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mardi 3 mars 2015

Fessées croisées (17)

25 juillet


– J’ai rêvé cette nuit ou bien…
– T’as pas rêvé, non…
– Eh ben, dis donc ! Jacques fait des émules, on dirait… Et alors ?
– Gilles m’a mis une fessée, oui… Et puis voilà…
– Retentissante… C’est le moins qu’on puisse dire… Et ça t’a pas déplu apparemment, si j’en juge par l’enthousiasme avec lequel tu as tonitrué ton plaisir juste après…
– C’est pas que j’ai aimé, c’est que ça m’a soulagée… Pacifiée… J’en avais besoin…
– Et tout ça parce que t’as couché avec Enzo… C’est pour ça, hein ?
– Jamais j’aurais dû lui céder… Jamais…
– Et du coup t’as demandé à Gilles de te punir…
– Pas comme ça, non… Mais ça revient au même…
– Et tu lui as tout raconté…
– Hein ? Ça va pas, non ? Je serais morte de honte…
– Qu’est-ce tu lui as dit alors ?
– Je me suis débrouillée…
– Et maintenant ? Tu vas faire quoi pour Enzo ?
– C’est fini… Terminé… J’irai plus… Je veux plus le voir…
– T’es quand même trop, toi, dans ton genre… Il aurait quand même droit à une explication, non ?
– Oh, non… Non… Je vais craquer si je le revois… Alors non…
– Et moi dans tout ça ? Parce que si tu viens pas, je suis coincée… C’est forcé que ça lui paraisse bizarre à Charles… Déjà que ça l’intrigue qu’on disparaisse tous les jours toutes les deux systématiquement comme ça… Mais alors si j’y vais toute seule…
– Je sais bien, Christine… Désolée… Je sais pas… Je veux pas…



10 heures


J’étais dans la salle de bains quand Mélanie a surgi…
– C’est vrai ?
– Quoi donc ?
– Que tu t’es pris une fessée hier soir…
– Que je… Comment tu sais ça, toi ?
– C’est parce que… Ils m’avaient pas vue Charles et Gilles dans la cuisine tout-à-l’heure… Et ils en parlaient…
– Ah, oui ? Qu’est-ce qu’ils disaient ?
– J’ai pas tout compris… Tout bas ils causaient… À cause de Jacques et de Geneviève qu’étaient à côté… Il disait que ça l’avait réveillé Charles tellement Gilles il tapait fort et tellement tu braillais… Et il voulait savoir pourquoi tu l’avais eue… J’ai pas entendu la réponse… C’était pourquoi ? À cause des types ?
– Quels types ?
– Ceux que vous allez voir l’après-midi à Toulon avec Christine…
– Hein ? Mais…
– C’est des copains à des copains à Ludovic… Alors forcément il est au courant… Oh, mais t’inquiète… Il dira rien…
– Oh, n’importe comment c’est fini… En ce qui me concerne en tout cas… Je les verrai plus…
– Tu fais bien ce que tu veux… C’est pas moi qui y trouverai quoi que ce soit à redire… Je serais mal placée pour… C’était pas pour ça alors ?
– Dans un sens, oui… Et dans l’autre, non… C’est compliqué…
– Tu me fais voir ?
– Que je…
– Ben oui… On est entre nous… Entre nanas… Et je t’ai bien montré, moi, l’autre jour… Ah, oui quand même ! T’as dû le sentir passer, dis donc ! Ça te fait quoi ?
– Qu’est-ce tu veux que ça me fasse ? La même chose qu’à toi… Ça brûle… C’est sensible… C’est douloureux…
– Non, mais pas ça… Qu’il y ait du monde qui sache… Charles… Qu’a entendu… Et Christine qu’a entendu aussi… Sûrement… Charles lui aura dit n’importe comment si elle a pas entendu… Et puis moi… C’est trop bien, hein, les gens qui savent autour… Qu’en pensent pas moins… Oh, ben si ! Si ! Parce qu’une fessée sans ça c’est pas la peine… Ça fait mal pour rien… Tiens, moi… Mais tu vas me traiter de folle…
– Tu sais bien que non…
– Ce que j’aimerais… Parce qu’il est au courant Ludovic qu’il me la donne la fessée Jacques à cause de lui…
– Au courant ? Mais par qui ?
– Par moi… Un jour qu’on couchait… Il a vu… Il a bien fallu que je lui explique du coup… Et ce que j’arrête pas de me demander, c’est s’il leur a raconté à ses copains… J’ose pas lui demander… Des fois j’ai l’impression que oui… Des fois que non… Tu crois, toi ? Comment j’aimerais ça que, quand ils me voient, ils y pensent… Qu’ils y fassent carrément des allusions… Tout ça… Mais bon…

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