lundi 29 juin 2020

Qui paie ses dettes (8)




Source de l’illustration : Androfal sur Pixabay

Je l’ai doucement fait basculer en travers de mes genoux.
Je lui ai posé une main sur les fesses. Elle s’est raidie. Contractée.
‒ Détendez-vous ! Détendez-vous ! Et dites-nous d’abord… C’est quoi, cette dette que vous avez ?
‒ Une dette.
‒ Mais encore ?
‒ J’ai un gros trou à la banque. Ils veulent me faire interdire et même, si je ne rembourse pas rapidement, engager des poursuites judiciaires.
‒ Elle se monte à combien cette dette ?
‒ Je vous ai dit. Presque dix mille.
‒ Prouvez-le !
‒ Hein ! Mais…
‒ Dans votre sac, là, il y a bien votre smartphone, non ? Lucas va vous le passer et vous allez vous connecter à votre compte bancaire. Qu’on voie de quoi il retourne au juste…
Il l’a extirpé de son sac, le lui a tendu. Elle a tapoté sur les touches, s’est presque aussitôt interrompue.
‒ Écoutez…
‒ Oui ?
‒ Je…
Elle s’est tue. A soupiré.
‒ Vous avez menti. Vous n’avez pas la moindre dette. Non. Vous avez vu notre annonce et vous vous êtes dit qu’il y avait là deux beaux pigeons que vous alliez pouvoir plumer. Et aller vous faire dorer à leurs frais aux Bahamas. Ou ailleurs.
Elle s’est récriée.
‒ Oh, non ! Non ! C’est pas ça ! C’est pas ça du tout !
‒ Ah, oui ? C’est quoi alors ?
‒ C’est que…
Elle s’est encore interrompue.
‒ Je vais vous le dire, moi, ce que c’est. C’est que la perspective de vous faire tanner le cul par deux jeunes mâles vous a mise dans tous vos états. Depuis le temps que vous en rêviez ! Que vous vous caressiez voluptueusement en imaginant que ça vous arrivait. Et notre annonce… Une aubaine, notre annonce. Des dettes imaginaires. Et le tour serait joué. Sans qu’on puisse éventer votre petit stratagème. Sans qu’on puisse se douter un seul instant de vos véritables motivations. Non ? C’est pas ça ?
Elle n’a pas répondu.
- Votre silence est un aveu. Mais vous savez que ce n’est pas bien du tout ce que vous avez fait là ? Que vous méritez d’être punie pour ça?
Elle a frémi.
‒ Non ?
‒ Si !
Un tout petit si.
‒ Plus fort ! J’ai pas bien entendu.
‒ Si !
‒ Alors vous allez l’être. Et copieusement. Mais rappelez-moi d’abord… Vous avez quel âge ?
‒ Soixante-quatre. ‒ Et moi ?
‒ Vingt-trois.
‒ Et vous n’avez pas honte ?
Lucas s’est penché. Et a constaté.
‒ Elle mouille. Elle mouille déjà.
Et j’ai lancé une première claque. À toute volée.
Elle a gémi. Elle s’est cabrée.

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