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jeudi 3 janvier 2013

Escobarines: Réveillon


– Virgi ?! Écoute là… Je voudrais te demander quelque chose…
– Eh ben vas-y !
– La nuit du Réveillon… T’étais bien là ? Avec nous ?
– Oh, que oui !
– Qu’est-ce qui s’est passé au juste ? Parce que il y a bien des bribes qui me reviennent par ci par là, mais ce que je me demande si je l’ai pas rêvé tout ça… En plus il y a des filles – Coralie, Bénédicte, mais pas seulement elles – qui me racontent des trucs je suis sûre que ça a jamais existé… Que c’est juste pour me faire flipper… Alors ce que je voudrais, c’est que tu me dises, toi, mais vraiment… Tout… Depuis le début…
– Depuis le début ? Bon… Eh bien d’abord… On a mangé avec tous ceux de la Country…
– Oui, ça je me rappelle…
– Après… on s’est tous retrouvés en boîte…
– Jusqu’aux douze coups de minuit… Bonne année… Tout ça… C’est bon… C’est après…
– Après ça s’est mis à carburer au whisky…
– Et c’est là que ça se gâte… Parce que boire j’ai pas vraiment l’habitude...
– Oui, ben ça on a vu… Parce que t’as commencé par faire du rentre-dedans comme c’est pas permis à Yann...
– Yann… Celui de la confiserie ?
– Non… Le copain à Deborah…
– C’est pas vrai !
– Eh si !
– Oh, la honte ! Je me rappelle pas… Je me rappelle de rien… Et alors ?
– Elle l’a ramassé vite fait…
– Je comprends mieux pourquoi elle me fait la gueule…
– Et il y a de quoi ! Parce que tu te serais vue !
– J’arrangerai ça…
– À mon avis t’auras du mal, mais bon…
– Et après ?
– Après tu t’es encore enfilé de grandes rasades de whisky et t’as entrepris d’expliquer aux mecs accoudés au bar que tu t’étais rasé le minou…
– J’ai pas fait ça ?
– C’était tout frais tu leur disais… De l’après-midi ça datait… Avant t’étais contre… Ce qu’était idiot… T’étais idiote… Parce que qu’est-ce qu’on se sentait bien comme ça ! C’était tout doux… Tout tendre…
– Hou la la !
– Comme tu dis, oui… Parce qu’il y en a un qui t’a traitée de menteuse… Que s’il voyait pas il te croirait pas…
– C’était qui ? J’ai pas montré au moins ?
– Julien Morin… T’as pas montré, non… T’as fait mieux que ça… T’as déboutonné ton pantalon, t’as pris sa main et tu l’as carrément mise dans ta culotte… Et là ? Là ? T’étais une menteuse peut-être ?
– Je boirai plus une goutte d’alcool… Jamais…
– Et évidemment tu penses bien que les autres aussi ils ont voulu vérifier…
– Bon ça va… J’ai compris… Il y en a eu combien ?
– Quatre… Et il y en aurait eu beaucoup plus si Clotilde n’était pas intervenue… Elle avait beau être presque aussi saoûle que toi elle conservait quand même une once de lucidité… Et elle t’a emmenée dehors…  « Allez, viens prendre l’air, ça te rafraîchira les idées… » Sauf que vous êtes sorties avec une bouteille pleine… Que vous avez vidée sur le trottoir… Au goulot…
– Je me rappelle vraiment rien…  C’est de la folie…
– Il y a un couple de vieux qu’est passé… Sur le coup de trois heures du matin… style BCBG… manteau de fourrure et compagnie… Qui vous a prises à partie… « Vous avez pas honte de vous mettre dans des états pareils ? » Clotilde les a regardés s’éloigner… « C’est vrai, ça ! Ils ont raison… T’as pas honte de te mettre dans des états pareils ? » Tu t’es mise à rire comme une folle… « Et on se moque de l’autorité… En plus ! Tu vas voir ce que ça va te coûter, ma petite… Parce que je te rappelle quand même que, dans ma famille, on est shérif de père en fils… Et qu’on en a maté de bien plus coriaces que toi… Le 18ème amendement de la Constitution stipule qu’il est interdit de boire de l’alcool sur la voie publique… Tu n’es pas sans le savoir, je suppose ? La loi, c’est la loi… Pour toi comme pour les autres… Tu as quelque chose à dire pour ta défense ? Objection rejetée… Exécution immédiate de la sentence… Allez, hop ! Fessée… » Elle s’est assise sur le tonneau publicitaire qu’il y a à l’entrée et elle a entrepris de te déculotter… Tu continuais à rire tout ce que tu savais… « Mais on va voir mon cul ! Si ! On va voir mon cul… » On l’a vu… Ça… Pour le voir on l’a vu… Tout le monde l’a vu… Les gens qui passaient… Ceux de la boîte qui sont sortis exprès… Il y en avait même aux fenêtres… Et elle t’a VRAIMENT flanqué une fessée…

– Oui, ça j’ai vu… J’ai les marques… Non… Ce que je me demandais, c’est comment ça s’était passé… Où et comment j'avais attrapé ça...
– Eh ben maintenant tu sais… Et je peux te dire qu’elle y allait de bon cœur… Après…
– Ah, parce que c’est pas fini ?
– Oh, que non ! Le meilleur reste à venir…
– Oui, bon, ben on va s’en tenir là, hein… J’en ai assez entendu… J’ai ma dose…      

6 commentaires:

  1. Excellent François :-)
    J'en profite pour vous souhaiter une belle année 2013 pleine de petits et grands plaisirs.

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    1. En tout cas je me suis bien amusé en imaginant cette histoire...
      À vous aussi je souhaite la meilleure des années...

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  2. Un trait toujours aussi sensuel et coquin...
    Heureuse Année pour toi, le lapin !
    qu'est-ce que je te souhaite? de réaliser un truc dans le genre de ce que tu as écrit (en plus d'être heureux bien sur)? ;-)

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  3. Merci... Heureuse année à toi aussi et à ton blog...
    Me voilà promu lapin!!! Et donc en excellente compagnie... Ce n'est pas pour me déplaire...
    Quant à réaliser ce que j'ai écrit certaines fois c'est sûr ça vaudrait le coup... et d'autres il vaut mieux que ça reste à l'état de fantasme...

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  4. François... Je me demande si ce bon vieux loup-garou de Flow ne nous confond pas parfois?

    Ce qui n'est pas bien grave, que du contraire! Et j'en profites pour te souhaiter, ainsi qu'a tes lectrices et lecteurs: Une très bonne et riche en sensations année 2013!

    Comme on dit, au pays des Escobarines: Lapinou Year!!! ;)

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  5. J'ai bien l'impression en effet... Faut dire qu'à force de voir des dessins de toi ici il y a de quoi se mélanger un peu les pinceaux...

    À toi aussi, Jean-Philippe, je souhaite une excellente année...

    Très égoïstement je souhaite, entre autres, que tu continues à nous régaler de tes dessins si évocateurs...

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