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jeudi 31 mars 2011

Escobarines: Le grand cousin





- Et vous laissez votre grand cousin travailler, n’est-ce pas, Mesdemoiselles ?… Je vous interdis d’aller, durant mon absence, le distraire de sa tâche…
- Que fait-il donc ?… C’est à longueur de temps qu’on le voit, sur la terrasse, noircir des feuillets… Ecrirait-il un livre ?…
- En effet…
- C’est vrai ?!… Qui narrerait une histoire d’amour ?…
- Ne soyez donc point si sotte, Amélie… Si sotte et si frivole… Le tenez-vous donc en si piètre estime que vous l’imaginiez occupé à de telles inepties ?…
- Non point, mais…
- Alors taisez-vous !… Et remettez-vous à votre ouvrage…

- Devisons un peu, mes cousines…
- Volontiers, mon cousin… Mais point trop longtemps… Si elle vous trouve ici à son retour…
- Eh bien ?…
- Elle nous accusera de vous y avoir fait venir…
- Est-ce un si grand crime ?…
- Oui… Parce que cela vous distrait, paraît-il, de votre travail…
- Oh, mon travail !…
- Ne vous êtes-vous donc point attelé à la rédaction d’un livre ?…
- C’est sans importance…
- Vous êtes trop modeste… Quel en est donc le sujet ?…
- Historique… Le duc de Berry en constitue le personnage central…
- Le duc de Berry ?!…
- Le duc de Berry, oui… Mais vous rougissez, ma cousine…
- Moi ?… Non point… Vous l’aurez cru…
- Il faut reconnaître qu’il avait la réputation – justifiée – d’aimer infiniment les femmes…
- Mais alors ?!.. Il y est question d’amour ?!… Ah, je savais bien… Oh, racontez, mon cousin !… Racontez !…
- Amélie !…

- Vous êtes passionnant… On vous écouterait, sans se lasser, pendant des heures, mais…
- Mais ?…
- Elle ne saurait tarder maintenant…
- Oui… Et si vous êtes toujours avec nous…
- Que fera-t-elle ?…
- Elle nous punira…
- Vraiment ?…
- Vraiment, oui…
- Et de quelle façon ?…
- De la façon que vous savez, mon cousin… De grâce ne nous contraignez pas à la dire…
- Nous l’entendrons bien arriver…
- Si elle revient par le parc, non…
- Il n’est pas tard…
- Cinq minutes alors… Juste cinq minutes…

- Cette fois il vous faut vraiment vous en aller…
- Ne voulez-vous donc point connaître la suite ?…
- Si fait… Comment pourrait-il en être autrement ?…
- Eh bien alors !…
- Ne nous exposez pas, s’il vous plaît, à un châtiment qu’elle ne nous épargnera pas…
- Je prendrai tous les torts…
- Elle nous reprochera de vous les avoir laissé prendre…
- Je saurai la convaincre…
- Sans doute… Cependant…

- Est-ce ainsi que vous m’obéissez ?…
- Nous le voulions…
- Vous le vouliez… Et qu’est-ce donc, je vous prie, qui vous en a empêchées ?…
- C’est que…
- Eh bien ?!…
- Notre cousin…
- Qu’insinuez-vous ?… Qu’il se serait, de son propre chef, soustrait à son labeur pour venir perdre son temps avec les deux petites péronnelles que vous êtes ?…
- Il vous dira lui-même que…
- Ne soyez pas, s’il vous plaît, trop sévère avec elle… Elles ont voulu savoir à quoi je pouvais être si souvent occupé… C’est une curiosité bien compréhensible à leur âge… Aussi sont-elles venues me trouver et…
- Elles m’ont désobéi… Et en outre menti… Alors là, Mesdemoiselles, vous n’y échapperez pas… Et devant votre cousin de surcroît… Que cela vous serve, une bonne fois pour toutes, de leçon…

lundi 28 mars 2011

Belle-soeur, beau-frère ( 12 )





- Allez, en route !…
- Tu m’emmènes où alors finalement ?… Tu veux toujours pas le dire ?…
- Si je te le dis ce sera plus une surprise…
- C’est pas un endroit où on risque de connaître des gens au moins ?…
- Les risques sont quasiment nuls…
- Tant mieux !… Parce que j’ai bien l’intention de m’éclater… Et de gueuler toutes les cochonneries qui me passeront par la tête quand on fera l’amour… A la maison je peux pas… Et pourtant ça c’est un truc !… De la folie dans quel état ça me met… Je pourrai ?…
- Evidemment que tu pourras… Aussi longtemps que tu voudras… Aussi fort que tu voudras… Et tu auras même droit à une fessée carabinée, juste après, pour t’être comportée de façon aussi révoltante…
- Ca marche !…

Elle s’est accoudée à la fenêtre…
- C’est magnifique !… C’est idyllique !… Le rêve… Non, mais regarde-moi ça !… Regarde !…
- J’étais sûr que ça te plairait…
- Faudrait vraiment être difficile… C’est fabuleux… Jamais j’aurais eu idée qu’il pouvait exister un truc comme ça aussi près de là-haut… Comment ça donne encore plus envie un cadre comme ça… En tout cas toi t’as intérêt à être en forme tout à l’heure… Parce que je te préviens… je vais pas te laisser beaucoup dormir… Et ce sera pas pour jouer au scrabble…

- C’est d’un raffiné en plus le repas !…
- Tu le vois le couple, à droite, près de la grande plante verte ?…
- Les vieux ?… Oui… Et alors ?…
- Et alors ce sont nos voisins de chambre…
- Comment tu le sais ?…
- Il y a leur clé sur la table… Ils ont la 17…
- Juste à côté de nous alors… A droite… Et on n’a qu’eux ?… On n’en a pas d’autres ?…
- Ca… J’en sais rien du tout…
- On part demain matin, hein ?… Sans déjeuner… Sans voir personne… Tu me promets ?…

Et « fourre-moi ! »… Et « tringle-moi ! »… Et « enfile-moi ! »… Et « comment c’est bon une bite ! »… « Vas-y !… Mais vas-y, j’te dis… Bourre-moi !… »… Accompagné de grandes ruades éperdues… De feulements rauques… De supplications impérieuses… Et elle a joui… Deux fois… Trois fois… « dans le cul maintenant !… Oh, s’il te plaît, dans le cul !… Je la veux dans le cul !… »… Et elle a encore joui… Beaucoup plus intensément encore… « Oh, merci, merci, merci… »

- Ah ben bravo !… Bravo !… Tu n’as pas honte ?…
- Si !… Je sais vraiment pas ce qui m’a pris…
- Non, mais toutes ces choses absolument dégoûtantes que tu as criées !… Et à tue-tête en plus !… C’est honteux !… Honteux !…
- Je recommencerai plus… Je vous promets que je recommencerai plus…
- Oui, oh, c’est facile les promesses !… N’importe qui peut en faire… Et oublier de les tenir le moment venu… Une bonne leçon tu mérites…
- Je sais bien…
- Alors tourne-toi !… Sur le ventre…
- On va entendre !…
- Evidemment qu’on va entendre…

- Ca baise à côté…
Je me suis immobilisé, le bras en l’air…
- Oui, ça baise… C’est pas les vieux… C’est à gauche… Et ça y va !… Comment ça y va !… Ca fait pas semblant… Tu crois que c’est à cause de moi ?… Parce qu’ils entendent que tu me flanques la fessée ?…
- C’est tout ce qu’il y a de plus probable…
- Eh bien continue alors !… Et tape !… Tape tant que tu peux !… Aussi fort que tu peux… Et t’arrête surtout pas… Même si je te crie de le faire…

- Comment ça me brûle !…
- Ca… Tu n’as qu’à t’en prendre qu’à toi-même…
- Oui… Oh, mais je me plains pas… Je dis rien… C’était trop bon de savoir qu’ils entendaient… Et que ça leur faisait cet effet-là… C’est qui à ton avis ces gens ?…
- Qu’est-ce que tu veux que j’en sache ?…
- Ils étaient peut-être au restaurant hier soir ?…
- Je crois pas, non… Ils sont arrivés tard…
- En tout cas ils sont jeunes… A sa voix à elle c’est sûr qu’ils sont jeunes… Et puis pour s’en donner à cœur joie comme ça !… J’aimerais quand même bien savoir à quoi ils ressemblent tous les deux… Quelle tête ils ont…
- Rien de plus facile…
- Qu’est-ce qu’ils pensent de moi à ton avis maintenant ?… Ca doit pas être vraiment joli joli… Surtout s’ils ont entendu ce qui s’est passé avant… Oui… Ils doivent avoir une drôlement sale opinion de moi…
- Ou une très bonne au contraire…
- Oui, oh ben alors ça !…

jeudi 24 mars 2011

Escobarines: La terrasse ( 1960 )





- Quatre ils étaient !… Quatre… Ca, j’en suis sûre…
- Sur la terrasse !… Mais qu’est-ce qu’ils fichaient là ?…
- Ils regardaient Cathy qui se lavait dans la salle de bains… Par la bouche d’aération…
- Hein ?!… Non, mais alors là c’est la meilleure !… Et c’était qui ces types ?…
- J’ai pas eu le temps de bien voir… Ils ont filé comme des dératés… Mais je crois bien – je suis pas sûre – qu’il y avait le fils Garcia…
- Du dehors on ne peut y accéder que par l’appentis à la terrasse… Impossible autrement… Il faut donc que quelqu’un leur ait ouvert…
-Morgane ?… C’est un copain à elle Garcia…
- Elle est en fac Morgane à cette heure-ci… Elle est en fac… A moins que…

- Tu étais où ce matin ?…
- En amphi… En cours de droit constitutionnel… Pourquoi ?…
- Tu es sûre ?…
- Ah ben oui… Oui… Demande à Lydie si tu me crois pas…
- Elle y était, oui… Toutes les deux on y était…
- Ah… Tu vois !…
- Eh ben nous, pendant ce temps-là, on a eu de la visite…
- Ah oui ?… Qui ça ?…
- Lucas Garcia… Avec trois copains à lui…
- Qu’est-ce qu’ils voulaient ?…
- Reluquer tes cousines sous la douche… Ils sont montés sur la terrasse exprès pour ça… T’aurais pas une petite idée de la façon dont ils sont entrés par hasard ?…
- Qu’est-ce que tu veux que j’en sache ?… Et pourquoi moi ?…
- Parce que tu les connais…
- C’est pas parce que je les connais que je suis au courant de tout ce qu’ils font…
- Si tu leur as pas ouvert alors c’est qu’ils avaient la clé… C’est que quelqu’un la leur avait donnée…
- Peut-être… Je sais pas…
- Qui à ton avis ?…
- Je n’en ai pas la moindre idée…
- Je te l’avais dit, Morgane… Je te l’avais pas dit que c’était une connerie ?…
- Tais-toi !…
- Elles le sauront maintenant de toute façon… Ah, il s’est bien foutu de ta gueule, ça, on peut pas dire… A aucun mec on peut faire confiance… Aucun…
- La ferme, Lydie !…
- Non, je la fermerai pas, non… Parce que ses belles promesses… « - Il y aura qu’Alexia, je te jure… Personne d’autre… Il y a qu’elle qui m’intéresse… Je connais ses horaires… Et j’amènerai personne… Jamais… Juré… Tu parles !…»… Résultat des courses : on y est toutes passées… Les unes après les autres… Et c’est tout le pays qu’est venu nous voir sous la douche… Et qui rigole derrière notre dos… Je te l’avais dit que ça se passerait comme ça… Je te l’avais pas dit ?… Ah, on a bonne mine maintenant…
- Mais c’est très intéressant tout ça… Il y a moyen d’avoir des détails ?…
- Il y en a pas des détails… C’est juste que l’autre il l’a tannée pendant des semaines et des semaines avec ça… Et qu’à force elle a fini par accepter… Même que j’aie fait tout ce que j’aie pu pour l’empêcher…
- Et elle lui a donné la clé…
- Ben oui… Oui…
- Non, mais tu te rends compte de ce que tu as fait, toi ?…
- Oh, il y a quand même pas mort d’homme… Au jour d’aujourd’hui un mec qui voit une fille à poil il y a vraiment pas de quoi en faire tout un fromage…
- C’est pas « un mec »… C’est on sait pas combien… C’est pas « une fille »… C’est toutes tes cousines… A qui personne n’a demandé leur avis… Et qui n’avaient pas la moindre envie de s’offrir en spectacle à tous les mâles du quartier… Bon… Mais on réglera ça tout à l’heure… Quand tout le monde sera rentré… Tu sais comment, je suppose ?…

- Ah ben oui, toi aussi, oui…
- Mais pourquoi ?… J’ai rien fait… C’est pas moi qui l’ai donnée la clef… Je voulais pas… Au contraire… Tout ce que j’ai pu j’ai fait pour qu’elle la donne pas…
- Oui, mais tu as mouchardé… Tu n’as pas mouchardé ?…
- Ben oui… Si… Si on veut… Mais c’était parce que…
- Peu importe la raison… Tu as mouchardé… Donc tu la mérites… Au moins autant qu’elle… Non ?…
- Si !…
- A la bonne heure !… Tu vois que tu peux te montrer raisonnable quand tu veux…

lundi 21 mars 2011

Belle-soeur, beau-frère ( 11 )





- Royal !… C’est royal !… Tu sais qu’ils ont eu une idée de génie ?… Parce que avant pour moi, à midi, c’était la course… A peine si j’avais le temps d’avaler quelque chose vite fait sur le pouce… Maintenant quand je rentre les courses sont faites, la maison brille de tous ses feux, ça sent le propre de partout et j’ai plus qu’à me mettre les pieds sous la table… Tu cuisines divinement bien en plus… Et pas calorique pour deux sous… Le seul inconvénient, mais de taille, c’est que je dois me faire violence pour retourner bosser… Heureusement qu’il y a le soir derrière… Ca aide… Je passe mon après-midi à y penser… A l’attendre… A me dire que tu vas t’occuper de moi… Etre avec moi… Me montrer que tu en as envie… Me surprendre comme personne l’a jamais fait… Me lire des trucs dont j’avais même pas idée que ça pouvait exister… M’en raconter d’autres que je voudrais que jamais ça s’arrête… Sans parler du reste après… Finalement c’est toi que j’aurais dû épouser… Tu sais que j’y ai pensé un moment ?… Sauf que t’étais pas libre… Dommage que ça soit pas autorisé le mariage entre frère et sœur parce que les deux autres, fourrés ensemble sans arrêt comme ils sont, ils auraient sûrement sauté sur l’occasion… Et tu l’aurais été libre… En tout cas, ça va peut-être te paraître bizarre, mais je me pose quand même pas mal de questions à leur sujet… Je me demande s’il y a pas eu des trucs entre eux un jour… Ca te paraîtrait aussi invraisemblable que ça, toi, qu’ils aient couché ?… Du coup ça pourrait expliquer qu’il ait autant de mal à bander avec moi… Qu’il y arrive quasiment pas… Il y a peut-être qu’avec elle qu’il peut… Va savoir !… Et si ça tombe dès qu’on a le dos tourné…

- Alors ?… Ca se passe comment avec elle ?…
- Bien… Très bien… Pourquoi ça se passerait mal ?…
- T’as de ces questions quand tu t’y mets !… Elle rentre tous les midis ?…
- Systématiquement…
- Elle sort pas le soir ?…
- Jamais…
- Bon, mais tu relâches pas la surveillance, hein !… Parce que elle est maligne, tu sais… Très très maligne… Et on a vraiment pas besoin qu’elle vienne nous mettre des bâtons dans les roues en ce moment… On est complètement débordés et il faut impérativement que Paul puisse se consacrer en toute sérénité à notre projet sans être en permanence déstabilisé par des préoccupations parasites… Tout repose, pour l’essentiel, sur lui et s’il devait nous faire faux bond ce serait une véritable catastrophe… Parce que c’est hallucinant, je t’assure… Il ne se passe pas une journée sans son lot de réservations… Ca tombe… Ca tombe… Ca n’arrête pas de tomber… Du coup ne nous attendez pas le week end prochain… Ni peut-être même le suivant… Il faut battre le fer tant qu’il est chaud… Une fois que ce sera lancé, que ça aura trouvé sa vitesse de croisière, on pensera à lever un peu le pied, mais pour le moment c’est absolument hors de question… Nécessité fait loi…

- Et si on allait le passer tous les deux quelque part du coup le prochain week-end ?…
- Oh oui, oui !… Parce que…
- Parce que ?…
- Parce que… ben parce que c’est bien gentil la chambre d’amis, mais c’est chiant de pas pouvoir te laisser aller comme tu voudrais… De t’étouffer dans l’oreiller pour pas que les voisins entendent… D’être sans arrêt sur le qui-vive…
- Ils sont quand même loin les voisins… La probabilité pour qu’ils entendent quoi que ce soit…
- Oui, mais quand même !… Quand même… Je suis pas tranquille… Je suis pas à l’aise…
- Bon, ben on part alors !… T’as envie qu’on aille où ?…
- Où tu veux… Tu choisis… Tu me fais la surprise…
- Dans notre petit hôtel habituel ?…
- Ah non, non !… Pas là, non…
- Je suis sûr que le patron nous y attend pourtant avec beaucoup d’impatience…
- Oui, ben il peut attendre un moment celui-là !… C’est pas demain la veille que je remettrai les pieds là-bas…
- Que tu dis !…
- Si, si, c’est vrai, hein, alors là !…
- C’était si épouvantable que ça ?…
- Qu’on m’entende, non !… Au contraire… J’adore… Mais qu’on me voie après quand on sait… Alors là !… C’est vraiment trop la honte…
- Et pourtant…
- Et pourtant je sais, oui !… Je sais… Je suis compliquée comme fille… Parce que quand je me fais des films toute seule dans ma tête il y a toujours des tas de gens autour qui regardent, qui se moquent ouvertement de moi et c’est dingue comment j’aime ça… Mais dès que j’envisage que ça puisse être en vrai ça me terrorise… Je voudrais rentrer dans un trou de souris…
- Peut-être que son tort alors au patron ça a été de rester trop cérémonieux… Trop respectueux… Peut-être que s’il avait…
- Tais-toi !… Tais-toi !… Parle plus de ça… J’ai pas envie…

jeudi 17 mars 2011

Escobarines: Au choix





- Attends !… Attends !… Je vais t’expliquer…
- M’expliquer ?!… M’expliquer quoi ?… Que tu couches avec Sonia ?… Il y a pas besoin d’explications… Je vois, merci…
- Non, mais c’est pas si simple… Te fie pas aux apparences…
- Tu te fous de moi ?… T’es au lit avec… A poil… Tu veux me faire croire quoi ?… Que vous êtes en train d’étudier la notion de temps chez Bergson ?…
- Mais non, non, mais…
- Et à propos de temps, tiens, justement… Ca dure depuis quand votre petite comédie ?…
- C’est la première fois… Si !… La toute première fois… Je sais pas ce qui nous a pris… Hein, Sonia ?!… Dis-lui, toi…
- Ca fait six mois… Presque sept… Mais alors si je comprends bien avec toi aussi…
- Tu comprends bien…
- Le salaud !… Non, mais quel petit salaud !…
- Je te le fais pas dire…
- C’est pas si simple… Je vais vous expliquer…
- Encore !… Mais c’est une maladie…
- Tu ferais mieux de te taire, va !… Si tu veux pas aggraver ton cas…
- C’est quand toi alors ?… Le lundi et le jeudi, hein, c’est ça ?… Il peut jamais ces jours-là avec moi…
- Et toi le mardi et le vendredi… Il est jamais libre…
- Il t’emmène aux Glycines ?…
- Ah non, non… J’ai pas cette chance, non… Moi, c’est juste le Montlouis…
- C’est pas mal quand même…
- Et je suppose qu’il t’a promis monts et merveilles…
- Si tu savais !…
- Je sais… Ca coûte pas cher les promesses… Surtout quand on est décidé à pas les tenir…
- En tout cas, en ce qui me concerne, c’est fini… Et bien fini…
- Moi aussi… Et sans le moindre espoir de retour…
- Comme quoi, tu vois, mon cher, il faut jamais courir deux lièvres à la fois… On t’a pas appris ça à l’école ?…
- Deux ?!… T’es peut-être loin du compte… C’est trois ou quatre si ça tombe… Va savoir !…
- En tout cas il y en a au moins une autre, c’est sa légitime…
- Qui va être contente quand elle va apprendre ça !…
- Vous allez pas lui dire ?!!!!…
- On va se gêner !…
- Mais c’est dégueulasse !…
- Non, mais écoute-le !… « - C’est dégueulasse !… »… Et toi ?… C’est pas dégueulasse peut-être ce que tu as fait ?… Comme un vrai petit salopard tu t’es comporté… Et tu continues… Alors oui, on va lui dire… On va même y aller toutes les deux… Et de ce pas… Tu t’habilles, Sonia ?… Tu nous accompagnes, toi ?…
- Attendez !… Attendez !… Partez pas !… Qu’on discute… On va bien trouver une solution…
- Une solution ?!… Mais une solution pour quoi ?…
- Ben pour… Parce que vous vous rendez pas compte… Si elle l’apprend… Non, mais alors là si elle l’apprend…
- Fallait y réfléchir avant…
- Je ferai tout ce que vous voudrez… Mais je vous en supplie… Lui dites pas…
- Ce qu’on veut… Tout ce qu’on veut ?…
- Oui, mais vous lui direz pas, hein ?!…
- Reconnais que tu as quand même besoin d’une bonne leçon…
- J’ai fait l’idiot, oui…
- C’est le moins qu’on puisse dire…
- Mais on va t’en faire passer l’envie, tu vas voir…
- Une bonne fois pour toutes…
- Qu’est-ce que vous allez me faire ?…
- Devine !…
- Je sais pas…
- Qu’est-ce qu’on leur fait aux vilains petits garnements pas sages ?…
- Oh non !…
- Et si !… On leur donne la fessée…
- Avoue que c’est pas cher payé…
- A moins que tu préfères qu’on raconte tout à ta femme ?… C’est comme tu veux… C’est toi qui décides…
- Oh non, non !…
- Eh bien viens là alors !… Allez…

lundi 14 mars 2011

Belle-soeur, beau-frère ( 10 )





- Tu aurais quand même pu te montrer un petit peu gentille avec lui… C’est exprès pour toi – pour te voir – qu’il nous a monté le petit déjeuner… Et toi…
- Oui, ben alors là, s’il s’imaginait que j’allais lui montrer mes fesses !… Il avait le droit de rêver…
- C’est pas pour tes fesses qu’il est venu – pas SURTOUT pour tes fesses – c’est pour ton petit minois… Parce que voilà quelqu’un qui n’a pas dormi de la nuit… Tu n’y as sans doute pas prêté attention, mais la chambre qu’il nous a donnée cette fois-ci se trouve juste, comme par hasard, au-dessous de la sienne… Après la nuit tonitruante que tu as offerte, l’autre jour, à tout l’hôtel il voulait – c’est humain – être aux premières loges… Il l’a été, l’oreille très probablement rivée au plancher, au-delà de ses espérances… C’est le Superbonus auquel il a eu droit… Comment ne pas avoir envie, après ça, de venir croiser ton regard ?… De faire proclamer au sien, haut et fort, qu’il a tout entendu et beaucoup apprécié ?… De te voir baisser les yeux, confuse et rougissante ?…
- Eh bien il en aura été pour ses frais…

Les portes de l’ascenseur se sont ouvertes. A l’accueil il avait pris la place du réceptionniste. Il lui a souri. Elle a baissé les yeux, écarlate. A esquissé un mouvement vers la sortie. S’est ravisée. Pendue à mon bras…
- J’espère que vous avez été satisfaits de l’accueil qui vous a été réservé…
- Ravis… Et nous ne manquerons pas, à l’occasion, de revenir chez vous…
- Nous vous y recevrons avec infiniment de plaisir…

- Oui, ben sans moi, hein !… Faut pas qu’il y compte… Et toi non plus !…
- Mais si !… Bien sûr que si !… Et tu le sais très bien…
Elle s’est blottie contre moi…
- Tu me fais peur… Tu peux pas savoir comme tu me fais peur par moments…
- Non… Tu TE fais peur…

- Il y avait un monde, mais un monde sur la route… Faut croire que les gens ont quand même plus d’argent que ce qu’on dit… Pour qu’ils aillent tous courir comme ça je sais pas trop où… Au prix où est l’essence… En tout cas ils étaient absolument ravis eux là-bas… Enchantés… Ils reviendront… Et ils nous enverront du monde… Ca fait pas l’ombre d’un doute… Si tu ajoutes à ça que Philippe, sur Internet, reçoit des demandes de réservation en pagaille, c’est en train de prendre sacrément de l’envergure notre petite affaire… Et je donne pas six mois avant que ça nous occupe tous les trois à temps plein… La seule chose qui coince – comme d’habitude – c’est Zélia… Non pas qu’il soit question qu’elle vienne se mêler de quoi que ce soit là-bas… On a été très clairs, Philippe et moi, avec Paul là-dessus… On n’en veut pas… Et de toute façon la question ne se pose pas puisque, paraît-il, elle n’a pas l’intention de quitter son emploi actuel. Et c’est tant mieux… Non… Ce qu’il y a c’est qu’elle lui empoisonne l’existence… Il passe son temps à s’interroger sur ce qu’elle peut bien être en train de faire… Où ?… Avec qui ?… Comment ?… C’est un enfer pour lui… Un véritable enfer… Il est persuadé, sans doute à juste titre, qu’elle profite de son absence pour aller coucher tant et plus à droite et à gauche…
- Je vois vraiment pas pourquoi vous vous obstinez à vouloir aller vous mettre des idées pareilles en tête !… J’ai passé près d’une semaine tout seul avec elle cet été… Si elle avait voulu elle aurait pu inventer n’importe quel prétexte pour me filer entre les doigts… Elle ne l’a pas fait… Elle a passé sagement ses après-midi à bronzer sous la fenêtre… Et ses soirées à lire sur le balcon, à regarder des films ou à discuter avec moi…
- Et là… Là… Cette fois-ci ?… Quand tu débarquais à l’improviste ?…
- Elle n’avait vraiment pas le comportement de quelqu’un que je dérangeais… Qui attendait de la visite ou qui se préparait à sortir… Absolument pas… J’avais même toutes les peines du monde à m’en aller… Elle ne voulait pas me laisser partir…
- Oh, mais elle est retorse, tu sais !… Très très retorse… C’était pour te donner le change si ça tombe… T’avais à peine tourné les talons qu’elle se jetait sur son téléphone… « Ca y est !… La voie est libre… »… On peut s’attendre à tout avec elle… Absolument tout… Non… Ce qu’il aurait fallu c’est que tu déboules carrément au milieu de la nuit…
- Je me vois pas franchement dans le rôle… Et sous quel prétexte, grands dieux ?!…
- Ca n’aurait, de toute façon, servi à rien… Quand bien même elle aurait été là elle ne t’aurait pas ouvert… Facile de prétendre le lendemain qu’on dormait et qu’on n’a rien entendu… Non… La seule chose qui tranquilliserait vraiment Paul quand on s’en va – et on va être amené à le faire de plus en plus – c’est que tu manges avec elle le midi et que le soir tu restes dormir chez eux… Mais enfin on peut quand même pas t’imposer une chose pareille !…
- S’il y a que ça pour vous tranquilliser… Je n’ai pas spécialement d’atomes crochus avec elle, mais je peux pas dire non plus qu’elle me sorte par les yeux… Ce serait pas la mer à boire…
- D’autant que leur chambre d’amis est immense… Tu y aurais tes aises…
- Sauf que je vois pas comment vous allez pouvoir lui faire avaler ça… Même si elle n’a rien à se reprocher elle n’a pas forcément envie de m’avoir toute la journée par les pieds…
- Depuis le temps qu’on parle d’attaquer enfin nos travaux ce serait l’occasion ou jamais… Les entrepreneurs n’attendent que notre feu vert… Pendant des semaines et des semaines notre maison va être un véritable chantier… Je ne vois pas comment elle pourrait rechigner à t’héberger dans des circonstances pareilles… Ou alors… Ou alors ça constituerait un véritable aveu…

jeudi 10 mars 2011

Escobarines: Cours de maintien





- Inutile que je te raconte des histoires… Vous êtes plusieurs centaines, au bas mot, à avoir été présélectionnées… Plusieurs centaines sur lesquelles on n’en retiendra, pour finir, que quatre ou cinq… Qui feront, elles, partie intégrante, comme modèles attitrés, de la maison… Alors autant te dire tout de suite que les probabilités, pour que tu fasses partie du lot, sont extrêmement faibles… Voire insignifiantes… Mais comprends-moi bien !… Tu es très jolie… Ce n’est pas la question… Tu es très élégante… Tu as beaucoup de classe… Beaucoup de chien… Seulement… c’est votre cas à toutes… Vous ne seriez pas arrivées jusque là sinon… Et s’il n’y a pas le petit quelque chose en plus qui permette d’emporter la décision…
- Et ce serait quoi ce petit quelque chose ?…
- Ecoute… Tu m’es vraiment très sympathique… Je serais absolument ravie qu’on te garde et qu’on soit amenées à travailler ultérieurement ensemble toutes les deux… Alors je vais te donner le moyen d’avoir un énorme atout dans ta manche à condition… à condition que tu me promettes le secret le plus absolu…
- Oh, oui, oui, bien sûr… Bien sûr que je vous promets…
- A la suite de l’entretien que nous sommes en train d’avoir, là, en ce moment, je remettrai un rapport… Bien évidemment, dans ton cas, très louangeur… Mais ce n’est pas moi qui décide en dernier ressort… C’est Monsieur Lucien… Il fait la pluie et le beau temps ici monsieur Lucien… Et si ça se prolonge un peu notre conversation toutes les deux il va venir voir ce qui se passe… Il va forcément venir voir ce qui se passe…
- Et il va me remarquer…
- Si on fait ce qu’il faut pour… Parce que… il est de la vieille génération monsieur Lucien… Il a le goût du travail… Et de l’effort… Et ils apprécie que les autres l’aient aussi… Alors s’il voit que tu y es prête, que dès à présent, avant même que tu saches si ton avenir ici est assuré, tu fais preuve de la meilleure volonté du monde, tu t’efforces de mettre à profit les conseils qu’on te donne tu as partie pratiquement gagnée…
- Il faut que je fasse quoi alors, moi, du coup ?…
- Que tu te laisses guider… Le plus important dans notre métier, c’est le port… C’est de savoir se tenir droite… S’il me trouve en train de te l’expliquer… De te montrer comment t’y prendre…
- Oui, ben allez !… On y va… Je veux bien, moi…
- Et puis… on est entre adultes… il apprécie beaucoup, mais alors là énormément… la docilité… Et… Je peux te parler franchement ?…
- Tant que vous voulez…
- Une fois dans la place la plupart des modèles font preuve d’indiscipline, de mauvaise volonté ou de paresse… Ce qui l’exaspère… « - S’il ne tenait qu’à moi… S’il ne tenait qu’à moi je te flanquerais de bonnes fessées à tout ça… Elles verraient de quel bois je me chauffe… »… Alors… Alors tu comprends bien que s’il est amené à constater, par lui-même, que tu es prête à te laisser punir, sans rechigner, chaque fois que tu l’as mérité tu mets toutes les chances de ton côté… Absolument toutes les chances…
- Je comprends, oui… Eh bien, allez !…

- Il vient pas…
- Il va venir…
- C’est long…
- Laisse-lui le temps… Allez !… Jusqu’à la porte là-bas… Là… Et reviens !… Bien droite… Mais tiens-toi droite, nom d’un chien… Tu le fais exprès… C’est pas possible autrement…
- Mais non, mais… Aïe !…
- On recommence… C’est mieux… C’est beaucoup mieux… Tu vois que quand tu veux… Quand tu t’appliques vraiment…

- Il est pas venu…
- Il est pas venu, non… Ce qui m’étonne d’ailleurs… Il aura eu un imprévu… Bon… Mais c’est pas un problème en soi… Je lui en toucherai deux mots… J’appuierai ta candidature… Tu n’as aucun souci à te faire… Aucun…

- Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ?… C’est pas moi qui décide… Je suis juste une secrétaire, moi, ici… Je fais ce qu’on me dit… Un point, c’est tout…
- Oui, mais la brune dans le bureau là-haut elle m’avait dit que je serais prise… Que c’était sûr…
- A moi aussi…
- Et moi pareil…
- Et moi !…
- Et moi !…
- Et nous !…
- Non, mais c’est pas possible…
- La preuve que si !…
- Mais que deux places il y avait !… Elle le savait très bien…
- Ca va pas se passer comme ça !…
- Ah non alors !… On veut la voir…
- Et tout de suite…
- Oui, ben alors ça il y a pas de risque !… Parce que… Son contrat se terminait jeudi… Elle fait plus partie de la maison…
- On la retrouvera… Elle est où ?…
- A ce qu’il paraît… en Colombie…

La fille blonde, derrière, s’est penchée à son oreille…
- Non, mais comment on s’est fait avoir !… En beauté… Mais tout compte fait c’était pas si désagréable que ça finalement… Pas pour toi ?…

lundi 7 mars 2011

Belle-soeur, beau-frère ( 9 )





- On mange… Bien… On baise… Bien… On remange… On rebaise… Encore mieux… Dommage que ça puisse pas être tout le temps comme ça !…
- Tout le temps, non… Mais si ça marche leur truc ça risque d’être souvent… Et il y a pas de raison que ça marche pas…
- Oh non, non !… Il y a pas de raison, non !… Ils ont une telle envie de travailler en famille, au sens le plus strict et le plus restreint du terme, qu’ils vont faire tout ce qu’ils peuvent pour que ça marche… Et ça marchera… C’est évident que ça marchera… Bon, mais en attendant ils sont bien gentils, mais si on parlait d’autre chose…
- Oui… De ta fameuse copine par exemple… Celle qui se ramassait des fessées… Je suis resté sur ma faim, moi, l’autre soir…
- Ah !… Pascaline… Oh, il y a pas grand chose à en dire…
- C’était quoi au juste les raisons quand elle en prenait ?…
- Je t’ai déjà dit… Quand elle dépensait trop de fric…
- Oui, mais t’as dit aussi qu’elle en recevait pour plein d’autres trucs… Quels trucs ?…
- Je sais plus…
- Menteuse !… Je suis sûr qu’elle avait un mec… Et qu’elle le trompait… Et qu’il la punissait aussi pour ça… C’est pas vrai peut-être ?…
- Oui… Si… Je me rappelle plus trop, mais je crois bien…
- Comme toi finalement… Vous êtes exactement dans la même situation… Toi aussi tu la mériterais si on y réfléchit bien…
- Sauf que tu serais quand même le plus mal placé pour me la donner…
- Ou le mieux placé au contraire…
- Ben voyons !…
- Le mieux placé, oui !… Pour te punir d’avoir inventé… Parce qu’elle existe pas Pascaline… Elle a jamais existé… C’est un pur produit de ton imagination… Qui te sert à donner corps aux situations dont tu rêves… C’est pas vrai peut-être ?…
- Ce qu’il y a de bien avec toi – de bien et en même temps d’effrayant – c’est que tu comprends toujours tout sans qu’il y ait besoin de t’expliquer quoi que ce soit…
- Et je me contente pas de comprendre… Quand j’ai compris je passe aux actes… Sans tarder… Allez, finis vite ton dessert…

J’ai refermé la porte. Je l’ai attirée contre moi. A travers la robe j’ai posé mes mains sur ses fesses. Elle a frissonné. J’ai pris ses yeux dans les miens. Elle ne me les a pas retirés…
- Elle va être punie la petite Zélia…
- Oui…
- Et pourquoi elle va être punie ?
- Parce qu’elle a raconté des mensonges…
- Et elle en raconte souvent des mensonges ?
- Quelquefois…
- Il faut absolument qu’elle se défasse de cette mauvaise habitude… Elle va essayer… Elle promet qu’elle va essayer ?… Qu’elle va faire tous ses efforts ?…
- Oui…
- Parfait… Elle est pleine de bonne volonté… Mais il y a autre chose… Une autre raison…
- Oui…
- Laquelle ?…
- Je trompe mon mari…
- Et d’une façon éhontée… C’est absolument scandaleux… Pour ça aussi elle va être punie… Et c’est même elle qui va la demander sa punition…
- S’il vous plaît, punissez-moi !… Punissez-moi de tromper mon mari… Donnez-moi une fessée… Une bonne… Je l’ai méritée…
Sous la robe j’ai fait descendre la culotte. Jusqu’en bas. Elle a levé un pied, puis l’autre. S’est docilement laissé attirer, allonger, sur le bord du lit, en travers de mes genoux. J’ai remonté la robe haut sur les reins, posé une main sur ses fesses…

- Tu crois qu’ils ont entendu les gens dans les chambres autour ?
- Evidemment qu’ils ont entendu… Tu t’es exprimée d’une façon tellement débridée …
- Et ils ont compris ce qui se passait, tu crois ?
- Des claques sur un derrière ça peut pas se confondre avec grand chose d’autre…
- Wouah !… Je vais plus oser mettre le nez dans le couloir, moi !… T’imagines si je croise quelqu’un ?!…
- D’autant plus que tu as aimé ça… Ca peut faire l’ombre d’un doute pour personne… Vu comment tu as clamé ton plaisir juste après…
- Oh, la honte !… Non, mais la honte !…
- T’adores ça la honte…
- Oh non, non !… Enfin, si !… Un peu quand même… Ca dépend… Quelquefois… Comment tu fais pour toujours tout deviner comme ça ?…
Des pas dans le couloir…
- Ca doit être la fille… La fille avec le petit déj…
Elle s’est précipitamment retournée sur le ventre, a tiré le drap sur elle, enfoui sa tête dans l’oreiller…
- Entrez !…
C’était le patron… Avec un regard qui en disait long…
- Alors ces Messieurs-Dames… On a passé une bonne nuit ?…

jeudi 3 mars 2011

Escobarines: La cabine de bain





- T’es où ?… Ah, là… Que je te raconte… Figure-toi que j’étais sur la plage tout à l’heure…
- Pour pas changer…
- Quand il y a un type qui s’est approché… La quarantaine… Pas mal….Très poli… Ca y est !… Encore le dragueur de base que je me suis dit… Eh ben non !… Pas du tout… Un artiste c’était… Et tu sais pas quoi ?… La plage il l’avait faite dans tous les sens… Des kilomètres et des kilomètres… Un modèle il cherchait… Mais pas n’importe quoi… Une femme qui vaille vraiment la peine qu’on la dessine… Et qui c’est qu’il a choisi ?… Moi !… Il y en avait pourtant des centaines des filles à se faire dorer à moitié à poil au soleil… Eh ben non… Non… La seule qu’ait retenu son attention c’est la petite Aurore des Mureaux… Alors ?… Qu’est-ce tu dis de ça ?… Hein ?…
- Que faudrait d’abord savoir s’il l’est vraiment artiste…
- Oh, mais oui !… Oui !… Il fait plein de trucs sur Internet qu’il m’a dit…
- Et il s’appelle comment ce lapin ?…
- Estocade… Ou Esco quelque chose… Un truc dans ce genre-là…
- Ca me dit rien… Et de toute façon ça prouve rien… Moi aussi je peux raconter n’importe quoi pour emballer les filles si je veux…
- Sauf que lui tu verrais comment il dessine !…
- Il t’a montré ?…
- Non… Il m’a dessinée…
- Ah… Ben il a pas perdu de temps… Et il t’a dessinée comment ?… On peut savoir ?…
- Comment ça « comment » ?…
- Ben… dans quelle tenue… Ne fais pas l’idiote…
- Ce qu’il voulait c’est qu’on voie les marques de maillot… Alors forcément…
- Ah ben bravo !… Bravo!…
- On n’est plus au Moyen-Age, écoute !… Et depuis un bon moment…
- Non, mais je rêve, là… Je rêve… Alors si je comprends bien le premier type venu qui se prétend artiste peut te faire foutre à poil, juste en claquant des doigts, sur une plage noire de monde…
- D’abord il se prétend pas artiste… Il l’est… Et ensuite à l’abri des cabines on est allés se mettre… Je suis pas idiote quand même…
- Il y en a qu’ont pu te voir… En passant le long…
- Oui, oh, et alors !… Ils en ont pas perdu la vue…
- Et puis il y a lui !… Ca a duré combien de temps votre petite séance ?…
- Je sais pas au juste… Deux heures… Peut-être trois…
- Pendant lesquelles il s’est rincé l’œil tant qu’il a pu…
- Non, mais attends !… C’est son métier… Toute la journée il en voit des filles à poil… Tu penses bien que ça doit plus lui faire ni chaud ni froid depuis le temps…
- Oui, oh, alors ça !…
- Ecoute, Nono, c’est une chance inouïe ça pour moi… Une chance que j’ai pas du tout l’intention de laisser passer… Que j’ai pas le droit de laisser passer… Parce que ce qui va arriver après on peut pas savoir… Je vais être sur Internet… Il me l’a promis… Alors peut-être qu’il y a un producteur qui va me remarquer… Qui me fera faire un bout d’essai… Et dans ces milieux-là une fois que t’as le pied à l’étrier… Tu devrais le comprendre… Tu devrais me comprendre… Et m’encourager… Etre heureux pour moi… Au lieu de me mettre tous les bâtons que tu peux dans les roues… Et de me tirer une gueule de vingt mètres de long…

- Aurore…
- Oui… Quoi ?…
- Tu dors pas ?…
- Ben non… Tu vois bien…
- Je voudrais te demander quelque chose… T’as pas couché avec au moins ?…
- Non, mais t’es vraiment complètement idiot quand tu t’y mets…
- Tu vas le revoir ?…
- Demain, oui… Il l’a pas complètement fini mon dessin… Et puis peut-être qu’il aura envie d’en faire d’autres… J’espère… Ce serait bien…
- Dis… Tu voudrais pas ?…
- Quoi donc ?…
- Ce que je te fais des fois…
- Une fessée ?…
- Oui…
- Tu crois vraiment que c’est le moment ?…
- J’ai trop envie…
- Oui, ben t’attendras !… Après… Tant que tu voudras… Après… Quand il aura fini… Quand il sera reparti… Parce que je me vois franchement pas m’amener là-bas demain avec le derrière tout rouge… De quoi j’aurais l’air ?… Et je crois pas que ce soit vraiment le genre de type à apprécier ça les derrières tout rouges… Je l’aurais senti…