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jeudi 27 juin 2013

Escobarines: Les coulisses de la Coupe du Monde ( 2 )

– Alors ? Ça donne quoi à côté ?
– Allemagne-Italie… C’est le coup d’envoi…
– Grand bien leur fasse…
– Et toi, tu fais quoi, là ?
– Je discute… Avec le type, tu sais, dont je t’ai parlé… Qu’est branché fessée…
– Et ça le fait ?
– Ça le fait… Bien… Surtout maintenant que, là-dessus, je vois les choses complètement différemment…
– Et donc… vous allez vous rencontrer…
– Je sais pas…
– Comment ça « tu sais pas »… T’as pas envie ?
– Oh, si ! Si ! Mais quand même… ça me fait peur…
– Peur de quoi ? D’être déçue ?
– Un peu, oui… Non… Et puis je le connais pas, moi, ce type…
– Et alors ? Qu’est-ce tu risques ? Du moment que tu vas pas chez lui… Que c’est à l’hôtel que ça se passe…

– Attends ! Attends ! Dis rien… Fais d’abord voir… Wouah ! Cette tannée ! Comment t’as dû le sentir passer…

– Ça ! Mais aussi comment c’était bon ! Tu peux pas savoir…
– J’me doute ! Rien qu’à voir ta mine réjouie ! Fais gaffe quand même !
– À quoi ?
– À ce que Vincent n’aille pas se douter de quelque chose… T’as l’air tellement… je sais pas comment dire… Transfigurée de l’intérieur…
– Oui, oh, lui ! Il y a pas de risque… Pour ce qu’il fait attention à moi… Je pourrais bien me peinturlurer la tronche en vert citron et me promener avec une plume dans le cul il s’en apercevrait même pas…
– Vu comme ça… Remarque, de ce côté-là, je suis pas mieux lotie que toi… Bon, mais si tu racontais…
– Ben… On a pris tout notre temps… Pas loin de deux heures on a discuté au bar, en bas, tous les deux… De moi… De lui… De tout… Qu’on se connaissait depuis des années et des années on aurait dit… Et puis d’un seul coup il l’a fait… Au milieu d’une phrase… Comme ça… Il m’a pris les mains dans les siennes… Les deux… Les yeux dans les siens… Ils brillaient… « Elle a mérité une bonne fessée, la petite Madame, non ? Parce que rencontrer un inconnu, comme ça, en cachette de son mari, lui faire ses confidences, mais c’est que c’est pas bien du tout… C’est jouer avec le feu… » J’ai baissé la tête… Vraiment fautive il me faisait me sentir… Tellement fautive que les larmes me sont montées aux yeux… « Reconnaissez-le au moins ! » Oui, je reconnaissais… Oui… Si… J’avais mérité… Je méritais… « Eh bien allons alors ! » Il m’a fait lever… Doucement… Tout doucement… Monter… Il s’est assis sur le bord du lit, moi debout, genoux contre genoux, mes mains enserrées dans les siennes… Et il m’a sermonnée… Avec des mots, mais des mots… Je saurais pas te dire… Je me rappelle plus… Mais comment ils me remuaient ses mots ! Et je pleurais… Je pleurais… À chaudes larmes… J’arrêtais pas de pleurer… Il s’est tu… « Viens ! » En travers de ses genoux… Il a retroussé ma robe… Ramené les bords de ma culotte au milieu, dans la raie… Et il a tapé… Une fesse après l’autre… Fort… Bien espacé…
– Comme ça ?! Sans te la retirer ?
– Si ! Plus tard… Au bout d’un moment… D’un long moment il me l’a enlevée… Et alors là, mais alors là comment il y est allé… Et ça a duré en plus…
– Oui, j’ai vu… Et après ?
– Après… Après il m’a fait asseoir sur ses genoux… M’a tendrement câlinée… « Là… C’est tout… C’est tout… C’est fini… Tu seras sage maintenant ? Tu seras raisonnable ? Tu promets ? » J’ai promis… Tout ce qu’il a voulu j’ai promis…
– Et ça s’est terminé comme ça ? Alors là ça m’étonnerait… Tu me feras pas croire…
– Non… Non… Parce qu’il me l’a chuchoté à l’oreille… « T’as envie, hein ? » Oh, oui, j’avais envie… Oui… « De quel côté ? » Comment ça de quel ? Ah, oui… Celui qu’il voulait… Comme il voulait… Tout ce qu’il voudrait… « Celui-là alors… » Et il m’a tout doucement caressée, ouverte, avec son doigt, entre les fesses… Et… Si tu savais… Oh, si tu savais ! Jamais j’avais connu un truc pareil, moi ! Ce feu d’artifice !
– C’était la première fois ? Que tu le faisais comme ça ? C’était la première fois ?
– Jamais j’avais voulu avant… Avec personne… Et là… Un type que je connais ni d’Eve ni d’Adam… Qui me flanque une fessée et qui me… Non, mais tu te rends compte ? C’est complètement fou, ça !
– Et maintenant ?
– Quoi maintenant ?
– Ben tu vas faire quoi ? Le revoir ?
– Ah, ça, c’est sûr ! C’est prévu d’ailleurs… Après-demain…
– Et tu vas tomber amoureuse…
– Je crois pas, non… Et quand bien même ! Oh, et puis zut ! J’ai vraiment pas envie de me prendre la tête avec ça… Juste de profiter du moment présent… Après je verrai bien… On verra bien…  
      

lundi 24 juin 2013

Le Centre ( 25 )

– Et de deux ! Et c’est sûrement pas fini ! Il y en a d’autres des mecs ici… Plein d’autres… Avec qui tu vas coucher… Essayer en tout cas…
– Mais c’est pas vrai, Valentine, enfin ! Tu le sais bien que c’est pas vrai…
– Bien sûr que je le sais ! Mais je vais quand même le raconter partout…
– Mais pourquoi ? Pourquoi ?
– Parce que c’est à Martial que t’es allée les confier tous tes petits secrets… On est amies pourtant toutes les deux, non ? On n’est pas amies ?
– Ben oui, si… Sûrement on l’est…
– Eh ben alors ! C’est à moi que tu devais venir le dire tout ça… À moi et à personne d’autre…
– C’est parce que…
– T’avais pas le droit…
– C’est parce que, j’te dis !
– Parce que quoi ?
– Mais rien ! Seulement tu sais pas ce que c’est, toi, de rester toute une nuit assise sur une planche à clous… Ou attachée à l’espèce d’appareil, là… T’as tout un tas de trucs qui se bousculent dans ta tête… Des tas d’idées et d’images qui te remontent de tu sais pas où… T’as besoin de le dire, tout ça… T’as besoin que ça sorte… Et puis, je sais pas comment expliquer, mais Monsieur Martial, c’est comme s’il savait déjà tout avant que t’aies commencé à parler… Qu’il était complètement à l’intérieur de toi… C’est pas la peine d’essayer de cacher quoi que ce soit du coup… À quoi ça servirait ? T’as pas envie n’importe comment… Au contraire… Comment tu te sens rassurée… Protégée…
– Parce que je te connais pas, moi ?
– C’est pas pareil…
– Quand ils nous ont surprises les deux autres, l’autre jour, près du réfectoire et que je t’ai tout mis sur le dos pour que ce soit toi qui ramasses je te connaissais pas peut-être ?
– Si… Oui…
– Et quand je suis infecte avec toi je te connais pas ? Et quand je te fais passer partout pour une grosse chaude qui pense qu’à s’envoyer en l’air avec tous les mâles qui passent à sa portée je te connais pas ? Et quand…
– Arrête ! Tais-toi…
– Non, j’me tairai pas, non… Parce que mieux que Martial j’te connais… Beaucoup mieux… Et j’te le prouverai… Je vais te le prouver… Viens !

– Ah, elle te fait parler la planche à clous ? Eh bien tu vas parler… Intarissable tu vas être… Allez, installe-toi ! Quoi ? Tu veux pas me parler ? À moi tu veux pas, c’est ça ?
– Mais non ! Bien sûr que non… Si, je veux te parler…
– Ah, je préfère… Eh ben vas-y alors ! Qu’est-ce t’attends ! À genoux… Là ! T’es bien ?
– Ça pique… 
– Ah, ben oui, ça pique, oui ! Ça te surprend pas, je suppose… Bon, mais t’enlèves ta culotte ! Que je profite tout mon saoul de l’état de ton petit derrière… Il sait y faire Martial, hein ?! T’as dû déguster… Et tu sais quoi ? Ben c’est un peu comme s’il était là avec nous finalement… Tu aimes ? Ça te fait plaisir ? Donne ! Ta culotte… T’en es tout encombrée… Donne… Je vais m’en occuper… Et la mettre… tu sais où ?
– Oui…
– Là où tu meurs d’envie envie qu’elle soit… Où mille fois, dans tes rêveries, tu t’es imaginé qu’elle était… Non, c’est pas vrai peut-être ? Eh bien voilà alors…


– Valentine, je…
– Tu sais que ça te va bien ? Très très bien… Que tu es ravissante comme ça… Et toi, tu aimes ?
– Oui…
– Eh bien dis-le ! Il faut le dire…
– Oui, j’aime, oui ! T’as tout compris…
– Mieux que Martial ?
– Oh, oui… Beaucoup mieux… Beaucoup plus loin… Beaucoup plus… Je sais pas comment dire…
– Encore plus loin je t’emmenerai… Très très loin… Là où t’as même pas idée… À condition que tu te laisses faire… Que tu t’abandonnes… Que tu sois à moi… Complètement…
– Je te promets…
– Tu le regretteras pas, tu verras… 

jeudi 20 juin 2013

Escobarines: Les coulisses de la Coupe du Monde ( 1 )

– Quand je pense qu’en deux ans ans c’est tout juste si on avait échangé dix mots toutes les deux…
– Oui… Bonjour-bonsoir comme ça, vite fait, par-dessus la haie…
– Et depuis quinze jours c’est toutes les après-midis qu’on passe ensemble…
– Quand c’est pas les soirées…
– L’effet Coupe du Monde…
– Faut dire qu’ils sont chiants nos bonshommes avec ça…
– C’est sans arrêt les matches… Sans arrêt… Sans arrêt… Sans arrêt…
– Il y a plus que ça qui compte…
– À se demander si, à leurs yeux, on existe encore…
– Je sais pas toi… Mais moi ça fait un bon moment que j’y ai pas eu droit…
– Bienvenue au club…
– Coupe du Monde ou pas…
– Tu finirais par te demander s’il y a pas quelqu’un d’autre…
– Moi aussi je me suis posé la question…
– Mais je crois pas, non… C’est qu’ils ont la tête ailleurs… Quand c’est pas le foot, c’est le rugby… Ou le tennis… Ou la Formule1…
– Sans compter Internet… Des heures ils peuvent passer là-dessus…
– M’en parle pas !
– On se demande bien ce qu’ils y font…
– Alors qu’à nous ils ont pas le moindre petit bout de temps à nous accorder… Pour quoi que ce soit…
– J’avoue que par moments j’aurais envie…
– Confidence pour confidence moi aussi…
– Pas seulement pour m’éclater… Mais quelqu’un avec qui je pourrais parler… Échanger… Qu’aurait plaisir à passer du temps avec moi…
– On est bien connes aussi… Qu’est-ce qu’on attend pour se lancer ? Toujours les vieux schémas… Les vieux préjugés… Après tout si on va voir ailleurs c’est qu’on a des raisons… Faudrait peut-être qu’ils se posent les bonnes questions eux aussi, hein… Ça leur ferait pas de mal…
– J’ai été à deux doigts… Mais vraiment à deux doigts de sauter le pas… Avec un type, là, rencontré sur un forum…
– Ben pourquoi tu l’as pas fait ?
– Je peux encore… Seulement il y a que… Non… Parce que c’est un type super… Calme… Pondéré… Réfléchi… Cultivé… Tout ça… Pas mal du tout en plus… De ce côté-là il y a rien à dire…
– Mais ?
– Mais il y a un truc à quoi il a l’air de tenir… Et pas qu’un peu… C’est de me flanquer des fessées…
– Et c’est pas ton truc à toi…
– J’en sais absolument rien si c’est mon truc ou pas… J’ai jamais essayé…
– Moi non plus… C’est génial pourtant à ce qu’il paraît… D’après tout ce que j’ai lu… Et les gens qu’en parlent sur les forums…
– Ce qu’on pourrait…
– Oui… On a la même idée, je crois…
– On saurait au moins comme ça…
– Et si ça va pas ben on arrête… On arrête tout de suite…
– Allez, on y va…

– Alors ?
– Je sais pas… Je sens pas grand-chose… Faudrait que tu tapes plus fort…
– J’ose pas…
– Mais si, vas-y ! Vas-y carrément…
– Comme ça ?
– Plus même… Te retiens pas…
– Tu l’auras voulu…

– Ouche… D’un extrême à l’autre t’es passée, dis donc…
– Et alors ? Ça fait quoi ?
– Ça pique… Ça brûle… Mais c’est pas désagréable du tout… Au contraire même… Jamais j’aurais cru…
– Comment tu l’as rouge en tout cas !
– Bon, mais allez ! À ton tour…

– C’est bien… C’est drôlement bien même…
– J’ai hésité… Quand tu t’es mise à crier et à gigoter dans tous les sens je me suis demandé…
– Et au lieu d’arrêter, t’as tapé plus fort… T’as très bien fait… C’est exactement ce dont j’avais envie… En attendant je sens que je vais devenir accro, moi ! Parce que ça fait mal, oui, mais en même temps c’est trop incroyable ce qu’on ressent… Et tout ce qui passe par la tête en plus…

– Ça se calme, toi ?
– Pas vraiment, non… C’est pire même dans un sens… Comme si ça s’étendait… À la fois en surface et en profondeur… Et ça change… Ça chauffe plus pareil…
– Si on en remettait une couche par-dessus ça donnerait quoi, tu crois ?
– Hou la la !
– On essaie ? On verra bien…
– Allez…
– J’ai une cravache… Du temps que je faisais de l’équitation… Je vais la chercher ?
– Ben évidemment que tu vas la chercher…  


lundi 17 juin 2013

Le Centre ( 24 )

– Qu’est-ce qu’il te voulait ?
– Rien… Rien d’important… T’en es où les haricots ? Il y a plus que ça ?
– Il te voulait bien quelque chose quand même ! Vu tout le temps que t’y es restée…
– Non… En fait c’est parce qu’il se demandait qui c’est qu’avait bien pu répandre des bruits sur toi et sur lui…
– Il s’imagine que c’est moi, j’parie !
– Il s’imagine rien du tout… Il voulait juste savoir si j’en avais entendu parler…
– Et qu’est-ce tu lui as dit ?
– Que non… Que je savais pas…
– Et vous êtes restés enfermés une heure tous les deux là-haut juste pour ça ? Tu me prends vraiment pour une imbécile, hein !
– Mais non, mais…
– Oui, oh, ça va, j’ai compris, hein… Si tu crois que je le vois pas ton petit manège depuis le début… Comment tu lui tournes autour…
– Alors là je peux te dire que tu te plantes complètement…
– Mais bien sûr ! Tu ferais mieux d’avouer… Tu t’es envoyée en l’air avec et puis voilà… Seulement c’est dégueulasse… T’es dégueulasse… Parce que moi, j’te faisais mes confidences… Tu savais quelle importance il avait pour moi… Et à peine j’ai le dos tourné t’en profites pour lui sauter dessus…
– J’te dis que non ! Maintenant si tu tiens absolument à t’imaginer des trucs libre à toi…

– À moi, tu peux bien le dire…
– Mais non, Valentine, non ! Je l’ai pas fait, j’te jure ! J’ai pas couché avec…
– C’est pourtant ce que tout le monde dit… Et ce que tout le monde croit…
– Parce que Lucie s’est mis ça dans la tête… Et qu’elle le chante sur les toits…
– Il y a forcément un fond de vérité là-dedans…
– Mais jamais de la vie enfin… Leo ! Non, mais tu l’as vu ? T’as vu sa tronche ? C’est le dernier avec qui ça me viendrait à l’idée… Alors là !
– Avec lui peut-être pas… Mais il y en a un autre par contre tu diras pas le contraire…
– Qui ça ?
– Fais bien l’innocente…
– Mais non ! J’vois pas, j’t’assure…
– Martial…
– Oh, tu vas pas recommencer avec ça, écoute !
– T’as peut-être pas couché avec peut-être ?!
– Mais non enfin ! Qu’est-ce que tu vas chercher ?
– À d’autres ! Tu passes les nuits avec…
– Oui, mais non ! C’est pas ça…
– Ah oui ? C’est quoi alors ?
– C’est compliqué à expliquer…
– Ben voyons ! Te fatigue pas, va ! De toute façon tu peux bien faire ce que tu veux de ton cul… Si tu savais ce que j’en ai à battre !

– Eugénie…
– Oui, M’sieur Martial…
Il avait l’air furieux…
– Viens avec moi…
– Tout de suite ? Là ? Maintenant ?
– Tout de suite, oui…
– Mais…
Il m’a agrippée par le bras, entraînée jusque dans son bureau…
– Bon, ben j’t’écoute…
– Vous m’écoutez ?
– Tu vas nier, je suppose…
– Nier ? Mais nier quoi ?
– Qu’est-ce que tu racontes partout à qui veut l’entendre ?
– Oh, non ! Ça va pas recommencer !
– Je t’ai posé une question, il me semble…
– Mais rien ! Rien ! Ni sur Monsieur Leo ni sur Lucie… Je vous assure…
– Il ne s’agit pas d’eux, mais de nous… De toi et de moi…
– De nous ? C’est quoi encore cette salade ?
– Tu aimes ça faire ton intéressante, hein ?
– C’est Valentine… Je suis sûre que c’est elle… Faut toujours qu’elle sème la zizanie partout… Elle peut pas s’empêcher…
– S’il y a quelqu’un qui sème la zizanie ici… Je vais te la faire passer, moi, tu vas voir, l’envie d’inventer des histoires à dormir debout…
– Mais j’ai rien inventé du tout !
– C’est ça ! Parce qu’on a couché ensemble tous les deux peut-être … Ben voyons !
– Mais non, mais…
– Tu t’enfonces, là… Tu t’enfonces… Bon, mais allez ! Assez perdu de temps comme ça… Tu te déshabilles… Complètement…
– Vous… Vous allez pas me le faire à la ceinture ?
– Si… Pourquoi ? Tu y vois un inconvénient…

– Non… Aucun, non… Aucun…   

jeudi 13 juin 2013

Escobarines: De retour



– Que m'apprend-on, Madame ? Vous êtes donc de retour...
– Pour me jeter à vos pieds, Monsieur...
– Le roi se serait donc lassé de vous ?
– Sa Majesté s'est éprise d'une autre... Plus jeune et – m’a-t-elle dit – plus avenante...
– Si bien que vous vous êtes tout soudain souvenue que vous étiez unie à moi par les liens du mariage...
– Je vous en conjure, Monsieur...
– Eh, quoi, Madame ! Songez-vous à ce que furent pour moi ces dix années ?
– J'en suis fort marrie, mais quand le roi ordonne...
– Vous vous êtes soumise à sa volonté de fort bonne grâce...
– Est-ce ma faute à moi si ses yeux se sont posés sur moi ?
– Non... Mais c'est la vôtre d'avoir fait tout ce qui était en votre pouvoir pour qu'il en soit ainsi...
– Je vous jure, Monsieur, par tout ce que j'ai de plus sacré...
– Ne jurez point, Madame... Vous vous parjureriez... Ne vous ai-je point vue, de mes yeux vue, user de coquetterie à son endroit ?
– Vous l'aurez cru...
– Allons, Madame, allons ! Ne me contraignez point à vous remettre en mémoire des situations aussi douloureuses à évoquer pour moi que désormais tout autant – sans doute – pour vous...
– J'implore votre pardon...
– Vous l'accorder est au-dessus de mes forces...
– Je vous en supplie... Que deviendrai-je ?
– Je vais vous faire conduire chez votre père...
– Ne m'infligez pas cette honte...
– Vous êtes-vous jamais souciée de ce que fut la mienne ?

– Monsieur…
– Je vous avais confiée aux bons soins de votre père, ce me semble…
– Il m’a chassée… Et interdit de reparaître jamais devant lui…
– Il y a sans doute à cela d’excellentes raisons…
– Que vais-je devenir ?
– Ce que vous voudrez… Ou ce que vous pourrez… Que m’importe ?
– Vous m’abandonnez donc à mon sort ?
– Ne m’avez-vous point, pendant toutes ces années, abandonné au mien…
– N’en suis-je pas suffisamment punie ?
– Certes non… Vous ne l’êtes pas… Le châtiment que vous mériteriez qu’on vous inflige…
– Eh bien ? Quel est-il ? J’en passerai par tous ceux que vous jugerez bon de m’imposer, mais je vous en conjure...  Ne me repoussez pas…
– J’ai été la risée de la cour… Celle de toute la contrée… Celle de mes gens… N’est-il pas juste qu’à votre tour… Répondez, Madame…
– Je suis coupable… Punissez-moi ! Punissez-moi de la façon que vous tiendrez pour la plus juste…
– Dans votre cas le fouet…
– Le fouet !
– Le fouet, oui…
– Monsieur…
– Qui vous sera administré en place publique…
– Vous n’aurez donc point de pitié ?
– Par mes gens… Et par les vôtres…
– Rien ne me sera épargné…
– Votre conduite le justifie, Madame… À moins que vous ne préfériez être reléguée dans les profondeurs d’un quelconque couvent où vous aurez tout loisir de vous repentir de vos péchés et de songer à votre salut éternel…
– Plutôt mourir…
– Dans ces conditions…  Vous serez donc menée à travers la foule, les yeux bandés, parée de vos plus beaux atours, par mes gens qui veilleront à ce que l’on vous couvre de quolibets sans pour autant vous molester le moins du monde… Sur la place de l’Église une estrade aura été dressée… On vous y dépouillera totalement de vos vêtements – ainsi que de votre bandeau – et on vous y administrera le fouet… Aussi longtemps que je le jugerai bon… C’est nue que vous referez ensuite le chemin en sens inverse… Vous pourrez alors reprendre votre place auprès de moi et être restaurée dans tous vos droits…
– L’épreuve que vous m’imposez là…
– Vous êtes libre de l’affronter ou non… La décision vous appartient… Et n’appartient qu’à vous…
– Je ne sais pas… Je ne sais plus… De quelque côté que je me tourne…
– La nuit porte conseil… Mettez-la à profit… Demain vous me direz…

– Eh bien, Madame ? Vous êtes-vous décidée ?
– Allons, Monsieur, allons ! Mais je marche au supplice…
  
   

lundi 10 juin 2013

Le Centre ( 23 )

– Alors ? C’était pas bon ?
– Oh, si ! Comment t’as été douce, mais douce !  
– Et ça t’a surprise…
– De ta part un peu, oui… Surtout que juste avant…
– Tu verras… Parce qu’on est loin d’en avoir fini toutes les deux… Tu verras… Je peux être tout… Tout et son contraire… Je SUIS tout et son contraire… Comme toi finalement…
– Oh, non ! Non…
– Bien sûr que si ! Seulement tu veux pas le savoir… Ça te fait bien trop peur… Mais le jour où tu consentiras à te regarder en face… Tu seras pire que moi… Et de loin…
Elle m’a soulevé le menton du bout du doigt…
– Il y en a plus pour longtemps… C’est pour bientôt… Très bientôt…
Et elle m’a expédiée d’une petite claque sur les fesses…
– Allez, file !

– Lucie…
– Quoi ?
– Tu veux que je lui parle à Laëtitia ?
– Lui parler ? Pour quoi faire ?
– Pour qu’elle aille pas le trouver Xavier…
– Qu’elle y aille, mais qu’elle y aille ! Qu’est-ce que j’en ai à foutre ! Alors là… Si tu savais ! Je rattraperai le coup… C’est facile avec lui… Et puis de toute façon je pourrais bien le faire cocu jusqu’aux yeux qu’il s’écraserait… Il s’écrase toujours…
– J’y comprends plus rien…
– Qu’est-ce tu comprends pas ?
– C’est pas ce que tu lui disais tout-à-l’heure à Laëtitia… T’avais l’air de drôlement appréhender au contraire…
– Oui, mais bon ! Il y a des fois t’as envie de te faire croire des trucs… Que ton mec il est pas comme il est… Qu’il est tout le contraire… Tu le supporterais pas dans la réalité, mais là s’il s’agit juste d’imaginer… Tu comprends ?
Je comprenais, oui…
– Non… Et puis me prendre une fessée pour me punir d’avoir couché avec Leo – par sa femme en plus – c’est un peu comme si ça avait vraiment eu lieu… Comme si je l’avais vraiment fait… J’ai envie n’empêche ! Non, mais comment j’ai envie ! Je crois que j’ai jamais eu autant envie avec personne… Tiens, le v’là ! Il me rend folle ce type… Il me rend complètement folle…

– Alors, Mesdames ?! Ces haricots verts, ça avance ? Pas vraiment on dirait… On préfère papoter, c’est ça, hein ? Bon, mais vous vous débrouillez comme vous voulez… Je veux mes deux cents bocaux ce soir… Stérilisés et étiquetés… Ah, et puis… Eugénie, viens avec moi ! J’ai deux mots à te dire…

– Tu sais pourquoi je t’ai convoquée, je suppose…
– Pas du tout, non…
– Réfléchis bien !
– Parce que j’ai espionné derrière la porte quand vous avez donné la fessée à Lucie ?
– Ah, parce que tu nous as espionnés ?! De mieux en mieux… Mais à part ça…
– Je vois pas…
– Mais si ! Réfléchis bien…
– Non… Je vous assure…
– Tu sais que c’est pas bien du tout de colporter des ragots…
– Hein ?! Mais j’ai pas…
– Laissé entendre qu’il y avait quelque chose de très intime entre toi et moi ? Bien sûr que si !
– Ah, non… Non…
– Oui… Bon… Tu vas pas ergoter… Si tu l’as pas fait t’aurais pu le faire… Ce qui revient au même… Et tu vas être punie pour ça… C’est mérité, avoue !
– Si ! oui…

– Eh bien voilà ! Tu sais ce qui te reste à faire… À me présenter bien sagement ton gentil petit derrière… Qu’on lui donne de jolies couleurs… Qu’il a déjà d’ailleurs… Apparemment quelqu’un est déjà passé par là… Et n’a pas fait dans la dentelle… Bon… Eh bien il y a plus qu’à suivre son exemple… Tu es prête ?