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lundi 24 septembre 2012

Les confidences de Camille ( 5 )


Ça s’est arrêté… Le silence… J’étais – je suis restée – en travers de ses genoux, immobile, épuisée, pantelante… Il a négligemment posé une main sur mes fesses brûlantes… L’y a laissée… Et puis il a parlé… Il a enfin parlé… « Bon… Alors voilà ce qu’on va faire… Mardi, à la première heure, tu m’accompagneras à la banque… Où on remettra tous tes compteurs à zéro… Bien entendu, en contrepartie, tu me laisseras désormais un accès total et permanent à tous tes comptes… Et, au moindre dérapage, tu sais maintenant à quoi t’attendre… Non ? » « Si… » Il m’a aidée à me redresser… «  Rhabille-toi ! Rhabille-toi vite… Claire va nous attendre… » Un élan… Une impulsion… Je me suis jetée à son cou… « Merci… »

Merci. Pour m’avoir tirée de ce mauvais pas, oui…  Mais surtout merci pour m’avoir remise en harmonie avec moi-même… Rendu la sérénité… La paix intérieure… Tout était soldé… Définitivement oublié… Effacé… Rien ne s’était jamais passé… Grâce à lui, grâce à la fessée que j’avais reçue, il n’y avait jamais rien eu… Et – j’en étais persuadée – il n’y aurait plus jamais rien… Jamais… Je ne recommencerais pas…

Ma belle-mère nous attendait sur le pas de la porte… « Qu’est-ce que vous fabriquiez ? Je commençais à m’inquiéter, moi ! Bon, mais allez, on passe à table… sinon le gigot… » C’est en le rapportant de la cuisine qu’elle m’a posé la question… « Qu’est-ce qui t’arrive ? Qu’est-ce que tu as ? » « Moi ? Mais rien du tout ! Qu’est-ce que vous voulez que j’aie ? » « Je sais pas… T’es pas comme d’habitude… Moins à cran… Plus détendue… » Mon beau-père a haussé les épaules… « Elle est ni plus ni moins détendue que d’habitude… Tu te fais encore des idées… » Il avait décidé de me garder le secret…  Et je me suis sentie emplie d’une infinie gratitude à son égard…

Il avait dit qu’il viendrait… Vérifier…  J’ai attendu… Tous les soirs je tenais prêts mon cahier de comptes, mes relevés, mes factures… Et j’attendais… J’ai attendu trois jours… Huit… Quinze… Dix-neuf… Il est enfin venu… Je lui ai aussitôt tendu docilement mes comptes… Qu’il a repoussés d’un geste de la main… « C’est pas la peine… Viens t’asseoir là plutôt… » À côté de lui… Sur le canapé… « Que tu aies fait attention… Que tu aies filé droit, côté finances, ça ne fait pas, pour moi, l’ombre d’un doute… Après la bonne petite leçon de l’autre jour tu n’allais sûrement pas t’amuser à ça… » J’ai baissé la tête… Rougi… «  Non… Ce qui m’inquiète, ce sont tes fréquentations… Qui, de ton propre aveu, exercent sur toi la plus néfaste des influences… » Oh, oui, mais elles, eux, je les voyais plus… Plus du tout… Ah, non, non ! Et je n’en avais pas la moindre envie… « Et tu passes tes journées à quoi alors du coup ? » Hein ?! Mais à rien… Je faisais mon ménage… Du rangement… J’écrivais à Patrice… Quand il faisait beau j’allais faire un tour… Ou bien je m’installais devant la télé… Il a pris mes mains entre les siennes… Les y a gardées… « Et très vite tu vas t’ennuyer… Tu t’ennuies déjà… Non ? » « Un peu, si ! » « Et il va se passer quoi ? Dans un mois, trois ou six, les mêmes causes produisant les mêmes effets, tu seras prête à n’importe quoi pour tromper ton ennui… Et, sous une forme ou sous une autre, tu te remettras en danger… » « Mais non ! » « Bien sûr que si ! Et tu le sais très bien… Tu es très influençable, Camille, très… Et n’importe qui, pour peu qu’il sache y faire, peut t’amener là où il l’a décidé… » « Mais je vous ai, vous ! Vous m’aiderez… Vous m’empêcherez… » « Oui… Bien sûr… Mais la meilleure solution, pour ne pas courir de risques inconsidérés, c’est encore de la remplir ta vie… De l’occuper… L’oisiveté est toujours très mauvaise conseillère… Et tu es en âge de travailler, non, tu crois pas ? » « Si, si ! Bien sûr, mais… » « Mais quoi ? » « Non… Rien… » Il s’est levé… Moi aussi… On s’est fait face… « Alors tu sais ce qui te reste à faire… » Et il m’a soulevé le menton du bout du doigt… A plongé ses yeux dans les miens… Me les a fait baisser… Je savais, oui…

Je savais, mais c’était quelque chose que je n’avais absolument pas, depuis mon mariage, envisagé… Mais il avait raison… Oui… Évidemment qu’il avait raison… J’allais donc chercher du travail…

Peut-être suis-je trop bavarde, mais vous, vous ne l’êtes guère et j’attends toujours avec autant d’impatience la suite de votre récit…

Je vous embrasse…

CAMILLE   

2 commentaires:

  1. Tout à fait délicieuses ces confidences.
    Merci François

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    Réponses
    1. Ravi qu'elles te plaisent... Elles devraient durer... un bon moment...
      Bonne journée...
      À bientôt...

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