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lundi 30 août 2010

Colocataires3 ( 10 )

- C’est magnifique !…
- Ca, c’est le moins qu’on puisse dire…
- Qu’est-ce qu’on est bien !…
On a marché longtemps tous les quatre de front. On s’est tenus par la main…
- C’est quoi cette rivière ?…
- La Vaïre, je crois…
- On s’arrête un peu ?…
On s’est assis. Amandine s’est blottie contre moi. Mélianne a posé sa tête sur les genoux d’Allan…

Dans la chambre, le soir, elles ont encore voulu nous regarder ensemble Allan et moi…
- C’est un truc ça on s’en lasse pas… On peut pas s’en lasser…
Et elle est venue tout près Amandine. Elle nous a bus des yeux…
- Qu’est-ce vous sentez ?… Hein ?… Qu’est-ce vous sentez quand c’est comme ça ?… Comment j’aimerais ça savoir ce que ça lui fait un homme quand il est avec un autre… Surtout quand on le regarde… Et des femmes en plus !…
Elle s’est approchée plus près. Nous a caressé les fesses l’un après l’autre à tour de rôle. Son souffle sur elles. Ses doigts sur elle. Son plaisir nous a rejoints…

Et encore dans la nuit. Les mains d’Amandine sur moi. Les miennes sur elle. Et celles d’Allan. Et puis celles de Mélianne. Et sa bouche. Et nos bouches. Toutes les trois ensemble sur les yeux, les seins, les cuisses, le ventre d’Amandine. J’ai été en elle. Allan aussi. En même temps. Elle a sangloté sa reconnaissance. On est restés noués…

On a pris le petit déjeuner tous les deux, elle et moi, sur la terrasse…
- Ca vous dérange pas ?…
- Quoi donc ?…
- Que je fasse aussi des trucs avec Allan… La même chose qu’avec vous finalement…
- Non… Pourquoi ça me dérangerait ?…
- Je sais pas… Il y a plein de types jamais ils accepteraient une chose pareille…
- Ils accepteraient pas non plus de faire ce que je fais avec Allan…
- Alors ça, c’est sûr… D’ailleurs vous m’avez toujours pas répondu sur ce que vous ressentez quand vous êtes ensemble…
- Ce que je ressens ?… Infiniment de plaisir à constater que vous en éprouvez beaucoup, Mélianne et toi, à nous regarder…
- J’adore… Jamais j’aurais cru qu’un jour je connaîtrais des choses pareilles, moi… On monte les retrouver ?…
- Ils doivent encore dormir…
- Eh ben on les réveillera…

- Plein de conneries j’ai fait… Plein !… C’est de votre faute aussi !… Parce que attendez !… Moi je vous dis que j’ai besoin de vous… Que je compte sur vous… Qu’il faut surtout pas que vous me laissiez livrée à moi-même… Et vous, qu’est-ce que vous faites ?… Vous vous tirez trois jours je sais même pas où… Ah, mais je peux vous dire que j’en ai profité !…
- C’est-à-dire ?…
- C’est-à-dire que je me suis fait tirer tant et plus… Par tout ce que j’ai trouvé… Un festival de jambes en l’air ça a été… Ah, fallait pas m’en promettre !… Et pas question de me préoccuper si c’était en mains ou pas… J’en avais rien à foutre… Et de vous non plus !… Et puisque c’est comme ça, puisque personne veut vraiment s’occuper de moi eh bien je peux vous dire que n’importe quoi je vais faire maintenant !… Mais vraiment n’importe quoi… Et personne m’en empêchera… Personne… Et vous encore moins que quiconque…
- Crois-tu vraiment que ce soit la meilleure solution ?…
- C’est pas la meilleure… C’est la seule… Quand on n’a plus aucune importance pour personne…
- Dis pas ça !…
- Si, je le dis, si !…
- Tu sais bien que c’est pas vrai !…
- Je me le demande… Parce que avant on était importante à vos yeux quand on couchait pas avec vous et maintenant c’est tout le contraire…
- Mais jamais de la vie !…
- Il y a cette Amandine qui réveille tout le quartier toutes les nuits… Et même Mélianne je finis par me demander…
- Certainement pas… Avec Mélianne…
- C’est vous que ça regarde… Mais moi la seule chose que je vois c’est que maintenant je ne présente plus le moindre intérêt pour vous… La preuve… Vous partiriez comme ça trois jours avec moi juste tous les deux pour qu’on puisse discuter et être ensemble ?…
- Evidemment !…
- Chiche que je vous prends au mot… On part quand ?…
- Vendredi… si tu veux…
- On va où ?… Là où vous êtes allé avec eux ?…
- Pourquoi pas ?…
- Dites… Vous savez… C’est pas vrai ce que je vous ai dit tout à l’heure… Que j’avais couché à droite et à gauche…
- Pourquoi t’es allée inventer une chose pareille ?…
- Parce que ça m’a fait trop mal que vous partiez comme ça juste au moment où je venais de vous dire que j’avais tellement besoin que vous me vissiez…

jeudi 26 août 2010

Escobarines: Vêpres





Mon cher tuteur,

Vivrais-je mille ans qu’ils seraient encore insuffisants pour me permettre de vous manifester toute l’étendue de ma gratitude. Que de bontés vous avez eues depuis toujours à mon égard !… Vous m’avez élevée et nourrie, vous m’avez donné la meilleure éducation qui soit et maintenant, en m’établissant auprès de Madame la baronne de D***, vous m’assurez un avenir aussi dépourvu que possible de craintes et de tourments… Comment ne vous en serais-je pas éternellement reconnaissante ?

Madame la baronne est sévère – comment le lui reprocher ?… – mais juste. Il suffit, pour ne pas l’indisposer, de ne faire preuve ni de paresse ni de mauvaise volonté. Vous me connaissez assez pour savoir que ce sont là des vices qui, grâce à Dieu, m’ont été épargnés. Avec son aide j’espère qu’elle sera toujours aussi satisfaite de la façon dont j’accomplis ma tâche qu’elle semble l’être aujourd’hui…

Dans sa grande bonté Madame la baronne a également pris à son service trois autres demoiselles de mon âge qui ont connu, elles aussi, le malheur d’être prématurément privées de leurs parents. C’est à elles que je dois d’avoir été, dimanche soir, sévèrement châtiée, pour ma plus grande mortification, sans que pourtant j’aie été réellement fautive. Elles avaient en effet décidé qu’au lieu de nous rendre à Vêpres, comme il eût été convenable, nous irions nous promener sur le mail, à l’ombre des platanes. Sans doute aurais-je dû – je le reconnais bien volontiers – les abandonner là et gagner seule l’église, mais je n’ai pas voulu, très vraisemblablement à tort, me montrer mauvaise camarade : aussi me suis-je rendue à leurs arguments. Et nous avons marché au hasard en devisant, si bien marché que nous nous sommes finalement perdues. Quand nous avons retrouvé notre chemin la nuit était sur le point de tomber et quand nous avons enfin regagné le manoir elle l’était définitivement. Dès que Madame la baronne nous a aperçues elle nous a intimé l’ordre d’aller nous préparer sur le champ pour la nuit. C’est son intendante qui nous a ensuite invitées à redescendre au salon pour y être corrigées toutes les quatre de la façon que je vous laisse le soin d’imaginer…

Voilà. Sans doute, mon cher tuteur, Madame la baronne, prendra-t-elle soin de vous mettre elle-même au fait de cette escapade et de ce qui s’en est suivi. Il fallait néanmoins que je vous en fasse moi-même au préalable l’aveu. Ma conscience l’exigeait. J’ose espérer que, de votre côté, vous n’en voudrez point trop à l’étourdie que vous savez que j’ai toujours été…

Votre affectionnée

Emilie




Ma chère Pauline,

Si tu savais comme je suis heureuse !… J’ai eu l’immense bonheur de passer dimanche quelques heures avec LUI grâce, en partie, à mes trois consoeurs qui m’ont fait l’amitié d’entrer dans mes intérêts : tu te doutes bien qu’il m’était impossible de disparaître seule toute une après-midi sans éveiller les soupçons et sans devoir finir par passer des aveux complets. Elles ont eu la bonté de m’attendre et de prétendre avec moi que nous nous étions toutes les quatre perdues au cours d’une promenade que nous avions entreprise en lieu et place des Vêpres. En vérité j’étais dans ses bras. Et j’y étais heureuse…

Il me semble voir, ma chère Pauline, ton sourcil se froncer. Tu sais tout comme moi – nous nous en sommes assez souvent toutes les deux entretenues ! – qu’on peut accorder beaucoup à un homme – tu me comprends à demi-mot – sans pour autant tout lui abandonner. Que lui resterait-il alors à convoiter ?… Il m’a suppliée de ne pas le laisser trop longtemps languir, de lui concéder, très vite, un autre rendez-vous. Je m’y suis engagée sans trop savoir comment je pourrai tenir ma promesse : je ne veux pas courir le risque d’être découverte. Je ne veux pas faire le désespoir de mon cher tuteur auquel j’ai dû, à cette occasion, pour la première fois mentir. Je ne veux pas non plus exposer mes amies à être une nouvelle fois sévèrement corrigées comme elles l’ont été par ma faute même s’il m’a semblé que l’une d’elles au moins tirait, pour je ne sais quelle obscure raison, un vif plaisir des coups qu’on lui administrait sur les fesses. Pour ma part je les ai supportés avec tout le courage souhaitable. C’était le moins que je pouvais faire sachant que j’étais responsable de tout…

Donne-moi de tes nouvelles, ma chère amie. De mon côté j’espère pouvoir t’apprendre bientôt que j’ai pu le revoir sans courir le moindre risque…

Mille baisers

Ton amie

Emilie

lundi 23 août 2010

Colocataires3 ( 9 )

- Ca vous ennuie pas ?
- Quoi donc ?
- De venir me chercher comme ça tous les jours au boulot…
- Bien sûr que non !… Je le ferais pas sinon…
- J’arrive pas à y croire… J’ai jamais eu vraiment d’importance… Pour personne… Alors que vous soyez comme ça avec moi tout prévenant tout attentionné je me dis que c’est pas possible… Que ça va pas durer… Que vous vous trompez sur moi… Que vous me voyez pas comme je suis…
- C’est peut-être toi finalement qui ne te vois pas comme tu es… Qui te sous-estimes…
- Je crois pas, non… Quand vous me connaîtrez mieux…
- Ce sera difficile… Tu restes très secrète…
- Vous trouvez ?… J’ai envie pourtant… De tout vous dire… D’être complètement toute nue pour vous… Mais en même temps ça me fait tellement peur… Qu’est-ce que vous allez penser quand vous saurez ?
- Il y a des choses si épouvantables que ça à savoir ?
- Oh non, non !… Au contraire… Il y a rien… C’est ça que vous allez découvrir… Qu’il y a rien… Absolument rien derrière… Que je suis tristement et désespérément banale… Que je ne présente pas le moindre intérêt…
- Crois-tu vraiment que tu sois la mieux placée pour en juger ?

- Où tu cours comme ça, Victorine ?…
- Je cours pas, mais je suis pressée… Il y a une copine qui m’attend…
- Oui, ben elle attendra… Tu as quelque chose de beaucoup plus important à faire avant… Tu sais ce qu’on a dit…
- Oui, mais non… Ce soir j’ai vraiment pas le temps… Demain je vous raconterai… De toute façon il y a rien eu d’extraordinaire aujourd’hui…
- C’est qui cette copine ?…
- Vous connaissez pas…
- Je demande qu’à connaître… Elle s’appelle comment ?…
- Ca n’a aucune espèce d’importance comment elle s’appelle… Je vais être en retard…
- Elle s’appelle comment ?…
- Adeline… Bon… Vous me laissez passer ?…
- Tu vas la retrouver où ?…
- Dans un bar…
- Et vous allez faire quoi ?…
- Aucune idée… On improvisera…
- Ce qui veut dire que vous allez grignoter quelque chose vite fait sur le pouce et vous précipiter en boîte de nuit… Quand on voit comment tu t’es habillée…
- J’ai quand même bien le droit de m’amuser un peu !…
- S’il ne s’agissait que de t’amuser…
- Mais si, hein !…
- Bien sûr que non !… Et tu le sais très bien… Ca fait quarante-huit heures que tu as rompu… Alors il te faut quelqu’un à la tête de qui te jeter… N’importe qui… En te racontant des histoires… En te faisant croire ce que tu as envie de croire… Et en te précipitant une fois de plus, tête baissée, dans une histoire invraisemblable qui va t’amener des complications à n’en plus finir…
- Si je veux enfin trouver quelqu’un de sérieux – et qui soit libre – faut bien que je me bouge… Il va sûrement pas venir frapper à la porte pendant que je regarde la télé…
- Non, mais c’est sûrement pas en boîte que tu vas le dénicher… Tu devrais le savoir depuis le temps…
- Mais où alors ?…
- Ailleurs… Et pas maintenant… Maintenant tu es prête à trouver toutes les qualités du monde au premier imbécile venu qui aura tous les défauts de la terre…
- Faut que je fasse quoi alors ?…
- Là ?… Tout de suite ?… Faut que t’ailles te coucher…

- C’est vous ?…
- Ben oui, c’est moi, oui…
- Qu’est-ce que vous voulez ?… Vous êtes venu voir si je m’étais quand même pas tirée en douce ?… C’est ça, hein ?… Ben non !… Je suis là… Même si ça a bien failli… Si ça m’a drôlement démangée… Vous auriez fait quoi si vous m’aviez pas trouvée dans le lit ?…
- Comme si tu le savais pas !… Allez, dors maintenant !… Il est tard…
- Attendez !… Partez pas !… Pas tout de suite… Restez un peu avec moi… Je voudrais vous dire quelque chose…
Elle a pris ma main, l’a portée à ses lèvres…
- Heureusement que je vous ai vous, vous savez, pour vous occuper de moi… Personne l’a jamais fait… Personne m’a jamais guidée… Expliqué… Toujours il a fallu que je me débrouille toute seule… Pas étonnant que j’aie fait n’importe quoi à des moments… Ni que j’accepte jamais qu’on me commande… Il y a que vous… Faut pas me laisser tomber, hein, surtout !… Faut continuer à m’obliger… Même si je me révolte… Même si je suis odieuse… Au contraire… Encore plus faut me visser… Vous me promettez, hein !…

jeudi 19 août 2010

Escobarines: Le pique-nique





- Encore deux jours et puis c’est fini pour nous… On rentre…
- Déjà !…
- Déjà, oui !…
- Nous aussi… On va pas tarder à repartir… Va falloir…
- Dommage !… On formait un bon petit groupe…
- Tout a une fin…
- Ah, on peut dire qu’on en aura passé des heures à la plage…
- Oh, mais on se retrouvera… Suffit de poser nos vacances de l’an prochain au même moment…
- Et si, en attendant, on s’organisait un petit quelque chose tous ensemble avant de se séparer ?… Une sortie… Un pique-nique…
- Un pique-nique… Oui… Un pique-nique… C’est une excellente idée…

- Et si nous on leur terminait ça en apothéose ?… C’est pour le coup qu’ils s’en souviendraient de leurs vacances…
- En apothéose ?… C’est-à-dire ?…
- Leur montrer – soi-disant à ton corps défendant – ton derrière rougi sur la plage(*) c’était bien… Ils ont beaucoup apprécié… Fallait voir les regards qui se posaient sur toi… Entendre les commentaires…
- Moi aussi j’ai apprécié… Surtout ça j’ai apprécié… Comment ça te met la honte les réflexions… T’arrêtes pas d’y repenser pendant des jours et des jours après… Tu peux pas t’empêcher…
- Et si maintenant je te la flanquais devant eux ?…
- Wouaaaah !… Déjà devant des inconnus qu’est-ce ça doit être !… Mais alors devant des gens que tu connais tous… A qui t’as parlé…

La première voiture s’est arrêtée…
- On s’installe là ?… C’est calme… C’est tranquille… Personne viendra nous déranger…
Les coffres se sont vidés, des tables dépliées. On a sorti des paniers, des glacières, des pliants, des chaises longues…
- On a une chance, mais une chance !… Il fait un temps magnifique !…
Tout le monde s’est installé. Bernard Lépanthe a distribué des verres. Les a remplis…
- Bon, ben à la nôtre…

- Tiens-toi correctement, Estelle !…
- Oh, mais on est en Vacances… Si je peux même plus boire un coup…
- Un, oui… Mais tu t’en es déjà enfilé sept ou huit… Les uns derrière les autres…
- Je peux jamais rien faire alors !… Rien… J’en ai plein le cul…
- Vous la laissez vous parler sur ce ton-là ?…
- Certainement pas, non… Tu vas me présenter immédiatement tes excuses, Estelle !…
- Oui, ben alors là !…
- Tu entends ce que je te dis ?…
- J’en ai marre, mais marre !…
- Fais attention !… Fais bien attention !…
- Tu me fais pas peur !… Et qu’est-ce qu’ils ont à me regarder comme ça tous ces cons ?…
- Cette fois ça suffit !… Viens ici !… Tu l’as assez cherchée… Tu vas t’en prendre une…
- Oh non, Tatie, non !… Tu vas pas me faire ça ?!… Je le ferai plus… Je te promets… Je serai sage… Je boirai plus… Tiens, regarde !… Je le rends à monsieur Lépanthe le verre… Tu vois ?!…
- Arrête tes simagrées, veux-tu !… Tu aggraves ton cas… Viens ici !… Tu entends ce que je te dis ?… Viens ici, Estelle !… Je le répéterai pas…

- En tout cas elle a pas été bien courageuse la demoiselle…
- C’est le moins qu’on puisse dire…
- Jouer les fortes têtes ça elle sait faire…
- Mais dès qu’il s’agit d’assumer les conséquences de ses actes…
- Oui… Parce que qu’est-ce qu’elle aura braillé !…
- Comme un cochon qu’on égorge…
- Et gigoté…
- Elle aurait quand même pu prendre sur elle… Si elle avait un minimum de pudeur…
- C’est clair que c’est pas ça qui l’étouffe…
- Heureusement que sa tante…
- Oui… Lui coincer les jambes comme ça c’était la seule solution pour l’obliger à un peu de décence…
- Trop gentille elle a été… Moi, je te lui en aurais collé une beaucoup plus longue… Et beaucoup plus forte…Pour lui apprendre à savoir se tenir…
- En tout cas ça l’a calmée on dirait…
- Oui… Elle est toute sage d’un seul coup…
- Comme quoi…

- Elle veut boire un petit quelque chose la grande fille ?…
- Mais oui !… Qu’elle en profite !… Tantine est en pleine discussion là-bas… Elle ne s’apercevra de rien…
- Tiens, prends !… dépêche-toi !… Elle a le dos tourné…
- Non, merci, monsieur Lépanthe, merci…
(*) Voir "La plage"

lundi 16 août 2010

Colocataires3 ( 8 )

Allan et moi. Les yeux embués de Mélianne. Ceux brillants d’Amandine.
Allan et Mélianne. Leur plaisir qui les submerge.
Amandine nouée à moi. Son souffle gorgé de bonheur. Son extase qui l’emporte.
On a dormi tous les quatre. Jambes jetées au hasard. Bras lancés au hasard. Têtes posées au hasard.

C’est Mélianne qui l’a proposé, au réveil…
- Et si on partait quelque part ?… N’importe où… Quelques jours… Tous les quatre…
On pouvait. Tout le monde pouvait. Se débrouiller. Prendre des heures. S’arranger…

On a étalé par terre une grande carte de France. Et on a bandé les yeux d’Amandine…
- C’est toi la plus jeune…
On l’a placée au milieu. On l’a fait tourner plusieurs fois sur elle-même. Elle s’est agenouillée. Elle a posé son doigt au hasard… Les Alpes de Haute-Provence…
- Ca aurait pu être pire…
Annot…
- Quelqu’un connaît ?…
Personne, non…
- Eh bien ce sera l’occasion de faire connaissance…

- Vous êtes tout seul ?…
- Pour le moment, oui…
- Je vous ai menti… Il est marié…
- Ah !… Et tu le sais depuis quand ?…
- Depuis le début…
- Ah ben bravo !… Bravo!… On peut te faire confiance!…
- J’avais trop envie… Dès que je l’ai vu j’ai eu envie… J’ai pas pu m’empêcher… Donnez-la moi !… Je l’ai méritée… Mille fois je l’ai méritée…
- Tu vas l’avoir, ça, c’est sûr… Tu vas pas y couper… Mais d’abord… on peut savoir pourquoi cette brusque volte-face ?… Cet aveu soudain ?…
- Parce que c’est pas bien… Je vous promets quelque chose… Dans mon intérêt à moi en plus !… Et je fais tout le contraire…
- C’est la seule raison ?…
- Ben oui… Oui… Qu’est-ce que vous voulez que ce soit d’autre ?
- Ce ne serait pas plutôt que maintenant sa femme est au courant ?… Que tout est fini ?…
- Comment vous le savez ?…
- C’est donc bien ça ?…
- Quelqu’un vous l’a dit ?… Vous les connaissez ?…
- Non… Mais ça te ressemble tellement !… Chaque fois ça se passe comme ça… Chaque fois il y en a une autre et chaque fois elle découvre le pot-aux-roses… Et chaque fois tu te fais évincer… A croire que tu le fais exprès… Que tu te débrouilles pour que ce soit ça qui arrive…
- Mais non, mais…
- Elle l’a appris comment cette fois-ci ?…
- J’en sais rien…
- Mais si, tu le sais !… Bien sûr que tu le sais !…
- C’est moi !… Je lui ai téléphoné… Je lui ai dit qu’il avait quelqu’un… Je sais pas pourquoi j’ai fait ça…
- Parce que tu espérais qu’il allait la quitter et te choisir toi ?…
- Non… J’y ai jamais vraiment cru…
- A moins qu’accumuler les échecs te rassure… Que tu en aies besoin…
- C’est idiot ça…
- Quoi qu’il en soit tu n’as pas respecté tes engagements…
- Non…
- Et tu as menti…
- Oui…
- Déshabille-toi, Victorine…
Elle l’a fait lentement en me tournant le dos… S’est arrêtée…
- Tout…
Elle a laissé tomber la culotte, en est sortie, un pied après l’autre… A attendu…
- Viens ici !…
Elle s’est retournée, s’est avancée vers moi, tête basse, les yeux rivés au plancher…
- Plus près…
Un pas en avant…
- Encore…
Un autre. J’ai pris ses mains entre les miennes…
- Pourquoi tu es comme ça, Victorine ?… Pourquoi tu te comportes aussi mal ?…
Elle n’a pas répondu. Elle a secoué la tête de droite à gauche. De gauche à droite. Plusieurs fois. En signe d’ignorance. Ou d’impuissance... J’ai pris ses mains entre les miennes…
- Il va falloir qu’on prenne d’autres dispositions, Victorine. Beaucoup plus sévères. Tu en as bien conscience ?…
- Oui…
- Et pour commencer j’attends de toi que tu me fasses dorénavant un compte-rendu quotidien aussi fidèle que possible de tes journées et que tu respectes à la lettre l’emploi du temps que nous aurons établi ensemble… C’est bien compris ?…
- Oui…
Et elle s’est docilement laissé courber en travers de mes genoux…

jeudi 12 août 2010

Escobarines: La plage





- On va où en Vacances ?…
- Où t’aurais envie, toi ?…
- Un camping ?…
- J’en étais sûre !… Je l’aurais parié… Un camping où je passerais, comme l’année dernière, pour la vilaine tante à principes et préjugés éculés qui donne encore la fessée, pour un oui ou pour un non, à sa grande nièce de 20 ans(*)… Non, c’est pas ça ?…
- Un peu si… Ca t’ennuie ?…
- Oh non !… Non… Entre bonnes copines faut savoir se rendre service… Et puis, pour être franche, je finirais presque par y trouver, moi aussi, un certain plaisir…
- Bon, ben alors on y va… Le même ou un autre ?…
- Comme tu veux… Tu choisis…
- Un autre alors !… Un autre… Ca changera…

- En douce… En douce heureusement que t’as dix ans de plus que moi et que – le prends pas mal ! – tu fais nettement plus vieux… sinon personne le croirait que t’es ma tante !… Tandis que là…
- T’as fait quoi de ta journée ?…
- J’ai discuté… A droite… A gauche…
- T’as fait des connaissances ?…
- Pas vraiment… Pas encore… Mais on vient que d’arriver…
- Moi si !…
- Ah oui ?… Qui ça ?…
- Un couple très sympa avec une grande fille de ton âge… Une tente de l’autre côté là-bas près des sanitaires… Je suis même allée à la plage avec eux… Ils m’ont fait découvrir une ravissante petite crique un peu à l’écart où ils pratiquent le naturisme avec une douzaine d’autres personnes…
- Et toi aussi tu t’es ?…
- Non, mais tu me prends vraiment pour un dinosaure, hein !…

- C’est vrai qu’il y a pas photo… Qu’est-ce qu’on se sent mieux à poil !… Et puis quand on est dans l’eau… Ca a rien de comparable…
- Je te le fais pas dire…
- Ils sont sympas en plus les gens… Même si… il y a un vieux, là, il a pas arrêté de me reluquer…
- Dans un sens c’est plutôt bon signe, non ?…
- Oui… Bien sûr… Oui… Mais là où ça me gêne c’est par rapport à sa bonne femme… Parce qu’on peut pas dire qu’il soit vraiment discret…

- Tu voudrais pas t’arrêter ?…
- Pourquoi ?… T’as envie de faire pipi ?…
- Non… Non… Mais on va y arriver à la plage…
- Oui… Et alors ?…
- Et alors ce qui serait pas mal c’est que tu m’en mettes une maintenant… Juste avant… Que tout le monde se rende compte…
- S’il y a que ça pour te faire plaisir…
- Mais tu tapes, hein !… Même que je te crie d’arrêter tu continues… Faut que ça marque vraiment…
- Compte sur moi !… Tu vas pas être déçue…

- Là !…
- Ouche !… Hou !… La vache !… T’y es pas allée avec le dos de la cuillère…
- Faut savoir ce que tu veux…
- Oui… Non, mais ça fait rien… Ca va… Dis ?!…
- Oui ?…
- Quand on va y arriver à la plage je vais faire celle qui veut pas le quitter son maillot… Qui a bien trop honte qu’on voie qu’elle vient de la recevoir la fessée… Mais tu insistes, hein ?!… Tu m’obliges !…

- Cesse donc ces enfantillages, Estelle !… A quoi ça rime ?… De toute façon tout le monde le voit que tu t’es pris une fessée… Ca déborde de partout du maillot…
- Apparemment elle vous cause bien du tracas cette grande fille…
- Ca !… Vous pouvez le dire…
- Elle court, je suis sûre !… Rien qu’à la voir…
- Oh, si c’était que ça !… Si vous saviez !… Si vous saviez tout ce qu’elle est capable d’inventer… Elle me rendra folle, mais folle !…
- Les jeunes d’aujourd’hui on leur laisse passer beaucoup trop de choses… Beaucoup trop…
- Regardez-la !… Regardez-la qui file là-bas…
- Mais c’est pas possible ça !… Dès que je la quitte des yeux trente secondes…

- Ben alors !… Tu l’as pas retirée la culotte !…
- Demain !… Quand on cède après avoir beaucoup résisté on a tellement plus honte !…

(*) Voir : « Les campeuses » ( Archives Novembre 2009 )

lundi 9 août 2010

Colocataires3 ( 7 )

- Qu’est-ce vous voulez aller faire là-dedans ?…
- Tu verras bien… Viens !…
- Dites-moi d’abord…
- T’acheter une robe…
- J’en mets jamais des robes…
- Il faut un commencement à tout…
- Non… Non… Je vous assure… Vous allez dépenser votre argent pour rien…

- J’oserai jamais porter ça…
- Et pourquoi donc ?…
- Ca montre mes seins…
- Ca les montre pas… Ca les suggère… Et ça te va à ravir…

Mélianne aussi était de cet avis…
- Ah oui… Oui… Tu es superbe là-dedans… Et tu verras quand il t’aura maquillée… Parce que ça c’est un truc il est hyper doué… Un véritable artiste…

- Tout le monde me regarde… Vous trouvez pas que tout le monde me regarde ?…
Mélianne a haussé les épaules…
- Mais non !… Tu te fais des idées…
- Si !… Il y en a plein qui me regardent… Beaucoup plus que d’habitude…
- C’est qu’ils te trouvent à leur goût… C’est plutôt bon signe, non ?…
- Je sais pas… Mais vous m’emmenez où comme ça ?…
- Au restaurant… Faire la connaissance d’Allan…
- C’est qui Allan ?…
- Le serveur dont on t’a parlé, tu sais bien…
Ses yeux ont brièvement plongé dans les miens…
- Ah oui…

- On recommencera, hein ?!… Vous recommencerez ?!…
- Tu en doutes ?…
- Oh non !… Non… C’était trop beau… C’était comme un cadeau que vous nous faisiez tous les deux… Un cadeau rien qu’à nous… A Mélianne et à moi… Vous savez ce que j’ai préféré de tout ?… C’est que vous me laissiez vos yeux tout le temps que vous avez été avec lui… Comment ça m’a remuée ça !… Je savais plus où j’étais… J’avais complètement perdu la tête…
- Ca on a vu !…
- Quand même !… Qu’est-ce qu’il a dû penser de moi Allan !…
- Qu’est-ce que tu veux qu’il ait pensé de toi ?… La même chose que ce que tu as pensé de lui…
- Ca doit pas être trop mal alors…

- Tu en es où ?…
- Où de quoi ?…
- Tu le sais très bien…
- Pareil…
- Tu essaies pas de savoir ?…
- Ben si !… Si !… Bien sûr que si !… Mais qu’est-ce que vous voulez que je fasse ?… Je peux quand même pas lui demander toutes les cinq minutes s’il est vraiment libre et s’il m’a pas raconté des salades !…
- Ca… C’est clair… D’autant que ça servirait strictement à rien… Il peut bien te répondre ce qu’il veut…
- Ah, vous voyez bien !…
- C’est autrement qu’il faut t’y prendre…
- Ben oui, mais…
- Seulement t’as pas vraiment envie de savoir…
- Si !… Si !… Seulement c’est pas facile… Et puis je suis pas du genre à aller fouiller dans les affaires des autres, moi…
- Tu le rencontres où ?…
- Qu’est-ce ça peut faire où je le rencontre ?…
- Tu le rencontres où ?…
- A l’hôtel le midi…
- Jamais chez lui ?…
- Non… Il habite chez ses parents… Qui sont âgés… Il veut les ménager… Il leur parlera de nous, mais plus tard… Quand on aura fait un petit bout de chemin ensemble… Quand on sera sûrs de ce qu’on veut tous les deux… C’est ce qu’il dit en tout cas…
- Et le soir ?… Vous sortez bien ensemble de temps en temps le soir quand même ?…
- Oui… Si… La première fois… Quand on s’est rencontrés…
- Et depuis ?…
- Depuis… non…
- Il passe ses soirées avec ses parents ?…
- Sûrement…
- Et quel âge il a ce grand garçon ?…
- 32 ans…
- 32 ans !… C’est vraiment un fils très aimant… Tu te prépares un avenir délicieusement familial avec lui… S’il t’a vraiment dit la vérité… Bien entendu…

jeudi 5 août 2010

Escobarines: Fessée londonienne





- Autant vous dire franchement les choses : tant que vous n’aurez pas sensiblement amélioré votre anglais, vous aurez du mal – beaucoup de mal – à trouver un poste qui soit en rapport avec vos compétences… En ce qui nous concerne en tout cas c’est non…
Encore !… A chaque fois… Mon anglais… C’était là que le bât blessait… Je le savais… Il me fallait prendre le taureau par les cornes une bonne fois pour toutes… Et donc direction Londres…Pour quelques mois… Londres où une famille – les Johnson – consentait à m’héberger en échange de menus travaux domestiques… Et anglais… Anglais intensif…

Anglais ?… Pas avec Mr Johnson en tout cas qui avalait ses repas en lisant son journal sans jamais adresser la parole à qui que ce soit… Ni avec Edouard, le fils, absorbé dans la contemplation permanente de quelque chose à l’intérieur de lui-même… Avec Mrs Johnson non plus : elle se contentait de s’assurer que je comprenais les ordres qu’elle me donnait sur un ton bizarrement tout à la fois doucereux et cassant…

Elisabeth, la fille, elle, par contre – elle avait mon âge : 22 ans – avait manifestement décidé de m’utiliser comme réceptacle à confidences. Elle me pourchassait dans toute la maison et, tandis que j’époussetais les meubles ou briquais la cuisinière, me contait par le menu ses déboires sentimentaux…

- Celle d’avant toi elle lui flanquait la fessée ma mère…
- Quoi ?…
J’ai rattrapé de justesse le grand vase en porcelaine de Chine auquel, sous l’effet de la surprise, je venais de donner malencontreusement un grand coup de coude…
- Heureusement que tu l’as pas cassé… Tu y aurais eu droit, toi aussi, ça, c’est sûr…
- La fessée !…
- Ben oui la fessée… Qu’est-ce ça a de si étonnant ?… Tu l’as jamais reçue, toi ?…
- Mais pourquoi ?… Qu’est-ce qu’elle faisait ?…
- Qu’est-ce qu’elle faisait pas plutôt… C’était souvent que ça laissait à désirer son travail… Alors elle lui mettait… Devant nous trois des fois… J’adorais…

Celle d’avant moi… Pamela… Sa photo trônait sur la commode dans la chambre d’Elisabeth… Etendue en sa compagnie sur une grande serviette blanche, appuyée sur un coude, la tête dans sa main, elle y arborait un petit sourire triste… La fessée… Est-ce qu’elle tentait de résister ?… Est-ce qu’elle protestait ?… Se rebellait ?… Ou est-ce qu’au contraire elle acceptait docilement une punition qu’elle reconnaissait, en son for intérieur, avoir méritée ?… Est-ce qu’elle criait ?… Est-ce qu’elle pleurait ?… Est-ce qu’elle battait des jambes ?… Des images m’obsédaient… Je les chassais… Elles revenaient… Elles me hantaient… Elles ne me quittaient plus…

- Qu’est-ce tu regardes ?… Encore !…
- C’est souvent qu’elle l’avait ?…
- Assez, oui… Oh, mais t’inquiète pas !… Toi aussi, tu l’auras…
- Oui, ben alors là !… Sûrement pas… Faut pas qu’elle y compte…
- Ca… C’est ce qu’on verra…

J’imaginais Mrs Johnson à l’oeuvre… Je ne pouvais pas m’empêcher de l’imaginer… Son visage se faisait dur, son ton plus cassant encore qu’à l’ordinaire… Elle imposait… Elle ordonnait… De façon si péremptoire, si impérieuse qu’il était impossible de ne pas en passer par où elle l’exigeait… De ne pas céder…

Ca a été un samedi… Tout le monde était sorti… Avant d’entreprendre le ménage dans leur chambre je me suis allongée sur leur lit… J’y ai convoqué, rêveuse, mes images… Pamela… Mrs Johnson… Je suis restée tout l’après-midi avec elles… Je ne me suis pas relevée… J’ai attendu… Je savais quoi… Ce que je ne voulais surtout pas… Que je voulais quand même… Encore plus fort…

La porte d’entrée. Qui a claqué. Je n’ai pas esquissé le moindre mouvement. Celle de la chambre…
- Non, mais faut pas se gêner !…
J’ai poussé un cri. Me suis levée d’un bond…
- Qu’est-ce tu faisais ?…
- Rien… Rien… Je…
- Rien… C’est le mot, oui… Rien… Tu n’as rien fait… Absolument rien…
Elle s’est emparée du battoir à tapis que j’avais abandonné, sans l’avoir utilisé, sur une chaise…
- Baisse-moi tout ça !…
D’un ton qui n’admettait pas la moindre réplique…
J’ai baissé la tête. Le reste aussi. Tout le reste…

Aussitôt après Elisabeth s’est précipitée, surexcitée, dans ma chambre…
- Alors ça y est !… Ca y est !… Tu l’as eue… Et carabinée en plus… On a tout entendu d’à côté… Absolument tout… Dommage qu’on n’ait pas vu… Oh, mais on verra… Et sans tarder… Parce que je sais comment faire pour t’en faire avoir une autre… Et qu’elle te la donne devant nous… Qu’elle te la donne forcément devant nous…

lundi 2 août 2010

Colocataires3 ( 6 )

Amandine m’a sauté au cou…
- C’est moi que vous êtes venu chercher ?…
- Ben oui… Qui tu veux d’autre ?…
- C’est gentil… C’est drôlement gentil…
- T’es pas pressée ?…
- Oh non… Non…
- On marche un peu alors ?…
Elle m’a pris la main, l’a pressée, portée à ses lèvres… Je l’ai gardée…
- J’ai pas l’habitude…
- De quoi donc ?…
- Qu’on montre dans la rue qu’on sort avec moi… Mes mecs, quand j’en avais, ils faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour pas que ça se sache… Ils avaient honte… A cause de ma tronche…
Elle a levé vers moi un petit sourire triste…
- Mais j’en ai pas eu tant que ça, vous savez… Faut pas croire… Presque pas en fait… Je suis la bonne copine à qui on raconte ses histoires… On vient me pleurer sur l’épaule quand on est plaqué… On me demande conseil… On s’épanche… On me fait ses confidences… Et c’est tout… Le reste on y pense même pas avec moi… Je suis pas baisable… Je suis moche… Tellement moche qu’il ne vient à l’idée d’aucun mec que je puisse moi aussi en avoir envie… Vous savez que je voulais pas au début avec vous quand elle m’en a parlé Mélianne ?… J’avais trop peur que vous acceptiez juste pour lui faire plaisir… Ou par pitié… Pour faire votre BA… Comment je vous ai observé !…
- Et alors ?…
- Et alors vous aviez vraiment envie… Vous faisiez pas semblant…
- On s’assied un peu là ?…
A la terrasse d’un café…
- Si vous voulez…
- Ca te dérange pas qu’elle soit là Mélianne quand on est ensemble ?…
- Oh non, non… On a vécu tellement de choses ensemble toutes les deux qu’on est comme des sœurs… Mieux que des sœurs même… Non… Et puis on se l’était promis… Je lui avais promis que le jour où je serais avec quelqu’un elle pourrait rester là et regarder tant qu’elle voudrait… Parce que combien de fois, quand j’en crevais d’être toute seule et de jamais avoir personne, elle s’arrangeait pour que je sois cachée quelque part et que je la voie faire avec un mec… Ca vous choque pas au moins ?… Non… Je pense pas que ça vous choque… Après tout ce qu’elle m’a raconté sur vous… Faudrait peut-être qu’on la rejoigne, non ?… Elle va nous attendre…

Elle nous a regardés. Assise sur le bord du lit. Tout près… Elle n’a pas cessé de nous regarder… Quand Amandine s’est approchée de son plaisir elle lui a doucement posé une main sur le front…
- Jouis, ma douce chérie, jouis…
En longs sanglots éperdus… Ses lèvres se sont penchées sur les siennes, les ont effleurées… Tout est retombé… Amandine a posé sa tête sur mon épaule, s’est blottie contre moi… Mélianne aussi de l’autre côté… Leurs respirations se sont faites plus lentes, plus profondes… Elles se sont endormies…

- Faut que je vous dise… J’ai dit que je vous dirais… Alors faut que je vous dise… J’ai rencontré quelqu’un…
- Ah !… Et quelqu’un de libre évidemment…
- Il est libre, oui…
- Tu es sûre ?…
- C’est ce qu’il m’a dit…
- Et tu l’as cru sur parole ?…
- Ben… Le moyen de faire autrement… Vous voulez que je vérifie comment ?…
- En prenant ton temps… Quelqu’un que tu ne peux jamais joindre sur son fixe le soir, qu’il y a jamais moyen de voir le week end il y a de fortes chances pour qu’il soit casé…
- C’est bien beau de prendre son temps, mais aujourd’hui c’est plus comme à votre époque… Un type, si vous lui donnez pas rapidement ce qu’il veut, il va voir ailleurs et il vous passe sous le nez…
- Qu’est-ce t’appelles rapidement ?…
- Ben rapidement…
- Tu l’as rencontré quand ?…
- Hier soir…
- Et t’as couché avec quand ?…
- Ben hier soir… Oh, mais il est libre, hein !… Je suis sûre qu’il est libre…
- Parce que ça t’arrange de le croire…
- Non… C’est pas ça, non…
- Ben voyons !…
- Bon, mais vous savez pas ?… Si jamais il l’est pas libre, vous me flanquerez une fessée – comme on avait dit – pour m’être jetée, une fois de plus, sans réfléchir, à la tête du premier venu… Mais il est l’est libre… Il l’est…
- Et Rémi dans tout ça ?…
- Oh, lui !…
- Tu le vois plus ?…
- Si, mais bon…