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jeudi 27 septembre 2012

Escobarines: La stagiaire ( 1 )


– C’est une garce !
– Qui ça ?
– Ma patronne… Une vraie garce… Non, mais tu verrais comment elle me traite… Plus bas que terre elle me met… Et devant les clients en plus…
– Ça m’étonne pas… Ça m’étonne pas d’elle…
– Tu la connais ?
– Comme ça… Un peu…
– Je t’assure que si un jour j’ai l’occasion… je la louperai pas… Ah, non alors, je la louperai pas !
– Tu l’auras peut-être…
– Oui, oh, faut pas rêver… C’est la patronne… Et où tu veux que je trouve du boulot ailleurs ? Surtout en ce moment…

– Viens !
– Où ça ?
– Pose pas de questions ! Viens !
– À cette heure-ci ?
– Tu le regretteras pas… Viens, j’te dis !

– C’était loin…
– Par la force des choses… Tu vas comprendre…
– C’est quoi qu’on entend ? On dirait des bruits de fessée…
– Mais C’EST une fessée…
– Et une bonne en plus… C’est qui qui la prend ?
– Écarte un peu le rideau... Discrètement… Et tu vas voir…
– Wouah ! Mais c’est ma patronne ! C’est pas vrai que c’est ma patronne ?!
– Eh, si ! T’as plus qu’à l’ouvrir complètement le rideau – histoire qu’elle voie que tu la voies – et t’auras la paix… Définitivement la paix…
– J’oserai jamais…
– Tu veux que je le fasse ?
– Vas-y ! Oui… Toi… Vas-y !

– Non, mais sa tête quand elle m’a aperçue !
– Ah, pour ça, oui ! Ça valait son pesant d’or…
– Et t’as vu ? Elle a même pas essayé de partir… De se relever… Rien…  
– Elle pouvait pas… Tétanisée elle était… Complètement tétanisée… Que tu te pointes là, toi, ce soir, comment elle aurait pu aller imaginer un truc pareil !  
– Par contre après, quand elle l’a lâchée la femme, comment ça lui pressait de foutre le camp ! Même qu’elle arrivait pas à la remettre sa culotte tellement elle voulait se dépêcher… D’un peu plus elle se cassait la figure en s’entravant dedans…
– Ce qui t’a bien fait rigoler…
– Ben attends, il y avait de quoi ! Et puis après tout ce qu’elle m’a fait subir…
– Ce à quoi elle ne s’essaiera plus… T’es en position de force maintenant…
– Oui, mais alors.. C’était quoi au juste la raison ?
– La raison ? Pour qu’elle s’en prenne une ? Il y en avait pas… C’est juste qu’elle aime ça les fessées… Qu’elle peut pas s’en passer… Et que, du coup, il a bien fallu qu’elle trouve un moyen d’assouvir sa passion… Le plus discrètement possible… Le plus loin de chez elle possible… Sauf que quelquefois le hasard… Le monde est petit finalement… Et la fille chez qui ça se passe on est amies toutes les deux depuis le CE1… Alors tu comprends bien que…

– T’aurais vu ça ! Non, mais t’aurais vu ça ce matin au magasin… Profil bas elle avait pris…
– Elle avait pas trop le choix, avoue…
– Le jour et la nuit en tout cas c’était avec avant…
– Elle t’a parlé d’hier soir ?
– Au début, non… Mais ça se voyait gros comme une maison qu’elle voulait le faire, mais qu’elle savait pas comment s’y prendre, par où attaquer… Alors elle me tournait autour avec un air pas comme d’habitude en changeant sans arrêt tous les objets de place… Et moi je faisais celle qu’était tellement absorbée par son travail qu’elle se rendait compte de rien… Si bien qu’à la fin elle a pas eu d’autre choix que de se jeter à l’eau… « Écoute, Stéphanie… Tu m’écoutes ? » « Mais oui ! » « Écoute… Oublie… Il n’y a jamais rien eu… Il ne s’est jamais rien passé… Tu n’as jamais rien vu… Hein ?! Tu oublies… D’accord ? Tu me promets ? » «  Je sais pas… » «  Comment ça tu sais pas ? Mais c’est pas possible enfin ! Tu te rends compte ? Je suis commerçante, moi ! Et je peux pas me permettre qu’une histoire comme ça se répande en ville comme une traînée de poudre… Ni que mon mari… Ho la la ! Mon mari ! Mais s’il apprend ça mon mari… Non… Tu peux pas faire ça… Tu peux pas… » « Je sais pas… Je vais réfléchir… »
– Et tu vas faire quoi ?
– Ben ça… Réfléchir… Parce que hors de question qu’elle s’en sorte comme ça, attends ! Elle m’en a trop fait baver…

( à suivre )  

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