez assuré ! Ah, ça leur en a bouché un coin, hein ! Je les ai pas trop regardés sous le nez, mais sûr qu’on les a interloqués.
‒ Tu as eu ton petit succès, oui.
‒ Et là, ils doivent être en train de se dire que je suis en travers de vos genoux, le cul à l’air, en train de me ramasser une monumentale claquée.
‒ Il ne tient qu’à toi.
‒ Oui, mais non, merci. J’ai eu mon compte hier soir. D’ailleurs à ce propos, je voulais vous dire Maintenant ce que j’aimerais, c’est qu’on marque une petite pause dans tout ça. De quelques semaines. Le temps que mes cheveux repoussent. Que je digère tout ça. Et que je me prépare à passer à la vitesse supérieure.
‒ À la vitesse supérieure ? C’est-à-dire ?
‒ Je vous dirai, le moment venu. C’est pas encore suffisamment clair dans ma tête.

On s’est quittés à la gare.
‒ Je peux pas avoir quand même une petite idée ?
‒ De ? Quand je vous recontacterai ? Je peux pas vous dire, non. Je le sais pas moi-même. Vous verrez bien. Mais je le ferai. Promis.
Et elle s’est enfuie avec un petit signe de la main.

jeudi 30 janvier 2020

Agathe et la fessée (3)


Elle n’en revenait pas.
‒ Ça y est, Maxime ! Ça y est ! J’y croyais pas que ça m’arriverait un jour, mais ça y est !
‒ J’ai vu, oui ! Et entendu.
‒ Tu crois que c’est à cause d’elle ? De ce qu’elle s’est pris une fessée ?
‒ Ça, il y a que toi qui peux savoir.

Elle était perplexe.
‒ Si c’est ça, je vois vraiment pas d’où ça peut me venir. Parce que j’ai jamais eu de fessées quand j’étais gamine. Il y en a jamais eu autour de moi. Ça m’a jamais préoccupée plus que ça. Non, je vois pas.
Elle soupirait.
‒ Et pourtant il y a quelque chose qui me dit que ça a à voir. Que s’il y avait pas eu elle, à côté, ça me serait jamais arrivé.

Dix fois par jour, elle remettait le sujet sur le tapis.
‒ Je me demande. Je me demande vraiment.
Ce qu’elle se demandait aussi
‒ C’est un jeu entre eux ou il la punit vraiment ? À ton avis ?
Je n’en savais fichtre rien.
‒ Oui, ben moi, je crois que c’est « pour de vrai ». Je le sens. Même si elle est d’accord pour les recevoir, les fessées. Qu’elle sait qu’elle les mérite
Et elle se lançait dans des supputations à n’en plus finir.
‒ Peut-être qu’elle le trompe. Qu’elle peut pas s’empêcher. Ça peut être ça. Ou bien alors elle fait des emprunts à tire-larigot derrière son dos pour se payer des tas de fringues. Ça se pourrait aussi. À moins encore qu’elle ait un caractère de cochon et qu’elle s’en prenne à tout le monde. Au boulot. Aux repas de famille. Partout. Qu’est-ce t’en penses, toi ?
‒ Que ça peut être complètement autre chose. Qui nous vient pas à l’idée.
‒ Faudrait bien qu’on sache pourtant.
‒ Pourquoi ?
‒ Mais parce que, enfin !

Elle faisait en sorte de la croiser sur le palier.
‒ On croirait pas à la voir comme ça, hein !
D’échanger quelques mots avec elle.
‒ Non, on croirait vraiment pas.
‒ Tu voudrais quand même pas que ce soit écrit sur sa figure !

Le soir, souvent, je me faisais pressant.
Maintenant qu’elle avait eu une première fois du plaisir
Mais elle me repoussait doucement.
‒ Non, Maxime, non ! J’ai trop peur.
‒ Peur de quoi ?
‒ Que ça revienne pas Que ça ait été juste une fois comme ça

Seulement, le mardi suivant
‒ T’entends ?
J’entendais, oui.
‒ Ils remettent ça.
Son souffle dans mon cou. Ses mains sur moi.
‒ Ils remettent ça ! Ils remettent ça !
Elle m’a voulu en elle. Elle m’a enfoui en elle.
‒ Oh, Maxime ! Oh, Maxime !
Et ses cris de bonheur ont répondu, en écho, à ceux, retentissants, que la voisine poussait sous les claquées.

lundi 27 janvier 2020

Les fessées de Morgane (10)



Origine de l’illustration : Poszarobert sur Pixabay

Elle est encore allée passer un long moment dans la salle de bains où elle a gémi et dont elle est ressortie nue
‒ Je supporte rien. Aucun vêtement.
pour venir s’allonger sur le ventre à mes côtés.
‒ Je suis contente que vous me l’ayez fait. Pour me punir de ça. Même si ça fait horriblement mal. J’en avais besoin.
Quelque part, au-dessus, une femme a clamé son plaisir.
Elle l’a laissée terminer. Et elle a poussé un profond soupir.
‒ C’est à cause de moi, vous croyez ? Parce qu’elle m’a entendue ?
‒ Possible, oui. Probable même.
‒ Vous devez avoir une drôle d’opinion de moi quand même Ces pauvres types que je mène en bateau comme ça
‒ Ils s’en remettront.
‒ Il y a des fois…
‒ Oui ?
‒ Où je suis sacrément tentée de passer à l’acte. Je le ferai pas. Je le ferai sûrement pas, mais quand même J’aimerais bien savoir ce que ça fait, ce qu’on ressent à être payée pour ça.
Elle s’est perdue dans ses pensées.
‒ J’imagine des fois. Le type, quand je suis restée un long moment à le regarder m’attendre, j’essaie de me représenter comment ça se serait passé avec lui, s’il se serait senti à l’aise ou quand même un peu gêné. S’il aurait joui vite ou s’il aurait pris son temps. S’il aurait parlé, et pour dire quoi, ou s’il aurait pas décroché un mot. Plein de choses. Et aussi comment elle aurait été sa queue.
Elle a, avec mille précautions, changé de position.
‒ Et puis il y a pas que ça ! Il y a aussi après. Quand je me retrouve avec mes copines, à la fac ou ailleurs, de me dire qu’elles savent pas. Qu’elles sont à cent mille lieues de se douter d’un truc pareil. Qu’elles me prennent pour la gentille petite fille sage qui mène une vie bien rangée avec son petit copain. J’adorerais. Et aussi, non, mais je suis vraiment tordue, hein ! Dans mon délire, avec cet argent-là, je fais des cadeaux à tout un tas de gens qui savent pas d’où il vient. À ma meilleure amie. À mon frère. À mes cousines. Il faudra aussi que vous me punissiez, et comme il faut, pour avoir des idées pareilles. Vous le ferez ?
‒ Je le ferai.
‒ Merci
Quelque part, tout près, une autre femme a joui. D’un plaisir tonitruant.
‒ De ça aussi faudra que vous me punissiez. De mettre les gens dans un état pareil. C’est pas bien. Vous allez encore en avoir sacrément du boulot avec moi… Et c’est tant mieux.