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lundi 26 août 2013

Le Centre ( 34 )

Je continue, Valentine… Je continue… Je continue… Je continue… Si tu crois que je vais me décourager… eh bien t’as tout faux…


– Madame est rentrée bien tard cette nuit… Ou plutôt… ce matin…
– Vous me surveillez, Armand ?
– Je ne me permettrais pas, Madame… Quoique…
– Quoique ?
– Monsieur m’a chargé de veiller, en son absence, à ce que tout se passe pour le mieux… Et s’il vous arrivait quelque malheur il m’en tiendrait pour personnellement responsable…
– Que voudriez-vous donc qu’il m’arrive ?
– Le danger est partout… Surtout la nuit…
– Pas quand on ne se déplace qu’en taxi…
– Il y a d’autres dangers…
– Lesquels, Armand ?
– Que Madame me pardonne, mais Madame sait fort bien de quoi je veux parler…
– Assurément non…
– Je supplie Madame de ne pas me contraindre à être plus précis…
– Il va pourtant le falloir, Armand…
– Si, depuis que Monsieur s’est éloigné pour ses affaires, Madame passe systématiquement toutes les nuits dehors…
– C’est qu’une amie qui m’est très proche est tombée gravement malade et qu’il est de mon devoir…
– Je ne me permettrais pas de mettre la parole de Madame en doute… Toutefois…
– Toutefois ?
– Ce n’est pas chez cette amie – qui se porte d’ailleurs comme un charme – que se rend nuitamment Madame…
– Et chez qui donc alors, s’il vous plaît ?
– Chez Monsieur De Bléry…
– Vraiment ?
– Vraiment… Et pas seulement… Madame apprécie aussi infiniment la compagnie de Monsieur Balignac…
– Taisez-vous !
– Ainsi que, mais beaucoup moins souvent, celle du jeune Monsieur Cargeron…
– C’est infâme… Vous êtes infâme… De quel droit vous permettez-vous de m’espionner ainsi ?
– Je me contente d’obéir aux ordres de Monsieur…
– Écoutez, Armand, Monsieur a énormément de qualités… Beaucoup plus sans doute que la plupart des hommes…
– Je n’en ai jamais douté…
– Mais… Combien c’est difficile… Il m’en coûte infiniment de vous faire cet aveu…
– Mais ?
– Mais, sexuellement, il n’est pas toujours forcément à la hauteur des attentes d’une femme dans la pleine force de l’âge… Vous comprenez ?
– Ce que je comprends, c’est que Madame est très gourmande…
– Je vous en prie, Armand… Ne soyez pas…
– Et qu’outre son mari il lui faut trois amants pour être pleinement satisfaite…
– Vous êtes quelqu’un d’intelligent, Armand… Très… Vous ne pouvez pas ne pas comprendre que quand on veut sauver son couple on n’a parfois pas d’autre solution…
– Que d’aller coucher ailleurs…
– Vous avez une façon de présenter les choses…
– Qui a le mérite d’aller droit à l’essentiel…
– Qu’allez-vous faire, Armand ?
– Ce que je vais faire ?
– Allez-vous tout révéler à mon mari ou allez-vous me garder le secret ?
– Cela dépend de vous, Madame…
– C’est-à-dire ?
– C’est-à-dire que vous reconnaîtrez avec moi que lorsqu’on se comporte comme vous le faites il arrive forcément un moment où, d’une façon ou d’une autre, il faut payer la note…
– Ce qui signifie ?
– Que je ne me tairai qu’à la condition que Madame vienne bien sagement s’allonger en travers de mes genoux et se laisse docilement déculotter pour recevoir la correction qu’elle a amplement méritée…
– Vous n’y pensez pas, Armand !
– C’est à prendre ou à laisser, Madame… Et sur-le-champ… Sinon… À peine Monsieur aura-t-il, tout-à-l’heure, passé la porte…
– Vous ne pouvez pas exiger de moi quelque chose d’aussi humiliant, Armand, je vous en supplie…
– La preuve que si ! Et que l’orgueil démesuré de Madame soit mis à rude épreuve, ce n’est pas, à mon humble avis, une si mauvaise chose… Bien au contraire…
– C’est odieux ! Vous êtes odieux…

– Pensez ce que vous voulez, mais venez me présenter votre petit derrière… Allons ! Il le faudra… Il le faudra de toute façon… Et le plus tôt sera le mieux… Ah, bien voilà ! Voilà…À la bonne heure…


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