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lundi 8 juillet 2013

Le Centre ( 27 )

Valentine,

On n’a même pas voulu me laisser te dire au revoir… On m’a jetée dehors… Comme une malpropre… Parce que je t’ai obéi… Que je suis retournée m’agenouiller, sur la planche à clous, la culotte sur la tête, devant la porte du réfectoire… Il est entré dans une colère terrible… Il m’a traitée de tous les noms… Je ne pourrai pas revenir… Ni l’année prochaine ni jamais… Ça m’est égal : j’ai fait ce que, toi, tu voulais… C’est le plus important… C’est l’essentiel… Je suis en paix…

C’est encore moi, Valentine… On se reverra, hein ? Vendredi prochain ça finit là-bas… On se reverra ? Tu me feras signe ? Tu m’appelleras ? J’accourrai… Aussitôt… Où tu voudras… Où que tu sois… Je me jetterai dans tes bras et tu feras de moi ce que tu voudras… Tout ce que tu voudras… Je suis à toi, Valentine…

Je ne sais pas… Je ne sais plus… Tu ne me réponds pas… Pas un mot… Rien… Et je ne peux pas m’empêcher de me demander si tu ne m’as pas délibérément tendu ce piège dans lequel tu savais que j’allais forcément tomber… Pour te débarrasser de moi… Parce que t’en avais assez… S’il te plaît, un mot… Juste un mot… Rassure-moi !

Tu en as une autre… C’est ça, hein ? Je suis sûre que c’est ça… Si c’est ça je préfère que tu me le dises… Que je sache à quoi m’en tenir… J’aurai mal, oui… Je souffrirai, oui… Mais au moins je saurai…

Eugénie,
Si j’en ai une autre ? Peut-être… Et après ? En quoi ça te regarde ? Est-ce que je t’ai promis quelque chose ? Est-ce que je te dois quelque chose ?

Je me le suis fait… Pour toi, Valentine… En imaginant que tu étais là… Que tu me regardais… Avec cet air que tu as quand… Je me le suis fait… Aussi fort que j’ai pu… Comment ils brillaient tes yeux ! Tu y as promené tes doigts… Tu y as posé tes lèvres… Tu m’as doucement écarté les fesses… Tu m’as tout entière ouverte… J’ai perdu pied… J’ai été à toi… Tu as voulu que je recommence… Tu m’as tendu le martinet… J’ai recommencé… Pour toi…


Te voilà redevenue raisonnable, Eugénie… C’est bien… Je n’en attendais pas moins de toi… Flanque-toi des fessées en pensant à moi… Donne-toi le martinet en pensant à nous… Fais-toi du bien… Tant que tu veux… Raconte-moi ! Montre-moi ! Ça m’amuse… Mais si tu veux qu’on reste en contact un conseil : évite de me poser des questions… J’ai horreur de ça… À bonne entendeuse…


Valentine,

Ton « Si tu veux qu’on reste en contact » m’a emplie de bonheur… » Tout n’est donc pas perdu ? Je suis folle de joie… Non, je ne te poserai pas de questions… Je ne t’en poserai plus… Promis… Juré…


Tu sais ce que j’ai rêvé ? Que j’étais agenouillée sur la planche à clous… Sur une estrade, dans une grande salle… C’était comme une salle de spectacle on aurait dit… Des centaines de gens il y avait… Plusieurs centaines… Je ne les voyais pas – j’avais interdiction absolue de me retourner – mais je les entendais qui parlaient entre eux… Comme un bourdonnement en continu ça faisait… Et ça a duré… Duré… Interminablement… Et puis, soudain, un grand « Ah » de statisfaction… Tu venais de faire ton apparition… Toi… Toi qu’on a longuement applaudie… Toi qui as pris la parole dans une langue étrange qui ne ressemblait à aucune de celles que je connais… On a encore applaudi… On a ri… On s’est tu… Ta main sur ma nuque… Ta main qui a glissé tout au long de mon dos… De mes fesses… De mes cuisses… Tu as relevé ma robe… Très haut… Et en même temps tu t’es remise à leur parler… Tu as fait monter quelqu’un avec toi, sur la scène… Quelqu’un à qui tu as fait tenir ma robe en l’air… Longtemps… Et puis tu as exigé : « Baisse ta culotte… » J’ai hésité… Une fraction de seconde… « Tu vas être punie pour ça… Baisse ta culotte, j’ai dit… » J’ai obéi… « Jusqu’en bas… » Jusqu’en bas… Tu leur as encore dit quelque chose… Et tu as cinglé… Au martinet… Des coups bien espacés… Qu’ils ont comptés… En français cette fois… « Un ! deux ! trois ! » Jusqu’à trente… 

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