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lundi 29 juin 2009

Aux délices d'Adeline ( 17ème jour )

Laurianne a jeté, d’un air de profond découragement, son peignoir sur le lit…

- Il est homo… Ou impuissant… C’est pas possible autrement…

- Qui ça ?…

- Ben Milàn… Parce que… Non, mais attends… Je lui ai carrément demandé… Proposé… Je lui ai dit que j’avais envie de coucher avec… Et… rien… Il s’est cassé avec un grand sourire… Tu trouves ça normal, toi ?… Parce que je suis peut-être pas une fille canon canon, mais je pense quand même être pas trop mal foutue, non ?

- Je peux te dire qu’il y en a beaucoup qu’aimeraient être faites comme toi…

- C’est pas pour me vanter, mais j’en ai eu des mecs… Et pas n’importe quoi… Du super… Mais alors là… Là, ça me scie… C’est vraiment la première fois qu’on me fait un coup pareil…

- Il est peut-être amoureux…

- Et alors ça empêche quoi ?… Si j’avais dû m’arrêter de baiser chaque fois que je suis tombée amoureuse… Et puis amoureux de qui ?… De l’autre espèce de petite pétasse de Caroline ?… Qui tu veux qui tombe amoureux de Caroline ?… Tu me feras pas croire qu’un mec normalement constitué il peut s’enticher de ça… Ou alors faut qu’il aille consulter… un ophtalmo… ou un psy… Non… Si vraiment il est amoureux de Caroline…

- Elle, elle l’est de lui en tout cas… Ca fait pas l’ombre d’un doute… Sarah aussi… Et elles sont sûrement pas les seules…

- Non, mais qu’est-ce qu’elles ont toutes dans la tête ces pauvres filles ?… Si elles avaient ne fût-ce qu’une once de lucidité… Si elles avaient le courage de se regarder en face… Mais c’est vrai qu’on peut pas trop leur en demander non plus… Elles sont tellement limitées… En tout cas je peux t’assurer d’une chose, c’est que j’ai pas dit mon dernier mot… Il y passera dans mon lit… D’une façon ou d’une autre il y passera… Et qu’il y en ait une qui essaie de se mettre en travers pour voir…




Il était là… Dans notre écrin de verdure…

- J’y viens tous les jours… Au cas où…

- Personne t’a vu ?…

- Personne, non… Viens !… Viens là !… Près de moi… J’ai trop envie…

En caresses douces. Partout. Longtemps. Tendrement. Passionnément. Il s’est posé sur les fesses, s’y est attardé, y est resté…

- Il y a longtemps que t’en as pas pris…

- Ca te manque ?… Fais m’en avoir une…

- Oh, je pourrais, hein !… Il suffirait que je…

- Chut !… Tais-toi !… Dis rien !… Que j’aie la surprise…

Je me suis redressée sur un coude…

- Et toi ?… Jamais t’en as reçu encore…

- Tu aimerais ?

Je n’ai pas répondu. Je l’ai embrassé. On a roulé dans l’herbe… On s’est voluptueusement aimés…




Il était dans le bureau d’Adeline. Seul. Dans le fauteuil d’Adeline… …

- Bien… Alors tu vas commencer par m’expliquer ce que tu mijotes… Et pourquoi tu montes systématiquement la tête à Adeline depuis ton arrivée ici…

- Moi ?!… Mais jamais de la vie !…

- Ben voyons !… Bon, mais j’ai pas de temps à perdre… Alors écoute-moi bien !… Sans moi Adeline n’est rien… Tout ici part à vau-l’eau… Elle n’a absolument pas l’envergure pour gérer une affaire de cette importance… Et elle le sait… Le plus souvent… Parce qu’il y a aussi des moments – elle est jeune – où elle cherche à se donner l’illusion qu’elle peut voler de ses propres ailes… Avec d’autant plus d’acharnement et de véhémence qu’elle est, en réalité, velléitaire et inconsistante... Irresponsable et immature… Il lui faut en permanence quelqu’un derrière elle… Quelqu’un de persuasif qui sache la convaincre, chaque fois, de se montrer raisonnable et de ne pas tout gâcher à grands coups de caprices sans lendemain… J’y suis jusqu’à présent parvenu… Et ça n’a pas été sans mal… Alors dis-toi bien une chose : c’est que je ne laisserai personne – absolument personne – la mettre en danger et l’encourager à emprunter des chemins de traverse sur lesquels elle n’a déjà que trop tendance à s’égarer…

- Mais je n’ai jamais…

- Je n’ai pas l’intention de discuter… Tiens-le toi pour dit, c’est tout… Tu peux disposer…




- C’est plutôt rare !…

- Quoi donc ?…

- Qu’on soit réunies toutes les quatre comme ça le soir dans le box…

- Il avait un truc important à finir Escobar… Pour une revue… Faut à tout prix que ça parte demain matin… Mais il me fait trop rire, lui… Parce que ça fait je sais pas combien de fois qu’il me dit qu’il va s’en aller… Qu’il faut absolument qu’il rentre en Belgique… Et il est toujours là…

- A cause de toi ?…

- Un peu quand même !… J’y suis tout le temps fourrée dans sa chambre… Si ça lui plaisait pas un minimum… Non, mais moi, ce que j’espère surtout, c’est qu’après, quand il sera parti, on continuera à se voir… D’une façon ou d’une autre… Parce que tout ce qu’il m’aura appris en dessin !… Ce serait con d’arrêter… Et puis…

- Et puis ?…

- Comment il sait bien la donner la fessée… C’est toujours juste comme t’as envie que ce soit… Jamais à côté… Même quand elle change ton envie il devine exactement…

- Oui… T’es amoureuse, quoi !…

- Je me demande…

- Te demande plus…




Clémence non plus se demandait plus…

- Tu te demandes plus quoi ?

- Si Benjamin est au courant… Ils se sont bien fichus de moi tous les deux… Et dès le début… Ou presque… C’était couru de toute façon… Dès l’instant où ils ont sympathisé… Mais alors là par contre pour ça qu’ils y comptent pas !…

- Qu’ils y comptent pas pour quoi ?

- Pour qu’on couche tous les trois… Sans arrêt ils reviennent là-dessus… Et qu’est-ce que ça peut faire puisque je couche avec les deux ?… Que ça soit séparément ou ensemble ça revient au même… Ca change rien… Si, ça change !… Si !… S’ils sont pas capables de comprendre ça… De toute façon les mecs !…

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