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lundi 20 novembre 2017

Au plaisir des dames (3)

Félix Vallotton. Quatre torses, 1916


– Géniale, cette soirée, non ?
– Ah, oui alors !
– Et puis, ils cuisinent sacrément bien, en attendant, pour des mecs.
– Sans compter que, dans le jardin, c’est une chose, mais de les avoir là, à poil, dans leur cuisine, à aller et venir, à s’asseoir, à se relever…
– Ah, ça t’a plu, ça, hein !
– Pas à toi, peut-être ?
– À un moment, la conversation avait pris un tour sacrément coquin, n’empêche. Et sûrement que si on avait un peu insisté…
– Ils se seraient mis à combattre pour nous.
– Je crois aussi, oui. Oh, mais ce n’est que partie remise si on veut. Et si on sait manœuvrer…
– On saura. D’autant que c’est à leur tour de venir demain soir. Et pas question de les laisser repartir sans avoir fait avancer le schmilblick.

– L’impression qu’ils donnent, c’est qu’ils seraient pas contre, hein, finalement.
– Mais pas avec les mêmes règles du jeu. À nous de la ramasser, la fessée, sur ce coup-là. À celle de nous deux, du moins, qu’aura fait le mauvais choix.
– Ce qu’est nettement moins drôle que de la leur donner.
– Et, si j’ai bien compris, c’est le gagnant qui la lui flanquerait. Pour la punir de pas avoir pris parti pour lui. Avant d’aller s’enfermer dans la chambre avec l’autre. Machiavélique, non ?
– Oui, mais tout ça, c’était plutôt dit sur le mode de la plaisanterie. Faut pas y attacher trop d’importance.
– Oui, oh, alors là, j’en mettrais pas ma main au feu. On ne plaisante jamais complètement au hasard. Il y a toujours un fond de vérité derrière.
– Tu crois ?
– Évidemment ! Oh, mais je vais en avoir le cœur net, n’importe comment. Et pas plus tard que cet après-midi. En continuant son portrait à Gilles. Quand on n’est que tous les deux, il se lâche complètement.

– Alors ?
– Ben alors, c’est quand on veut. Ils demandent que ça.
– C’est sûr ?
– Sûr et certain ! On fait quoi ? C’est toi qui décides. Ce sont tes voisins.
– D’un côté…
– Ça te tente bien. Depuis le temps que tu les reluques et que tu rêves de te pâmer dans leurs bras, mais, de l’autre…
– Avec la chance que j’ai, je vais forcément miser sur le perdant.
– Et une fessée, on peut pas dire que ça te tente. Oui, mais ça, quand on joue, on n’est jamais sûr de gagner. Ce serait trop facile.
– Tu choisirais lequel, toi ?
– Gilles… Ça coule de source.
– Je crois quand même que Nicolas est plus costaud.
– Oui, oh, ben alors ça, je suis bien tranquille que non.
– Si ! Il est plus râblé. Plus nerveux. Il en ferait qu’une bouchée de ton Gilles, je suis sûre.
– On parle dans le vide, là, n’importe comment.
– Pas tant que ça, moi, je pense…
– On vérifie ?
– On vérifie.
– Eh bien, allez, alors ! Ils nous attendent.

– Comment ils y ont mis tout leur cœur, n’empêche ! On voyait vraiment qu’ils voulaient tous les deux gagner.
– Et qu’est-ce que ça a duré ! Ah, on a eu le temps d’en profiter…
– Jamais je serais allée imaginer que Nicolas se défonce autant pour moi. Qu’il ait autant envie de moi finalement.
– Sauf qu’à l’arrivée…
– Oui, bon, ça va. Pas la peine d’en rajouter. D’autant que ça s’est joué à pas grand-chose au bout du compte.
– Mais le résultat est là. Gilles était le plus fort. Et alors je te dis pas après…
– Ben ça, on a entendu.
– Un jeune mec comme ça, beau, bien musclé, bien monté, bien endurant, j’avoue que, même dans mes rêves les plus fous, je pensais pas que ça redeviendrait un jour possible. Faut dire aussi que tu nous as bien aidés. Parce que t’avoir collé une fessée juste avant, ça l’avait sacrément mis en appétit.
– Et il y est pas allé de main morte, c’est le moins qu’on puisse dire. Ça va peut-être te surprendre, mais, en attendant, c’était pas si désagréable que ça.
– C’est bien ce qu’il m’a semblé. Ben, il y a plus qu’à recommencer alors !
– C’est quand tu veux. Et quand ils veulent.
– Même si c’est encore Gilles qui gagne ? Ce qu’est couru d’avance.
– Même…

samedi 18 novembre 2017

Amandine

Quand je les ai découverts sur ses blogs:



les dessins et les textes de Didou m'ont tout de suite parlé. S'en est suivie l'idée de réaliser quelque chose en commun. Et j'ai écrit une histoire qu'elle a eu la gentillesse d'illustrer.

En voici le premier volet. ( il y en aura quatre )


AMANDINE




– Je vous dérange pas ?
C’était Amandine, la petite étudiante du dessus.
– Pas du tout, non. Entrez !
– Vous allez me trouver d’un sans gêne ! Surtout qu’on se connaît pas beaucoup.
Ça, c’était une évidence. Bonjour-Bonsoir quand on se croisait. Et on en restait là.
– J’ai longtemps hésité. Et puis je me suis dit que vous n’alliez pas me manger. S’il veut pas, il veut pas et puis voilà…
Oui, mais si je voulais pas quoi ?
– M’en prêter, des livres. À ce qu’il paraît que vous en avez des quantités.
– Venez !
Elle a roulé des yeux effarés.
– Tout ça ! Mais combien il y en a ?
– Pas loin de six mille.
– Vous les avez tous lus ?
– La plupart. Bon, mais je vous laisse. Regardez ! Choisissez ! Prenez tout votre temps !
Elle n’a fait sa réapparition que trois heures plus tard.
– J’abuse…
Et en a emporté quatre.
– Je peux ? C’est pas trop ?
Précieusement serrés contre elle.


Elle est revenue souvent. Elle passait un temps fou à côté. Au milieu de mes livres. S’attardait aussi parfois à discuter avec moi. De plus en plus souvent. De plus en plus longtemps.
– Ça me fait du bien. Si, c’est vrai, hein ! Parce que c’est pas souvent qu’on peut parler vraiment avec les types. Ceux de mon âge, à part les jeux vidéos et le sport, il y a rien qui les intéresse. Quant aux plus vieux, eux, une petite jeune, ils vont manœuvrer tout ce qu’ils savent pour coucher avec. Il y a que ça qui compte pour eux. Mais vous, on sent tout de suite que c’est pas pareil. Et puis en plus, ce que vous dites, ça me donne toujours à réfléchir. Si, c’est vrai, hein !

Et, petit à petit, elle est entrée sur la voie des confidences. Des confidences de plus en plus intimes. Sur ses parents, avec lesquels elle ne s’était jamais vraiment entendue. Sa mère, surtout.
– C’est bien pour ça : dès que j’ai pu prendre mon indépendance, tu penses bien que j’ai pas hésité…
Sur ses petits copains.
– Trois, j’en ai eu. En tout et pour tout. Copies conformes les uns des autres. À croire que je suis programmée pour toujours tomber sur le même genre de pièges. Ou qu’ils sortent tous du même moule.
Et sur Aurore.
– Alors là, Aurore…
Elle s’animait. Ses yeux se mettaient à briller.
– C’est une fille extraordinaire. Tu ne peux pas ne pas en tomber amoureuse. C’est impossible.
Elle en était effectivement tombée amoureuse.
– Et pire que ça encore !


Elle venait deux à trois fois par semaine. Elle emportait et remettait en place les ouvrages qu’elle désirait lire. Sans que je vérifie jamais de quoi il s’agissait. Ça ne regardait qu’elle. Sauf que ce mardi soir-là, en se retournant, dans l’entrée, pour me dire au revoir, elle a buté dans la petite table basse, trébuché, voulu se rattraper à la console et a laissé échapper les trois livres qu’elle serrait, avec son coude, contre sa hanche. Elle a eu beau se précipiter pour les ramasser, j’avais eu le temps de les reconnaître. « Osez la fessée » « Guide de la fessée et de la flagellation » « L’étrange passion. »
– Excusez-moi ! Excusez-moi !
Elle s’est enfuie avec sans demander son reste.

Et est revenue le lendemain.
– Qu’est-ce que vous allez penser de moi maintenant !
– Holà ! Beaucoup de mal.
Elle m’a jeté un long regard contrit.
J’ai éclaté de rire.
– Mais non, idiote !
Elle s’est un peu détendue.
– Remarquez, ce que je me suis dit, cette nuit, quand je dormais pas, c’est que si vous les aviez dans votre bibliothèque ces bouquins, c’était pas juste pour décorer. C’est que vous aussi ça vous intéresse. Non ?
– Ben, évidemment.
– Moi, c’est à cause d’Aurore. Elle adore ça m’en mettre. Et comme je peux rien lui refuser…
Elle a semblé contempler quelque chose longtemps, très loin, par la fenêtre.
– Enfin… C’est vrai et c’est pas vrai… Parce que moi aussi, j’aime bien. Surtout après. Quand elle me prend sur ses genoux, qu’elle me câline et qu’elle me console.




jeudi 16 novembre 2017

Mémoires d'une fesseuse (11)

C’est le sentiment d’une présence dans ma chambre qui m’a réveillée en sursaut, sur le coup de deux heures du matin. J’ai allumé. Marie-Clémence était toujours au coin. Là où je l’avais envoyée en début de soirée. Elle n’avait pas bougé.
– Qu’est-ce tu fous là ? Va te coucher !
L’image d’Hélène, penchée à poil sur sa table, m’a effleurée. Est-ce qu’elle non plus n’avait pas bougé, attendant patiemment que je vienne la délivrer ? Peut-être. Sûrement même. On verrait ça. Plus tard.
Et je me suis rendormie.

À neuf heures, j’ai déjeuné. Je me suis douchée. Habillée. Ce n’est qu’ensuite, bien après, que je l’ai appelée. Ça a d’abord sonné sept ou huit fois dans le vide avant qu’elle ne finisse par décrocher.
– Hélène ?
– Oui.
– Tu m’as désobéi. Tu n’es pas restée comme je te l’avais dit.
– Ah, mais si ! Si ! Je t’assure.
– Ah, oui ? Et comment t’as fait pour attraper ton téléphone alors ? Il était dans la cuisine.
Il y a eu un long silence.
– Tu vois bien… Non seulement tu me désobéis, mais, en plus, tu me mens. Bon, mais j’arrive. On va régler ça.

Je ne lui ai pas adressé un seul mot. Je me suis emparée du martinet et je l’ai aussitôt fouettée. Les coups de lanière s’abattaient sur sa croupe avec un bruit sec, s’y incrustaient en relief, la faisaient haleter, gémir et trépigner d’une manière dont je ne pouvais pas ne pas reconnaître, quand bien même je l’aurais voulu, qu’elle m’était extrêmement agréable. De plus en plus agréable au fur et à mesure que la correction se poursuivait et que son fessier se couvrait de longues zébrures boursouflées. Elle semblait y prendre, elle aussi, un incontestable plaisir. Ses fesses s’étaient progressivement mises à onduler lascivement d’une façon qui ne pouvait laisser planer aucun doute sur la nature de ce qu’elle ressentait.
Je me suis interrompue. J’ai glissé une main entre ses cuisses. Je suis remontée. Elle était trempée. J’ai un peu séjourné sur les rebords de sa fissure intime. M’y suis brièvement aventurée. Elle a poussé un long râle de satisfaction.
J’ai repris le martinet et j’ai recommencé à cingler. Toujours les fesses, mais très bas. Le plus bas possible. Elle a geint. De plus en plus vite. De plus en plus fort. Et elle a proclamé, à pleins poumons, une jouissance qui l’a fait basculer sur le côté. Dont elle a mis un temps infini à émerger.
– Merci. Oh, merci. Si tu savais !
Si je savais quoi ?

Je l’ai aidée à se redresser. On est allées s’asseoir.
Hein ? Si je savais quoi ?
– Comment c’est fabuleux un pied que tu prends, comme ça, pendant qu’on te corrige. C’est unique. À rien d’autre ça peut se comparer. Et c’est pas si souvent que ça arrive.
Elle m’a lancé un regard tout humide de gratitude.
– Mais ça, c’est parce que comment ça se sentait le plaisir que t’avais à diriger. À avoir les pleins pouvoirs. Et à taper. T’en étais tout enivrée. Toute dilatée. Un vrai bonheur pour moi.
Elle a posé sa main sur la mienne.
– La seule chose… c’est que tu peux lâcher tes coups, tu sais, si tu veux. Encore plus. Complètement. Plus ça fait mal et plus…
Elle n’a pas terminé sa phrase.

lundi 13 novembre 2017

Au plaisir des dames (2)

William Etty Male Nude Kneeling from the back; 1835-1845

– À l’abordage !
– T’as l’air bien décidée. Tu vas où comme ça ?
– Chez tes voisins. Leur porter un cageot de prunes. Ce qui me donnera l’occasion de voir les leurs de plus près. Et d’entamer un dialogue qui, je l’espère, sera constructif. Tu viens avec moi ?
– J’ai plein de trucs à faire.
– Bon, ben je te raconterai alors ! À tout de suite.

– T’en as mis un temps !
– Oh, fallait bien ça.
– Pour ? Eh bien, raconte, quoi !
– En tout cas, ils sont charmants. Et hyper bien foutus. De près ça saute encore plus aux yeux. Comment tu te régales ! T’as loupé quelque chose, là. T’aurais dû venir.
– Vous avez discuté ?
– On n’a même fait que ça. Et je peux te dire que le Nicolas, il s’y connaît sacrément bien en peinture. Quant à Gilles, on est tombés d’accord. Je vais faire son portrait. En pied.
– Comment ça, tu vas faire son portrait en pied ? À poil ?
– Évidemment, à poil ! Quel intérêt, sinon ? Demain on commence. Tu pourras venir si tu veux. C’est vraiment pas le genre de type que ça va déranger.

– T’as causé… T’as causé… Et tu l’as pas beaucoup peint le Gilles du coup.
– Mais toi, par contre, t’as beaucoup reluqué en douce.
– Ça s’est vu, tu crois ?
– Je sais pas. Je crois pas qu’ils aient fait attention. Tu t’en fous n’importe comment. Qu’est-ce ça peut faire ?
– Oui, non, mais quand même ! Faudrait pas qu’ils aillent s’imaginer…
– Que quoi ? Que tu les trouves à ton goût ? T’es sûrement pas la première. Et c’est le genre de chose qui fait plutôt plaisir, non ? Tout le monde adore ça. En attendant, moi, tu peux être tranquille que je vais prendre mon temps, mais alors là, vraiment tout mon temps. Sous toutes les coutures je vais le peindre le Gilles. Et l’autre aussi, là, le Nicolas, bien pris, il va y attraper pareil. Faut pas qu’il s’imagine qu’il va s’en sortir comme ça. Ah, tu peux t’attendre à m’avoir un bon moment à squatter chez toi.
– Tout le temps que tu voudras. C’est pour la bonne cause.

– T’aurais dû venir. Parce que t’as vraiment loupé quelque chose, là.
– Oui, mais comme je t’ai dit. Pas à chaque fois.. Toi, t’as une raison pour y aller. Moi, j’en ai pas. Et j’aurais trop l’air de vouloir surveiller tout ce qui se passe.
– Remarque, dans un sens, valait peut-être mieux que tu sois pas là aujourd’hui. Qu’on soit que tous les deux. Il était plus à l’aise pour parler.
– Pour parler de quoi ?
– Je lui ai dit que t’avais remarqué qu’ils avaient les fesses rouges des fois.
– T’as pas fait ça !
– Ben si ! Pourquoi ? Ce qui l’a beaucoup amusé… « Comme quoi, elle est pas aussi miro qu’elle le prétend ! » Et j’ai eu le fin mot de l’histoire. Ils font de la lutte tous les deux. À haut niveau. Ils sont taillés pour, faut dire.
– De la lutte ? Oui. Et alors ? Je vois pas le rapport.
– Mais si ! C’est que les deux filles, là, quand elles viennent, elles se prennent chacune un champion. Ils combattent. Et le gagnant, celle qui l’avait choisi, elle l’emmène dans la chambre. Quant à l’autre, il reste sur la béquille. Et la fille qui comptait sur lui, ben elle le punit. D’autant plus vigoureusement qu’elle se sent plus frustrée. C’est un jeu entre eux, quoi, en somme.
– Ah, je comprends mieux.
– Ça te laisse rêveuse, on dirait.
– Un peu.
– On jouerait bien, nous aussi, non ?
– Oui, mais faut pas rêver.
– Eh, qui sait ? Si on s’y prend bien… Moi, je suis bien décidée à tenter le coup. D’autant qu’on y mange ce soir. Ils nous invitent.



jeudi 9 novembre 2017

Mémoires d'une fesseuse (10)

Une fois dehors, j’ai hésité. Et maintenant, je procédais comment ? Je remontais, très vite, lui administrer une bonne fouettée ? Ce qui, je dois bien le reconnaître, me démangeait fortement. Ou bien est-ce qu’au contraire je faisais durer ? Est-ce que je la laissais comme ça, penchée sur la table, les fesses à l’air, à attendre indéfiniment mon retour ? À l’espérer et à l’appréhender tout à la fois ? Ce qui, maintenant que je m’étais installée aux commandes, que j’avais pris le pas sur elle, allait très probablement asseoir définitivement mon pouvoir. Perspective enivrante. Très. Non, il n’y avait pas à hésiter le moins du monde.

Et je suis rentrée chez moi. Sans bruit. Pour ne pas réveiller Marie-Clémence. Marie Clémence que j’ai découverte, quand j’ai poussé la porte de ma chambre, installée dans mon lit. Dont elle est sortie en toute hâte. À poil.
– Ben, qu’est-ce tu fous là ?
– Je m’en vais… Je m’en vais…
– Et c’est quoi, tout ça ?
Des photos, des dessins, étalés sur ma couverture, qu’elle s’est empressée de dissimuler à mes regards. Qu’elle a glissés sous son bras. Et elle a voulu s’enfuir.
Je l’ai empêchée de passer.
– Non. D’abord, tu m’expliques…
– T’avais dit que tu rentrerais pas cette nuit.
– Oui. Et alors ?
– Ben…
– T’en as profité pour venir te branler dans mon lit.
Elle a baissé la tête.
– Eh, bien ? Réponds !
– Oui.
– Et ça t’arrive souvent ?
– Oh, non !
– Menteuse ! Chaque fois qu’une occasion se présente, oui, tu veux dire ! Alors là, je suis bien tranquille… Bon, mais c’est quoi, là, tout ça, que tu caches sous ton bras ?
– C’est à moi.
– Je te demande pas si c’est à toi. Je te demande ce que c’est. Donne ! Allez, donne ! Fais attention, Marie-Clémence ! Fais bien attention !
Elle a donné. À contre-cœur.
Des photos. De moi. Une en pied, appuyée à un arbre. Une autre sur la plage, en petit maillot moulant noir. Et trois de mon visage. En gros plan. Des photos qui provenaient de mes albums. Qu’elle avait très probablement discrètement scannées en mon absence.
Et des dessins. Des dessins faits par elle. Une dizaine. Sur toutes, on me voyait en train de la fesser devant des rangées de spectateurs rigolards. Qui se moquaient ouvertement d’elle.
– La honte, hein ? Toujours la honte. En attendant, tu as vraiment un excellent trait de plume.
Elle a tendu la main pour les reprendre.
– Non. Confisqué.
Et je les ai jetés sur mon bureau où je me suis alors aperçu que traînait ma jolie ceinture de cuir jaune.
– Qu’est-ce ça fait là, ça ?
Elle a balbutié, rougi.
– C’est qu’elle…
– Enflammait ton imagination. Je vois… Bon, mais il y a pas que ça qu’elle va enflammer.
Je lui ai indiqué mon lit. De mon bras tendu.
– Retournes-y, puisqu’il te plaît tant.
Elle est allée tout droit s’y allonger. Sans un mot. Sur le ventre. Docilement. A enfoui sa tête dans l’oreiller.
J’ai aussitôt cinglé. Cinq ou six coups très rapprochés qui lui ont arraché des gémissements étouffés. Et puis d’autres, plus espacés, mais plus appuyés, qui la faisaient, chaque fois, se soulever du derrière.
J’ai brusquement cessé.
– Au coin ! Va au coin…
Elle a trottiné jusque là.
– Les mains sur la tête !
Elle a obéi.
Et j’ai longuement photographié son postérieur tuméfié. Barré de longues traînées carminées.
Elle n’a rien dit. Elle n’a pas protesté. Elle n’a rien demandé. Elle ne s’est pas retournée non plus.

lundi 6 novembre 2017

Au plaisir des dames (1)

Henri Herbert La Tangue. In the Orchard, 1893

– Et c’est souvent qu’ils se baladent à poil comme ça, tes voisins ?
– À longueur de journée. S’il fait beau, évidemment. Soi-disant qu’ils sont naturistes. Oh, mais ils sont très corrects, hein ! Ils sont d’abord venus me demander si ça me dérangeait pas. Comme je leur ai dit… « Mes pauvres enfants ! Vous faites bien ce que vous voulez. De toute façon, j’y vois plus grand-chose, moi, maintenant, vous savez ! »
– Tu parles ! À d’autres ! T’y vois comme à vingt ans.
– Oui, mais, comme ça, ils se sentent plus libres.
– Et toi, tu peux te rincer l’œil tout ton saoul.
– Si, à mon âge, on peut même plus s’offrir le plaisir de reluquer des beaux mecs, alors qu’est-ce qu'il reste comme satisfaction dans la vie ? Il y a plus qu’à crever.
– Faut reconnaître qu’ils sont sacrément bien foutus. Moi, si j’avais des voisins comme ça…
– Tu passerais ta vie au jardin. C’est bien ce que je fais.
– Non, mais regarde-moi ces petites fesses ! Elles sont pas à croquer ?
– Tu prêches une convaincue.
– Si je devais choisir…
– Tu pourrais pas. Moi non plus. J’aurais à peine opté pour l’un que je regretterais de ne pas avoir choisi l’autre.
– De toute façon, la question se pose pas. Qu’est-ce qu’ils peuvent bien avoir à fiche de nous, tu parles ! D’autant qu’ils doivent avoir toutes les filles qu’ils veulent à leurs pieds.
– Peut-être.
– Non ? T’as l’air dubitative. Remarque, deux types qui vivent comme ça sous le même toit, il y a quand même pas mal de chances pour qu’ils soient homos.
– Je sais pas. D’un côté, il y a des trucs qui me donneraient à penser que oui.
– Quels trucs ?
– Ben, par exemple, c’est souvent que Gilles, il fait la sieste dehors…
– Lequel c’est, Gilles ?
– Le plus petit. Le brun. Et que Nicolas le regarde dormir. Et qu’il bande en le regardant. Il arrête pas de bander.
– Oui, oh, ben alors !
– Mais, d’un autre côté, souvent il y a des filles qui passent. Qui restent tout le week-end. Et, quand elles repartent, ils ont le derrière tout rouge.
– Comment ça ?
– Ben, ils se sont pris une fessée. Faut quand même pas que je te fasse un dessin ?
– C’est pas vrai ! Et ils sortent dans le jardin comme ça ?
– Ils sont persuadés que j’y vois quasiment rien, je te rappelle…
– C’est qui, ces filles ?
– Je n’en ai pas la moindre idée.
– Peut-être qu’elles savent des trucs sur eux. Et qu’elles les font chanter. Ou la fessée ou on vous dénonce.
– J’y ai pensé aussi.
– Ou bien alors ils adorent qu’on leur tanne le cul. Que des femmes leur tannent le cul.
– Je croirais plutôt ça.
– Et toi, pendant ce temps-là, tu restes tranquillement assise là, à regarder tout ça de loin ! Si c’est ça, mais faut y aller. Faut foncer.
– Je sais pas, je…
– Mais bien sûr que si ! Parce qu’ils attendent qu’une chose, si ça tombe. C’est que tu leur en colles une. Tu penses bien que c’est pas un hasard s’ils viennent te balancer comme ça leurs petits derrières tout rouges sous le nez.
– Tu crois ?
– C’est pas que je crois, c’est que je suis sûre. Bon, mais allez ! On lance l’opération « voisins ». Et je te parie qu’avant trois jours ils viennent nous offrir leurs fesses, docilement allongés en travers de nos genoux…

(à suivre)

jeudi 2 novembre 2017

Mémoires d'une fesseuse (9)

Chez elle, j’ai aussitôt voulu prendre les choses en mains. Faire preuve de détermination. Qu’elle n’aille pas s’imaginer que je n’étais pas à la hauteur. Et regretter de m’avoir fait confiance. Je me suis donc installée, d’autorité, dans le fauteuil qui trônait, à la place d’honneur, devant la cheminée.
– T’as sûrement un martinet quelque part ?
Elle avait, oui.
– Va me le chercher…
Ce qu’elle s’est empressée de faire.
– Donne !
Je l’ai fait claquer en l’air. Plusieurs fois.
– Là ! Et maintenant désape-toi !
D’un ton sec. Cassant. Elle m’a lancé un bref regard de satisfaction. Et elle a obéi. La robe. Dont elle a fait glisser, dans le dos, en se contorsionnant, la fermeture-éclair. Qu’elle a passée par-dessus la tête. Le soutien-gorge. Dont elle a ramené l’attache devant, sous les seins, après les avoir extirpés des bonnets. Sans se détourner. Elle l’a dégrafé, jeté derrière elle. Et puis elle a attendu. Quelque chose. Un ordre. Ou un encouragement. Que je me suis bien gardée de lui donner. J’ai attendu, moi aussi, impassible, impénétrable, sans la quitter un seul instant des yeux. Il s’est passé du temps, beaucoup de temps, avant qu’elle se résolve enfin à sortir de sa culotte. Une jambe après l’autre. Un pied après l’autre. Et elle est restée là, intégralement nue devant moi, les bras ballants le long du corps, la tête basse.
Je l’ai longuement détaillée. De haut en bas. De bas en haut. En m’attardant longuement ici ou là. Et puis j’ai ri. D’un long rire offensant sur les raisons duquel je lui ai laissé tout loisir de s’interroger.
Je me suis ensuite lentement levée, approchée.
– Tu n’as pas honte ?
Elle a gardé les yeux obstinément baissés.
– Hein ? Tu n’as pas honte ? Eh, bien ? Réponds !
– Si !
D’une toute petite voix.
– Tu vas être punie pour ça…
Je l’ai prise par le bras, menée jusque devant la grande table en chêne.
– Penche-toi !
Je lui ai pesé, de toutes mes forces, sur la nuque, l’ai obligée à s’incliner, à l’équerre, la joue écrasée contre la table.
– Là ! Et on bouge plus.
Je lui ai lentement, très lentement, promené les lanières du martinet tout au long de la colonne vertébrale, puis du sillon entre les fesses.
Elle a frémi. J’ai recommencé. Deux fois. Trois fois. J’ai alors jeté le martinet, à côté d’elle, sur la table.
– C’est tout pour aujourd’hui…
– Oh, non !
– C’est moi qui décide ! C’est pas moi qui décide ?
– Si !
– Alors tu restes là ! Tu restes comme ça… Tu bouges pas… Et je veux pas t’entendre.
Et je me suis mise à errer, tout à loisir, dans son appartement. J’ai visité les pièces, ouvert les placards, les penderies, sorti ce qu’il y avait dans les tiroirs.
– C’est pas mal chez toi, dis donc !
J’ai longuement exploré la bibliothèque.
– Houla ! Zola… Flaubert… Balzac… Comment c’est sérieux, tout ça ! Il y en a d’autres, je suis sûre. Bien planqués quelque part. Tiens, qu’est-ce que je disais ! « Les délices du fouet. » Tout en haut et tout derrière. Je te l’emprunte. Je te le ramènerai.
Et je me suis dirigée vers la porte.
– Bon, ben j’y vais, moi ! Mais t’inquiète pas, je vais revenir ! Dans cinq minutes. Ou dans une heure. Ou dans dix. Ou demain. Mais je reviendrai. Promis. En attendant, toi, interdiction de bouger de là. C’est bien compris ?
– Oui.

lundi 30 octobre 2017

Un couple parfait

Felix-Armand Heullant, In Gedanken, 1905

– Vous ne lisez plus, ma mie ?
– Si, si ! Je lis…
Elle tourne précipitamment une page.
– Non, vous ne lisez plus. Plus vraiment. Depuis un bon moment déjà. Quelque chose vous préoccupe donc ?
– Non. Rien. Je vous assure…
Une autre.
– Ne serait-ce point la pensée de ce jeune homme qui vous a si aimablement invitée à danser, au bal, l’autre soir ?
– Lui ? Non point.
– Un autre alors ?
Elle repousse son livre.
– C’est-à-dire que…
– Vous songez à sortir. Vous y prenez décidément goût.
– Y verriez-vous quelque inconvénient ?
– Vous savez bien que non. Absolument aucun. Vous êtes jeune. Je ne le suis plus. Alors allez ! Allez retrouver qui vous voudrez. Je n’y mets qu’une seule condition, et vous la connaissez, c’est qu’en contrepartie, au retour, vous m'offriez vos fesses à claquer.
– M’y suis-je jamais refusée ?
– Jamais, en effet.
Elle reprend son livre, soupire, le repose. Le reprend encore.
– Cette contrepartie…
– Eh bien ?
– Ne serait-il pas possible que…
– Que ?
Elle hésite. Elle bredouille.
– Que ce soit dès maintenant. À présent.
– À présent ? Mais…
Elle se lève.
– Ne me posez pas de questions, je vous en conjure. Ne me demandez rien.
– Il n’est pas besoin de questions. Il se trouve très vraisemblablement que la dernière fois que vous vous êtes rencontrés, vous et lui, quelques vestiges du traitement que vous aviez précédemment subi subsistaient encore, qu’il les a aperçus, que cela l’a ravi et mis, à votre égard, dans de bien meilleures dispositions encore qu’à l’ordinaire.
– Taisez-vous ! Je vous en supplie, taisez-vous !
– Dispositions dont vous avez su tirer le meilleur parti. Tant et si bien que vous vous êtes juré – à moins que vous ne le lui ayez juré à lui – de lui offrir dorénavant la vision d’un derrière beaucoup plus coloré. Festonné de fessées toutes neuves. Est-ce bien cela ?
Elle ne répond pas. Elle baisse la tête.
– Est-ce bien cela ?
Elle croise brièvement son regard.
– Oui.
– Eh bien, Madame, dès lors ne tergiversons pas. Troussez-vous !
Elle se retourne. Elle s’agenouille. Elle se penche. Elle met son fessier à nu.
Un fessier qu’il flatte longuement de la main.
– De quels jolis dégradés de rouges et de grenats nous l’allons décorer. Ce sera un tableau absolument charmant.
Un fessier dont il prend résolument possession.
– Vous êtes prête ?
Elle fait signe que oui. Oui.
– Ce sera beaucoup plus long que d’habitude. Et beaucoup plus cuisant. Nous allons faire du très bel ouvrage aujourd’hui. Il ne sera pas déçu. Et, par conséquent, vous ne le serez pas non plus. Quant à moi…
Il lance une première claque. Vigoureuse. À pleines fesses.
– Je vais me régaler.

jeudi 26 octobre 2017

Mémoires d'une fesseuse (8)

Je m’étais engagée un peu à la légère. Parce que claquer le derrière de Marie-Clémence devant une rangée de spectateurs subjugués, bien sûr, oui, que l’idée me séduisait. Et que, de son côté, elle la fascinait aussi. Même si c’était, à l’évidence, de façon très ambiguë. Seulement, les trouver où, ces spectateurs ? J’en étais à ma toute première expérience. J’étais entrée comme par effraction dans l’univers de la fessée. C’était un milieu qui m’était totalement étranger. Et je n’y connaissais absolument personne.

Je suis allée fureter sur Internet, du coup, et j’y ai découvert qu’en réalité la fessée passionnait beaucoup de monde. Forums, fils de discussion, blogs, petites annonces… Fessées données. Fessées reçues. Fessées fantasmées. Il y en avait vraiment pour tous les goûts. Je me suis inscrite. Ici ou là. J’ai d’abord prudemment observé. J’ai ensuite participé à quelques échanges sans jamais dévoiler vraiment mes batteries. De temps à autre je recevais des messages en privé. Le plus souvent des hommes. Dont la plupart n’aspiraient qu’à me flanquer de retentissantes fessées. Ce n’était pas ce que je recherchais. Quant aux autres, leurs intentions étaient on ne peut plus claires : la fessée n’était pour eux qu’un prétexte. Ils espéraient m’attirer dans leur lit. Tant et si bien que j’ai fini par ignorer superbement tout ce qui était message d’origine masculine.

Et puis, un jour, il y a eu Hélène avec qui, rapidement, le courant est très bien passé. Qui n’aurait vu absolument aucun inconvénient à me regarder travailler le fessier de Marie-Clémence. Même si ce n’était pas ce à quoi elle aspirait principalement. Ah ! Et elle aspirait à quoi, elle, alors au juste ? À s’en prendre de sévères. Mais, de tout ça, elle préférait, et de loin, qu’on parle de vive voix. En vis à vis.
Et on s’est donné rendez-vous, un soir, dans un café. C’était une femme d’une quarantaine d’années, brune, les yeux bleus, l’air décidé. Qui est venue droit sur moi.
– T’as l’air surprise…
– Oui. Non. C’est-à-dire que je t’imaginais pas comme ça.
– Moi, si !
Elle a voulu qu’on entre tout de suite dans le vif du sujet.
– Bon, alors je t’explique, puisque tu veux savoir. J’adore ça m’en ramasser. Mais pas n’importe comment. Pas à n’importe quel prix. Il faut qu’un certain nombre de conditions soient impérativement réunies. Et je suis difficile. Très difficile. Si difficile qu’il y a près de quatre mois que ça m’est pas arrivé.
Et c’était quoi, ces conditions ?
Elle a souri.
– Tu serais intéressée ?
Peut-être. Je savais pas. Fallait voir.
– D’abord, la nana doit être plus jeune que moi.
– Ce qui est mon cas.
– C’est clair. J’ai le double de ton âge. À quelque chose près. C’est humiliant. J’aime. Ensuite, il faut que ce soit une débutante. Qu’elle hésite. Qu’elle tâtonne. Ce qui a quelque chose de profondément attendrissant.
– Je le suis plus, débutante.
– Bien sûr que si ! C’est pas parce que t’as donné, en tout et pour tout, une seule et unique fessée dans ta vie… T’as encore plein de choses à apprendre, tu verras.
J’en avais bien conscience.
– Mais surtout, il faut qu’elle dégage quelque chose. De fort. De puissant. De rapace. D’irrésistible. Et ça, tu l’as. Tu l’as même à un point…
– Je m’en rends pas compte.
– Ça n’en a que plus de charme…
On a gardé un long moment le silence, toutes les deux. Un silence qu’elle a fini par rompre.
– Alors ? Tu décides quoi ?
– C’est oui.
Elle s’est levée d’un bond.
– Bon, ben on y va alors, allez !
– Tout de suite ? Là ? Maintenant ?
– Maintenant, oui. Depuis le temps que j’attends…

lundi 23 octobre 2017

Partie carrée

James Tissot. La partie carrée, 1870

C’est souvent qu’on en parlait de nos hommes toutes les deux. De ce qu’ils disaient. De ce qu’ils faisaient. De comment ils se comportaient avec nous.
Pulchérie, elle, c’était tous les jours qu’elle y attrapait. Au moins. Quand c’était pas deux fois par jour. Voire trois.
– Sans arrêt, il en est, mon Maximilien, de la comédie. Il pense qu’à ça. N’importe où ça l’attrape. N’importe quand. Et comme moi, de mon côté, faut pas m’en promettre…
J’étais pas en reste. Avec mon Timothée aussi, c’était un sacré feu d’artifice.
– Et il a de ces idées en plus ! On se demande où il va chercher tout ça…
On se racontait nos ébats avec eux. De plus en plus souvent. Avec de plus en plus de détails. Ce qui n’assouvissait pas vraiment notre curiosité. Ce qui l’attisait au contraire. La portait à incandescence.

Pulchérie haussait les épaules.
– On cause… On cause… Mais ça permet pas de se rendre vraiment compte, tous ces discours. Ce qu’il faudrait, c’est pouvoir jeter un coup d’œil sur le matériel, tiens ! Qu’on sache à quoi s’en tenir. Qu’on se représente bien avec quoi ils opèrent, en fait, quand on en parle.
– Tu veux dire…
– Que ce serait bien que toi, tu voies comment mon Maximilien il est fait et que moi, je voie comment ton Timothée il est fait, oui. Ça te choque ?
Ça me choquait pas, non. Pas du tout. Et même… je trouvais l’idée séduisante. Seulement on allait procéder comment ?
C’était bien là le hic. On échafaudait toutes sortes de plans, on envisageait toutes sortes de solutions, toutes plus farfelues les unes que les autres. Aucune ne nous satisfaisait vraiment.
– C’est cousu de fil blanc.
– Ils vont nous rire au nez.
Non, on trouvait décidément pas.

Pulchérie n’avait pas pour autant l’intention de s’avouer vaincue.
– Il y aurait encore mieux, mais tu voudras jamais.
– Dis toujours…
– Ce serait de se les prêter. Une fois. Juste une fois. En présence l’une de l’autre, évidemment. Pas question de se faire quoi que ce soit derrière le dos. On saurait de quoi il retourne au juste comme ça. D’expérience. On pourrait en parler, après, en toute connaissance de cause.
C’était une idée qui, je dois bien le reconnaître, m’avait déjà, à plusieurs reprises, effleuré l’esprit. Qui, à force de l’entendre, elle, vanter tant et plus les performances de son Maximilien, revenait m’habiter de plus en plus souvent. Et la perspective de me pâmer dans ses bras m’enchantait positivement. Quant à Timothée, j’étais curieuse de savoir s’il se montrerait aussi passionné et imaginatif avec une autre qu’il l’était avec moi. Alors oui. Oui. Pourquoi pas ?

Et on a préparé un pique-nique. Qu’on a voulu au bord de l’eau.
– Ce sera plus romantique.
Avec du vin. Beaucoup de vin.
– Histoire de mettre tout le monde en forme.
– Et si ?
– Si quoi ?
– S’ils n’entrent pas dans le jeu…
– T’as déjà vu ça, toi, un homme se défiler quand on lui offre une occasion pareille sur un plateau ? Tu rêves, ma chérie.

On n’a effectivement pas eu besoin de forcer beaucoup notre talent . On a ri. On a feint d’être un peu pompettes. On a soutenu leurs regards. Il y a eu des sourires. Du désir dans leurs yeux. Pulchérie s’est délibérément appuyée contre Timothée. J’ai laissé ma tête dodeliner sur l’épaule de Maximilien. Leurs mains sont parties en reconnaissance, se sont faufilées dans nos corsages, en ont extirpé nos seins sur lesquels leurs visages se sont penchés, leurs bouches se sont égarées. Ils ont poussé plus loin leurs avantages, se sont glissés sous nos jupons, emparés de nos cuisses, de nos fesses, de nos réduits d’amour. Maximilien m’a fait languir. A indéfiniment prolongé. J’ai perdu la tête. Je me suis offerte. Ouverte. Et j’ai proclamé furieusement mon plaisir dans ses bras. Pulchérie aussi, en arrière-fond, en écho, dans ceux de Timothée.

Maximilien s’est redressé et tourné vers lui.
– Faut que je te dise quelque chose. D’important. Qui va pas te faire plaisir.
– Quoi donc ?
– C’est pas facile.
– Je peux tout entendre.
– Ta femme te trompe.
– Elle ? Alors là, ça m’étonnerait. C’est vraiment pas son genre…
– Et pourtant…
– Tu es sûr ?
– Certain.
– La garce ! Non, mais quelle garce ! Oh, mais ça va pas se passer comme ça… Je vais y mettre bon ordre… Remarque, je voudrais pas dire, mais la tienne, de son côté…
– Aussi ?
– Ben oui…
– Ah, on n’a vraiment pas de chance, tous les deux.
– En attendant, faut sévir. Faut absolument sévir.
– Oui, une bonne fessée, ça s’impose.
– Et ça tombe bien ! Elles ont déjà le derrière à l’air.

On s’est un peu défendues.
– Pas ici ! Pas ici ! Il peut passer du monde.
Pas beaucoup. Pas vraiment.
Et ils ont tapé. Maximilien sur les fesses de Pulchérie et Timothée sur les miennes. Pas très fort au début. Juste de petites claques en surface. Ils y ont pris goût. On y a pris goût. Ça s’est emballé. De plus en plus vite. De plus en plus fort. Ça a rebondi. Ça a mordu. Ça a brûlé.
Ça s’est arrêté.
– Bon, ben va falloir assurer maintenant, les garçons, hein ! Parce que ça nous a remis en appétit, ce truc.
– Ah, oui, alors ! Et pas qu’un peu !
Et on a été à nouveau dans leurs bras.


jeudi 19 octobre 2017

Mémoires d'une fesseuse (7)

Désormais elle se levait le matin. Tous les matins. Dès la première sonnerie. Sans qu’il me soit jamais besoin d’intervenir.
– Tu vois quand tu veux…
Et ce n’était pas tout. Elle prenait grand soin de tenir l’appartement en ordre, de veiller à ce que le frigo soit plein. D’une manière générale, elle faisait en sorte de ne pas me causer le moindre déplaisir. De quelque nature qu’il soit.
Par ailleurs, ses résultats universitaires s’étaient, quant à eux, améliorés de façon spectaculaire.
– Comme quoi une fessée, si elle est administrée à bon escient, peut se révéler particulièrement efficace. Et irradier dans toutes sortes de domaines.
Je ne manquais pas une occasion de lui faire remarquer qu’elle avait impérativement besoin de ça.
– De quelqu’un qui t’ait bien en mains. Qui t’impose sa loi. Et ce, dans ton intérêt.
J’enfonçais le clou.
– Il y a eu Vanessa. Peut-être d’autres avant. Sûrement même. Et maintenant, tu m’as, moi. T’as sacrément de la chance, avoue !
Elle l’admettait sans sourciller.
– C’est vrai ! Je te remercierai jamais assez.

Qu’elle ait changé aussi radicalement de comportement, sur tous les plans, ne faisait pas vraiment mon affaire. Maintenant, en effet, que j’avais goûté au plaisir subtil de donner des fessées, je n’avais plus qu’une idée en tête : recommencer. Ça m’obsédait. J’aurais bien évidemment pu chercher la petite bête, inventer des prétextes quelconques, faire preuve de la mauvaise foi la plus éhontée pour arriver à mes fins et lui tambouriner le derrière. Mais non. Non. C’était de vraies raisons qu’il me fallait. Que ce soit une VRAIE punition. Mon plaisir, j’en avais parfaitement conscience, était à ce prix. J’attendais donc mon heure. Qui ne venait pas. Elle demeurait désespérément irréprochable.

J’ai abordé le sujet avec elle, un soir que nous étions en veine de confidences toutes les deux.
– C’est une véritable métamorphose, toi, dis donc !
– Ben, oui ! J’ai intérêt. Je sais ce qui m’attend sinon.
– Ça te fait si peur que ça ?
– C’est surtout que ça fait mal.
– Et honte.
– Encore plus, oui.
– Tu m’as dit un jour que t’aimais ça, pourtant, avoir honte.
– Oui. Enfin, non. C’est pas vraiment que j’aime avoir honte, c’est que j’aime sentir que j’ai honte. Avoir honte d’avoir honte, en fait, dans un sens.
Elle a soupiré.
C’est encore bien plus compliqué que ça, mais je sais pas expliquer.
– Essaie quand même !
– Ou peut-être que c’est pas vraiment clair dans ma tête.
Elle a marqué un long temps d’arrêt.
– Une fessée, ça me fait honte, mais ce qui me fait encore plus honte, c’est de tout faire pour ne pas l’avoir. D’être prête à tout accepter pour ça.
– À dépendre entièrement de la volonté de quelqu’un d’autre en somme. De son désir. Ou de ce que tu supposes être son désir. Ce que, depuis des semaines maintenant, tu fais avec moi.
– Oui.
– Pour ta plus grande honte. Et ton plus grand plaisir.
Elle n’a pas répondu. Elle a, très vite, croisé mon regard. Baissé aussitôt les yeux.
Je me suis levée. Je suis passée derrière elle. J’ai posé mes mains sur ses épaules.
– Peut-être bien que ça mériterait une bonne leçon, ça…
Elle a imperceptiblement frissonné.
– Donnée, de préférence, devant du monde. Ce n’en serait que plus efficace.
– Oh, non ! Qui ?
– Tu verras bien qui. Et quand. Il y a rien qui presse. On a tout notre temps. Allez, va vite te coucher maintenant. T’as une dure journée demain.

À côté, dans sa chambre, elle a eu un plaisir comme jamais. Et encore dans la nuit.

lundi 16 octobre 2017

Attente…

Tanoux Afternoon coffee

C’est le moment qu’elle préfère. L’avant. Quand elle sait que ça viendra. Inéluctablement. Que le temps, jusque là, s’étire tout à loisir.

On passe tranquillement sur la route, devant le portail. Il y a des cris d’enfants au loin. Des oiseaux s’interpellent dans les arbres. Les cloches de l’église scandent les heures. Félicien, son homme à tout faire, scie du bois, pour l’hiver, derrière la grange. Elle l’entend. Des bouffées d’air tiède lui apportent, de temps à autre, l’odeur entêtante de la sciure.

Tout à l’heure, elle ira voir. Où ça en est. Où il en est. Elle fera la moue.
– Vous n’avez pas beaucoup avancé, Félicien…
Il relèvera la tête, offusqué.
– Mais, Madame…
Elle ne le laissera pas terminer.
– Votre travail laisse de plus en plus à désirer, Félicien. Vous devriez songer à vous reprendre. Dans votre intérêt.
Il ne protestera pas. Au contraire…
– Certainement, Madame…

À sept heures, tandis qu’il dînera, à l’office, en compagnie de Sidonie, la cuisinière, et de Blanche, la femme de chambre, elle viendra en rajouter une couche. Devant elles.
– Vous avez arrosé, Félicien ?
– Oui, Madame…
– On ne dirait pas. Le jardin crève de soif. Quant aux chevaux, il y a huit jours que vous ne les avez pas brossés. Au moins. Ils sont dans un état pitoyable.
– Je vous assure, Madame…
– Taisez-vous ! Et veuillez noter, une bonne fois pour toutes, que je n’ai pas l’intention de vous payer à ne rien faire.
Il promettra, tout penaud, de prendre désormais, son travail à cœur.

À dix heures, ce soir, ou peut-être onze, voire à minuit, on frappera à la porte, en bas, d’un poing résolu. On laissera passer quatre ou cinq secondes et on recommencera. Avec plus de détermination encore.
– Oui, voilà. Voilà. Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qui se passe ? Qui est-ce ?
– Félicien…
Elle déverrouillera la porte, retirera la chaîne.
– Vous ! Ici ! À cette heure-ci ! Mais qu’est-ce que vous voulez ?
– Comme si tu le savais pas !
Il la repoussera, à petits coups, du plat de la main, sur les épaules, jusqu’à ce qu’elle s’affale sur le fauteuil devant la cheminée. Elle voudra se relever. Il l’en empêchera. Fermement.
– Ah, on fait moins la fière, hein !
– Écoutez, Félicien…
– Non. C’est toi qui vas m’écouter. Parce que j’en ai plus qu’assez, figure-toi, de tes réflexions permanentes. Des accusations de paresse et d’incompétence que tu ne cesses de porter contre moi. Et devant témoins. Sans arrêt tu me rabaisses. Sans arrêt tu m’humilies. Pourquoi ?
– Je ne sais pas. Je…
– Tu sais pas. Eh bien moi, je sais pourquoi je vais te rendre la pareille. Pourquoi je vais, à mon tour, t’humilier. Pour que tu voies ce que ça fait. Pour t’ôter à tout jamais l’envie de recommencer. Déshabille-toi !
– Hein ?
– T’as parfaitement compris. Je t’ai dit de te déshabiller.
Elle le fera. Parce que son ton ne souffre pas la moindre réplique. Parce qu’elle ignore ce qu’un refus de sa part aurait au juste comme conséquences et que cela l’effraie. Elle se lèvera et elle le fera. Elle retirera sa robe. Elle la passera par-dessus la tête, elle prendra tout son temps pour la plier, la déposer soigneusement sur le fauteuil et ôter le reste. Elle sera nue devant lui. Qui se sera assis dans l’autre fauteuil. Qui la contemplera longuement – ostensiblement – avant de lui faire signe d’approcher.
– Viens là !
Elle obéira.
– Plus près !
Tout près.
Il la saisira par les poignets, la fera basculer par-dessus les accoudoirs. La première claque la surprendra. Une claque sèche, à pleine croupe, qui la fera sursauter. D’autres suivront aussitôt. En rafale. En pluie. En grêle. Brûlantes. Elle gémira de douleur et de honte. Une honte crue. Insoutenable. Ça durera. Longtemps. Son derrière ne sera plus qu’un gigantesque brasier. Ça s’arrêtera enfin.
– Magnifiques couleurs. Joli travail. Je suis content de moi. Très.
Il glissera un doigt dans le sillon entre les fesses. Il le parcourra. De haut en bas. De bas en haut. Il recommencera. Plus bas. Encore plus bas. Il s’arrêtera à l’entrée de son petit trou de derrière. Il en prendra résolument possession. Il l’investira. Il s’y installera.
– Si tu recommences, c’est là que je viendrai.
Et il y fera longuement tournoyer son doigt.

Cela la trouble. Beaucoup. Bien sûr qu’elle recommencera. Cela va de soi. Ce qu’il faudrait aussi, c’est qu’un jour il la punisse devant Blanche et Sidonie. Qu’elle en soit profondément mortifiée. Elle y pensera. Sérieusement. Très sérieusement.
Elle soupire. Mais ce qu’il faudrait surtout, c’est que ça ait lieu pour de bon, tout ça. Qu’il finisse par la punir pour de vrai. Que, ce soir, il vienne frapper vraiment à la porte. Seulement…

Elle se lève. Elle va lentement là-bas. Derrière la grange. Il lui tourne le dos. Il ne l’entend pas arriver. Elle le regarde faire. Un long moment. Et puis…
– Vous n’avez pas beaucoup avancé, Félicien…

jeudi 12 octobre 2017

Mémoires d'une fesseuse (6)

Je me suis précipitée chez Philibert.
– À cette heure-ci ? Mais qu’est-ce qui se passe ?
– Rien. Enfin, si ! Je viens de lui en flanquer une à Marie-Clémence. Et une sacrée !
– Oui, oh, ben, c’est pas la première qu’elle se prend.
– Non, mais moi, c’est la première que je donne.
– Et alors ?
– C’est trop fou ce que tu ressens. Jamais j’aurais cru. C’est mille fois mieux que n’importe quoi. De la folie ! Non, mais pourquoi j’ai pas connu ça plus tôt, moi ?
– Tout vient à son heure.
– Un moment que ça me démangeait de lui faire, mais j’arrivais pas à me décider. Il y avait quelque chose qui me retenait, je sais pas quoi. Mais là, ce matin, elle a vraiment franchi les bornes. Elle a cherché ? Elle a trouvé. Et je peux te dire que c’est pas fini.

Elle est rentrée tard. Beaucoup plus tard que d’habitude.
– Où t’étais passée ? Qu’est-ce tu fabriquais ?
– J’ai traîné. Et j’ai pas vu passer l’heure.
– Bon, mais à part ça, t’as rien à me dire ?
– Si ! Excuse-moi pour ce matin. Je suis désolée.
– Ah, tu peux ! Parce que moi, je me décarcasse pour toi. Je fais tout ce que je peux pour t’aider. Tu crois que ça m’amuse de perdre mon temps à venir vingt fois dans ta chambre, chaque matin, te secouer. Franchement, j’ai mieux à faire.
– Je sais, oui.
– Et tout le remerciement que j’en ai, c’est de me faire traiter de pauvre conne. Avoue quand même que c’est fort de café.
– J’ai abusé.
– C’est le moins qu’on puisse dire. Alors reconnais qu’elle était amplement méritée cette fessée, non ?
– Si !
Du bout des lèvres. Et en baissant les yeux.
– Regarde-moi ! Et remercie-moi ! C’est la moindre des choses, non ?
Elle a relevé la tête.
– Merci.
– De quoi ?
– De me l’avoir donnée.
Et on a repris notre petit train train habituel. Comme si de rien n’était.

J’ai attendu qu’elle soit couchée et j’ai fait irruption dans sa chambre. Je me suis assise au bord de son lit.
– Je voulais te dire… Je viendrai plus te réveiller maintenant le matin.
Elle m’a jeté un regard surpris.
– Hein ? mais pourquoi ?
– Parce que… C’est pas te rendre service. Il est grand temps que tu te prennes toi-même en charge, non, tu crois pas ?
– Je vais m’oublier. Il y a des jours où je m’oublierai. Forcément.
– Et tu le paieras cash.
J’ai tranquillement ramené draps et couvertures au pied du lit. Je n’ai pas eu besoin de le lui demander : c’est d’elle-même qu’elle s’est retournée. Mise sur le ventre. J’ai tiré sur la culotte de pyjama et j’ai longuement contemplé mon œuvre. Qui avait gagné en profondeur. Dont les couleurs s’étaient épanouies. On n’a rien dit. Ni l’une ni l’autre. J’ai remis le pyjama en place et je suis retournée dans ma chambre.
Elle a presque aussitôt passionnément psalmodié son plaisir. En longs sanglots satisfaits.
À mon tour, j’ai fait venir le mien.

lundi 9 octobre 2017

Petit matin

Henri Gervex "Rolla" 1878, Musée des Beaux-Arts de Bordeaux

Il a tiré les rideaux, ouvert la fenêtre. La douce lumière de septembre a inondé la chambre.
Elle s’est brusquement redressée.
– Ah, c’est toi !
– C’est moi, oui ! Mais c’est quoi, tout ce bazar ? Il s’est passé quoi, ici ?
– Ici ? Je t’ai fait cocu, mon chéri. J’en ai profité que t’étais pas là. T’es content ?
– Non, mais tu te fous de moi, là !
– Ah, mais non ! Non. Pas du tout. Et dans notre lit en plus, je l’ai fait. Le lit conjugal. C’était bien plus excitant.
– Tu peux pas être sérieuse deux minutes ? Et m’expliquer ?
– Mais je suis sérieuse. Très sérieuse. J’ai ramené un mec, cette nuit. Je voulais qu’il reste à t’attendre ce matin, mais il a préféré partir.
– Non, mais alors là, c’est la meilleure !
– J’en avais trop envie, attends ! Non, et puis ce qu’il y a surtout, c’est que c’est plus ce que c’était, maintenant, quand tu me donnes la fessée. Tu fais ça du bout des doigts. Tu t’investis plus. On dirait presque que tu t’ennuies.
– Hein ? Mais pas du tout !
– Je suis frustrée, moi, du coup. Et, pour être franche, j’y trouve plus mon compte. Je t’ai tiré la sonnette d’alarme, pourtant. Plusieurs fois. T’en as pas tenu le moindre compte.
– Mais si ! Seulement…
– Alors je me suis dit qu’il fallait que je te donne une bonne vraie raison de m’en coller une, qu’avec un peu de chance ça te remettrait les paluches en batterie.
– Et c’est qui, ce type ? On peut savoir ?
– Un type.
– Mais encore ?
– Qu’est-ce que tu veux que j’en sache ? Un type. Je lui ai pas demandé ses papiers. Il m’a plu. Et puis voilà !
– Tu l’as rencontré où ?
– En boîte. C’est encore le meilleur endroit pour ça. Tu danses, tu te tortilles tant et plus et, cinq minutes après, t’as vingt mecs au garde à vous dans leur pantalon qui ne rêvent que d’un truc, c’est de venir se vider les couilles en toi. T’as plus qu’à faire ton choix.
– Oui, alors si je comprends bien, il suffit que j’ai le dos tourné pour qu’aussitôt…
– Oh, mais c’est pas systématique non plus, hein !
– Systématique ou pas, je vais t’en faire passer l’envie, moi, tu vas voir !
– J’espère bien !
– Pousse-toi ! Laisse-moi une petite place !
Il lui a soulevé les jambes, s’est glissé sous elle, assis, son derrière posé sur ses genoux.
– C’était bon, n’empêche ! Comment c’était bon ! Je regrette pas. Ah, non, alors !
– Tourne-toi ! Mets-toi sur le ventre !
Elle l’a fait. Tout en continuant à parler.
– Ah, ils ont pas dû beaucoup dormir, à côté, les pauvres !
Il lui a négligemment posé une main sur les fesses.
– Surtout que… plusieurs fois on a remis ça. Quatre. Cinq. Je sais plus au juste. J’avais bien un peu perdu la tête. Faut dire qu’il savait y faire, le salaud, et que ça a sacrément de la sève à cet âge-là…
– Quel âge ?
– Vingt. Tout rond. Depuis samedi.
– Alors ce sera vingt claques !
Et la première s’est abattue, à toute volée, lui arrachant un petit cri de surprise.
– Ah, il assurait un max, ça, on peut pas dire. Et pas seulement. Tout tendre il était, tout câlin. Et ça, moi, c’est un truc…
Deux. Trois. À pleines fesses.
– Aïe ! Hou, la vache ! Ça promet.
Quatre. Cinq. Elle a gémi.
– Ah, t’en voulais… Eh, ben tu vas en avoir !
Six. Sept. De plus en plus fort. Retentissantes.
– J’m’en fous ! J’en ai bien profité. Non, mais comment elle était bonne, sa queue !
Huit.
– C’est pas souvent qu’on en trouve d’aussi efficaces.
Une neuvième. Qui lui a arraché un cri.
– Hou… Celle-là ! Et d’aussi agréables à reluquer. Je suis pas fan, ça, en général. Mais là, elle en valait vraiment la peine. J’ai fait des photos du coup. Je te les montrerai, si tu veux.
Dix. Onze.
Un autre cri. Plus profond. Plus rauque.
– Tu l’as sucé, j’parie !
– Ah, ben oui, ça, évidemment ! Qu’est-ce tu crois !
Douze.
– Et elle avait sacrément bon goût…
Treize.
– T’as avalé ?
– Tout.
Quatorze. Quinze. Seize.
– Oh, la vache ! Oh, la vache ! Oh, celles-là ! T’as retrouvé la main, dis donc, mon cochon !
– Il t’a pris le cul ?
– Non.
– Menteuse !
Dix-sept. Dix-huit.
– Non, mais ce n’est que partie remise, si tu veux. J’ai son 06. Je l’appellerai.
Dix-neuf.
– Je te retrouve. Enfin, je te retrouve ! Non, mais comment c’est bon !
Vingt.
– Et voilà !
– Il doit être rouge, non ?
– Écarlate. Qu’est-ce tu fais, là ?
– Ben, je me lève. Je vais voir ce que ça donne dans la glace.
– Non, non, tu restes là. C’était que les hors-d’œuvres. La vraie fessée, c’est maintenant qu’elle va commencer.
– Chouette ! Comme quoi, j’ai bien fait, hein, finalement !