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lundi 23 mai 2016

La clef USB (10)

On était là, à table, tous les trois. On parlait de choses et d’autres. De tout et de rien. Et dire que le matin même il m’avait flanqué une fessée Antoine ! Cul nu ! Je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser. Je ne pouvais penser qu’à ça. Je le regardais. Je regardais ses mains. Des images m’assaillaient. Que je ne faisais même pas mine de repousser. Elles me troublaient. Je les accueillais. Je les laissais s’installer. Elles m’étaient à la fois insupportables et douces. Et lui ? Est-ce qu’il y pensait aussi ? Évidemment qu’il y pensait ! Il avait beau paraître se passionner pour la conversation de Laurent, éclater de rire à chacun de ses bons mots, n’empêche qu’il y pensait. J’en aurais donné ma main à couper.

J’en ai eu la preuve quand, juste avant que j’apporte le dessert, le téléphone de Laurent a sonné.
– Qu’est-ce qu’ils me veulent encore ? Même un samedi soir tu peux pas avoir la paix. Faut que le boulot te rattrape. Allô ! Oui ? Évidemment que c’est moi ! Qu’est-ce qui se passe ?
Il s’est éloigné dans le couloir, a refermé derrière lui la porte de son bureau.
Antoine a sauté sur l’occasion.
– Elles ont dû changer les couleurs depuis ce matin, non ? S’approfondir. Se diversifier.
– Un peu…
– Tu fais voir ?
– Non, mais ça va pas, Antoine ! Tu te rends compte ? Et si jamais il revient ?
– On l’entendra arriver.
– C’est pas une raison.
– Allez, Christina ! Dépêche-toi ! Ça devient fatigant à force. Tu sais bien que…
J’ai soupiré. Baissé un peu mon pantalon. C’est lui qui a fini de me le descendre, en même temps que la culotte, jusqu’à mi-cuisses.
– Ah, oui, dis donc ! Je suis pas mécontent de moi sur ce coup-là. Un véritable travail d’artiste. Je suis doué. Et pas qu’un peu. Non ? Tu trouves pas ?
– Bon, allez ! Ça suffit !
J’ai voulu me reculotter.
– Attends ! Attends ! Il y a pas le feu. Qu’on en profite !
Et il a épousé les contours de sa fessée. Du bout des doigts. Avec des retours. Des remords. Il a appuyé ici. Pincé là. Enfoncé ailleurs.
– On recommencera. Et sans tarder. J’ai vraiment beaucoup aimé. Non ? Pas toi ?
– Le v’là, Antoine ! V’là Laurent !
Et je me suis enfuie dans la cuisine en m’efforçant de remonter, aussi vite que possible, tant bien que mal, culotte et pantalon.

Quand je suis revenue, avec mes îles flottantes, ils s’étaient lancés dans une conversation passionnée sur les mérites comparés de Nadal et de Federer. De Tsonga et de Gasquet. Puis il a été interminablement question de breaks, d’aces, de revers, de smashs.
– Bon, les garçons, vous m’excuserez… C’est pas que je m’ennuie, mais je tombe de sommeil.
J’ai regagné la chambre. J’en ai laissé la porte ouverte. Leurs voix me parvenaient, longue mélopée ininterrompue, me berçaient. J’ai un peu somnolé. J’étais bien. Des images se sont approchées. Celles du matin. Chez Antoine, puis ici, dans la salle de bains. Je me suis laissée vaguement errer, avec le pouce, sur mes seins. Dont les pointes se sont dressées. Je me suis pianotée tout au long de ma fêlure. J’ai effleuré mon bouton, m’en suis éloignée, y suis revenue. Toujours ces images qui se sont faites plus précises, plus présentes. La douche. La pomme de la douche. Le jet sur moi. Et, brusquement, j’ai voulu me voir. Il fallait que je me voie. Impérativement. Ma tablette. J’ai lancé la vidéo et je me suis regardée. Entrer dans mon plaisir. Le faire venir. Doucement le psalmodier. Et je me suis accompagnée. Voluptueusement. Il y avait toujours leurs voix en bas. Qui se relayaient. Qui s’entremêlaient. J’ai étouffé ma jouissance dans l’oreiller.

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