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lundi 19 mars 2012

Souvenirs d'avant ( 38 )

38-

– Je vous attendais…
– Épargnez-moi vos sarcasmes, je vous prie…
– Vous voilà donc enfin devenue raisonnable ?
– Finissons-en ! Que faut-il que je fasse ?
– Comme si vous l’ignoriez…
– Dites ! Dites, et pour l’amour du ciel, dépêchons ! Ne faites pas de cette épreuve, déjà si difficilement supportable pour moi, un calvaire…
– À qui la faute s’il vous la faut subir ? Et croyez-vous vraiment être en situation d’imposer vos conditions ?
– Certes non, mais…
– Alors assez palabré… Dénudez-vous ! Totalement… Et en prenant tout votre temps… Rien ne nous presse… Nous avons l’après-midi entière devant nous…

– Parfait ! Vous avez un corps parfait… Tournez-vous ! Et venez ici ! Approchez ! Mettez-vous bien dans la lumière… Tournez encore… Encore… Décidément non, je ne regrette pas de m’être finalement résolu à vous apporter mon aide… J’en suis très largement dédommagé… Restez ainsi… Ne bougez plus…

– De grâce, Monsieur…
– Il vous tarde donc tant d’être punie ?
– Je suis déjà au supplice…
– Vous l’allez être bien davantage… Et sur le champ… Venez ! On va vous installer… Là… En travers de mes genoux… Le plus confortablement possible… Parce que ce sera long… Très long…

– Que faites-vous donc ? Qui vous a autorisée à vous rhabiller ? Laissez de côté, je vous prie, ces voiles importuns…
– N’en avons-nous pas terminé ?
– Certes non… Espériez-vous vous en tirer à si bon compte ? Non… Il me faut parfaire mon œuvre… Laissez-moi voir… Oui… De ce côté quelque rajout de rouge profond… Cela s’impose… Avec une touche de violet ardent… Et même de grenat mystique… Oui… Venez ! Reprenons…

– C’est mieux… Beaucoup mieux… Tenez… Venez voir… Là… Dans la psyché… Que vous en semble ?
– Ne m’imposez pas, s’il vous plaît…
– Oui… Vous avez raison… Ce n’est pas encore tout-à-fait satisfaisant… Quelques petites retouches, de ci de là, seront du plus bel effet… Qu’à cela ne tienne… Nous allons y retourner…

– Savez-vous que vous avez une très jolie voix ? Qui, si vous consentiez à la travailler un tant soit peu, donnerait très vite sa pleine mesure… Aussi bien dans les graves que dans les aigus… Voulez-vous que nous nous en occupions dès à présent ? À moins que vous ne préfériez revenir ? Demain peut-être…
– Faites comme bon vous semble, Monsieur, mais, pour l’amour du ciel, finissons-en ! Une bonne fois pour toutes…

– Vous y avez mis du vôtre… Infiniment… Je vous en sais gré… Et vous n’avez pas manqué de courage… Vous pouvez vous rhabiller… Attendez ! Juste un instant… Que je contemple une dernière fois vos fesses si joliment carminées… Voilà… Oui… Rhabillez-vous… Je garderai pour ma part un excellent souvenir de ces moments que nous venons de passer ensemble… Pas vous ?
– Je souhaite les oublier au plus tôt…
– À moins qu’au contraire vous ne puissiez vous empêcher de les évoquer avec beaucoup de nostalgie…
– Dieu m’en garde !
– Sachez que si tel était le cas – ce qui est on ne peut plus vraisemblable si j’en crois certains mouvements qui vous ont échappé – ma porte vous est grande ouverte et que je ne me ferai qu’un plaisir de vous…
– Adieu, Monsieur…
– Au revoir, Madame… À bientôt...

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