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jeudi 11 décembre 2008

Chambre chez l'habitant ( 2 )

Il n’était évidemment plus question de sortir le samedi… - C’est totalement exclu… J’étais placé sous haute surveillance… - Parce que je ne me contente pas de belles paroles… Je veux des preuves… Elle a affiché mes horaires sur le tableau dans la cuisine… Elle entrebaillait régulièrement la porte de ma chambre pour voir à quoi j’étais occupé… - Tu travailles au moins ?… Tu fais pas semblant ?… Elle passait le plus clair des repas à m’interroger sur ma journée… J’avais eu quoi comme cours ?… J’avais fait quoi après ?… J’étais allé où ?… J’avais vu qui ?… - Et ne t’avise pas de me raconter des histoires… Parce que je le saurais… Et alors là !…

La situation amusait follement Maeva… Qui ne manquait pas d’enfoncer ironiquement et cruellement le clou… - Alors ?!… Il a été sage le grand garçon ?… Il a bien fait ses devoirs ?… Oui ?… C’est bien… C’est très bien… Il faut… Sinon maman serait obligée de lui mettre encore la fessée… Et elle s’enfuyait en éclatant de rire…

Maeva était fort à mon goût et je m’étais, tout au début, bercé de l’illusion que, malgré notre différence d’âge, elle pourrait peut-être me trouver au sien… J’avais vite déchanté… Il était clair que je ne l’intéressais pas le moins du monde… Que je ne l’intéresserais jamais… Et j’en étais réduit à m’enivrer éperdument d’elle dans la salle de bains… Je séjournais voluptueusement dans la baignoire qu’elle venait d’occuper… Je respirais avidement ses gels de douche, ses crèmes de beauté, ses parfums… Je restais de longues minutes la tête enfouie dans sa serviette de bains…

- Je rentrerai vers sept heures… Elle m’a menacé du doigt… - Mais t’en profites pas, hein ?!… Tu travailles !… Maeva, elle, de son côté, n’était jamais là avant six heures… L’occasion était trop belle, la tentation trop forte… Le cœur battant, j’ai poussé la porte de sa chambre… Immobile sur le seuil, je me la suis d’abord longuement appropriée du regard… C’était son univers… Son antre… Je m’y suis aventuré… J’ai soulevé des bibelots, entrouvert des tiroirs… J’ai décroché, une à une, les robes de la penderie… J’ai voluptueusement humé l’entre-jambes d’un pantalon abandonné sur une chaise… J’ai plongé les mains dans son tiroir à culottes… Je les ai fait couler entre mes doigts en doux flot vaporeux… Le lit était resté ouvert… Je les y ai transportées… Je me suis déshabillé… Je m’y suis allongé… Ivre d’elle, je me suis élancé vers mon plaisir…

Un pas précipité dans le couloir… La porte s’est brusquement ouverte… D’instinct je me suis retourné sur le ventre… - Qu’est-ce que tu fais là, toi ?… Oh non, mais c’est pas vrai !… Non !… Non, mais alors là, cette fois, c’est la meilleure !… Venir faire tes cochonneries dans la chambre de ma fille !… Et le nez dans ses petites culottes en plus!… Tu n’as pas honte ?… Mais je vais t’en faire passer l’envie, moi, mon garçon !… Je t’assure que je vais t’en faire passer l’envie !… Un genou qui s’écrase, d’autorité, au creux de mes reins… Et une main qui tombe, lancée à pleine volée, régulière comme un battoir… Qui s’abat de plus en plus fort… De plus en plus vite… Je me suis tortillé sous les coups… J’ai hurlé… J’ai supplié… Elle n’a pas eu de pitié… Quand ça a enfin fini par s’arrêter elle a ordonné… - Fous le camp !… Sors de cette pièce… Et n’y remets jamais plus les pieds… Jamais… Tu m’entends ?… C’est compris ?… Je n’ai pas demandé mon reste… J’ai regagné ma chambre où je me suis prestement remis au travail…

Il y a eu leurs voix dans la cuisine. Et le rire de Maeva. Longtemps… Elles sont montées, sont passées devant ma porte… Au moment d’ouvrir la sienne Maeva a regretté… - T’aurais dû m’attendre !… J’aurais trop voulu voir ça… - La prochaine fois !… Il y aura d’autres occasions…

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