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vendredi 2 janvier 2015

Fessées croisées (7)

20 juillet


On s’est regardées… Et on a éclaté de rire…
– Bon, ben ça y est ! Enfin ! Et toutes les deux en plus ! Quasiment en même temps…
– J’ai entendu ça, oui… Faut dire que t’étais pas discrète…
– Tu peux parler, toi ! Que les murs en tremblaient…
– J’avais du retard à rattraper… Depuis le temps que j’attendais ça !
– Et moi donc ! Mais quand même… Quand même… La même nuit… Toutes les deux… Ça peut pas être une simple coïncidence…
– Sûrement pas, non… Il y a forcément une explication…
– La légendaire intuition masculine ? Un sixième sens qui les aurait secrètement avertis qu’à force d’être privées on finirait peut-être bien par être tentées d’aller voir ailleurs…
– Mouais… Mouais… T’y crois vraiment, toi, à ça ?
– Pas une seule seconde…
– Moi non plus… Non… Il faut chercher ailleurs…
– Mélanie ?
– Évidemment Mélanie… À midi elle se prend une fessée carabinée… Devant eux… Et le soir même, comme par hasard…
– C’est vexant, dans un sens, de lui devoir ça à elle…
– Oui, oh ! L’essentiel, c’est qu’on y ait enfin eu droit, non ? Et puis on peut toujours se dire que s’ils nous ont trouvées dans d’aussi bonnes dispositions, c’est grâce à l’après-midi qu’on a passée à Toulon… Avec des mecs hyper canon… Ça rétablit l’équilibre…

– Tiens, regarde qui c’est qu’arrive, là…
– Charles !
– Ton cher et tendre, oui…
– Mais qu’est-ce qu’il vient faire ? Ça le gonfle la plage d’habitude…
– Peut-être qu’il vient te chercher pour t’en remettre un petit coup ? Que ça lui a pas suffi cette nuit…
– Alors, les nanas, ça va comme vous voulez ?
– Ça pourrait être pire…
– Vous êtes toutes seules ?
– Comme tu vois, oui… Mais on va plus l’être puisque tu viens si gentiment nous tenir compagnie…
– Tout-à-l’heure… Tout-à-l’heure… Je repasserai… Faut que j’aille chercher un truc… Pour mon père… Je lui ai promis…

– Il est venu faire quoi au juste ?
– Tu ne devines pas ? À cette heure-ci, d’habitude, elle est là Mélanie… Avec nous… Et vu que Jacques n’a pas ménagé sa peine hier, qu’il a très généreusement « arrosé » le postérieur de ladite Mélanie… Que ça a largement débordé de tous côtés… mon subtil petit mari s’est dit que le maillot ne couvrirait certainement pas tout… Qu’il laisserait apparaître quelques rougeurs dont il allait pouvoir se délecter tout son saoul…
– Ah, ben d’accord !
– Sauf que c’est bien un raisonnement de mec, ça ! Comme si une nana, quand il lui est arrivé un truc pareil, elle allait tranquillement venir étaler ses fesses sur la plage… C’est le dernier endroit… Tant que les marques sont pas parties…



11 heures 30


Elle était sous la tonnelle Mélanie… Toute seule…
– Ben, qu’est-ce tu fais là ? Ça va pas ?
– Oh, si ! Si ! Non… Je réfléchis… À comment je vais faire… Parce que je suis pas sûre…
– Pas sûre de quoi ?
– Ce que je leur ai promis à Geneviève et à Jacques… D’y arriver… C’est pas que je voudrais pas… Oh, non… Non… Je voudrais pourtant… Tellement… Seulement…
– C’est plus fort que toi…
– Voilà, oui… Des fois je peux rester des semaines et des semaines sans que ça m’attrape… Et puis d’un seul coup… Comme ça… Sans prévenir… Ça revient… Et alors là ! Imbuvable je redeviens… Exécrable… Comme si j’avais plus qu’une envie, c’est que tout le monde me déteste… Et moi la première… Comment je m’en veux après ! Comment j’ai honte, vous pouvez pas savoir ! Mais c’est trop tard… C’est fait… Ah, si quelqu’un pouvait m’arrêter… M’empêcher… Pour toujours… Ce que je serais heureuse… Peut-être eux… Oui, peut-être… Parce que qu’est-ce que j’aimerais pas les décevoir…

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