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lundi 26 septembre 2016

La coiffeuse et le pépé

Amis lecteurs, bonjour!

Je vous ai quelque peu délaissés depuis juin dernier. C'est que j'étais investi dans un projet éditorial chronophage dont voici un premier résultat:


La coiffeuse et le pépé


Autre chose, chez le même éditeur, est également en cours de préparation. J'y suis complètement immergé.

Quid alors de ce blog? Et des autres? Pas question, bien entendu, de les abandonner. Dès que j'aurai un peu plus de temps et la tête un peu plus disponible, je reviendrai les alimenter, c'est promis!

Bonne journée à tous!

lundi 27 juin 2016

La clef USB (15)

Le 8 rouge. Le 6 vert. À peine Laurent parti, le matin, je les faisais venir. Ils combattaient pour moi. Avec acharnement. Avec fureur. Je m’offrais au vainqueur. L’un. Ou l’autre. Ça dépendait. Je jouissais dans ses bras. Éperdument. Parfois, dans la journée, j’allais les retrouver. Et puis encore le soir. Avant que Laurent rentre… J’étais complètement accro…

J’allais quand même pas faire ça ! Non. Non. Je pouvais pas faire ça. C’était la dernière des choses à… J’ai tenu une semaine et puis, un beau matin…
– Allô… Antoine ? C’est moi, Christina…
– Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui t’arrive ?
– Rien, mais tu sais la vidéo que tu as faite, l’autre jour, sur ton portable ?
– Oui. Eh bien ?
– Je pourrais pas l’avoir ?
Son rire.
– J’en étais sûr ! Ça, j’en étais sûr. Ah, ça a dû y aller depuis dimanche, hein ! Bon, mais je te l’expédie. Dans cinq minutes, elle est dans ta boîte mail.

Je l’ai tout aussitôt lancée…
Gros plan sur mes fesses. Je suis absorbée dans la contemplation de quelque chose par la fenêtre. Quelque chose qu’on ne voit pas. Tout au plus perçoit-on des cris par moments. Des applaudissements. Je regarde, fascinée. Ma main s’engouffre dans mon pantalon, s’y active. On voit mon coude bouger. De plus en plus vite. Mon souffle s’accélère. Et je jouis. À grandes plaintes éperdues. C’est tout. C’est fini.

– Alors pas trop déçue ?
– Non. Enfin, si ! Un peu !
– Ben, oui ! Forcément. On les voit pas, eux. Bon, mais ça peut s’arranger… Il y a à nouveau match dimanche prochain…
– Les mêmes ?
– Les rouges, oui… Ils sont chez eux… Mais pas les autres…

Une petite caméra… Qu’il a fièrement arborée…
– Je peux faire à peu près tout ce que je veux avec ça… Et notamment des gros plans hyper précis. Suffit que tu me dises…
– Que je te dise ?
– Qui je dois cibler…
J’ai hésité. C’était mon secret, ça ! Mais, d’un autre côté, si je voulais pouvoir l’avoir longuement à ma disposition. Et de très très près…
– Le 8…
– Excellent choix ! Je m’en occupe !
C’étaient des blancs en face. Dont un 4 colossal qui s’élançait, tête baissée, à la rencontre de mon 8 à moi. Mais il ne cédait pas. Il l’arrêtait. Il le jetait à terre. Plus rien d’autre ne comptait pour moi. Que lui. Qu’eux.
Antoine a chuchoté à mon oreille.
– Imagine s’il te voyait ! Imagine qu’il te voie !
J’ai dégrafé ma jupe. Descendu ma culotte. Pour lui je l’ai fait. Mon huit. Il me voyait, oui. Il me regardait. Il me regardait le regarder. Il bandait pour moi. Il venait vers moi. Il m’ouvrait les bras. Je me jetais contre lui. Contre sa poitrine. Son désir palpitait contre mon ventre. Qu’il fasse de moi ce qu’il voulait. Tout ce qu’il voulait. Il l’a fait. Il m’a prise. Devant tous les joueurs. Qui s’étaient immobilisés sur le terrain. Qui s’étaient tournés vers nous… On a joui. Ensemble. Tous les deux.
– Eh ben, dis donc ! Non, mais quel spectacle tu viens de m’offrir là ! Sans la moindre pudeur. Sans la même retenue. Ah, non ! Ça mérite une bonne fessée, ça ! Oh, mais tu l’auras ! Tu l’auras, le moment venu…
Je n’ai pas répondu. Je n’ai pas remonté ma culotte non plus. J’ai continué à les regarder courir, alanguie… Derrière moi, il a continué à filmer.

On est restés jusqu’à la fin. Jusqu’à ce qu’ils quittent le terrain.
– Tu sais où ils vont, là, maintenant ?
– Ben, oui… Oui… Ils rentrent aux vestiaires.
– Quoi faire ?
– Se doucher, j’imagine !
– Se doucher, oui ! T’aimerais voir ça, hein !
– C’est pas possible n’importe comment !
– Ah, si, ça l’est, si !
– Comment ça ?
– T’aimerais ?
Le moyen de prétendre le contraire maintenant… Évidemment que j’aimerais…
– Alors on ira… Je t’y emmènerai…
J’ai frissonné…
– Quand ?
– Tu verras bien…

jeudi 23 juin 2016

Escobarines: Délit de fuite (2)

16 mai 2071


La porte de ma cellule s’ouvre. C’est elle. Narmine.
– Qu’on cause un peu toutes les deux quand même… Alors ? Contente d’avoir revu tes voisins ? Eh bien ? Réponds quand je te parle.
– Oui.
– On dirait pas ! Tu tires une de ces tronches ! Eux, en tout cas, d’après les échos que j’ai eus, ils étaient absolument ravis. Et ils n’ont qu’une hâte, c’est de te voir réinstallée là-bas. Oh, ça viendra, mais pas tout de suite. Que je profite un peu de toi d’abord. Ah, Valéa ! Si tu avais voulu… Je te demandais pas grand-chose. Juste de te laisser gentiment faire. Ça t’aurait coûté quoi ? Rien. Quelques caresses données. Quelques caresses reçues. Auxquelles tu aurais, toi aussi, trouvé ton compte. Tu as un corps de rêve, Valéa. Un corps que toutes les femmes t’envient. Qu’elles n’ont de cesse que de vouloir s’approprier…
Elle tend la main. Elle m’effleure un sein. S’en empare résolument. En fait dresser la pointe du bout du pouce.
– Ah, tu voudrais bien, hein, maintenant ! Mais trop tard, ma belle ! Tu as fait ton choix. Il va te falloir en subir les conséquences.


18 mai 2071


Encore elle…
– Tu te la coules douce, dis donc, en attendant ! Toute la journée à te prélasser sans rien faire… Tu sais que tes collègues de travail sont furieuses ? Non seulement il faut qu’elles fassent leur boulot, mais le tien par-dessus le marché…
– C’est pas de ma faute… S’il ne tenait qu’à moi…
– Pas de ta faute ! Non, mais alors là, c’est la meilleure ! Pas de ta faute ! Qui c’est qu’a disparu, pendant des semaines, au mépris affiché de toutes les réglementations en vigueur ? Pas de ta faute ! Non, mais cette fois on aura tout entendu ! Et reconnais que tu aurais au moins pu, depuis que tu es rentrée, passer leur dire un petit bonjour, non ? Et aller leur présenter tes excuses. C’était la moindre des choses !
– Comment j’aurais pu ? Enfermée ici…
– Fallait demander… Je t’aurais sans problème accordé l’autorisation…
– Je savais pas… Je…
– Tu savais parfaitement. Non, c’est de la négligence. Tout simplement. Tu as toujours été terriblement négligente… Oh, mais rassure-toi ! C’est un défaut dont on parviendra à te guérir. On va faire ce qu’il faut pour… À commencer par une bonne fessée… Ce qui est amplement mérité, avoue ! Qu’est-ce tu dis ?
– Rien…
– Ah, j’avais cru… Et c’est Rygreyne qui va s’occuper de ton cas cette fois-ci. La meilleure de nos fesseuses. Infatigable. À un bon quart d’heure sans discontinuer tu vas avoir droit. Et elle tape. Elle fait pas semblant. Non. Je peux t’assurer que, quand tu lui seras passée entre les mains, t’auras pas vraiment envie de remettre le couvert. Bon, mais allez ! Assez bavardé. Elle est prévenue. Elle t’attend.

– Alors ? Oui, hein ! Fais-moi voir ça ! Un véritable travail d’artiste, dis donc ! Ah, elle y est pas allée de main morte. Tu vas pas pouvoir t’asseoir d’un moment. Et t’auras tout intérêt à dormir sur le ventre. Te connaissant, t’as dû piauler tant et plus, non ? Elle me dira. Elle me racontera. Ce qu’il y a de sûr, en tout cas, c’est que tes collègues vont apprécier…
– Oh, non !
– Ah, ben si ! Si ! C’est la moindre des choses… Elles ont eu à souffrir de tes agissements. Il est bien normal qu’elles puissent constater, de leurs propres yeux, que tu as effectivement été punie pour ça. Elles t’attendent n’importe comment. Elles sont prévenues. Alors tu vas aller bien docilement te déculotter devant elles. Sans renâcler. Sans faire d’histoires. Sinon… Sinon c’est à tes collègues masculins qu’il te faudra aussi aller montrer ton derrière cramoisi. Tu voudrais pas ça quand même ? Eh bien alors !

Elles sont là. Elles sont toutes là. Immobiles. Silencieuses.
– Eh bien, allez ! Qu’est-ce que t’attends ?

Pas un mot. Pas une réflexion. Rien. Elles regardent. Intensément. Elles ne me quittent pas des yeux. Et ça dure. Une éternité.
– Bon, mais tu sais pas ? Finalement tes collègues hommes aussi on va aller leur montrer ça… Il y a pas de raison…
 (à suivre)

lundi 20 juin 2016

La clef USB (14)

Il m’a ouvert la portière, fait monter, s’est installé au volant.
– Où tu m’emmènes ?
– Là où tu vas pouvoir te rincer l’œil tout ton saoul. Parce que, si j’en juge par la dernière vidéo qu’on a regardée ensemble, c’est une activité que tu prises tout particulièrement.
– Écoute, Antoine…
– Oui ?
– Non. Rien.
– Comme tu voudras. Ah, oui, à propos, Laurent m’a dit qu’il t’avait parlé pour la Bretagne et que, contrairement à ce qu’il craignait, tu n’avais pas soulevé d’objections particulières. Mais ça, j’en étais sûr.
– Avec l’épée de Damoclès que tu me maintiens en permanence suspendue au-dessus de la tête, j’avais pas vraiment le choix..
– À qui la faute ?
– Tu vas jouer longtemps au chat et à la souris comme ça avec moi ? C’est quoi le but ? De m’avoir à ta merci, pieds et poings liés ? Ça te fait jouir ?
– Pas du tout, non. C’est d’arriver à la connaissance la plus intime et la plus complète de toi possible. Parce que tu n’en as pas forcément conscience, mais tu es quelqu’un d’absolument fascinant. Quelqu’un que je rêve de découvrir, peu à peu, jusque dans ses replis les plus secrets. Je veux avoir accès à toi. J’y parviens en partie par l’intermédiaire de ces vidéos secrètes que je regarde en ta compagnie, oui, bien sûr, mais c’est loin d’être suffisant. Non, ce qu’il faut aussi, c’est te mettre dans toutes sortes de situations qui t’obligent à te découvrir, qui te fassent remonter, de très loin, à la surface…
– Lesquelles ?
– Tu verras bien… Au fur et à mesure… Descends, en attendant. On est arrivés.

Une ruelle étroite… Un immeuble délabré…
– Monte !
Une petite pièce dont il avait la clef. Une petite pièce avec vue sur un terrain de rugby…
– Tu seras aux premières loges, là… J’ai même pensé à pousser le canapé sous la fenêtre… Tu diras que je suis pas aux petits soins pour toi après ça ! Mais installe-toi ! Fais comme chez toi ! Ils vont pas tarder…
Des joueurs. En rouge. En vert. Des joueurs qui se sont rués à la poursuite d’un ballon. Qui se jetaient les uns sur les autres. Qui se relevaient couverts de boue.
– Ils te plaisent pas ?
Si ! Je ne le lui ai pas dit, je ne lui ai pas répondu, mais évidemment qu’ils me plaisaient. J’aurais été difficile. Le 8 rouge. Un colosse, tout en muscles. Une force de la nature. Et le 6 vert. Si fougueux. Si déterminé. Qui se lançait dans de grandes chevauchées éperdues. Ils s’affrontaient tous les deux. Roulaient à terre. Se relevaient. Recommençaient. C’était pour moi qu’ils combattaient. Avec tant de hargne. Tant d’énergie. Pour m’avoir, moi ! J’étais l’enjeu. Un enjeu pour la possession duquel ils étaient prêts à aller jusqu’à l’extrême limite de leurs forces. Jusqu’à l’épuisement le plus total… Pour moi !
J’ai été tentée de… Non. Ne pas faire ce plaisir à Antoine. Ne pas lui offrir ce spectacle. Ne pas lui donner raison.
Le 8 est resté à terre. On s’est empressé autour de lui. Il s’est relevé. Il a jeté un coup d’œil dans ma direction et il est retourné au combat.
Je l’ai suivi des yeux. Lui. Que lui. Et j’ai pas pu m’empêcher… J’ai glissé une main dans ma culotte. J’étais trempée. Je me suis emparée de mon bouton. J’ai haleté. C’est venu. Vite. Très vite. Ça m’a emportée. Débordée. J’ai clamé mon plaisir. À pleins poumons.
Antoine a rangé son portable…
– Et voilà ! Un petit joyau de plus pour notre collection…

jeudi 16 juin 2016

Escobarines: Délit de fuite (1)

15 mai 2071


Le juge se penche sur son dossier…
– Je vous lis, pour mémoire, l’article 4 du Code de la Répartition : « À sa majorité, chaque citoyen se voit affecter, par décision administrative, un lieu de résidence dont il lui est interdit de s’éloigner plus de quarante-huit heures sans une autorisation expresse des autorités compétentes. Tout contrevenant s’expose aux sanctions prévues par le Code Maximus (articles 214, 356, 621 et sq.) » Or, quand les forces du maintien social vous ont arrêtée, vous aviez quitté votre domicile depuis plus de deux mois, sans le moindre exeatur. Est-ce exact ?
– Oui.
– Pour quel motif ?
– J’étouffais. J’avais besoin de changer d’air.
Il hausse les épaules.
– Changer d’air ! Votre comportement tombe à l’évidence, vous en conviendrez, sous le coup de la loi. Vous allez donc être remise entre les mains de la responsable du district dont vous dépendez. Elle prendra à votre endroit les dispositions qui s’imposent. Allez, affaire suivante !

Elle jubile… Elle jubile littéralement…
– Tiens, tiens ! Valéa ! Alors comme ça on est revenue au bercail. Enfin ! Ça fait plaisir de te revoir… Si, c’est vrai, tu sais ! Même si tu ne t’es pas toujours montrée à mon égard aussi accommodante que je l’aurais souhaité… Mais on ne va pas revenir là-dessus. Le passé, c’est le passé. Parlons plutôt du présent. Et le présent, c’est qu’on m’a chargée de te remettre dans le droit chemin. Et de faire en sorte que tu ne sois pas tentée de récidiver. Je vais m’y employer. Et j’y parviendrai. J’y mettrai le temps qu’il faudra, j’utiliserai les grands moyens si nécessaire, mais j’y parviendrai. Je te jure que j’y parviendrai… En attendant, on va te ramener dans ta cellule… Demain il fera jour…

– Alors ? Bien dormi ?
– Pas vraiment, non.
– On s’en fiche ! Complètement… Bien… Alors programme du jour… Travaux d’intérêt collectif… Tu vas aller nettoyer ton quartier… Qui en a bien besoin… Avec toutes ces feuilles qui ne cessent de tomber… Tout le monde pourra ainsi constater de visu que Valéa Groyard est bien revenue à la case départ… Que ce ne sont pas seulement des bruits qui courent… Et en tirer les conclusions qui s’imposent… À savoir qu’on ne peut pas impunément braver les lois… Qu’on doit nécessairement finir par s’y soumettre… Bon gré, mal gré…

Il y a une autre fille dans la camionnette. Que je connais de vue. Qui raconte. Elle s’est, tout comme moi, « évadée ». Besoin de voir d’autres horizons. De vivre. L’escadron vert l’a rattrapée au bout de quinze jours.
On nous fait descendre. Juste devant la porte de « mon » immeuble. On nous donne des balais.
– Au travail !
La première à s’approcher, c’est Kamline, ma voisine du dessus. Elle est descendue exprès. Je mettrais ma main à couper qu’elle est descendue exprès.
– Valéa ! Ben alors ? Où t’étais passée ? On s’inquiétait, nous ! « Pourvu qu’il lui soit pas arrivé quelque chose ! » On a signalé ta disparition au ministère du maintien social du coup. On a bien fait. La preuve ! Ils t’ont retrouvée…
Et puis Valtaine…
– Eh, ben dis donc ! C’est bien la peine d’avoir fait toutes ces études pour, au bout du compte, en être réduite à passer le balai…
Et aussi Carmone…
– À force de rien vouloir faire comme tout le monde, tu vois où ça t’a menée… Je t’avais assez prévenue… Alors viens pas te plaindre !
D’autres encore… Beaucoup d’autres… Tellement d’autres…

– Vous n’avez guère avancé toutes les deux, à ce qu’il paraît…
– C’est que…
– Vous avez passé le plus clair de votre temps à papoter… Je sais, oui…
– C’est pas de notre faute… C’est parce que…
– Ben, voyons ! Bon, mais on va faire en sorte que vous preniez désormais votre travail beaucoup plus à cœur… Une bonne fessée que les gardiennes vont vous administrer sur le champ… C’est radical, vous allez voir ! Allez ! On se déculotte et on se dépêche ! Allez ! Allez ! Plus vite que ça !
Elles sont deux. Elles nous empoignent. Ça s’abat. À toute volée. Ça dure. Une éternité…

– Faites voir ! Montrez ! Parfait ! Ça va vous à ravir… Elles connaissent la musique… Et vous la chanson… C’est un vrai plaisir que de vous l’entendre pousser… Faudra remettre ça ! Ah, si ! Si ! Et sans tarder… En attendant, on va vous ramener à vos balais… Que vous allez, j’en suis sûre, manier avec beaucoup plus d’enthousiasme…

Elles sont revenues. Kamline… Valtaine… Carmone… Elles passent… Elles repassent… D’autres aussi… Beaucoup d’autres… On chuchote… On se pousse du coude… On cherche nos regards… Et puis des hommes… De plus en plus d’hommes…

(à suivre)

lundi 13 juin 2016

La clef USB (13)

Antoine a tendu la main, paume ouverte.
– Donne !
J’ai donné. Il l’a jetée dans un tiroir.
– Là ! Une pièce de plus pour notre petit trésor de guerre. Ça s’est bien passé au moins ?
– Oui.
– T’as pas l’air convaincue. Fais voir !
J’ai soupiré, mais je me suis exécutée. À quoi bon protester ? De toute façon…
Il a à peine jeté un coup d’œil à mon derrière, s’est penché sur son ordi. J’en ai profité pour entreprendre de me reculotter.
– Qu’est-ce tu fais ? Non, non… Reste comme ça, les fesses à l’air… T’es très bien comme ça… Bon, mais on fait quoi aujourd’hui ? T’as envie de quoi ?
Je savais pas, moi. Je…
– Une petite vidéo de derrière les fagots ? Oui, hein ! On a vu la quatre… La cinq… La sept… La logique voudrait qu’on fasse un petit tour du côté de la six maintenant, non ? Allez, la six ! J’adore ce moment-là quand on sait pas sur quoi on va tomber… Que tout est possible… Ah, ça y est ! Qu’est-ce tu fais, là, à genoux sur le canapé ? Qu’est-ce tu regardes par la fenêtre ? Ah, elle bouge ta main dans le pantalon. Et ça y va, dis donc ! Qu’est-ce qu’il y a de si intéressant dehors ? Un couple en train de baiser ? Non. On entend des engins. Il doit y avoir des travaux. Oui, c’est ça. À tous les coups. C’est ça, hein ? Tu regardes les ouvriers s’activer. T’en as tout un cheptel. Et t’imagines… Quoi, au juste ? Qu’ils te baisent ? Tous ? Les uns après les autres ? Une orgie d’orgasmes ils t’offrent. Et t’en redemandes… À moins que tu aies sélectionné. Oui. Plutôt ça. Tu les as fait défiler nus devant toi… Tu les as longuement examinés. Leurs fesses. Que tu as tâtées. Malaxées. Leurs queues dressées. Que tu as prises en mains. Dont tu as vérifié l’épaisseur. Éprouvé la consistance. Et tu as fait ton choix. Celui-là ! Entretien d’embauche réussi. Il va avoir l’insigne honneur de te faire jouir. Ah, ça vient ! Quand tu commences à haleter comme ça, c’est tout près. Qu’est-ce que je disais ! Holà ! L’orgasme de luxe ! Et qui n’en finit pas ! Génial ! Non ? Tu trouves pas? Ça te fait quoi de t’entendre comme ça ? Tu mouilles, je suis sûr ! Tu mouilles tant que tu peux. Non ?
Je n’avais qu’une peur, c’est qu’il veuille aller vérifier. Il ne l’a pas fait. À mon grand soulagement. Par contre, cinq fois de suite il a voulu se repasser la séquence. Nous la repasser. Six fois. Sept fois.
– On ne s’en lasse pas ! D’ailleurs tu sais ce qu’on va faire ? On va se la rejouer cette scène. Pas ici. Pas maintenant. Mais on va se la rejouer. Je m’occupe dans la semaine de nous trouver un site approprié. Bon, mais c’est pas tout ça ! Les vacances approchent à grands pas. Vous allez faire quoi avec Laurent ?
– On n’a pas encore décidé.
– Et si on partait tous les trois ?
– Hein ? Mais…
– Ce serait génial, non ?
– Écoute, Antoine…
– J’écoute rien du tout… Je connais un camping en Bretagne où on serait comme des coqs en pâte. Tennis, piscine, golf. Il y a tout ce qu’il faut. On s’éclaterait, Laurent et moi. Et toi, de ton côté, tu serais royale. T’aurais les coudées franches. Tu pourrais aller passer tes après-midis sur la plage à faire provision d’images de beaux mecs. Que tu ramènerais sous la tente. Dont tu pourrais faire ton miel tout à loisir. Je m’occuperais de Laurent, moi, pendant ce temps-là. Mais si, allez ! Demain je dois le voir Laurent. Je lui en parle. Toi, t’auras juste à appuyer derrière. C’est ton intérêt n’importe comment. Et sur tous les plans.

mercredi 8 juin 2016

Escobarines: Prohibition

– Vous avez vos laissez-passer, Mesdames ?
– Mais certainement, sergent ! Tenez ! Voyez ! Tout est en règle.
– En effet… Et vous vous rendez où ? On peut savoir ?
– Dans l’Ouest. Porter la bonne parole. Ramener dans le droit chemin les brebis égarées.
– Louable initiative. Et dans toutes ces malles, vous transportez quoi ?
– De pieuses brochures. Que nous distribuerons en chemin. Et nos effets personnels.
– Voyons cela…
– Vous allez perdre votre temps, sergent, je vous assure ! Et nous faire perdre, de surcroît, le nôtre.
– Soldats ! Ouvrez ces coffres ! Oh, les belles brochures que voilà !
– Je vais vous expliquer…
– Expliquer ? Expliquer quoi ? Que vous transportez de l’alcool ? Ce qui est totalement prohibé. Vous n’ignorez pas, je suppose, quelles peines les juges prononcent s’agissant de ce genre de délit.
– C’est la première fois.
– Ben, voyons !
– C’est vrai. Je vous jure que c’est vrai. Nous avons exceptionnellement accepté de rendre service à un ami.
– Un ami qui avait très soif alors ! Toutes ces bouteilles ! Vous me prenez vraiment pour un imbécile, hein ! Bon, allez, la plaisanterie a assez duré. Suivez-moi ! Toutes les quatre !

– Il va se passer quoi, maintenant, sergent ?
– Que voulez-vous qu’il se passe ? On va suivre la procédure habituelle. Vous transférer au siège du tribunal. Où il sera statué sur votre cas.
– Je vous en supplie ! Nous avons une famille… Une réputation…
– Il fallait y réfléchir avant. Bon, mais il est tard. On s’occupera de votre cas demain. En attendant, une petite nuit en cellule vous fera le plus grand bien. Soldats, emmenez-les !

– Alors, Mesdames, bien dormi ?
– Je vous assure… C’était la première fois… Vraiment…
– J’ai décidé de faire semblant de vous croire…
– Oh, merci ! Merci !
– Mais vous conviendrez avec moi que votre comportement doit néanmoins être sanctionné. Dans votre intérêt…
– C’est-à-dire ?
– Que nous allons régler le problème ici. Et maintenant. Une bonne fessée déculottée… Et ce, devant la garnison rassemblée au grand complet…Ce ne sera pas cher payé… Et ça vous fera le plus grand bien…
– Alors ça, il n’en est pas question…
– À votre guise ! Si vous préférez le tribunal… Et les quelques années de prison qui vous y seront à coup sûr infligées…
– C’est ignoble ! Vous êtes ignoble…
– Vous décidez quoi ?
– Qui c’est qui nous le ferait ?
– Mais vous vous en chargerez vous-mêmes ! Deux d’entre vous – que je désignerai – la donneront et les deux autres la recevront…
– Dans ces conditions, nous allons nous résoudre, à notre corps défendant, à en passer par là…
– Sage décision ! Le spectacle va beaucoup amuser les soldats… Ils n’ont guère de distraction ici, les pauvres !

– Vous ! Et vous ! Mais que les choses soient claires ! Vous tapez ! Vous faites pas semblant… Vous tapez vraiment ! Sinon c’est le tribunal ! Pour toutes les quatre… Allez, action !

– Ça va pas, Maggie ? Non, mais t’es pas bien ! T’as vu comment t’as tapé ? Comme une forcenée…
– Oh, tu parles !
– Meredith aussi… Elle m’a mis le derrière dans un état !
– J’avais pas le choix : t’as bien entendu ce qu’il a dit ? Tu préférais le tribunal peut-être ?
– Pas le choix ! Tu parles ! Il y a taper et taper…
– Eh, Mesdames ! Où vous filez comme ça ? C’est pas terminé. Rebelote. Dans l’autre sens cette fois ! Les donneuses deviennent les receveuses. Et inversement.
– Ah, ben alors là, ma petite Maggie, je peux te dire que tu vas le sentir passer ! Chacune son tour… Allez, amène-toi !
– Toi aussi, Meredith ! Tu vas me payer ça ! Et cher ! Très cher !
– Allez-y, Mesdames ! Allez-y ! Lâchez-vous ! Nous, on se régale !