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lundi 28 octobre 2013

Le Centre ( 43 )



– Coucou, Martial… C’est moi, Lucie… Une petite tchatche… ça vous dit ?
– Avec vous toujours…
– Merci… C’est gentil…
– Je ne vous demande pas de quoi vous voulez qu’on discute… De la même chose que d’habitude, je suppose ? De fessée…
– Vous moquez pas ! Il y a qu’avec vous que je peux parler de ça…
– Et c’est un sujet qui vous tient à cœur… C’est le moins qu’on puisse dire…
– Trop… Il y a des jours penser à autre chose je peux pas… J’y arrive pas…
– Vous vous l’êtes donnée aujourd’hui ?
– Deux fois…
– En pensant à quoi ?
– Ce fantasme, là, vous savez bien…
– Oui… Une chambre d’hôtel… Vous êtes à genoux sur le lit, les fesses à l’air… Jamais vous l’avez vu le type… Vous le connaissez pas… Il vous fait attendre… Longtemps… Et puis il finit par entrer… Sans un mot, sans un bonjour, rien, il vous flanque une magistrale correction au martinet… Et il repart comme il est venu… Vous le reverrez jamais…
– C’est ça… C’est exactement ça… Et pendant toute la scène je me retourne pas… Pas une seule fois… Jamais… Savoir à quoi il ressemble je veux pas… Je veux surtout pas… Ça gâcherait tout… C’est de la folie cette scène… Sans arrêt je me la repasse… Sans arrêt…
– Au point que souvent, le soir, vous attendez que votre mari soit profondément endormi et que vous allez vous réfugier discrètement dans la salle de bains où… toute seule avec vous-même…
– Comment vous le savez ?
– C’est pas bien difficile à deviner… Et il vous est jamais venu à l’idée…
– Qu’un jour ou l’autre il pourrait me prendre en flagrant délit ? Si ! Bien sûr que si… Oui, ben alors là vaudrait mieux pas… Parce qu’il est pas du tout, mais alors là pas du tout, du genre à apprécier… Il y a que de lui que je peux avoir mon plaisir… Et de personne d’autre… Même pas de moi…
– Il réagirait comment ?
– Ça, j’en sais rien du tout… Et je préfère pas savoir…
– D’autant qu’il risquerait de découvrir, dans la foulée, à quelle rougissante activité vous vous livrez…
– « JE » me livre ? Il n’en croirait pas un mot et n’aurait de cesse qu’il ne m’ait fait avouer le nom de mon supposé complice…
– Peut-être qu’un jour…
– Oui ?
– Il y en aura un… Peut-être qu’un jour vous éprouverez un tel désir que ce fantasme devienne réalité…
– Vous croyez que je n’y ai pas pensé ?
– Oh, que si ! Vous ne cessez pas d’en rêver… Et il suffirait de si peu de chose pour que vous vous décidiez enfin à sauter le pas…
– Vous ne croyez pas si bien dire… Si je m’écoutais…
– Si vous vous écoutiez ?
– Non… Rien…
– Mais si ! Dites…
– Vous savez pertinemment…
– Je sais quoi ? Que depuis que nous dialoguons vous caressez le secret espoir que je finirai bien par être, un jour, cet anonyme de l’hôtel ?
– Pas depuis que nous dialoguons, non… C’est plus récent…
– Ça a vraiment une importance ?
– Non… Aucune…
– Eh bien alors ! Nous savons, l’un comme l’autre, ce qu’il nous reste à faire…
– J’ai peur…
– Il y a aucune espèce de raison…
– Oui, mais alors… vous vous en tiendrez scrupuleusement à ce qui aura été décidé… vous me promettez ?
– Vous avez ma parole…
– Vous ne chercherez pas à voir mon visage… Sous aucun prétexte… Et vous quitterez la chambre au dernier coup de martinet… On est bien d’accord ?
– On est d’accord… Vous pouvez compter sur moi…
– Alors demain… Je vous enverrai un mail… Pour vous dire où et quand…

– Vous m’avez menti… Vous êtes toujours là… Je vous entends respirer… Vous êtes revenu…
– Mais oui, ma chère femme, oui… Je suis revenu… Je ne voulais pas manquer le clou du spectacle… Et j’avoue que je ne suis pas déçu…
– C’est toi, Damien ?! C’est pas vrai que c’est toi… Tu m’as trompée… Tu t’es moquée de moi…  
– C’est moi, oui… Mais t’arrête pas en si bon chemin… Continue ! Continue ! Que je voie comment tu jouis après une bonne fessée… Après on aura à parler tous les deux… Et on aura plein de choses à se dire…      

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