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lundi 10 février 2014

Le Centre (56)



Le lendemain matin, au bureau, il n’a d’abord été question de rien… Elle m’a lancé un rapide bonjour, en évitant soigneusement de croiser mon regard, et a couru se réfugier, en toute hâte, derrière son écran d’ordinateur…
Mais c’était là entre nous… Ça tenait toute la place…
J’ai pris tout mon temps… J’ai fait durer…
Et puis, brusquement, sur le coup de dix heures…
– Ça brûle pas trop ?
Elle a fait mine de ne pas avoir entendu…
– Hein ? Ça brûle pas trop ?
– Non… Non… Ça va…
Sans relever la tête…
– Oui, oh, alors là ça m’étonnerait ! Vu comment il a tapé !
Ses doigts ont couru plus vite sur le clavier…
– Ce qu’il y a de sûr en tout cas, c’est que, quand vous êtes entrée pour la première fois dans ce bureau, j’étais à cent lieues d’imaginer qu’un jour j’aurais le plaisir…
Encore plus vite…
– De vous voir recevoir la fessée… Et quelle fessée !
Elle s’est agitée sur sa chaise…
– J’ai beaucoup apprécié… Énormément… Vous aussi d’ailleurs !
Elle a voulu dire quelque chose, s’est ravisée…
– Ce cher Eric a très bien fait d’insister pour que je reste dormir… Elle est parfaite votre chambre d’amis : on y entend tout – absolument tout – ce qui se passe à côté… Et il faut bien reconnaître que cette petite séance vous avait mise dans de très heureuses dispositions… Ce que j’ai également infiniment apprécié…
Le téléphone a sonné… Elle s’est empressée de décrocher…
– C’est moi, oui… Pas encore, non… Oui… Oui… Mais oui, j’te dis !
– C’était Eric ?
– C’était Eric…

Qui a rappelé dans l’après-midi…
– Mais oui, j’vais le faire… Oui…
Et puis encore à cinq heures…
– J’te promets, oui… Oui…

Elle a rassemblé ses affaires, s’est dirigée vers la porte, est revenue sur ses pas… A encore hésité…
– Il voudrait Eric… Il m’a demandé…
– Quoi donc ?
– C’est pas facile… Dans le contexte ici…
– Dites toujours…
– Que je vous montre… Ce que ça donne maintenant… Les marques, quoi !
– C’est une excellente idée… Eh bien allez-y !
– Est-ce qu’on ne pourrait pas plutôt… ?
– Plutôt ?
– Lui dire que je l’ai fait…
– Sans que vous l’ayez fait ? C’est hors de question…
Elle s’est résignée… A soupiré… Relevé sa robe jusqu’au-dessus des fesses…
– Mais c’est qu’on n’a pas de culotte !
– C’est lui ! C’est lui qui veut…
L’y a maintenue quelques secondes avant de la laisser retomber… Et de filer précipitamment vers la porte…
– Bon, ben au revoir… À demain…
– Non… À tout à l’heure… Il veut que je passe… Et il sera pas content… Mais alors là pas content du tout d’apprendre à quelle vitesse vous m’avez expédié ça…
Elle s’est immobilisée… Est revenue sur ses pas… Un nouveau soupir… La robe qui remonte… Qui reste remontée…
– Ah, ben voilà ! Voilà… Vous voyez quand vous voulez…
Je me suis approché… Tout près…
– C’est superbe… Absolument superbe… Ce camaïeu de roses, de rouges tirant parfois sur le violet … Avec de légères touches de jaune et de noir, par endroits, appelées à s’étendre dans les tout prochains jours… À proliférer… C’est magnifique !
J’ai longuement admiré… Jusqu’à ce que…
– Faudrait peut-être y aller… Si on veut pas se retrouver enfermés là-dedans…


– Alors ? Vous avez vu ?
– Non… Quoi ?
– Elle vous a pas montré ? Tu lui as pas montré, toi ?
– Hein ? Ah, mais si ! Si ! Tant qu’il a voulu il a pu regarder…
– Jamais de la vie !
– Tu mens, Marjorie… Une fois de plus tu mens… Reconnais-le au moins !
– Mais non ! Je… Oui… J’ai menti, oui…
– Va falloir que ça te passe cette sale habitude… Va vraiment falloir… Bon, mais on va faire ce qu’il faut pour… Viens là !

2 commentaires:

  1. Ce n'est pas juste une fessée doit être méritée et là elle ne l'est pas du tout. je trouve cela honteux

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    1. Merci de votre lecture, Claire, et de votre commentaire…

      Il s’agit bien évidemment d’un récit totalement imaginaire… Et doublement puisque c’est Eugénie qui est supposée écrire quotidiennement ces histoires, qui y a été « condamnée » par Valentine… Mais même s’agissant d’un récit imaginaire il me semble indispensable qu’il reste plausible… Or ici, une telle histoire ne peut bien évidemment l’être, me semble-t-il, que si mari et femme sont « de mèche » et que si le mari s’appuie sur cette « entente » pour s’assurer la complicité du collègue de travail… Il mène le jeu de façon à réaliser les fantasmes de son épouse, lesquels fantasmes peuvent être – sont – d’être punie pour ce qu’elle a fait, mais AUSSI d’être punie à tort… Pour rien… Injustement…

      Bonne soirée à vous…

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