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lundi 29 juillet 2013

Le Centre ( 30 )

Voilà, Valentine! Voilà ma première histoire... J'espère qu'elle te plaira:

– Eh bien, Armand ? En voilà des façons ! On entre sans frapper maintenant ?
– Je voulais vous parler… Au sujet d’Amélie…
– Oui… Alors vous allez commencer par repasser cette porte dans l’autre sens, frapper et attendre que je vous autorise à entrer…
– Vous l’avez licenciée…
– Vous êtes sourd ? Sortez ! Je ne le répéterai pas…
– Sans motif valable…
– Faut vous le dire comment ?
– C’est un licenciement abusif…
– Ce n’est pas à vous d’en juger…
– À qui alors ? Aux prud’hommes ?
– Qu’elle les saisisse ! Qu’elle les saisisse si elle veut… Quand elle veut… J’ai toutes les preuves de ce que j’avance…
– Moi aussi…
– Des preuves ? Des preuves de quoi ?
– De la façon dont vous fraudez allègrement le fisc…
– Oui, oh, c’est pas pour un oubli de temps en temps…
– Des oublis ? Combien m’avez-vous fait acheter de bouteilles d’alcool en grande surface l’an dernier ?
– Je n’en sais rien, mais c’est insignifiant…
– Insignifiant ? Il y en a pour plus de 30.000 euros… Ça devrait beaucoup intéresser les inspecteurs du fisc…
– Écoutez, Armand…
– Et je ne parle pas des chambres louées sans être déclarées… Ni des agneaux achetés directement chez l’éleveur… Si, en plus, les services vétérinaires y mettent le nez…
– Vous n’allez pas…
– Ah, oui… Et puis il y a aussi…
– Assez, Armand… Assez… Vous voulez combien ?
– Rien… Je ne suis pas à vendre, Madame…
– Mais alors… vous voulez quoi au juste ?
– Que vous réintégriez Amélie…
– Je vais y réfléchir…
– Il ne s’agit pas d’y réfléchir… Il s’agit de le faire… Au plus vite…
– Bon… Eh bien soit… Soit…
– Ah, oui… Et aussi… En réparation du préjudice qu’elle a subi je vous administrerai, devant elle, une retentissante fessée… C’est bien la moindre des choses, non ?
– Vous êtes fou… Vous êtes complètement fou… Et puis quoi encore ?

– Là… Voilà, Amélie… J’espère ne pas avoir à regretter ma décision…
– Je m’y emploierai, Madame…
– Bien… Allez reprendre votre service…
– Il nous reste néanmoins une petite formalité à accomplir…
– Écoutez, Armand… Je vous ai dit, une bonne fois pour toutes, qu’il n’en était pas question…
– Et moi, je vous dis que je vais vous mettre – et sans tarder – le derrière à l’air…
– Vous aussi, retournez travailler…
– Si vous ne voulez pas que votre établissement soit saisi…
– Ne soyez pas ridicule…
– J’ai fait les comptes… Entre le fisc, l’URSSAF, les différentes caisses, les amendes – et on ne vous ménagera pas : il y a volonté délibérée de frauder – le total s’élève approximativement à…
– Taisez-vous !
– Plus… Beaucoup plus que ce que vaut votre hôtel-restaurant… Et donc si vous tenez à le conserver vous vous déculottez…
– Il y a peut-être moyen de s’arranger…
– Il y a pas, non… Et même… un conseil : dépêchez-vous ! Ma patience a des limites…
– Vous êtes odieux…
– Mais bien sûr… Ah, regarde, Amélie… Notre patronne devient raisonnable… Très raisonnable… La culotte aussi… Allez, un bon mouvement… Et on vient là… Là… En travers de mes genoux… Comme ça, oui… Tu sais que tu as un très joli fessier ? Mais je suis sûr qu’en lui donnant de belles couleurs il sera encore plus attrayant… Non ? Tu crois pas ?

Bon, mais on va voir ça… Tout de suite… Tu es prête ?

Pas mal, oui! Continue...

jeudi 25 juillet 2013

Escobarines: Examen réussi

– Combien t’as eu, toi ?
– Quatre…
– Et moi, six…
– Une belle connerie on a faite, je crois, de s’inscrire en Lettres…
– Pourtant au bac de Français…
– On a eu la moyenne, ben ouais… De justesse, mais on l’a eue… Je comprends pas…
– Ça a plus rien à voir faut dire…
– C’est du coupage de cheveux en quatre la fac… On m’avait prévenue… Mais quand même ! À ce point-là !
– N’empêche que si on veut passer en deuxième année…
– Oui, ben ça j’ai plutôt intérêt… Déjà qu’il était pas chaud pour que je continue mon père… Qu’il disait que ça sert à rien… Que je ferais mieux d’aller bosser… Parce qu’études ou pas je finirai de toute façon caissière en Super Marché…
– Le mien, je préfère même pas y penser si je me viande…
– Bon, ben allez, on se tait alors… On se tait et on bosse…

– Chiale pas ! À quoi ça t’avance ?
– J’y arriverai jamais… T’as vu ça l’exposé qu’elle a fait la fille ?!
– Ben oui… Oui…
– T’y as compris quelque chose ?
– Absolument rien…
– Le jour où ça va être notre tour ce sera beau… De deux belles connes on va avoir l’air, oui…
– Mais non ! D’ici là…
– Oui, oh, alors ça t’as qu’à y croire… Non, on n’a pas la pointure, c’est clair… Le mieux, c’est encore de laisser tomber, tiens…
– Pour aller faire quoi ? Quel boulot ? Tu te vois, toi, entasser toute ta vie des boîtes de petits pois en rayon ? Ah, non, merci bien… Non…
– Il y a pas d’issue en fait…
– Si, il y en a une, si ! C’est d’arriver à passer en deuxième année… Et moi je vais tout faire pour… Si je me plante au moins j’aurai pas de regrets…
– Moi aussi… Moi aussi, mais…

– J’ai fait la connaissance d’une fille… À la bibliothèque… On a pas mal discuté toutes les deux… En doctorat elle est… Elle l’a presque finie sa thèse en plus…
– Hou là ! Une tête… Et alors ?
– Et alors peut-être qu’elle pourrait nous aider…
– Tu lui as demandé ?
– J’ai pas osé… Et puis je voulais t’en parler avant… Mais j’ai son portable…
– De toute façon, avec le retard qu’on a, c’est des heures et des heures de rattrapage qu’il nous faudrait… T’imagines ce que ça doit coûter ? Et on n’a pas un rond… Quant à nos parents…
– Peut-être qu’elle se ferait pas payer ? Entre étudiantes…
– T’as qu’à y croire ! C’est ça ! Elle va perdre son temps pour nos beaux yeux… Avec tout le boulot qu’elle a… Non, mais tu rêves là !
– Je peux toujours lui demander… Ça coûte rien…
– Ça coûte rien, non… Mais tu perds ton temps… Je connais la réponse…

– Je l’ai revue… On a mangé ensemble…
– Et donc ?
– Tu voudras pas…
– Elle nous prendrait une fortune, c’est ça ? Je te l’avais dit… Je te l’avais pas dit ?
– Non… Pas un sou ça nous coûterait… Rien… Ce qu’elle veut c’est juste…
– C’est juste quoi ? Eh ben dis-le !
– Nous flanquer une fessée si ça marche… Si on passe…
– Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
– C’est pas une histoire… C’est un contrat qu’on signerait… Entre personnes majeures… Et responsables… Elle nous met au niveau et en échange à la fin…
– Elle est folle… C’est une folle… Il en est pas question, alors là !
– Ben moi, si ! Je le veux mon exam… Et je l’aurai…

– Douze ! C’est pas vrai !
– Ben si, tu vois… Et c’est pas fini… Parce que qu’est-ce qu’elle explique bien ! Tu comprends tout avec elle…

– Et là ?
– Quatorze…
– Tu crois que… moi aussi ? Ce serait pas trop tard ?
– Bien sûr que non… À condition que… Tu les connais les conditions…
– Ouais, ouais… C’est bon…

– Je passe, Marjo… Je passe… Et haut la main en plus…
– Moi aussi…
– Ce que je suis contente ! On lui doit une fière chandelle, n’empêche, à Emilie…
– Et pas qu’une fière chandelle…
– Mais ça…
– Ah, non… Non… Je suis pas d’accord… Un contrat, c’est un contrat…

– Alors ?! Par qui on commence ? Marjo ? Oui, Marjo… Emma, on va se la garder pour la bonne bouche… Toutes ces vilaines réticences sans arrêt ça mérite un traitement de faveur…

lundi 22 juillet 2013

Le Centre ( 29 )

Est-ce que c’est vrai, Valentine ? Non, hein ? C’est pas vrai… C’est juste pour me faire de la peine que tu m’as dit ça… Pour m’humilier… Comme tu sais si bien faire… Oui… J’en suis sûre…

Qu’est-ce que tu me chantes là ? De quoi tu parles ? Ça t’arrive d’être claire des fois ? J’ai passé l’âge de jouer aux devinettes…

Martial… Il peut pas avoir dit ça… Que mes fantasmes il y a rien du tout derrière… Que j’ai aucune personnalité… Je le crois pas… Je peux pas le croire…

Traite-moi de menteuse tant que tu y es…

Mais non, Valentine, non, c’est pas ce que je veux dire, non… Sûrement il l’a dit… Mais il le pense pas… C’est pas possible… Quand je revois ses yeux… Quand je réentends ses mots… Hein qu’il le croit pas ?!

Tu sais quoi ? Eh bien tu deviens lourde… Très lourde… Et fatigante… Si tu voulais que je me lasse de toi tu t’y prendrais pas mieux… Et au lieu de jérémier… De te demander, à longueur de journée, si un tel ou un tel trouve que tes fantasmes ont du fond, traduisent une vraie personnalité, prouve-le !

Je veux bien, mais comment ?

Si tu étais vraiment celle que tu prétends être, tu n’aurais pas besoin de poser la question… Mais passons… Et puisqu’il faut tout te mâcher je vais te mettre à l’épreuve… Comme l’ont fait – j’ai appris ça ce matin – des femmes du groupe d’à côté avec un certain Bastien qu’elles ont condamné à leur écrire un roman… Tu as entendu parler de Shéhérazade et des Mille et une Nuits, je suppose ? Eh bien j’attends de toi que, chaque matin, dans ma boîte mail se trouve un récit qui me tienne en haleine… Si tu y manques, ne fût-ce qu’une seule fois, ou si tu te permets de m’adresser un récit qui ne présente pas un intérêt suffisant à mes yeux c’en sera terminé… Inutile d’essayer de me recontacter… Je ne te répondrai pas… Plus…

Mais c’est horrible ce que tu me demandes là… Je vais être en permanence sur des charbons ardents… Peur de mal faire… De te décevoir… Ça va me bloquer… Me paralyser…

Débrouille-toi comme tu veux… C’est à prendre ou à laisser…

Je prends, Valentine, je prends… Mais… je peux te demander ? Tu te fâcheras pas ? C’est toujours aussi bien, lui, avec Margaux ?

Si tu savais ! Plus que jamais… D’ailleurs c’est bien simple : demain le centre ferme… Et eux, ils sont en train de faire tout un tas de projets pour après… Ils envisagent même de s’installer ensemble… Toute la question est de savoir chez qui… Elle ou lui ? Moi, j’insiste – tant que je peux – pour que ce soit elle… Parce que c’est à – quoi ? – quinze kilomètres de chez moi… Comment on est complices tous les trois… Tu verrais ça !

J’ai commencé, Valentine… J’ai commencé ce que tu m’as demandé… J’espère que tu seras contente…

Pour le dernier soir il a voulu que ce soit moi qui m’occupe d’elle… Et je peux te dire que je ne l’ai pas ménagée…

Tu me racontes pas ?


Non ! Ça ne te regarde pas… Pour info je suis rentrée… On s’est tous quittés ce matin… Il y a eu des larmes, des embrassades, des adresses échangées… On s’est fait toutes sortes de promesses dont la plupart ne seront pas tenues… Tout le monde – ou peu s’en faut – reviendra l’année prochaine… Toi exceptée, puisque tu as eu la très mauvaise idée de te faire renvoyer… Martial déménage chez Margaux… Alors si tu veux qu’on reste en contact, toi et moi, t’as intérêt à faire des efforts… Beaucoup d’efforts… 

jeudi 18 juillet 2013

Escobarines: Les coulisses de la coupe du Monde ( 5 )

– J’étais un peu énervée hier…
– Ça, j’ai vu…
– Faut reconnaître aussi qu’apprendre comme ça, de but en blanc, que ton mari tambourine allègrement les fesses de ta meilleure amie alors qu’il se soucie des tiennes comme d’une guigne il y a de quoi l’avoir mauvaise ! Mets-toi à ma place…
– Et toi à la mienne… Parce que j’aurais pu rien dire… Tout garder pour moi… Mais non : j’ai l’honnêteté de te mettre au courant… Et tout le remerciement que j’en ai…
– C’est vrai… J’ai été un peu fort… Mais toi aussi… Parce que n’empêche que t’es entrée dans son jeu… Que tu l’as laissé te la donner la fessée… Alors c’est un peu facile, moi j’trouve, de se dédouaner en venant tout avouer après, la bouche en cœur…
– Tu te rends pas compte ! C’était impossible que ça ait pas lieu… Impossible…
– C’est toujours possible quand on veut…
– Pas là ! Pas là ! Je t’assure…
– Connaissant Vincent il t’a sûrement pas sauté dessus…
– Non… Bien sûr que non… C’était le contexte… D’en parler… Les questions qu’il me posait, tout ça… Ça coulait forcément de source après… Ça pouvait pas être autrement…
– C’est vrai – je suis bien placée pour le savoir – qu’il peut être redoutablement convaincant quand il veut… Mais c’est pas une raison… Non… Fallait résister… Refuser… Te défendre… Tu l’as pas fait… Alors t’as mérité que je te punisse… Reconnais que t’as mérité…
– Dans un sens, oui… Si tu veux…
– C’est pas si je veux… C’est que t’as mérité… Un point, c’est tout… T’as pas couché avec au moins ? Tu me jures ?
– Ah, non… Non… Je te jure… Ça, j’te jure…
– Bon, eh ben allez alors ! Je t’en mets une et puis on n’en parle plus… Allez, baisse ! Oui, mais plus que ça… Baisse, j’te dis !


– Ouche ! En tout cas ce qu’il y a de sûr, c’est que tu tapes nettement plus fort que lui…
– Ben oui, ça ! Forcément… Moi, j’ai des raisons… Pas lui… Bon… Et maintenant tu comptes faire quoi ?
– Comment ça je compte faire quoi ?
– Tu t’imagines quand même pas qu’il va s’arrêter en si bon chemin, non ? Maintenant qu’il y a goûté il va vouloir recommencer… Forcément…
– Peut-être, oui…
– C’est pas peut-être… C’est sûr… Et toi, qu’est-ce tu vas faire ?
– Ah, oui, non, mais non… Il en est plus question…
– Tu parles…
– Si, c’est vrai, hein, je t’assure…
– T’en crèves d’envie pourtant…
– C’est pas une raison…
– Oui, oh… Tu sais quoi ? Tu veux que je te dise ? Eh ben comment ça l’avait excité Vincent de te donner la fessée… Deux fois coup sur coup j’y ai eu droit hier soir alors que ça faisait des mois et des mois qu’il m’avait pas touchée…
– Si je comprends bien, ce que t’es en train de me dire…
– C’est qu’il y a certains petits services qu’on peut se rendre entre femmes, surtout si tout le monde y trouve son compte…
– Vu comme ça…
– Comment on serait complices toutes les deux !
– Déjà que…
– Tu me le prépares et je tire les marrons du feu… Ça me convient, moi… Pas toi ?
– Ben…
– T’auras ton comptant de fessées… C’est pas si mal, non ?
– Oui, mais…
– Tu prétends quand même pas coucher avec Vincent ?
– Non… Non… Bien sûr que non…Mais que tu me rendes la pareille…
– Comment ça ?
– La même chose avec Sylvain… Tu te débrouilles pour qu’il te claque le cul et moi j’en profite au lit…
– Sylvain ?! Jamais j’y arriverai… Tu veux que je fasse comment ?
– Comme moi… Tu laisses traîner un truc sur ton ordinateur… Tu l’attires sous un prétexte quelconque et tu vois ce que ça donne… Ce serait bien le diable que ça le fasse pas…   

    

lundi 15 juillet 2013

Le Centre ( 28 )

Trente coups ! Mais c’est parfaitement ridicule… Tu en méritais, au bas mot, le double pour avoir osé faire, sans mon autorisation, un rêve comme celui-là… Sinon le triple… Oui, le triple… Et tu vas me faire le plaisir de te les administrer toi-même sans délai…

Voilà, Valentine, voilà… C’est fait… Je t’ai obéi… Avec bonheur… Parce que c’était pour toi… Parce que tu le voulais…


Parfait ! Je n’en attendais pas moins de toi… Tu es décidément pleine de bonne volonté et peut-être, un jour ou l’autre, ton rêve deviendra-t-il réalité… Peut-être m’y emploierai-je… Peut-être… À condition que tu demeures dans d’aussi bonnes dispositions… Que tu continues à faire tes preuves… Je ne te promets rien… On verra…

Tout ce que tu voudras, Valentine… Tout ce que tu voudras… Absolument tout, tu sais bien…

Non, je sais pas justement… Je sais que tu le crois… Que tu en es probablement sincèrement convaincue, mais que tu sois capable d’en passer par tout ce que je pourrais vouloir j’en doute… J’en doute très sérieusement… Pour autant que j’aie pu en juger tu n’as pas l’étoffe pour jouer dans la cour des grands…

Si, Valentine, si ! Mets-moi à l’épreuve, je t’en supplie… Sois exigeante… Sois intraitable… Et tu verras… Je te surprendrai… Tu n’en reviendras pas…

Bon, mais que je te donne un peu des nouvelles d’ici… Trois jours – à peine – qu’on t’a fichue dehors et tout le monde t’a pratiquement oubliée… Personne ne parle de toi… Jamais… Ou alors dans des termes ! Laëtitia – et je ne peux pas lui donner tort – est persuadée que tu n’avais strictement rien à faire au centre… « Une grossière erreur d’aiguillage… » Quant à Lucie elle est absolument ravie – et elle ne s’en cache pas – d’être débarrassée de toi… « C’est une fille à embrouilles… Elle est pas saine… Pas saine du tout… D’abord avec les mecs… Bon, mais ça c’est de notoriété publique… Ça saute tout de suite aux yeux… Non… Mais même en-dehors de ça… Dans le boulot… Avec elle aux cuisines j’étais constamment sur la défensive… Jamais tranquille… Toujours à me demander si elle était pas en train de m’en faire une par derrière… » C’est Elodie qui t’a remplacée… Et apparemment ça se passe très très bien…

Oui, oh, mais les nanas de toute façon ! Faut qu’elles critiquent systématiquement les autres nanas… C’est comme ça depuis que le monde est monde… Elles feraient mieux de commencer par se regarder, elles… Que ce soit Laëtitia ou Lucie, il y aurait beaucoup à dire… Bon, mais j’m’en fiche de ce qu’elles pensent n’importe comment… Et les types ? Eux aussi, ils me descendent en flammes ?

Martial ? Puisque c’est ça ta vraie question… La seule qui te préoccupe… Martial vit très bien ton départ, merci… Il a décidé de prendre Margaux en mains et il la séquestre quasi à demeure dans son bureau… Elle est, paraît-il, extrêmement douée… Beaucoup plus que toi… Ses fantasmes sont plus riches, plus consistants… Il y a derrière, à l’évidence, une véritable personnalité… Attachante… Originale… Alors qu’avec toi tout était convenu… Banal… Les fantasmes de Madame Tout le monde en somme… À se demander même, selon lui, si tu n’étais pas allée piocher tout ça dans des magazines féminins « tendance »… Pour te donner des frissons à bon compte et l’illusion d’être ce que tu n’es pas… Et ne seras jamais… En tout cas ce qu’il y a de sûr, c’est qu’avec elle il s’éclate… « On » s’éclate… Parce qu’il me veut très souvent avec eux… Je participe… Il adore me voir m’occuper d’elle… Il faut dire aussi que j’y prends beaucoup de plaisir… De plus en plus de plaisir… Elle est vraiment très attachante cette petite… Très très attachante…

Je n’ai pas le droit d’être jalouse…


Oh, tu peux l’être si ça t’amuse… Ça m’est complètement égal…

jeudi 11 juillet 2013

Escobarines: Les coulisses de la Coupe du monde ( 4 )

– Elle est finie la Coupe du Monde…
– Oui, ben ça j’avais remarqué, merci…
– Et t’as pas peur ?
– Peur ? Peur de quoi ?
– Que Vincent… Parce que tu passes le plus clair de ton temps avec Max et Sophie… T’es quasiment plus jamais chez toi… Ça mettrait la puce à l’oreille de n’importe qui…
– Oui, oh, mais Vincent…
– Il te pose pas de questions ?
– Aucune… Ça l’arrange même plutôt que je dégage… Il peut tapoter en paix sur son ordinateur comme ça…
– Comme moi Julien… Pareil… Exactement pareil… C’est les deux mêmes… Bon, mais t’oublies pas, hein ?
– J’oublie pas quoi ?
– Ce que tu m’as promis… De me les faire rencontrer Max et Sophie…
– Ah, oui… Oui… C’est vrai… Bien sûr… Je vais leur en parler… Je te dirai…

– Alors ? Ils ont dit quoi ?
– Que… À vrai dire le temps passe tellement vite quand on est ensemble…
– Que t’as encore zappé… Bon, mais ça fait rien, va… Laisse tomber…
– Mais non… Non… Demain je leur en parle… Demain sans faute…
– Laisse tomber, j’te dis ! J’ai compris… T’as pas du tout envie de me voir débouler là-dedans… C’est normal dans un sens… C’est votre histoire à tous les trois… Je serais de trop maintenant… Je serais forcément de trop…
– Je t’assure que non… Que…
– Te fatigue pas ! De toute façon je suis sur un coup, là…
– Ah, oui ?! Qui ça ?
– Comme toi au début… Un type sur Internet… Jeudi normalement on doit se voir…
– Super… Tu me raconteras…

– Tu l’as vu ?
– Tu parles ! Un beau mickey, oui ! Deux plombes j’ai attendu au Trocadero… Pour rien… Il s’est pas pointé…
– Il a peut-être eu un empêchement… T’as regardé tes mails ?
– Évidemment que je les ai regardés… Il y a rien… J’aurai pas de nouvelles… Le fantasmeur de base, oui ! Qui, si ça se trouve, était planqué dans un coin à saliver de me voir faire le pied de grue…
– Te décourage pas ! C’est pas parce que t’es tombé sur un type qu’assure pas que tous les autres…
– Oh, je sais bien ! Mais je trouverai… T’inquiète pas ! Je trouverai…

– Faut qu’on parle, Mylène…
– Qu’est-ce qu’il y a ? Ça y est ? T’en as reçu une ?
– Oui, mais…
– Oh, je suis contente ! Que je suis contente pour toi ! Fais voir !
– Non, attends ! Faut que je te dise…
– Montre ! Montre d’abord ! Tu raconteras après… Ah, oui, dis donc ! Oui… Il a pas fait dans la dentelle le type… T’as apprécié, je suppose… Bon, mais alors dis-moi… Il est comment ? Il est beau mec ? Il a quel âge ? Sur un forum tu l’as rencontré ?
– Oui… Non… C’est pas de ma faute… Je t’assure… C’est pas de ma faute…
– Qu’est-ce qu’est pas de ta faute ? Qu’est-ce que tu racontes ?
– Non, mais c’est vrai, hein ! C’est parce que j’avais oublié un truc sur le feu dans la cuisine… Je me suis précipitée… Et du coup je l’ai laissé tel quel l’ordi avec, en gros plan, la photo d’une fille qui venait de s’en prendre une… Je pouvais pas savoir qu’il allait venir frapper…
– Mais qui ça ?
– Ben lui… Il cherchait après toi… Il croyait que t’étais là…
– T’es quand même pas en train de me dire que c’est Vincent qui t’a… Mais t’es une vraie salope !

– C’est pas moi, j’te dis… Il a vu l’écran… Il a rigolé… Et il m’en a collé une…
– Il s’est jeté sur toi comme ça… Sans crier gare… Ben voyons !
– Non… On a discuté d’abord…
– Vous avez discuté… Ce qui veut dire, quand on sait lire entre les lignes, que tu l’as allumé tant que t’as pu…
– Sur ce que j’ai de plus sacré au monde…
– À d’autres… J’te connais… Et évidemment vous avez couché…
– Je te jure que non…
– C’est dégueulasse… T’es dégueulasse… On est amies… J’te fais confiance…  Et t’en profites que j’ai le dos tourné que pour me faire cocue…
– Parce que tu le fais pas cocu, toi, peut-être ?
– Tu peux quand même pas comparer…
– Ah, oui ? Et elle est où la différence ?
– Si t’es pas capable de la voir je peux pas grand-chose pour toi… Oh, mais vous allez me payer ça ! Je peux te dire que tu vas me payer ça…

lundi 8 juillet 2013

Le Centre ( 27 )

Valentine,

On n’a même pas voulu me laisser te dire au revoir… On m’a jetée dehors… Comme une malpropre… Parce que je t’ai obéi… Que je suis retournée m’agenouiller, sur la planche à clous, la culotte sur la tête, devant la porte du réfectoire… Il est entré dans une colère terrible… Il m’a traitée de tous les noms… Je ne pourrai pas revenir… Ni l’année prochaine ni jamais… Ça m’est égal : j’ai fait ce que, toi, tu voulais… C’est le plus important… C’est l’essentiel… Je suis en paix…

C’est encore moi, Valentine… On se reverra, hein ? Vendredi prochain ça finit là-bas… On se reverra ? Tu me feras signe ? Tu m’appelleras ? J’accourrai… Aussitôt… Où tu voudras… Où que tu sois… Je me jetterai dans tes bras et tu feras de moi ce que tu voudras… Tout ce que tu voudras… Je suis à toi, Valentine…

Je ne sais pas… Je ne sais plus… Tu ne me réponds pas… Pas un mot… Rien… Et je ne peux pas m’empêcher de me demander si tu ne m’as pas délibérément tendu ce piège dans lequel tu savais que j’allais forcément tomber… Pour te débarrasser de moi… Parce que t’en avais assez… S’il te plaît, un mot… Juste un mot… Rassure-moi !

Tu en as une autre… C’est ça, hein ? Je suis sûre que c’est ça… Si c’est ça je préfère que tu me le dises… Que je sache à quoi m’en tenir… J’aurai mal, oui… Je souffrirai, oui… Mais au moins je saurai…

Eugénie,
Si j’en ai une autre ? Peut-être… Et après ? En quoi ça te regarde ? Est-ce que je t’ai promis quelque chose ? Est-ce que je te dois quelque chose ?

Je me le suis fait… Pour toi, Valentine… En imaginant que tu étais là… Que tu me regardais… Avec cet air que tu as quand… Je me le suis fait… Aussi fort que j’ai pu… Comment ils brillaient tes yeux ! Tu y as promené tes doigts… Tu y as posé tes lèvres… Tu m’as doucement écarté les fesses… Tu m’as tout entière ouverte… J’ai perdu pied… J’ai été à toi… Tu as voulu que je recommence… Tu m’as tendu le martinet… J’ai recommencé… Pour toi…


Te voilà redevenue raisonnable, Eugénie… C’est bien… Je n’en attendais pas moins de toi… Flanque-toi des fessées en pensant à moi… Donne-toi le martinet en pensant à nous… Fais-toi du bien… Tant que tu veux… Raconte-moi ! Montre-moi ! Ça m’amuse… Mais si tu veux qu’on reste en contact un conseil : évite de me poser des questions… J’ai horreur de ça… À bonne entendeuse…


Valentine,

Ton « Si tu veux qu’on reste en contact » m’a emplie de bonheur… » Tout n’est donc pas perdu ? Je suis folle de joie… Non, je ne te poserai pas de questions… Je ne t’en poserai plus… Promis… Juré…


Tu sais ce que j’ai rêvé ? Que j’étais agenouillée sur la planche à clous… Sur une estrade, dans une grande salle… C’était comme une salle de spectacle on aurait dit… Des centaines de gens il y avait… Plusieurs centaines… Je ne les voyais pas – j’avais interdiction absolue de me retourner – mais je les entendais qui parlaient entre eux… Comme un bourdonnement en continu ça faisait… Et ça a duré… Duré… Interminablement… Et puis, soudain, un grand « Ah » de statisfaction… Tu venais de faire ton apparition… Toi… Toi qu’on a longuement applaudie… Toi qui as pris la parole dans une langue étrange qui ne ressemblait à aucune de celles que je connais… On a encore applaudi… On a ri… On s’est tu… Ta main sur ma nuque… Ta main qui a glissé tout au long de mon dos… De mes fesses… De mes cuisses… Tu as relevé ma robe… Très haut… Et en même temps tu t’es remise à leur parler… Tu as fait monter quelqu’un avec toi, sur la scène… Quelqu’un à qui tu as fait tenir ma robe en l’air… Longtemps… Et puis tu as exigé : « Baisse ta culotte… » J’ai hésité… Une fraction de seconde… « Tu vas être punie pour ça… Baisse ta culotte, j’ai dit… » J’ai obéi… « Jusqu’en bas… » Jusqu’en bas… Tu leur as encore dit quelque chose… Et tu as cinglé… Au martinet… Des coups bien espacés… Qu’ils ont comptés… En français cette fois… « Un ! deux ! trois ! » Jusqu’à trente… 

jeudi 4 juillet 2013

Les coulisses de la Coupe du Monde ( 3 )

– Alors ?
– Ben alors si je m’étais attendue à ça…
– Qu’est-ce qu’il y a eu ?
– Il y a eu que je me suis pointée là-bas… Comme prévu…
– Et il y avait personne !
– Non… Enfin si ! Une bonne femme… En train de fumer tranquillement à la fenêtre… J’ai cru que je m’étais trompée de chambre, moi ! « Oh, pardon ! » Mais elle :  « Non, non, c’est bien là… Restez ! »
– C’était sa femme, j’parie ! Qu’avait tout découvert… Ho la la ! Ma pauvre ! C’est vraiment pas de chance… Pour une fois que tu trouvais un type avec qui t’éclater… Mais comment elle a su ?
– Ça, j’en sais rien comment elle a su… Mais ce qu’il y a de sûr, c’est qu’elle a attaqué bille en tête « Alors comme ça on couche avec mon mari ?! » Et moi, comme une idiote… « Hein ? Ah, mais non… Non… Pas du tout… Jamais de la vie… » Elle a éclaté de rire… « Ah, oui ?! Et vous veniez le rejoindre ici pour faire quoi alors ? Pour jouer au scrabble ? » Elle a envoyé son mégot voltiger dehors d’une pichenette… « Et le vôtre de mari il en penserait quoi ? Il en pensera quoi ? » Le mien ? Vincent ? Mais il était hors de question qu’il soit au courant de quoi que ce soit… Je voulais pas… Ah, non alors !  « Vraiment ? » Elle a quitté la fenêtre, s’est approchée… « Bon… On est grandes… Alors on va jouer franc jeu toutes les deux… C’est mieux, non, vous croyez pas ? » Peut-être, oui… Sûrement même… « Ben évidemment ! Et alors tu sais de quoi j’ai envie ? Surtout maintenant que je t’ai vue… C’est de te flanquer une bonne fessée… Et comme tu aimes ça à ce qu’il paraît – et pas qu’un peu – je vois pas où serait le problème… » Elle m’a prise par la main, s’est assise au bord du lit…
– Et toi, tu t’es laissée faire !
– Complètement tétanisée j’étais… Incapable de faire quoi que ce soit… De dire quoi que ce soit…
– Ouais, t’en crevais d’envie en fait, quoi !
– Mais non, mais…
– Tu parles !
– Si tu savais ! Exactement la même façon de faire que lui elle avait… Et ça ! Alors ça ! La même façon de me tenir les mains dans les siennes… De caler ses genoux contre les miens… De vouloir garder mes yeux… Et de me sermonner… De me faire sentir coupable… Sauf que là c’était pire… Parce que c’était plus pour les mêmes les raisons… C’était plus pour avoir accepté un rendez-vous avec un inconnu… Non… C’était pour avoir couché avec son mari… C’était pour avoir trompé le mien… Et je te dis pas comment elle savait s’y prendre… Comment elle savait trouver juste les mots qu’il fallait… J’avais honte, mais honte ! De ma vie j’ai jamais eu honte comme ça… Vingt fois je lui ai demandé pardon… Vingt fois je lui ai juré de plus jamais recommencer…
– Et donc, pour finir, t’y as eu droit !
– Ah, ben ça ! Et alors je te dis pas ! Celle qu’il m’avait donnée, lui… Celle que tu m’avais donnée, toi, mais c’était rien à côté… Rien… Du pipi de chat… Maintenant je sais ce que c’est qu’une vraie fessée… Qui te fait te tordre dans tous les sens, hurler comme une possédée et vouloir que ça continue quand même parce que ça te délivre de quelque chose… De plein de choses en fait… Tu comprends ?
– Je crois, oui…
– Et puis après au coin elle m’a fait mettre… À genoux… Tout en continuant à me parler de derrière… À me faire promettre que je recommencerais pas… Tout ça...

– C’est fini alors du coup maintenant avec lui … Pourquoi tu ris ?
– Fini ? Ah, non, non ! Parce que figure-toi … C’est pas fini, non ! C’est pas fini parce qu’au bout du compte il s’est amené…
– Ah, oui ?
– Oui… Tout d’un coup la porte s’est ouverte … Il nous regardées l’une après l’autre… « Mais enfin qu’est-ce qui se passe ici ? » « C’est elle, Max, c’est elle ! Elle a absolument voulu… » « Ça m’étonne pas ! Ça, ça m’étonne pas d’elle… Oh, mais elle va me le payer… »
– Ah oui, d’accord ! Ils étaient de mèche tous les deux… C’est ça, hein ?!
–  Évidemment qu’ils étaient de mèche… Et ça a été ses genoux… « Allez, viens là ! » Encore des reproches…  Lui, il m’avait fait confiance… Il me faisait confiance… Et on le voyait le résultat ! Ah, ben bravo, hein ! Bravo ! Qu’une petite dévergondée j’étais… Prête à me faire tambouriner le derrière par n’importe qui… Jusqu’à sa propre femme j’avais dévoyée… Comme ça… Sans raison… Oh, mais il allait m’en faire passer l’envie… Alors là sûr qu’il allait m’en faire passer l’envie… J’allais m’en souvenir…
– Et c’est retombé…
– C’est retombé, oui !
– Par dessus l’autre ? Qu’est-ce t’as dû le sentir passer !
– Oh, tu crois ?
– Et après ? Il t’a quand même pas… Comme l’autre fois…
– Ben si !
– Devant elle ? Devant sa femme ? C’est pas vrai ?! Et qu’est-ce qu’elle faisait ? Qu’est-ce qu’elle disait ?
– Elle nous regardait…
– Seulement ça ?
– Ben non… Tu te doutes bien… Elle s’activait sur elle…
– Je vois…
– Mais elle y a eu droit après… À une fessée… Et puis aussi à ça… Le soir… Quand on est rentrés du restaurant tous les trois…
– Ah, parce que… Et cette fois c’est toi qui t’es activée sur toi… Tu mets les pieds dans un drôle de truc, là, non ? Tu crois pas ?