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lundi 14 mars 2011

Belle-soeur, beau-frère ( 10 )





- Tu aurais quand même pu te montrer un petit peu gentille avec lui… C’est exprès pour toi – pour te voir – qu’il nous a monté le petit déjeuner… Et toi…
- Oui, ben alors là, s’il s’imaginait que j’allais lui montrer mes fesses !… Il avait le droit de rêver…
- C’est pas pour tes fesses qu’il est venu – pas SURTOUT pour tes fesses – c’est pour ton petit minois… Parce que voilà quelqu’un qui n’a pas dormi de la nuit… Tu n’y as sans doute pas prêté attention, mais la chambre qu’il nous a donnée cette fois-ci se trouve juste, comme par hasard, au-dessous de la sienne… Après la nuit tonitruante que tu as offerte, l’autre jour, à tout l’hôtel il voulait – c’est humain – être aux premières loges… Il l’a été, l’oreille très probablement rivée au plancher, au-delà de ses espérances… C’est le Superbonus auquel il a eu droit… Comment ne pas avoir envie, après ça, de venir croiser ton regard ?… De faire proclamer au sien, haut et fort, qu’il a tout entendu et beaucoup apprécié ?… De te voir baisser les yeux, confuse et rougissante ?…
- Eh bien il en aura été pour ses frais…

Les portes de l’ascenseur se sont ouvertes. A l’accueil il avait pris la place du réceptionniste. Il lui a souri. Elle a baissé les yeux, écarlate. A esquissé un mouvement vers la sortie. S’est ravisée. Pendue à mon bras…
- J’espère que vous avez été satisfaits de l’accueil qui vous a été réservé…
- Ravis… Et nous ne manquerons pas, à l’occasion, de revenir chez vous…
- Nous vous y recevrons avec infiniment de plaisir…

- Oui, ben sans moi, hein !… Faut pas qu’il y compte… Et toi non plus !…
- Mais si !… Bien sûr que si !… Et tu le sais très bien…
Elle s’est blottie contre moi…
- Tu me fais peur… Tu peux pas savoir comme tu me fais peur par moments…
- Non… Tu TE fais peur…

- Il y avait un monde, mais un monde sur la route… Faut croire que les gens ont quand même plus d’argent que ce qu’on dit… Pour qu’ils aillent tous courir comme ça je sais pas trop où… Au prix où est l’essence… En tout cas ils étaient absolument ravis eux là-bas… Enchantés… Ils reviendront… Et ils nous enverront du monde… Ca fait pas l’ombre d’un doute… Si tu ajoutes à ça que Philippe, sur Internet, reçoit des demandes de réservation en pagaille, c’est en train de prendre sacrément de l’envergure notre petite affaire… Et je donne pas six mois avant que ça nous occupe tous les trois à temps plein… La seule chose qui coince – comme d’habitude – c’est Zélia… Non pas qu’il soit question qu’elle vienne se mêler de quoi que ce soit là-bas… On a été très clairs, Philippe et moi, avec Paul là-dessus… On n’en veut pas… Et de toute façon la question ne se pose pas puisque, paraît-il, elle n’a pas l’intention de quitter son emploi actuel. Et c’est tant mieux… Non… Ce qu’il y a c’est qu’elle lui empoisonne l’existence… Il passe son temps à s’interroger sur ce qu’elle peut bien être en train de faire… Où ?… Avec qui ?… Comment ?… C’est un enfer pour lui… Un véritable enfer… Il est persuadé, sans doute à juste titre, qu’elle profite de son absence pour aller coucher tant et plus à droite et à gauche…
- Je vois vraiment pas pourquoi vous vous obstinez à vouloir aller vous mettre des idées pareilles en tête !… J’ai passé près d’une semaine tout seul avec elle cet été… Si elle avait voulu elle aurait pu inventer n’importe quel prétexte pour me filer entre les doigts… Elle ne l’a pas fait… Elle a passé sagement ses après-midi à bronzer sous la fenêtre… Et ses soirées à lire sur le balcon, à regarder des films ou à discuter avec moi…
- Et là… Là… Cette fois-ci ?… Quand tu débarquais à l’improviste ?…
- Elle n’avait vraiment pas le comportement de quelqu’un que je dérangeais… Qui attendait de la visite ou qui se préparait à sortir… Absolument pas… J’avais même toutes les peines du monde à m’en aller… Elle ne voulait pas me laisser partir…
- Oh, mais elle est retorse, tu sais !… Très très retorse… C’était pour te donner le change si ça tombe… T’avais à peine tourné les talons qu’elle se jetait sur son téléphone… « Ca y est !… La voie est libre… »… On peut s’attendre à tout avec elle… Absolument tout… Non… Ce qu’il aurait fallu c’est que tu déboules carrément au milieu de la nuit…
- Je me vois pas franchement dans le rôle… Et sous quel prétexte, grands dieux ?!…
- Ca n’aurait, de toute façon, servi à rien… Quand bien même elle aurait été là elle ne t’aurait pas ouvert… Facile de prétendre le lendemain qu’on dormait et qu’on n’a rien entendu… Non… La seule chose qui tranquilliserait vraiment Paul quand on s’en va – et on va être amené à le faire de plus en plus – c’est que tu manges avec elle le midi et que le soir tu restes dormir chez eux… Mais enfin on peut quand même pas t’imposer une chose pareille !…
- S’il y a que ça pour vous tranquilliser… Je n’ai pas spécialement d’atomes crochus avec elle, mais je peux pas dire non plus qu’elle me sorte par les yeux… Ce serait pas la mer à boire…
- D’autant que leur chambre d’amis est immense… Tu y aurais tes aises…
- Sauf que je vois pas comment vous allez pouvoir lui faire avaler ça… Même si elle n’a rien à se reprocher elle n’a pas forcément envie de m’avoir toute la journée par les pieds…
- Depuis le temps qu’on parle d’attaquer enfin nos travaux ce serait l’occasion ou jamais… Les entrepreneurs n’attendent que notre feu vert… Pendant des semaines et des semaines notre maison va être un véritable chantier… Je ne vois pas comment elle pourrait rechigner à t’héberger dans des circonstances pareilles… Ou alors… Ou alors ça constituerait un véritable aveu…

2 commentaires:

  1. Et bien... Voici une femme d'une assurance déroutante. Elle envoie son mari dans les griffes de la panthère sans se questionner une seconde...
    Au final c'est lui qui manœuvre sa barque de main de maître.

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  2. Elle est, je crois, dans son monde et ne perçois la réalité qu'à travers le filtre de ses certitudes qui sont totalement désexualisées...
    Il manoeuvre bien, oui... Mais Zélia n'est pas mal non plus dans son genre...

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