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jeudi 25 juin 2009

Aux délices d'Adeline ( 16ème jour )

- Entrez !… Non, mais qu’est-ce que c’est que cette tenue ?…

- C’est vous qui m’avez dit… Vous m’avez dit de l’apporter habillée le petit déjeuner la prochaine fois…

- Nous ?… On n’a jamais dit une chose pareille… T’as dit ça, toi, Amélie ?

- Jamais de la vie… Elle ment…

- Donne !… Le plateau… Donne !…

Je le lui ai tendu. D’un brusque coup de poing il l’a fait voltiger. J’ai reculé d’un bond . Trop tard. Une tasse de café au lait m’a sauté à la gorge, a ruisselé, le long de la robe, du tablier. L’autre m’a frappée au ventre, dégouliné sur les jambes…

- Ah, ben tu es belle !…

Il s’est levé, m’a empoignée fermement par le bras, entraînée devant la grande glace en pied de l’armoire…

- Regarde-toi !… Non, mais regarde-moi ça !… Une vraie souillon… Tu n’as pas honte ?… Et personne te dit rien ?… On te laisse faire ton service comme ça ?… C’est du propre !… Oui… Eh bien que tu le veuilles ou non tu vas me faire le plaisir d’aller te laver… Et tout de suite…

Il m’a poussée sous la douche. Toute habillée. Il a ouvert. Glacé. A pleine puissance. Longtemps…

- Là… Et maintenant file !… Et rapporte-nous un plateau… Toute nue… Tu risqueras pas de te salir.

Derrière la porte ils ont ri aux éclats…




Clémence posait, tournée vers le mur. Assis sur le lit, le sourcil froncé, Escobar regardait Coralie la dessiner avec application. Elle a relevé la tête…

- Qu’est-ce qui t’est arrivé ?… T’as les cheveux tout mouillés…

- Rien… Oh, rien… Je vous raconterai…

J’ai posé le plateau à côté d’elle sur la petite table près de la fenêtre…




Elles avaient entouré Séverine. Elles la pressaient de tous côtés…

- Qu’est-ce qu’elle te voulait la vieille ce matin ?

- Rien… J’ai fait sa chambre…

- Pendant deux heures ?… Comment ça devait être crade !…

- Non, mais… C’est qu’on a discuté… Elle connaît quelqu’un qui pourrait peut-être m’aider pour partir au Canada… Elle y a vécu, elle, là-bas… Elle m’a raconté, montré des photos… On dirait pas comme ça, mais elle est vachement sympa finalement…




Adeline m’attendait sur le pas de la porte…

- Ben alors !… Qu’est-ce tu foutais ?

- Le service…

- Tu parles !… Ca fait une heure que tu discutes avec les autres dindes… Je vous ai vues par la fenêtre… Bon, mais on s’en fout… Alors ?!… T’as réussi à savoir quelque chose pour Mac Miche ?…

- J’en ai touché deux mots à Catherine…

- Et ?…

- Elle répercutera… Forcément…

- Quand ?… Tu sais pas ?… Parce qu’il y a vraiment urgence, là… On s’est encore pris le chou hier soir avec Ménisson… Et ça faisait pas semblant… Evidemment il y aurait une solution c’est que je la convoque et que je joue cartes sur tables… Mais je la connais… Elle va se croire obligée de donner une réponse tout de suite… Et elle reviendra pas dessus… Elle est beaucoup trop orgueilleuse… Tandis que si on flatte son amour-propre… Qu’on lui laisse entendre qu’elle est absolument IN-DIS-PEN-SA-BLE, mais qu’on hésite à la solliciter par crainte d’un refus… Alors là !… Et pour ça je sais que je peux compter sur toi… Dès qu’il s’agit de se montrer diplomate…




- Le Canada !… J’y ai jamais mis les pieds… Et pas une seule seconde on n’a parlé de ça… Non… Si elle est restée aussi longtemps dans ma chambre c’est que j’ai réussi à la convaincre de se montrer gentille… Très gentille… C’était pas bien sorcier : elle a une peur bleue de devoir déambuler dans tout l’hôtel le derrière à l’air… Ce qui lui serait immanquablement arrivé si j’avais eu à me plaindre d’elle et qu’on avait dû la fesser… Elle a préféré – et c’est tout à son honneur – se montrer raisonnable et me laisser admirer tout mon saoul ses délicieux petits trésors cachés… Avec bien de la retenue et des réticences au début… Au début… Parce que plus le temps passait et plus elle s’enhardissait… J’adore… J’adore ce genre de petite bonne femme qui dissimule, sous des dehors timides et farouches, une nature délicieusement perverse et impudique… Et résolument volcanique quand on sait l’amener à se donner libre cours… J’ai su… Et je peux te dire qu’une fois qu’elle est lancée elle ne recule plus devant rien… Absolument rien… Et qu’elle y a trouvé son compte… Et pas qu’un peu… Toi aussi d’ailleurs, un jour, il faudra que tu me montres comment tu sais bien t’amuser toute seule… Je suis sûre que c’est quelque chose pour quoi tu es extrêmement douée… Non ?… Allons !… Allons !… Ne fais pas ta modeste… Bon… Mais on verra ça… En temps voulu… En attendant, si je peux me permettre de te donner un conseil, tu ne devrais pas trop te mêler de ce qui ne te regarde pas… Et laisser Adeline et Ménisson régler leurs problèmes entre eux… Si tu ne veux pas qu’à un moment ou un autre, d’une façon ou d’une autre, ça te retombe sur le coin de la figure…




Elle s’est déculottée, nous a tourné le dos, la mine ravie…

- Regardez-moi ça, les filles !…

- Eh bien quoi ?… C’est une fessée… Et une bonne…

- Oui, mais c’est Esco qui me l’a donnée… Parce qu’il était nul mon dessin… Enfin, non… Pas parce qu’il était nul… Mais parce que j’y mettais de la mauvaise volonté… Et que je lui faisais perdre son temps… C’était vrai… Je faisais exprès… pour qu’il m’en mette une justement… Ca a pas loupé… Et comment c’était bon !…

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