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mardi 14 juillet 2015

Fessées croisées (36)

14 heures


Christine a soupiré…
– C’est de ma faute tout ça… Ben si ! Si ! J’aurais pas laissé Jaufret me flanquer une fessée, on aurait pas été obligées d’inventer toute une histoire à dormir debout pour faire passer la pilule à Charles…
– Reconnais que ça a quand même eu des bons côtés… Ça nous a fait découvrir des tas de choses dont on avait pas idée toutes les deux…
– Peut-être… Mais en attendant on est piégées…
– Oui, oh ! Pour le moment, question mecs, on court pas de bien gros risques… En ce qui me concerne, Enzo j’ai définitivement fait une croix dessus… Quant à Jaufret, si on en croit Mélanie…
– C’est peut-être pas ça qu’ils cherchent à savoir…
– Ah, oui ? Ben, ce serait quoi alors ?
– Tout simplement ce qu’on fabrique derrière leur dos… Si on continue à se la donner la fessée… Où ? Quand ? Comment ? Dans quelles conditions… Éventuellement avec qui… Parce que… Une fois on le leur a offert le spectacle… Une seule… Et depuis rien… Je suis sûre qu’ils se disent que c’est pas possible… Qu’on continue forcément… En cachette… Et ils se font des films… Ils nous imaginent dans des situations invraisemblables… Et très excitantes…
– Ils auraient un moyen simple de savoir à quoi s’en tenir pourtant…
– Ben oui, nos derrières… Évidemment… Un simple coup d’œil dessus et ils seraient fixés… Or, ils ne le font pas… Charles en tout cas, moi, il me le fait pas… Par moments, j’ai même l’impression qu’il évite soigneusement les situations qui le lui permettraient…
– Oui… Gilles exactement pareil… Comment ça s’explique à ton avis ?
– Ils ont mis des détectives sur le coup… Ils en attendent des révélations… Dont ils comptent bien ensuite tirer profit tout leur saoul… D’une façon ou d’une autre… Alors tu crois qu’il serait judicieux pour eux, en ce moment, d’aller mettre le nez sur l’état de nos derrières qu’ils supposent rougeoyants ? Ça nous refrénerait… Ça nous paralyserait… Ce serait complètement contre-productif…
– Ça se tient tout ça… Oui, ça se tient… Et on fait quoi, nous, alors du coup ?
– On réfléchit… Et on avise…



16 heures


Christine nous a laissées aux abords de la place…
– Tu vas faire quoi ?
– Les promener dans Toulon… Et je peux te dire qu’ils ont intérêt à avoir de bonnes jambes…
On l’a regardée s’éloigner…
Bon… Mais et nous ? On allait faire quoi, nous ?
– Ils y sont peut-être là-bas, au café, nos deux petits vieux…
– Tu parles qu’ils y sont… Et qu’ils nous espèrent de toutes leurs forces…

Ils y étaient…
– Il fait beau, hein, aujourd’hui ?
Ah, ça, oui… On était bien de leur avis… Pour faire beau, ça, il faisait beau…
On a eu droit à un feu nourri de banalités… Sur le climat qu’était en train de changer… Sur les touristes… Qu’étaient moins nombreux que d’habitude… Sur les jeunes qui voulaient plus rien faire aujourd’hui…
– Qu’il y a des fois je te leur botterais bien le derrière, moi…
Et puis, il y en a un des deux qui s’est bravement lancé…
– On a entendu hier…
Ah ! Et ils avaient entendu quoi ?
– Ben, que la jeune fille, là, elle posait des problèmes des fois…
– Oh, ça, vous pouvez le dire… Et plus souvent qu’à son tour…
– Vous lui avez pas fait quand même ? Ce que vous avez dit… Vous lui avez pas fait ?
– Bien sûr que si !
Ils ont échangé un long regard dubitatif…
– Mouais…
– Vous me croyez pas ? Venez si vous me croyez pas… Venez voir !
Je me suis levée…
– Allez ! Venez !
Ils ne se sont pas fait prier…
– Et toi, arrive !
– Oh, non ! S’il te plaît, non !
– Si ! Ça te servira de leçon… Allons ! Depêche !
Elle a suivi… En bougonnant et en traînant la jambe…
J’ai poussé tout ce petit monde sous une porte cochère…
– Baisse ton pantalon !
Elle nous a tourné le dos et l’a descendu, de mauvaise grâce, jusqu’à mi-fesses…
– Plus bas ! Encore !
J’ai tiré… Jusqu’au-dessus des genoux…
– Ah, oui ! Quand même !
Ils s’en sont repus… Avec une délectation manifeste…

– Trop génial cette idée que t’as eue ! Vraiment trop génial… Comment j’avais honte ! Comment c’était bon ! Ce que j’aurais aimé voir leurs têtes…
– Moi, ce que je me demande, c’est ce qu’il en a tiré comme conclusion s’il y a un détective qui nous a vus entrer là-dessous…

2 commentaires:

  1. J'adore vos textes. J'aime votre style: la façon si particulière que vous avez de faire parler vos personnages.j'ai lu et relu vos Escobarines.
    Je suis accro à vos dialogues , si vrais qu'on s' y croirait.
    Merci.

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  2. Merci à vous. C'est une forme d'écriture qui est maintenant pour ainsi dire chevillée à moi… Ravi qu'elle vous parle… Pour d'autres, sans doute pétris de certaines normes littéraires, "ça fait bâclé…"
    Excellente journée et à bientôt…

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