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samedi 31 janvier 2015

Fessées croisées (12)

14 heures


– On prend nos maillots ?
Christine m’a jeté un regard ahuri…
– Hein ? Nos maillots ? Mais pour quoi faire ?
– Sûrement qu’ils vont retourner se baigner… Et vouloir qu’on y aille avec eux…
– Non, mais attends ! Lamentables on a été hier… Lamentables… Ah, ils ont bien dû rigoler, tiens ! Les deux coincées de base… Tout droit sorties du Moyen-Âge… J’ai honte quand j’y repense… Alors non… Non… Tu fais ce que tu veux, mais moi, s’ils se rebaignent, je vais avec… Et sans rien… Qu’est-ce tu veux que ça craigne ? Tu vois bien comment ils sont maintenant depuis le temps, non ?

Et on s’est baignées avec eux… Toutes nues… Tous les quatre tout nus… On s’est poursuivis dans l’eau… On a chahuté comme des gamins… On a été pris d’interminables fous rires… On est revenus s’allonger sur le sable, tout essoufflés… Se sécher au soleil… J’ai fermé les yeux…

Je me suis réveillée d’un coup… Appuyé sur un coude, Enzo me regardait dormir, souriant… Je me suis précipitamment retournée sur le ventre… Il a souri…
– Ce côté-là aussi a son charme…
– Elle est où Christine ?
– Partie… Par là-bas… Avec Jaufret… Ils avaient besoin d’être seuls… Ça fait bien… Oh, une bonne heure… Et moi, ça fait bien une bonne heure que je te regarde dormir… J’aime… Beaucoup… D’autant que… Qu’est-ce que tu peux remuer dans ton sommeil ! Tu relèves les jambes… Tu les rabaisses… Tu les gigotes dans tous les sens… Plein de délicieux aperçus ça offre… Et… Et tu es une femme absolument magnifique… Si, c’est vrai, hein… Ça te choque pas au moins ce que je te dis là ? Non ? Parce que moi, tu sais, j’ai une qualité… – qu’est peut-être aussi un défaut – je dis toujours ce que je pense… Et tant que j’y suis… J’adore comment tu fais… Laisser la touffe en haut comme ça… Au-dessus… Et puis tout retirer, par contre, autour du fendu… On a les deux à la fois en même temps du coup… C’est génial…
Il m’a caressé la nuque… Du bout du pouce…
– Non, Enzo, non… S’il te plaît…
– Mais pourquoi ?
– Il ne faut pas… Je suis mariée…
– Il saura rien…
– Quand même… Non… Je t’en prie, non…
Il a retiré sa main…
Christine et Jaufret ont fait leur réapparition au détour du sentier…

– Tu me demandes pas ?
– Vu l’air ravi que tu arbores… je suppose…
– C’était fabuleux… Ah, il assure Jaufret, ça, on peut pas dire…
– J’en suis ravie pour toi…
– Trois fois j’ai joui… Et pas qu’un peu… Il y a longtemps que j’avais pas pris un pied comme ça…
– Et… tu culpabilises pas ?
– Par rapport à Charles ? Franchement, non… Ça fait des mois et des mois qu’il se soucie de mon plaisir comme d’une guigne Charles…
– Ces derniers temps…
– Oui, oh, depuis trois jours… Et tout ça parce que Jacques tambourine à-tout-va le derrière de Mélanie… Sinon… Alors je vois vraiment pas pourquoi j’aurais des scrupules… Et toi ?
– Quoi, moi ?
– Pendant ce temps-là, avec Enzo ?
– Oh, ben rien… Rien… Qu’est-ce tu veux ? Rien…



19 heures 30


Jacques ne lui a pas laissé le temps de s’asseoir…
– T’as fait ce que je t’ai dit ?
Mélanie a bredouillé…
– Oui… C’est-à-dire que non, mais oui…
– C’est oui ou c’est non ?
– Non, mais je vais le faire… Je le ferai…
– Ça devait être fait aujourd’hui…
– J’ai pas pu… Mais demain… Demain ce sera fait…
– Je te le conseille… Sinon…

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