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lundi 8 mars 2010

Colocataires2 ( 5 )

- Je remets ça ce soir… Faut que je me prépare… Je peux le faire ici ?…
- Tu sais bien que oui… Que c’est pas la peine de demander…
- Merci… Vous me faites couler un bain ?… Pas trop chaude l’eau, mais pas trop froide non plus… Vous savez bien… Vous avez l’habitude…
Pendant qu’elle se déshabillait…
- Ca s’est passé comment avec Peter quand t’es rentrée l’autre jour ?…
- Oh, bien !… La seule chose qui l’intéressait, c’était de savoir si tout s’était déroulé comme prévu… Comme il l’avait, lui, planifié… Il a voulu tous les détails… Il en a eu… A foison… De toute sorte… Ca l’a mis dans un état !… Il a fallu que j’y repasse du coup… Et vous, avec Mélissa ?…
Elle s’est voluptueusement laissé glisser au fond de la baignoire…
- Comment ça fait du bien !… Non, je vous pose la question, mais je connais la réponse en fait… Parce qu’elle est revenue me voir… Elle voulait me parler…
- Et savoir si on couche ensemble, je suppose…
- Non… Non… Pas ça, non… Elle est terrorisée à l’idée qu’elle pourrait vous perdre… Et ce qu’elle voulait que je lui dise, moi qui vous connais bien, c’est comment faire pour vous garder… Qu’est-ce que vous voulez répondre à ça ?… Il y a pas de recette… Il y a pas de règle… Personne peut jamais être sûr de rien… Personne… Et c’est tant mieux… Parce que le jour où on se sentirait vraiment sûr ça voudrait dire qu’on s’est engourdi dans la routine… Que c’est tout mort…
Elle s’est penchée loin en avant, a enserré ses chevilles de ses mains…
- En attendant vous voulez pas me frotter le dos ?…

Dans la glace au-dessus du lavabo elle m’a regardé la regarder se maquiller…
- Vous savez quoi ?… Non, mais comment il est vraiment trop nul Peter !… Parce que ça fait quoi ?… Une heure que je me prépare… Largement… Et vous êtes là… Jusqu’à la fin vous serez là… Quand bien même ça durerait encore tout l’après-midi vous serez là… A me couver de regards… A l’affût du moindre de mes gestes… Vous laisseriez votre place pour rien au monde… A qui que ce soit… Sauf que c’est pas vous que je vais aller tromper tout à l’heure… C’est lui, Peter… Vous croyez pas qu’elle serait là sa place ?… A me regarder longuement me faire belle pour un autre… En pensant très fort à ce qui va se passer après… En sachant qu’on y pense tous les deux… Comment ça nous rendrait complices… Comment ça donnerait un autre sens à tout… Mais non !… Il veut pas… Il comprend pas… Il a pas de temps à perdre… Toujours autre chose à faire… C’est pas faute de lui avoir demandé pourtant… D’avoir réclamé… Insisté… Parce que pour moi ça c’est quelque chose… Mais bon… Tant pis… Ca fait rien… Je viens ici… Je viendrai toujours ici maintenant avant… C’est avec vous que je serai complice… De toute façon je l’ai jamais été qu’avec vous… Alors !…
- Oui… Oui… Et tu sais pas ?… Tu sais pas ce qu’on fera la prochaine fois ?… Mais si tu veux… Seulement si ça te dit… C’est moi qui te préparerai… Je te laverai… Complètement… Je te parfumerai… Je choisirai ta robe… Tes sous-vêtements… Je t’habillerai… Je te coifferai…
Elle s’est retournée…
- Non, mais sur quel ton vous dites ça !… Du ton de quelqu’un qu’en a tellement envie que ça donnerait envie à n’importe qui… Que c’est impossible de dire non…
Elle a secoué la tête, a souri…
- Vous êtes trop, vous, dans votre genre !… Vous comprenez tout… Vous devinez tout… Même ce qu’on dit pas… Surtout ce qu’on dit pas…

- Vous dormez pas… Vous m’attendiez ce coup-ci, hein ?!… Vous étiez sûr que j’allais venir…
Elle s’est encastrée à moi. Est restée un long moment silencieuse…
- Oh, cette claque ce soir !… Ca valait franchement pas la peine de se mettre sur son trente-et-un… Parce que… imaginez un type… La quarantaine… Tout ce qu’il y a de plus classe… Et puis beau… mais alors là beau !… Comme c’est pas possible… J’allais pas laisser passer une occasion pareille, attends !… Alors en avant, toute !… Un jeu d’enfant… Dix minutes après c’était dans la poche… Encore un quart d’heure et on était à l’hôtel… J’avais envie, non, mais comment j’avais envie !… C’est là que ça s’est gâté… Parce que j’ai eu beau le solliciter tant et plus… Sortir le grand jeu… Rien !… Mais rien !… Absolument rien… Il se laissait faire… Oh, pour se laisser faire, ça, il se laissait faire… Mais il bandait pas d’un millimètre… Comment tu te trouves conne !… Surtout qu’il disait rien… Pas un mot… Un type en général, dans ces cas-là, il t’explique que c’est la première fois que ça lui arrive, qu’il sait pas ce qu’il se passe, qu’il est désolé… Il essaie de faire quelque chose… Il se démène… Il s’occupe de toi… Pas lui !… Il te restait d’une passivité !… Comme s’il était pas là… Etranger à tout… Je te lui aurais foutu des baffes à la fin tellement ça m’agaçait…
- Et alors ?… Ca s’est terminé comment ?…
- Ca s’est terminé que je me suis tirée… Qu’est-ce tu voulais que je fasse d’autre ?…
- Et t’es restée sur ta faim…
- Pas vraiment, non… Parce que j’ai garé la voiture dans une rue déserte et que là…
- T’aurais pu attendre… Attendre d’être rentrée… Je t’aurais regardée faire…
- Ah non, non !… C’est perso ça…
- Je te verrai jamais en train de t’occuper de toi alors ?!…
- Non… Non… A moins qu’un jour vous fassiez quelque chose devant moi avec un autre homme… Parce que ça voir deux hommes ensemble ça me met dans un tel état que je peux pas m’empêcher… Devant eux… Mais enfin vous, je vous vois pas trop dans le rôle… Encore que… on sait jamais…

2 commentaires:

  1. Toujours très bien écrit et agréable à lire ou à faire lire, c'est ce que me demande de temps à autres mon Maître.

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  2. Ma foi, j'ignorais qu'on lisait cette histoire à voix haute... Et je suppose que cela s'accompagne, si je t'ai bien lue toi, de certains interdits...
    En tout cas merci de l'apprécier...
    A bientôt...
    Amicalement...

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