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lundi 24 mai 2010

Colocataires2 ( 16 )

- Tu sais ce que c’est aujourd’hui ?… Non… Rien qu’à voir ta tête t’en sais rien du tout… J’en étais sûre… Ah, c’est agréable… Ca fait plaisir…
- Ben, c’est quoi ?!… Dis-le !…
- L’anniversaire du jour où je suis venue m’installer ici pour la première fois…
- Je t’emmène au restaurant…
Elle a éclaté de rire…
- Ca aussi j’en étais sûre… Mais c’est pas de refus !… Au contraire…

- On ferait presque vieux couple, hein, tous les deux !… Parce que ça fait combien de fois qu’on y vient ici ?… Dix fois ?… Quinze fois ?… A chaque fois on nous donne la même table… Le serveur nous sert le même petit sourire complice… A chaque fois on prend des fruits de mer… Avec le même petit vin… Non… La seule chose qui ait changé finalement, c’est nous… Parce que comment j’en suis arrivé, petit à petit, à te faire faire tout ce que je veux !… Mais alors là tout !… Ce qui s’appelle tout… Je suis sûre qu’il y a rien que je pourrais pas te faire faire si je voulais… Qu’il y a rien que tu pourrais me refuser vraiment pourvu que j’insiste un peu… C’est pas vrai peut-être ?… Et même sans insister du tout d’ailleurs… Tu vois, tu dis rien… Ils me font trop rire les gens… Peter par exemple… Sous prétexte qu’il se fait ligoter compliqué comme c’est pas possible et tambouriner tant et plus le derrière il s’imagine que ça y est… Qu’il est sous sa coupe à la nana… Tu parles !… Ca veut strictement rien dire du tout… C’est pas en tapant dessus qu’on s’en empare d’un mec… C’est beaucoup plus subtil que ça… Et heureusement !… Des comme Peter il y en a à la pelle… T’en as vite fait le tour… Ils sont simples comme bonjour… Et manipulateurs comme c’est pas permis… C’est eux qui mènent le jeu en réalité… Qui la font passer par où ils ont décidé eux la fille… Ca n’a pas vraiment d’intérêt… Tandis que les comme toi, à qui c’était seulement jamais venu à l’idée avant, qui imaginent seulement pas que ça puisse leur arriver un jour qu’une nana leur fasse faire ses quatre volontés, qu’ils en passent par tous ses caprices, comment c’est jouissif de te rendre compte que la mayonnaise prend avec eux… Que t’es en train de les ramener tout doucement dans tes filets… Sans même qu’ils s’en rendent compte… Et tu sais ce que c’est le plus dur ?… C’est de pas brûler les étapes… De pas s’emballer… Ca flanquerait tout par terre…
- Et t’as pas peur qu’en abattant ton jeu comme ça…
- Avec toi ?… Il y a longtemps qu’on a dépassé le point de non-retour…

- Te retourne pas !… Pas tout de suite en tout cas… Mais t’as deux types, là, à la table juste derrière toi qui sont beaux, mais beaux !… T’arrives pas à y croire qu’on puisse être beau comme ça… A tous les coups c’est des homos… Je sais pas pourquoi, mais les mecs les plus beaux ils sont presque toujours homos… Pas de veine pour nous, les filles !… Enfin si quand même dans un sens !… Parce qu’ils adorent passer du temps avec nous… Et qu’ils ont d’autres sujets de conversation que les moteurs, le sport et la politique… Wouah !… Ces yeux qu’il a le brun !… Rien que ses yeux et comment il me regarde ça me fait mouiller… Alors je te dis pas qu’est-ce que ça serait le reste…
- Je croyais qu’ils étaient homos…
- Ca empêche rien du tout ça !… C’est pas parce qu’ils sont homos qu’ils peuvent pas avoir envie d’un extra, de temps en temps, avec une nana… C’est à elle de savoir y faire… Oh, et puis j’en sais rien du tout au bout du compte s’ils sont homos… Regarde !… Ils vont partir… On va quand même pas les laisser filer comme ça, ce serait trop con !… Mais fais quelque chose !… Reste pas planté là… Vas-y !…
- Leur dire quoi ?…
- Mais ce que tu veux, j’m’en fous !… Invite-les à boire le café… N’importe quoi… Mais retiens-les !… Pour l’amour du ciel retiens-les…

- Vous avez fait une très forte impression sur ma jeune amie…
- Ca… On a vu… Elle ne semble pas être du genre à essayer de dissimuler ses sentiments… Ou ses envies…
- Pas vraiment, non !… Et elle souhaiterait beaucoup faire plus ample connaissance avec vous…
- Tout le plaisir serait pour nous…

Elle a pris place entre eux sur le canapé. Un bras s’est faufilé derrière elle. Une main s’est installée sur sa cuisse. Une autre sur son genou. On lui a murmuré quelque chose à l’oreille. Elle a ri, d’un rire haut perché, a laissé tomber sa tête sur une épaule. Des mains se sont faufilées sous sa robe, y ont moutonné. Elle a fermé les yeux, s’est cabrée. On lui a fait jaillir un sein. Le second. Une bouche s’en est emparée. La robe s’est relevée haut. Une langue a couru le long de la cuisse, s’est infiltrée dans la culotte, l’a habitée. Elle a gémi. A imploré…
- Oh, tous les deux… S’il vous plaît !… Tous les deux !… En moi… En même temps…
- Oui, ma chérie, oui…

Tous les deux. Ils l’ont déshabillée. Tous les deux. Ils se sont déshabillés. Tous les deux. Elle entre eux. Eux en elle. Elle m’a cherché du regard, fait signe d’approcher, s’est emparée de ma main qu’elle a serrée à la broyer, de mes yeux au fond desquels elle a plongé. Elle a eu presque tout de suite un premier plaisir. Profond. Intense. Un second. Qu’elle est allée chercher très loin. Qui l’a chavirée. Un troisième enfin, doux et apaisé, en échos indéfiniment prlongés. Sans avoir jamais, à aucun moment, quitté ma main. Ni mes yeux…

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