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lundi 5 octobre 2009

Colocataires ( 12 )

Elle était en train de se faire une beauté. A sept heures du matin…
- Qu’est-ce qui se passe ?… Tu vas où ?…
- Figurez-vous !… Le toubib… Vous savez bien… Celui où je vous ai emmené l’autre jour… Eh ben il m’a mis un texto… Il veut qu’on passe le week end ensemble… Je me suis pas fait prier, tu parles !… Depuis le temps que je lui demandais et qu’il trouvait tout un tas de prétextes pour pas le faire…

J’ai pris le petit déjeuner en tête à tête avec Victorine. Qui a fait la moue…
- Elle se fait tout un film avec ça… Il en a rien à foutre d’elle son toubib… Strictement rien… Il a une femme. Des enfants. Alors Melliane !… Si !… Pour la tirer… Vite fait… Quand elle se pointe à son cabinet… Ou quand il a une opportunité… Comme aujourd’hui… Parce que sa femme doit avoir des trucs à faire quelque part… Et qu’il se retrouve tout seul… Mais si elle s’attend à quelque chose d’autre !… Si elle s’imagine qu’il va la plaquer pour elle…
- Elle ne donne pas vraiment l’impression d’espérer quoi que ce soit…
- Parce que vous la connaissez pas comme je la connais… Il y a toujours tout un tas d’arrière-pensées avec Melianne… Dans tout ce qu’elle fait… Et être une Madame Toubib ce serait pas pour lui déplaire… Surtout un comme lui… Qu’a les dents longues… Quitte à le faire tant et plus cocu un fois qu’elle se le sera mis dans la poche… Et ça… elle sait faire…

Elle a repoussé son bol, s’est levée…
- Bon, mais on va pas rester là à parler d’elle toute la journée… On va faire quelque chose… De quoi vous avez envie ?…
- Et toi ?
- Moi ?… Qu’on aille se promener quelque part tous les deux n’importe où au hasard… Et puis ce soir que vous m’emmeniez au restaurant… Celui où on était pour mon anniversaire…
- A une condition… C’est que tu t’habilles comme tu l’étais ce jour-là… Au-dessus… Et au-dessous…
- Ca marche…
- Et qu’après, en rentrant, tu me laisses te regarder, de tout tout près, comme le dernier soir qu’on a passé ensemble avant ton départ…
- Je suis contente que vous me demandiez ça… Vous pouvez pas savoir comme je suis contente… C’est souvent que j’y pense, vous savez !… Et que j’en ai envie… Comment ça vous avait rendu !…

- Tu m’emmènes où ?
- On y est presque… C’est pas loin…
- Ah, la fameuse passerelle !…
Au beau milieu de laquelle elle s’est immobilisée…
- Discutez-moi !… Qu’on ait l’air très occupé… Et de pas se rendre compte que ça s’arrête en dessous...
Elle s’est dandinée d’une jambe sur l’autre…
- Je veux pas regarder… Il y en a beaucoup ?
- Quatre ou cinq… Qui font mine de s’être aperçus de rien… Mais qui ne peuvent pas s’empêcher de lever sans arrêt la tête…
- Ils voient quoi à votre avis ?
- Vu la longueur de ta robe, vu que t’as pas de culotte et vu que t’arrêtes pas de danser sur place à mon avis ils voient tout... Absolument tout… Et il y en a de plus en plus…
- Ca craint, non ?… Vaut peut-être mieux qu’on s’en aille maintenant…

- Personne nous suit ?
- Personne, non…
- Parce que vous êtes là… Mais je serais toute seule… C’est ça qu’est chiant quand tu fais des trucs pareils c’est que les mecs ils se croient tout permis après… Et il y en a qui sont lourds, mais lourds !… Vous savez où elle est ?
- Quoi donc ?
- La maison de retraite où elle va Melianne… Avec les petits vieux il y a pas de risque au moins… Ils restent à mater dans leurs chambres…

- C’est lequel son banc ?
Elle s’en est emparée, s’y est confortablement installée…
- Bon… Mais finalement ils l’ont encore jamais vue complètement à poil, elle, jusqu’à maintenant ?… Juste la culotte… Ils vont drôlement apprécier alors !…
Elle a étalé ses jambes, laissé la robe remonter légèrement sur les cuisses…
- Vous croyez qu’il y en a qui m’ont déjà repérée ?… Oui… Sûrement… A part passer leur vie à la fenêtre qu’est-ce que vous voulez qu’ils fassent d’autre ?
Mon portable a sonné…
- C’est moi, Melianne… Ca va ?… Qu’est-ce que vous faites de beau ?
- C’est elle ?!… Vous lui dites pas qu’on est là, hein, surtout !
En chuchotis. Les sourcils froncés…
- Rien de spécial… Et toi ?… Ca se passe bien ?
- Oh, moi, c’est super !… Si vous saviez tout ce que… Mais je vous raconterai… J’ai pas le temps là… Je voulais juste vous faire un petit coucou…

- Je peux vous poser une question ?
- Dis toujours…
- Vous avez couché avec ?
- Non…
- Pourtant elle a dormi avec vous le soir de la fiesta…
- On peut très bien dormir ensemble sans que…
- Oui, oh, alors ça !… J’y crois pas beaucoup… Mais admettons !… Ca viendra de toute façon… Je me fais pas d’illusions…
- T’as l’air bien sûre de toi…
- Je la connais par cœur… Elle sait manœuvrer… Et puis c’est obligé… Pour que vous la préfériez à moi il faut bien qu’elle vous donne quelque chose que vous avez pas eu avec moi… Et ça, pour ça, c’est vraiment ce qu’il y a de mieux…
- Mais pourquoi faudrait-il absolument que je préfère l’une à l’autre ?… Je vous apprécie toutes les deux autant et…
- Tu parles !… C’est des mots tout ça… Il y en a toujours forcément une qu’est préférée à l’autre… Et vaut mieux être celle qu’est préférée que celle qui l’est pas… Non… J’aurais jamais dû l’amener chez vous… J’ai été bien trop conne… Que ça tourne comme ça c’était couru… Ne serait-ce que parce que elle est là avec vous, tous les jours, et que moi je suis à des centaines de kilomètres… Si vous étiez resté tout seul au moins chaque fois que je serais venue on se serait retrouvés que tous les deux… Exactement comme avant…
- Sauf si… dans l’intervalle… j’avais pris une autre colocataire…
- Oui… Mais ça aurait pas été celle-là… Bon… Allez, vous venez ?… On y va ?…
Elle a levé la tête…
- Ah oui, il y a ceux-là là-haut… Je vais quand même pas lui laisser le dernier mot avec eux aussi… Manquerait plus que ça…
Elle s’est plantée au beau milieu de l’allée, tournée vers la façade. A relevé sa robe jusqu’au-dessus de la taille…
- Voilà… Voilà… Vous l’avez vue… Vous êtes contents ?

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