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lundi 29 avril 2013

Le Centre ( 17 )


Laëtitia a passé la tête…
– Ben alors ! Partout je te cherche… Qu’est-ce tu fabriques ?
– Je bosse… Pourquoi ?
– Ici ? Mais c’est aux cuisines que t’es normalement…
– On m’a changée…
– Mais ils t’attendent là-bas…
– Hein ? C’est quoi cette histoire ?
– Et je peux te dire qu’il apprécie pas, mais alors là pas du tout, le chef-cuisinier… Tu peux préparer tes fesses…
– J’y comprends plus rien…
– À ta place je me poserais pas tant de questions… Et je me dépêcherais de retourner là-bas…
– Elle y est Lucie ?
– Évidemment qu’elle y est… Où veux-tu qu’elle soit ?

– Ah… Te voilà enfin, toi ! Où t’étais passée ?
– On m’avait dit… Au secrétariat là-haut… Fallait que j’aille…
– C’est ça ! Mais bien sûr ! L’autre, c’était le potager et toi le secrétariat… Dites plutôt que vous savez pas quoi inventer pour tirer au flanc… Bon, mais je vais vous en faire passer l’envie, moi, vous allez voir ! Venez ! Venez toutes les deux…

Un dédale de couloirs… D’escaliers… De portes ouvertes… Refermées…
Une chambre…
Il nous y a poussées, l’une après l’autre, d’une brusque bourrade dans le dos…
– Bon… Par qui on commence ? Répondez pas toutes les deux à la fois, hein, surtout !
Lucie s’est avancée…
– Moi…
– J’en étais sûr… Eh bien désape-toi alors ! Qu’est-ce que t’attends ?
Elle a obéi…
 – Allez !
À plat ventre sur le lit…


Il a cinglé… Longtemps… Fort… De plus en plus fort…
Elle a gémi… Elle s’est cabrée… Elle a hurlé… Pleuré…
– Là… C’est bon… Tu peux te relever…
Elle l’a fait… À regret… Manifestement à regret…
Il a ri…
– Mais c’est qu’elle y prend de plus en plus goût cette petite, on dirait… Oh, mais il y en aura d’autres des occasions… Plein d’autres… Allez, Eugénie ! À ton tour… La place est toute chaude…

– Qu’est-ce que je suis contente ! Qu’on soit revenues là, aux cuisines… Qu’est-ce que je suis contente, tu peux pas savoir… Parce qu’il m’a pas jetée finalement… Ça veut dire que j’ai peut-être mes chances du coup… Tu crois que je les ai ?
– Qu’est-ce que tu veux que j’en sache ?
– Moi, je crois que oui… Parce que comment il a aimé ça me le faire ! Je l’ai senti… J’en suis sûre… Beaucoup plus qu’à toi… Et beaucoup plus que les autres fois… Si ça pouvait ! Non, mais si ça pouvait !

Aurore a surgi, hors d’haleine…
– C’est pas vrai que t’es là !
– Ben si… Oui…
– Viens ! Grouille ! Mais grouille, j’te dis ! Grouille !
– Mais qu’est-ce qui se passe enfin ? Qu’est-ce qu’il y a ?
– Il y a que Vannier il est dans une fureur après toi… « Abandon de poste » qu’il arrête pas de hurler… « Abandon de poste… Elle va voir ce que ça va lui coûter… » Alors là je peux te dire… Je voudrais pas être à ta place…
– Non, mais attends ! Faudrait peut-être qu’ils se mettent d’accord aussi… Une bonne fois pour toutes… Parce que quand je suis là-bas faudrait que je sois ici… Et quand je suis ici faudrait que je sois là-bas… Vont me faire tourner en bourrique, oui…
– C’est peut-être ce qu’ils veulent…

Valentine nous attendait devant la porte du bureau… Hilare…
– Je t’avais dit que tu me paierais ça… Je te l’avais pas dit ?
Et elle s’est faufilée derrière nous…

Monsieur Vannier a soupiré…
– Tu cherches, toi aujourd’hui, hein ?! Il y a pas à dire…
– Mais non… Mais c’est parce que…
– Ah, commence pas à discutailler… J’ai horreur de ça…
– Oui, mais si on m’avait pas…
– Vous êtes toutes les mêmes… Faut absolument que vous ayez raison… Envers et contre tout… Allons, Mademoiselle ergoteuse, mettez votre petit derrière en position plutôt… Oui… Voilà… Comme ça… Très bien…
Et c’est tombé…
Valentine ne m’a pas quittée un seul instant des yeux…

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