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jeudi 11 décembre 2008

Chambre chez l'habitant ( 3 )

- Assieds-toi !… Il faut qu’on parle tous les deux… J’ai pris place sur le petit fauteuil en face d’elle… - Parce que je suppose que ce n’est pas la première fois que tu t’aventures dans la chambre de ma fille ?!… - Ah si, si !… - Ne mens pas, s’il te plaît !… N’aggrave pas ton cas !… Et je suppose aussi que l’activité à laquelle tu étais en train de t’y livrer est une activité à laquelle tu consacres, que ce soit dans sa chambre ou ailleurs, beaucoup de ton temps et de ton énergie… La tête basse, les yeux baissés, je n’ai pas répondu… - Au détriment de tes études évidemment… Parce qu’on ne peut pas dire que les résultats que tu as obtenus depuis le début de l’année soient à la hauteur des espérances que tes parents ont placées en toi… C’est une situation à laquelle il va falloir remédier… Et rapidement… Viens avec moi !…

Elle m’a emmené dans ma chambre, s’est confortablement installée devant mon ordinateur… - Dis-moi où c’est… Ca m’évitera de chercher… - Quoi donc ?… - Fais bien l’imbécile en plus !… Ah, voilà… J’y suis… Tu peux disposer… Tu as cours n’importe comment… On reparlera de tout ça ce soir…

- Déculotte-toi !… On finissait de dîner… Le visage dur, fermé, elle ne m’avait pas adressé une seule fois la parole de tout le repas. Elle n’avait parlé qu’avec Maeva qui me lançait, de temps à autre, de petits coups d’œil ironiques… - Eh bien !?… Tu comprends ce que je te dis ?… Déculotte-toi !… A moins que tu ne préfères que je mette tes parents au courant… Que je ne leur envoie une copie de toutes les horreurs que j’ai trouvées sur ton ordinateur… Ils vont être édifiés… Non ?… Eh bien alors !… Je n’avais pas le choix. La mort dans l’âme j’ai obtempéré… En tournant le dos à Maeva… - Dépêche-toi !… J’attends… Maeva à qui j’ai pourtant bien dû faire face pour aller me coucher en travers des genoux de sa mère… Maeva devant qui je me suis donné le ridicule de passer en ramenant pudiquement les deux mains sur mon bas-ventre, ce qui l’a, à l’évidence, beaucoup amusée… Sa mère ne m’a pas ménagé… J’ai serré les dents… J’ai serré les genoux… Mais la durée de la correction, son intensité ont eu raison de mes bonnes résolutions : je n’ai pas pu m’empêcher de crier, de me disloquer en tous sens, jambes battantes, fesses ouvertes, offrant un spectacle dont l’idée que Maeva devait bien évidemment le contempler en arborant son insupportable petit sourire supérieur me remplissait d’une honte impuissante…

Elle ne m’a pas laissé retomber. Elle m’a gardé en travers de ses genoux, une main négligemment posée sur mes fesses brûlantes… - Bien… Alors soyons clairs… J’ai bien évidemment fait le tri dans ton ordinateur… J’en ai retiré tout ce qui n’avait pas à s’y trouver et j’ai mis en service le filtre parental… Quant au monceau de revues que tu dissimulais dans le bas de ton placard elles sont en lieu sûr… Il n’est pas question que je te laisse te vautrer plus longtemps avec complaisance dans un climat malsain qui t’est extrêmement préjudiciable… Non pas que je t’interdise formellement de te laisser aller, de temps à autre, à t’offrir manuellement quelque petit plaisir… Mais pas à n’importe quel prix… Pas en te laissant te repaître de n’importe quoi… Et à condition que ça ne devienne pas une obsession… Que ça ne t’empêche pas de te consacrer à tes études… Comme c’est malheureusement le cas – tu ne diras pas le contraire – depuis plusieurs mois… En conséquence tu vas me faire le plaisir de laisser désormais la porte de ta chambre ouverte. De nuit comme de jour. Que je puisse vérifier à tout moment à quoi tu es occupé… Celle de la salle de bains aussi… Et ne t’avise surtout pas de désobéir… C’est bien compris ?… - Oui… C’était compris, oui… - Tu peux filer… Retourne travailler… Maeva m’a suivi, d’un regard ironique et insistant, jusqu’à ce que j’aie disparu…

J’étais désormais sous haute surveillance… A tout moment je devais m’attendre à la voir surgir. Et elle surgissait souvent. De façon parfaitement imprévisible. Il s’écoulait parfois cinq ou six heures d’affilée sans que je l’aperçoive, mais elle pouvait tout aussi bien faire trois ou quatre fois son apparition en l’espace d’un quart d’heure. J’étais constamment sous la menace de sa « visite », une visite dont je ne savais jamais vraiment comment elle allait exactement la conduire. Le plus souvent elle se contentait de venir jeter un œil sur l’écran, un autre sur mon entrejambes et repartait sans un mot. Mais il lui arrivait aussi de procéder, devant moi, à un examen minutieux de mon ordinateur, de visiter mes placards, d’ouvrir mes tiroirs ou d’aller vérifier si ne se trouvaient pas sous mon matelas des revues qu’elle m’avait interdites.

La nuit aussi. Sept ou huit fois par nuit. Armée de sa lampe de poche elle s’avançait jusqu’à mon lit, soulevait les couvertures, les laissait retomber et se fondait dans l’obscurité.

Et dans la salle de bains. Dans la salle de bains surtout. Elle ne m’y laissait jamais vraiment seul, persuadée sans doute que c’était là que prenaient corps les tentations les plus fortes…

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