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samedi 31 janvier 2015

Fessées croisées (12)

14 heures


– On prend nos maillots ?
Christine m’a jeté un regard ahuri…
– Hein ? Nos maillots ? Mais pour quoi faire ?
– Sûrement qu’ils vont retourner se baigner… Et vouloir qu’on y aille avec eux…
– Non, mais attends ! Lamentables on a été hier… Lamentables… Ah, ils ont bien dû rigoler, tiens ! Les deux coincées de base… Tout droit sorties du Moyen-Âge… J’ai honte quand j’y repense… Alors non… Non… Tu fais ce que tu veux, mais moi, s’ils se rebaignent, je vais avec… Et sans rien… Qu’est-ce tu veux que ça craigne ? Tu vois bien comment ils sont maintenant depuis le temps, non ?

Et on s’est baignées avec eux… Toutes nues… Tous les quatre tout nus… On s’est poursuivis dans l’eau… On a chahuté comme des gamins… On a été pris d’interminables fous rires… On est revenus s’allonger sur le sable, tout essoufflés… Se sécher au soleil… J’ai fermé les yeux…

Je me suis réveillée d’un coup… Appuyé sur un coude, Enzo me regardait dormir, souriant… Je me suis précipitamment retournée sur le ventre… Il a souri…
– Ce côté-là aussi a son charme…
– Elle est où Christine ?
– Partie… Par là-bas… Avec Jaufret… Ils avaient besoin d’être seuls… Ça fait bien… Oh, une bonne heure… Et moi, ça fait bien une bonne heure que je te regarde dormir… J’aime… Beaucoup… D’autant que… Qu’est-ce que tu peux remuer dans ton sommeil ! Tu relèves les jambes… Tu les rabaisses… Tu les gigotes dans tous les sens… Plein de délicieux aperçus ça offre… Et… Et tu es une femme absolument magnifique… Si, c’est vrai, hein… Ça te choque pas au moins ce que je te dis là ? Non ? Parce que moi, tu sais, j’ai une qualité… – qu’est peut-être aussi un défaut – je dis toujours ce que je pense… Et tant que j’y suis… J’adore comment tu fais… Laisser la touffe en haut comme ça… Au-dessus… Et puis tout retirer, par contre, autour du fendu… On a les deux à la fois en même temps du coup… C’est génial…
Il m’a caressé la nuque… Du bout du pouce…
– Non, Enzo, non… S’il te plaît…
– Mais pourquoi ?
– Il ne faut pas… Je suis mariée…
– Il saura rien…
– Quand même… Non… Je t’en prie, non…
Il a retiré sa main…
Christine et Jaufret ont fait leur réapparition au détour du sentier…

– Tu me demandes pas ?
– Vu l’air ravi que tu arbores… je suppose…
– C’était fabuleux… Ah, il assure Jaufret, ça, on peut pas dire…
– J’en suis ravie pour toi…
– Trois fois j’ai joui… Et pas qu’un peu… Il y a longtemps que j’avais pas pris un pied comme ça…
– Et… tu culpabilises pas ?
– Par rapport à Charles ? Franchement, non… Ça fait des mois et des mois qu’il se soucie de mon plaisir comme d’une guigne Charles…
– Ces derniers temps…
– Oui, oh, depuis trois jours… Et tout ça parce que Jacques tambourine à-tout-va le derrière de Mélanie… Sinon… Alors je vois vraiment pas pourquoi j’aurais des scrupules… Et toi ?
– Quoi, moi ?
– Pendant ce temps-là, avec Enzo ?
– Oh, ben rien… Rien… Qu’est-ce tu veux ? Rien…



19 heures 30


Jacques ne lui a pas laissé le temps de s’asseoir…
– T’as fait ce que je t’ai dit ?
Mélanie a bredouillé…
– Oui… C’est-à-dire que non, mais oui…
– C’est oui ou c’est non ?
– Non, mais je vais le faire… Je le ferai…
– Ça devait être fait aujourd’hui…
– J’ai pas pu… Mais demain… Demain ce sera fait…
– Je te le conseille… Sinon…

dimanche 25 janvier 2015

Fessées croisées (11)

22 juillet


– Je t’ai pas entendue cette nuit…
– Et pour cause… Il y a rien eu… Mais ça, je m’en doutais un peu…
– Comment ça tu t’en doutais un peu ? Parce que ?
– Parce qu’il a passé l’après-midi d’hier à télécharger des vidéos de fessée… Et de sodomie…
– Ben, justement… Ça aurait dû le mettre en forme…
– Sauf qu’à tous les coups il s’est généreusement soulagé devant son écran…
– Ah, ben d’accord ! Pas bon pour toi, ça…
– Et qu’il a laissé toutes ses forces dans son corps à corps avec lui-même… Parce que j’ai eu beau le prendre en mains… Solliciter… Titiller… Insister… Il y a rien eu à faire… J’ai pas réussi à lui faire gagner le moindre centimètre…
– C’est gai… Retour à la case départ, quoi, en somme…
– Oh, mais j’ai pas dit mon dernier mot… Et toi ? Cette nuit ? Il m’a bien semblé que…
– Oui… Pas mal… C’était pas la grande scène du trois non plus, mais pas mal, si, c’est vrai… Il a voulu en levrette… C’est devenu son grand truc, ça, maintenant… Et puis il m’a encore balancé quelques petites claques sur les fesses… Oh, pas bien fortes… Mais c’était pas si désagréable que ça tout compte fait…



11 heures


– Tu vas pas prendre un bain ce matin ? Comme hier ?
– Pas aujourd’hui, non… Une douche suffira… Pourquoi ?
– Parce qu’on aurait pu parler…
– On peut parler ailleurs que dans la baignoire… Ici, par exemple…
– J’aimerais bien, oui… Parce que je me demande si c’était pas une connerie finalement de le laisser tout seul à Paris Bruno…
– Parce que ?
– Parce que l’idée, au départ, c’était que si je restais avec lui on allait passer notre temps à faire des galipettes… Et que ça l’empêcherait d’en chercher vraiment du travail…
– Je sais, oui… Tu m’as dit…
– Seulement… Tu diras rien, hein ? À personne… Tu me promets ? Seulement moi, passer plus de deux jours sans m’envoyer en l’air, j’y arrive pas… C’est au-dessus de mes forces… Alors… Ben alors j’ai rencontré quelqu’un ici… Avec qui je me suis dit que c’était juste comme ça… Pour se faire du bien… Que ça allait pas tirer à conséquence… Sauf que je suis en train de m’attacher… Grave… Je le sens bien… Et il faudrait que quelqu’un m’arrête… Il faut absolument que quelqu’un m’arrête… Avant qu’il soit trop tard… Avant que je me mette à lui trouver tous les défauts du monde à Bruno… Que je me détache complètement de lui… Et la seule personne à qui je peux demander ça…
– C’est Jacques…
– Ben oui, c’est Jacques, oui… Sauf que je sais pas… Parce que pour les autres trucs, quand il me flanque une fessée Jacques, ça a l’air de marcher sur le moment, mais aussitôt après ça devient encore pire… Ça me pousse dans l’autre sens… Alors si ça doit faire pareil… Si, au lieu de me détacher de Ludovic, de me rapprocher de Bruno, ça doit faire l’inverse, c’est vraiment pas la peine…
– Je sais pas quoi te dire… Je suis pas à ta place…
– Je sais bien que t’es pas à ma place… Mais si t’as une idée… Si tu penses à quelque chose…
– Je vais y réfléchir, oui…
– Déjà, de pouvoir en parler ça m’a fait du bien… Beaucoup de bien…



11 heures 30


Tu parles que je suis pas à sa place… T’as qu’à y croire… On est exactement dans la même situation toutes les deux… Sauf qu’elle a pris un peu d’avance sur moi, c’est tout… Parce que… pas la peine que j’essaie de me raconter des histoires… Je sais trop bien comment ça va finir avec Enzo… C’est qu’une question de jours… Peut-être même pas… J’en ai trop envie… Moi aussi, faudrait qu’il y ait quelqu’un qui m’arrête… J’y arriverai pas toute seule… Mais j’ai personne…

J’ai été prise d’une impulsion soudaine… Je suis montée dans la chambre… Ils étaient tous en bas, à l’apéro, sous la tonnelle… J’ai ouvert l’ordi de Gilles… Je suis allée dans ses téléchargements… Ça y était toujours… Il y en avait même des nouvelles… J’en ai regardé trois… Quatre… Sur la cinquième, la fille était allongée, culotte baissée, en travers des genoux du type… On voyait pas son visage, mais elle me ressemblait… Son derrière ressemblait au mien… Et ça a été moi… Fessée par un inconnu… À cause d’Enzo… De mon désir d’Enzo…

Mon plaisir a été fulgurant… Je suis folle… Je suis en train de devenir folle…

lundi 19 janvier 2015

Fessées croisées (10)

14 heures


– Je sais pas toi, mais moi, Gilles, pas un mot sur ces deux fessées… Rien…
– Charles non plus…
– Ben, tiens ! Motus et bouche cousue, tu parles ! Faudrait pas qu’une fois au courant il nous toque à l’idée de rester là l’après-midi… Histoire de garder un œil sur ce qui se passe… Et surtout sur eux… Ils veulent avoir les coudées franches…
– Et pouvoir profiter tant et plus du spectacle… Sans nous avoir par les pieds… Ils ont regardé par la fenêtre, tu crois ?
– Tu penses qu’ils se sont gênés ! Et que ça a dû y aller les commentaires après… Ils se sont toujours entendus comme larrons en foire tous les deux…
– Et si Jacques – ou Geneviève – les avait vus ?
– Ils étaient bien trop occupés avec Mélanie… Et puis, quand il le faut, ils savent être très discrets nos petits maris…
– Bon, ben on fait quoi, nous, du coup alors ? On reste là ? On laisse tomber Toulon ?
– Oui, oh, c’est pas couru qu’elle s’en reprenne une cet après-midi… Ça va pas être tous les jours non plus…
– Oui… Et puis n’importe comment…
– N’importe comment s’ils peuvent se rincer l’œil tout leur saoul, à l’arrivée on va en profiter nous deux… C’est ça que tu veux dire ?
– C’est un peu ça, oui… Et puis je sais pas toi, mais moi, c’est une sacrée bouffée d’oxygène Toulon… Et j’ai pas franchement envie de m’en priver…
– Bon, ben allez, en route alors…

Ils nous attendaient sur le ponton… Comme prévu… On a embarqué… On s’est installées dans les transats… Et on s’est laissé bercer… Par les vagues… Par la brise… Par leurs voix chaudes et ensoleillées… J’ai somnolé… Je me suis endormie…

Au réveil, on était en train d’accoster…
– On est où ?
C’était une sorte de crique…
– On sera tranquilles ici… Il vient jamais personne…
On s’est étendus tous les quatre sur le sable… On a parlé de tout… De rien… Et puis ils ont voulu aller se baigner…
– Vous venez ?
– On n’a pas nos maillots…
– Oui, ben alors ça, ici, il y en a vraiment pas besoin…
– Oui, mais quand même… Quand même… Non…
– Comme vous voulez… Mais vous avez tort… Comment elle doit être bonne… Avec le temps qu’il fait…
Ils ont quitté leurs vêtements… Tous leurs vêtements… Et ils ont parcouru, complètement nus, les trois ou quatre mètres qui les séparaient de la mer… On les a longuement regardés nager… S’éclabousser… Se poursuivre…
– Qu’est-ce qu’ils sont beaux n’empêche…
– Ah, ça !
J’ai soupiré…
– Qu’est-ce qu’on peut être compliquées des fois quand même ! Parce que… comment il me décevrait Enzo s’il se montrait entreprenant… Mais en même temps il y a quelque chose, tout au fond de moi, qui lui en veut de pas l’être…
– On est surtout sacrément connes, moi, j’trouve ! Parce qu’attends! Des mecs comme ça c’est pas tous les jours que l’occasion se présente… Et on est là à barboter dans nos scupules… Tu crois qu’ils en auraient autant, eux, nos bonshommes, si une fille leur tombait toute rôtie dans le bec ? D’ailleurs…
– D’ailleurs quoi ?
– Je jurerais pas mes grands dieux que Charles ait pas, à l’occasion, donné quelques coups de canif dans le contrat…
– Pas Gilles…
– T’en es si sûre que ça ?
– À cent pour cent, non, mais…
– Tu vois bien… Non… L’essentiel, c’est de faire ça proprement… Discrètement… De pas faire de mal à l’autre… Et Charles il peut bien s’en taper une autre de temps en temps du moment que ça restera… Tiens, les v’là… Les v’là qui reviennent nos Apollon…



22 heures


Je suis allée jeter un œil sur l’ordi de Gilles… C’est pas ce que j’ai fait de mieux, je sais, mais elle m’avait mis le doute Christine tout à l’heure… Rien dans Outlook… Rien de significatif non plus dans ses documents… Ni ailleurs… J’ai eu beau farfouiller à droite et à gauche… Non… Je crois vraiment pas qu’il ait quelqu’un… Mais alors, par contre, ce que j’ai trouvé dans les téléchargements…

mardi 13 janvier 2015

Fessées croisées (9)

21 juillet


– Les jours se suivent…
– Et se ressemblent… Les nuits plutôt…
– Si je m’étais attendue à ça !
– Et moi donc !
– Heureusement qu’on nous a reléguées un peu à l’écart, avec nos chers et tendres… Parce que si on avait empêché Geneviève et Jacques de dormir toutes les nuits comme ça ils auraient sûrement pas apprécié…
– On aurait peut-être eu droit à une fessée…
– Tu rigoles… N’empêche… Charles, je crois bien que ça le démange quelque chose bien de m’en flanquer une maintenant…
– Ah, oui ? Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
– C’est parce que… Cette nuit… En levrette on l’a fait… Et, à deux ou trois reprises, il m’a lancé une série de petites claques sur les fesses… Oh, pas bien fortes… Juste comme ça… Mais il l’a fait… Et jamais ça lui était arrivé avant… Alors ce que j’en conclus…
– Eh, c’est que ça les travaille tout ça nos petits maris, on dirait… Parce que moi, de mon côté, ça s’est mis à le fasciner, brusquement, mon petit trou de derrière… Il s’en est approché… Il l’a titillé… Sans trop oser encore quand même… Il sait pas trop comment je vais réagir… Mais ça le démange… Et si je le laisse faire…
– Tu vas le laisser faire ?
– Il y a toutes les chances, oui… C’est pas si désagréable que ça à ce qu’il paraît… Et il y a des nanas, une fois qu’elles y ont goûté, elles peuvent plus s’en passer… Alors si ça peut nous remettre sur les rails tous les deux… Ce serait pas du luxe… Et toi, la fessée ?
– Oui, ben alors là il peut toujours courir… Il y a pas de risque…



11 heures 30


Mélanie a passé la tête…
– Ah, t’es là…
J’étais là, oui… Je prenais un bain… Un bon bain bien voluptueux…
– Tu veux quelque chose ?
– Oui… Non… C’est-à-dire… T’en as pour longtemps ?
– Moi, tu sais, les bains, en général, je savoure… Pourquoi ?
– Non… C’est parce que… À moins que… Ça t’ennuierait que je vienne dans la baignoire avec toi ?
– Non… Non… Bien sûr que non… Il y a largement de la place pour deux…
Elle ne se l’est pas fait répéter deux fois… Elle s’est déshabillée… En me tournant le dos… Et en terminant par la culotte… Elle avait les fesses écarlates… Tachées, par endroits, de jaune, de noir ou de violacé…
– Oh, la la ! Eh ben dis donc !
Elle a enjambé le rebord de la baignoire… S’est laissée glisser… A appuyé sa nuque sur le carrelage derrière elle… Fermé les yeux… Ses seins, aux pointes légèrement tendues, ont doucement ballotté au gré des remous…
– Ça sert à rien finalement…
– Qu’est-ce qui sert à rien ?
– Ben ça ! Qu’il me donne des fessées… Il y a rien du tout qui change… Je suis toujours pareille… Je comprends pas… Non… Je comprends pas… Avec Gabriel…
– Qui c’est Gabriel ?
– Le type qui s’est occupé de moi, là… Ça en parle dans le bouquin… Comment elles me faisaient peur ses fessées… Il suffisait qu’il menace de m’en donner une et j’arrêtais aussi sec de faire ma conne… Tandis que là… Ça fait même l’effet inverse des fois on dirait…
– Peut-être qu’il est pas assez sévère Jacques…
– Oh, non… C’est pas ça, non… Pas du tout… Il y a quelque chose en lui quand il te parle… Ou qu’il te regarde… Qui fait bien plus peur qu’avec Gabriel… Et il fait bien plus mal quand il tape… Non, c’est pas ça… Non… Maintenant peut-être que ça va finir par venir à force… Je sais pas…Parce qu’il m’en a jamais donné que quatre pour le moment des fessées…
– Quatre ?
– Oui… Il y en a deux t’as pas su… T’étais pas là… Christine non plus…
– C’était quand ?
– L’après-midi… Avant-hier… Et puis aussi hier…
– Deux dans la même journée… Et deux jours de suite… Je comprends mieux l’état de ton derrière ! Et… ils étaient là Gilles et Charles ? Ils ont vu ?
– Je sais pas… Peut-être… Je crois pas… Mais ils ont entendu… Forcément… Ils étaient sous la tonnelle… Elle est juste en face la chambre… Et comme la fenêtre était ouverte…

jeudi 8 janvier 2015

Une peine et une tristesse infinies…

mercredi 7 janvier 2015

Fessées croisées (8)

14 heures 30


– On y va quand même à Toulon ?
– Ben, bien sûr ! Pourquoi on irait pas ?
– Parce que… Maintenant qu’ils…
– Qu’ils quoi ? Qu’ils se sont remis à nous sauter nos maris ? Mais ça n’a rien à voir enfin ! Je sais pas toi, mais, en ce qui me concerne, j’ai jamais eu l’intention qu’il se passe quoi que ce soit avec ces types…
– Mais moi non plus… Moi non plus… Alors là !
– Eh bien alors ! Il est où le problème ?

Ils nous attendaient… Au café… Sur la place…
– Salut, les filles ! Vous voulez faire quoi aujourd’hui ?
On savait pas… Qu’ils décident, eux… On leur laissait carte blanche…
– Dans ces conditions… Elle est loin votre voiture ?
– Non… Là… Juste en-dessous…
On l’a reprise… Ils nous ont guidés… Droite… Gauche… Tout droit… Encore gauche… Encore droite…
– Là… On est arrivés…
Quelques pas le long du rivage… Un ponton sur lequel ils se sont résolument engagés…
– Montez là-dedans !
Un superbe voilier…
– Hein ? Mais…
Ils nous ont tendu la main…
– Allez, grimpez ! Installez-vous ! Nous, on va à la manœuvre…
Torse nu… En maillot… Tout bronzés… On les a regardés faire… Tirer… Pousser… S’arc-bouter…
– Quand même, hein, on peut pas dire… Quand même… Qu’est-ce qu’ils sont beaux !

– Cette journée ! Non, mais cette journée ! Ah, il y a longtemps que je m’étais pas sentie aussi bien, moi ! Pas toi ?
– Si ! Oh, si !
– Et on remet ça demain… T’as vu ? Ils ont demandé…
– Oui, mais je sais pas…
Elle m’a lancé un regard stupéfait…
– Comment ça « tu sais pas » ?
– Je sais pas, non… On joue avec le feu, là…
– Hein ? Mais qu’est-ce que tu vas chercher ? Ils sont très corrects… Pas un geste déplacé… Pas une parole… Rien… Non ? Ils sont pas corrects ?
– J’ai jamais dit qu’ils l’étaient pas…
– Eh ben alors ! Qu’est-ce tu viens tout compliquer ?



19 heures




– Elle passe pas à table Mélanie ?
– Je lui ai dit, Jacques… Ça fait trois fois que je lui dis…
– Ah, elle le prend comme ça ! Très bien… Elle va voir de quel bois je me chauffe…
Il s’est levé…
– Sois quand même pas trop…
– Elle était prévenue… Elle était pas prévenue ?
Elle l’a suivi… En laissant la porte ouverte derrière elle… Leurs pas dans l’escalier… Et puis… Presque aussitôt… Un bruit de claques sur une peau nue…
Charles a dégluti…
– Il lui en recolle une… Et une sévère…
Le regard de Gilles s’est perdu très loin, par la fenêtre, bien au-delà des arbres…
En haut ça s’est brusquement accéléré… Amplifié… Elle a crié… Et puis tout s’est tu… Le silence… À nouveau leurs pas dans l’escalier… Eux… Et puis elle… Qui a repris sa place entre Geneviève et Charles…
– Je suis désolée… Excusez-moi !



21 heures


– Tu vas déjà te coucher ?
– Ben, oui… Oui… Tu vois… Toi aussi, on dirait…
– On va y attraper, tu crois ?
– Tu en doutes ?
– Pas une seule seconde…

vendredi 2 janvier 2015

Fessées croisées (7)

20 juillet


On s’est regardées… Et on a éclaté de rire…
– Bon, ben ça y est ! Enfin ! Et toutes les deux en plus ! Quasiment en même temps…
– J’ai entendu ça, oui… Faut dire que t’étais pas discrète…
– Tu peux parler, toi ! Que les murs en tremblaient…
– J’avais du retard à rattraper… Depuis le temps que j’attendais ça !
– Et moi donc ! Mais quand même… Quand même… La même nuit… Toutes les deux… Ça peut pas être une simple coïncidence…
– Sûrement pas, non… Il y a forcément une explication…
– La légendaire intuition masculine ? Un sixième sens qui les aurait secrètement avertis qu’à force d’être privées on finirait peut-être bien par être tentées d’aller voir ailleurs…
– Mouais… Mouais… T’y crois vraiment, toi, à ça ?
– Pas une seule seconde…
– Moi non plus… Non… Il faut chercher ailleurs…
– Mélanie ?
– Évidemment Mélanie… À midi elle se prend une fessée carabinée… Devant eux… Et le soir même, comme par hasard…
– C’est vexant, dans un sens, de lui devoir ça à elle…
– Oui, oh ! L’essentiel, c’est qu’on y ait enfin eu droit, non ? Et puis on peut toujours se dire que s’ils nous ont trouvées dans d’aussi bonnes dispositions, c’est grâce à l’après-midi qu’on a passée à Toulon… Avec des mecs hyper canon… Ça rétablit l’équilibre…

– Tiens, regarde qui c’est qu’arrive, là…
– Charles !
– Ton cher et tendre, oui…
– Mais qu’est-ce qu’il vient faire ? Ça le gonfle la plage d’habitude…
– Peut-être qu’il vient te chercher pour t’en remettre un petit coup ? Que ça lui a pas suffi cette nuit…
– Alors, les nanas, ça va comme vous voulez ?
– Ça pourrait être pire…
– Vous êtes toutes seules ?
– Comme tu vois, oui… Mais on va plus l’être puisque tu viens si gentiment nous tenir compagnie…
– Tout-à-l’heure… Tout-à-l’heure… Je repasserai… Faut que j’aille chercher un truc… Pour mon père… Je lui ai promis…

– Il est venu faire quoi au juste ?
– Tu ne devines pas ? À cette heure-ci, d’habitude, elle est là Mélanie… Avec nous… Et vu que Jacques n’a pas ménagé sa peine hier, qu’il a très généreusement « arrosé » le postérieur de ladite Mélanie… Que ça a largement débordé de tous côtés… mon subtil petit mari s’est dit que le maillot ne couvrirait certainement pas tout… Qu’il laisserait apparaître quelques rougeurs dont il allait pouvoir se délecter tout son saoul…
– Ah, ben d’accord !
– Sauf que c’est bien un raisonnement de mec, ça ! Comme si une nana, quand il lui est arrivé un truc pareil, elle allait tranquillement venir étaler ses fesses sur la plage… C’est le dernier endroit… Tant que les marques sont pas parties…



11 heures 30


Elle était sous la tonnelle Mélanie… Toute seule…
– Ben, qu’est-ce tu fais là ? Ça va pas ?
– Oh, si ! Si ! Non… Je réfléchis… À comment je vais faire… Parce que je suis pas sûre…
– Pas sûre de quoi ?
– Ce que je leur ai promis à Geneviève et à Jacques… D’y arriver… C’est pas que je voudrais pas… Oh, non… Non… Je voudrais pourtant… Tellement… Seulement…
– C’est plus fort que toi…
– Voilà, oui… Des fois je peux rester des semaines et des semaines sans que ça m’attrape… Et puis d’un seul coup… Comme ça… Sans prévenir… Ça revient… Et alors là ! Imbuvable je redeviens… Exécrable… Comme si j’avais plus qu’une envie, c’est que tout le monde me déteste… Et moi la première… Comment je m’en veux après ! Comment j’ai honte, vous pouvez pas savoir ! Mais c’est trop tard… C’est fait… Ah, si quelqu’un pouvait m’arrêter… M’empêcher… Pour toujours… Ce que je serais heureuse… Peut-être eux… Oui, peut-être… Parce que qu’est-ce que j’aimerais pas les décevoir…