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lundi 24 décembre 2012

Les confidences de Camille ( 18 )


Ma chère Camille,

Clara s’est assise en grimaçant… « Tu y es vraiment pas allé avec le dos de la cuiller… » « Oui, mais c’était pour que Damien… » « Je sais… Je sais… Je te reproche rien… N’empêche que tu verrais ces marques que j’ai… » « Tant que ça ? » Elle a haussé les épaules… S’est levée… « De toute façon maintenant… » A baissé la culotte de son pyjama… Du rosé… Du rougeâtre… Du violacé… Du bleuté… Du jaune… Du noir… Sur toute la surface de son derrière… « Ah, quand même ! »  « Quand même, oui… Ça marque pas tant avec Damien… Et pourtant j’ai pas vraiment l’impression que tu tapes beaucoup plus fort que lui… »

Le surlendemain elles y étaient encore… Estompées, adoucies, mais parfaitement visibles… Avec une nette dominante, cette fois, de jaune et de noir… « Je suis vraiment désolé… » «  Tu n’as pas à l’être… Et même… si j’osais… je t’avouerais bien quelque chose… » « Eh bien osez… Dites… » « C’est que… Je sais pas pourquoi… J’arrive pas à me l’expliquer… Mais ça me trouble énormément finalement que ça ait autant marqué… Et que ça persiste comme ça… Vingt fois par jour je vais me regarder devant la glace… Et je peux pas te dire ce que ça me fait au juste, mais ça me remue d’une force ! »

« Cette fois il y a plus rien… Plus rien du tout… » « Vraiment rien ? » «  Ah oui… Oui… » C’était vrai… Plus le moindre soupçon de trace de quoi que ce soit…  «  Et ça vous manque… » Elle a soutenu mon regard… « Oui… » « Ce n’est pas vraiment un problème… Si j’ai bonne mémoire il n’y a pas si longtemps vous étiez une inconditionnelle de l’auto-punition… Vous n’avez plus, puisqu’il y a urgence, qu’à reprendre vos bonnes vieilles habitudes… Et puis voilà… Ouais… Ouais… Ça n’a pas l’air de vous enthousiasmer, on dirait…  « Pas vraiment, non… » « Vous voyez une autre solution ? Parce que Damien… » « Oui, oh, Damien j’ai fait une croix dessus maintenant… » « Et vous avez bien fait… Seulement trouver rapidement, sur Internet, un autre partenaire qui vous convienne c’est très aléatoire… Et ça comporte un certain nombre de risques… Je vous proposerais bien… » « Oui ? « De vous rendre ce petit service… Mais vous avez clairement mis les choses au point… Dès le début… Je suis trop jeune… Inexpérimenté… Je n’ai pas de prestance… Pas d’autorité… Pour ce genre de choses je ne vous conviens pas… Et ce n’est pas la petite parenthèse de l’autre jour… Il s’agissait de circonstances tout à fait exceptionnelles…  Qui ne changent rien strictement rien au fond du problème… « Oh, que si ! » « Si ? » « Tu le sais très bien… Alors ne m’oblige pas à… » « À quoi ? À reconnaître que vous avez énormément apprécié ma petite prestation… Que vous en avez été la première surprise… Que vous crevez d’envie que je recommence, mais que vous êtes si orgueilleuse que vous ne voulez pas vous abaisser à vous déjuger… » « Brise-le moi mon orgueil… Brise-le ! Punis-moi pour ça… Fort… Ne me ménage pas… » Vous vous doutez bien, ma chère Camille, que je ne me suis pas fait bien longtemps prier… Et qu’elle a reçu, ce matin-là, une mémorable fessée… Brûlante… Interminable… Une fessée qui l’a laissée en larmes, pantelante et… ivre de reconnaissance… « Merci… Oh, merci… Merci… »

Une fessée suivie de beaucoup d’autres… Chaque matin nous nous livrions en effet ensemble lentement, méthodiquement à l’examen approfondi de « l’état des lieux… » Et dès que les marques laissées par la précédente fessée étaient sur le point de disparaître nous procédions à un rafraîchissement – si j’ose dire – qui redonnaient sur le champ à son postérieur les belles couleurs qui lui seyaient si bien…

Cela dura deux ans – un peu plus de deux ans – pour notre plus grande satisfaction à tous les deux… Et sans qu’Ivan ne se doute apparemment de quoi que ce soit… Je soupçonne qu’il n’y avait plus, depuis belle lurette, de relations eux et que c’est la raison pour laquelle il ne s’est jamais rendu compte de rien… C’est un sujet qu’elle détestait que j’aborde et toutes les fois que j’ai suggéré qu’il pourrait y avoir autre chose entre nous je me suis fait impitoyablement rabrouer… « Oh, non… Non… Ça gâcherait tout… » Je n’ai pas insisté…

Et puis un beau matin… J’avais terminé mes études… Obtenu mes diplômes… Décroché un premier poste à 400 kilomètres de là… Une dernière fessée… On s’est promis de se donner des nouvelles… De ne pas se perdre de vue… On l’a fait… Quelque temps… On s’est même revus… Deux fois… Et puis les années passant…

Voilà, ma chère Camille, voilà… Merci de m’avoir permis d’évoquer ces souvenirs… Je l’ai fait avec beaucoup de plaisir, un peu de tristesse et un brin de nostalgie…

Je vous embrasse…

FLAVIAN         

2 commentaires:

  1. On va souvent chercher bien loin ce que l'on a sous les yeux...

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  2. C'est souvent vrai... Voilà une histoire qui touche à sa fin ( plus qu'un épisode ). Une autre prendra bien évidemment tout aussitôt la relève.

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