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jeudi 24 mars 2016

Escobarines: Carte bleue (4)

– Alors ? Raconte, quoi ! Ce rugbyman, là…
– Damien ?
– Oui… Tu l’as revu ? Ça s’est passé comment ?
– Super bien ! Alors là, je peux te dire que c’est le mec qu’assure… Et pas qu’un peu !
– J’en suis ravie pour toi… Sauf qu’il existe pas ce type… Tu l’as inventé de toutes pièces pour me les faire avoir à ta place les fessées de Madame Robin…
– N’importe quoi !
– Non, pas n’importe quoi, non ! Parce que j’ai rencontré Jasmine. Elle y était, elle aussi, en boîte samedi soir. Il y avait pas l’ombre d’un rugbyman. C’était le même truc planplan que d’habitude. Même avec Thibaud vendredi t’as rien fait. Tu t’es contentée de siroter pendant des heures du whisky au bar en répétant sur tous les tons… « Qu’est-ce qu’on se fait chier ! Non, mais qu’est-ce qu’on se fait chier ! » Quant à la soirée d’hier, tu l’as passée à discuter sur Skype avec Romane… Remarque, j’ai rien à dire, hein, parce que moi, de mon côté, ça s’est pas passé tout à fait comme je l’ai raconté non plus… Pas du tout même…
– Comment ça ?
– Ben, t’imagines quand même pas que vendredi je suis restée à me morfondre dans ma chambre, non ? J’ai appelé Bérénice… Des fois qu’elle soit libre et qu’on puisse passer la soirée ensemble… Elle était invitée à un barbecue chez une copine à elle… « Mais viens ! T’as qu’à venir ! » Ça craignait quand même… Parce que je la connaissais pas cette fille ni les gens qu’il y avait… « Oh, tu parles ! Qu’est-ce ça peut foutre ! Hyper sympas ils sont… Et tous, hein ! » Effectivement ! Et il t’y avait une de ces ambiances là-dedans ! Ah, ça, pour bien rigoler, on a bien rigolé ! Et puis bon, au bout d’un moment tu te doutes bien que ça s’est mis à faire des couples qui se sont isolés dans les recoins les plus sombres du jardin… Il y avait un petit brun, pas mal du tout, qui me tournait autour depuis le début. Je freinais tant que je pouvais… Je le repoussais, vu l’état de mon derrière… Et puis, finalement, au bout du compte, je me suis dit que j’étais bien conne… Parce que qu’est-ce qu’il pourrait y voir dans le noir ? N’importe comment je le connaissais pas ce type… Je le reverrais jamais… Alors ! Oui, ben il a pas mis trois heures à se rendre compte… Dès qu’il m’a eu mis les mains sur les fesses… À cause de la chaleur… « Oh, toi, tu t’es ramassé une fessée ! Ah, si ! Si ! Fais voir ! » Avec son briquet il a regardé… « Et pas une petite ! J’adore ! » Tu parles qu’il adorait ! Ça l’a mis dans un de ces états, oui ! Ah, il en était de la comédie… Et moi de sentir que je l’excitais comme ça… Bref, on a passé une nuit d’enfer… Et on s’est revus le samedi… Deux heures il a passées à me les regarder les fesses… Et on n’a pas fait que ça… Le dimanche aussi… Toujours aussi génial c’était… Sauf qu’elles commençaient sérieusement à s’estomper les marques… C’est pour ça : quand t’as voulu que je prenne ta place hier, je me suis pas trop fait tirer l’oreille… Ça m’arrangeait plutôt… Parce que je peux te dire que quand il les a vues réactivées comme ça hier soir !
– Il cherche pas à savoir ?
– Qui c’est qui me les flanque ? Si ! Bien sûr qu’il m’a posé la question… Mais top secret… Ça le regarde pas… Il en profite, c’est déjà pas si mal… Non, par contre j’ai pensé à toi…
– À moi ?
– Oui, parce qu’il a un bon copain à qui il en a parlé de tout ça et il m’a demandé si des fois j’aurais pas une copine qui, elle aussi…
– C’est ça ! C’est ça ! Et puis quoi encore ?
– C’est Philibert son copain…
– Philibert ?
– Philibert Lemoine, oui… Ce Philibert, dont tu essaies d’attirer désespérément l’attention depuis des semaines…
– Ah !
– Maintenant tu fais comme tu veux, hein ! Moi, ce que j’en dis !

– J’ai réfléchi… Oui, mais alors qui c’est qui me la donnerait la fessée ?
– Je peux me dévouer…
– Et ce serait quand ?
– Jeudi soir… Juste avant on le ferait… Que ce soit bien frais…

– Allez ! Bon, mais tu tapes pas trop fort, hein !
– Ah, ben si, attends, si ! Il va lui falloir quelque chose de consistant à Philibert… Surtout la première fois… Si je me contente d’effleurer…
– Avec ça tu vas me le faire ? Avec la raquette ?
– Oui… Que ça s’imprime bien…
– Je serre les dents, vas-y !

– Là… C’est bon… C’est pas mal…
– Hou… La vache ! Je l’ai senti passer…
– Tant mieux ! Ah, oui, d’ailleurs à propos, je voulais te dire… Il y a rien de vrai dans tout ça… Ni Philibert ni le reste… Tu vois, moi aussi, quand je veux, je peux raconter des flans… La différence entre nous, c’est que les fessées, toi, tu me les fais donner tandis que moi je te les donne moi-même…
– Alors ça je peux te dire que tu vas pas l’emporter au paradis…

2 commentaires:

  1. Cette histoire m'a plu. Charmante!

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  2. Merci! En espérant que la prochaine vous plaira tout autant…

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