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jeudi 20 mai 2010

Escobarines: La fessée de Pétronille







- Oui… Effectivement, Madame la baronne… La manche, oui… Oh, mais ce n’est rien… On va vous y faire une retouche sur le champ … Pétronille !…
- Madame ?…
- Allez donc nous chercher du fil vert et une aiguille… Vous savez où ils se trouvent, n’est-ce pas ?
- Oui, Madame… Tout de suite, Madame…

- Une fort avenante petite recrue que vous avez là, Madame Duplessis… D’où la tenez-vous donc ?…
- De monsieur le curé qui m’a demandé, par faveur, de la prendre à mon service… Et de lui assurer, cela va sans dire, la meilleure éducation qui soit…
- Cela va sans dire… J’imagine la tâche fort ardue…
- Non point tant, Madame la baronne… Elle est issue d’une excellente famille sur laquelle bien des malheurs se sont récemment abattus…
- La pauvre petite !… Sans doute vous est-il néanmoins nécessaire de sévir à l’occasion ?…
- Elle s’avère d’une probité, d’une docilité et d’une vertu dont je n’ai qu’à me louer…
- Quand on la voit si joliment tournée on en viendrait presque à le regretter…
- Madame la baronne a eu tant de bontés à mon égard que si tel était son désir il se trouverait bien quelque faute à lui reprocher…
- Qu’il lui faudrait expier en nous dévoilant un fessier que je me plais à me représenter fort blanc et fort charnu, fessier que vous vous verriez contrainte de soumettre, dans l’intérêt de cette jeune fille bien entendu, à une vigoureuse claquée…
- A moins que vous ne consentiez à vous charger vous-même, Madame la baronne, de l’exécution de la sentence…
- Si vous insistez, Madame Duplessis, je m’en ferai un devoir…

- Eh bien Pétronille !… Vous en avez mis un temps !… Que faisiez-vous donc ?… Et qu’est-ce donc que ce vert que vous m’êtes allé quérir ?… Vous voyez bien qu’il est beaucoup trop clair !…
- Que Madame me pardonne !…
- Eh bien qu’attendez-vous ?… Retournez !… Et rapportez-nous cette fois un fil d’un coloris adapté au vêtement de Madame la baronne…

- Elle fait preuve – c’est évident – de la plus mauvaise volonté du monde… Vous n’en doutez pas, n’est-ce pas, Madame Duplessis ?…
- Absolument pas, Madame la baronne… Et nous allons en tirer les conséquences qui s’imposent…

- Eh bien Pétronille, allez !… Vous savez coudre, que je sache !…
- Certainement, mais…
- Quoi donc ?!… Oh, pour trois petits points qu’il y a à reprendre Madame la baronne ne va tout de même pas se donner la peine d’ôter son vêtement… Ne me dites pas que vous n’êtes pas capable d’effectuer la réparation dans ces conditions… Allez !… Ah, à la bonne heure !…

- Aïe !… Tu m’as piquée… Elle m’a piquée…
- Sauf votre respect, non, je ne crois pas, Madame la baronne…
- Et moi je te dis que si !… Tu peux pas faire attention, non ?… Aïe !… Mais c’est qu’elle recommence cette petite peste… Tu le fais exprès… Je suis sûre qu’elle l’a fait exprès… Sous ses airs de petit angelot c’est une sale petite vicieuse, sournoise et fausse…
- Excusez-vous, Pétronille !… Excusez-vous immédiatement !…
- Je ne l’ai pas piquée…
- C’est un ordre…
- Je vous prie de m’excuser de vous avoir piquée, Madame la baronne…
- Non, mais vous avez vu, Madame Duplessis ?… Vous avez entendu ?… Avec quel air, sur quel ton cette petite péronnelle s’est permis de s’adresser à moi ?… J’ose espérer que vous allez en user avec elle comme il se doit et qu’une telle insolence ne restera pas plus longtemps impunie…
- Cela va sans dire… Venez ici, Pétronille !… Sur la chaise… Non… De face… Agenouillez-vous !…
- Oh, Madame !…
- Allez !… Obéissez !… Là !… Et troussez-vous !… Plus haut !… Eh bien ?!… Qu’attendez-vous ?… Parfait…
- Si Madame la baronne, qui est l’offensée, veut bien se donner la peine de faire tomber le dernier rempart à la pudeur de cette jeune personne…
- Très certainement… Voici… Elles sont effectivement fort blanches… Pour le moment…
- Et se charger de la corriger…
- Bien entendu… Et toi, ma petite, je t’assure que je vais te faire passer l’envie de recommencer…

2 commentaires:

  1. Bonjour François,

    Cela s'appelle de l'abus de position dominante.
    Courant autrefois, cela doit bien encore un peu exister de nos jours.

    Amitiés à toi
    Philippe

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  2. Bonjour Philippe,

    Cette histoire se passe à la fin du XIXème siècle ( une époque où j'étais encore très jeune!!! )Il est bien évident que ce sont des pratiques qui, sous une forme ou une autre, ne peuvent plus exister aujourd'hui... On est au XXIème siècle quand même!... Pourquoi j'en vois qui rigolent là-bas dans le fond?
    Amicalement
    François

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