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lundi 19 novembre 2012

Les confidences de Camille ( 13 )


Ce que j’aurais dû faire, mon cher Flavian ? Appeler, toutes affaires cessantes, mon beau-père à l’aide… Lui exposer en toute honnêteté la situation, lui avouer l’attirance que j’éprouvais pour Charlie et m’en remettre totalement à lui… C’était la seule solution – j’en avais parfaitement conscience – si je ne voulais pas que tôt ou tard… C’était la seule solution, oui, mais je différais… Je différais tant et plus… Je m’inventais toutes sortes de prétextes… Après tout il ne s’était encore rien passé… Que dans mes rêveries…  Il ne se passerait peut-être – sans doute – jamais rien… D’autant que – c’était peut-être qu’une impression – mais il me paraissait plus froid ces derniers temps Charlie… Plus distant… Non... J’allais provoquer tout un remue-ménage qui n’avait finalement, pour le moment, pas la moindre raison d’être… Je verrais plus tard… Le cas échéant… Il serait toujours temps…

 

Et puis ce soir-là… Le patron était venu me le demander personnellement… Un peu comme une faveur… « Vous pourriez rester tout à l’heure, Camille ? Il faudrait absolument boucler ce dossier… Qu’il parte sans faute, à la première heure, demain matin… » Je pouvais, oui… « Merci… Je vous revaudrai ça… Tenez, les clefs… Vous fermerez… »

 

Des pas dans le couloir… Qui ça pouvait être ? Tout le monde était censé être parti… Depuis un bon moment déjà… Je me suis levée, vaguement inquiète… Dirigée vers la porte… Au moment où j’allais en saisir la poignée elle s’est abaissée… Charlie… « Ah, c’est toi ! Tu m’as fait peur… » « Toi aussi ! T’étais pas descendue… Je me demandais si t’avais pas un problème… » «  Oh, non… Non… C’est juste qu’il y avait ça à terminer… Impérativement… Mais j’ai presque fini… J’en ai pour une seconde… » Il ne m’a pas laissée me rasseoir… Ses mains, derrière moi, se sont posées, légères, sur mes épaules… Du bout du pouce, il m’a doucement caressé le cou… Des deux côtés… « Il ne faut pas, Charlie… Arrête… Il ne faut pas… » Son souffle, tout près, dans ma nuque… « S’il te plaît, Charlie, s’il te plaît… » Son désir, dressé contre mes reins… Et puis ses mains… Ses mains sur mon ventre… Ses mains sous mon pull… Ses mains sur mes seins… Qu’elles ont mis à nu… Dont elles ont épousé la forme… Fait dresser les pointes… Ses mains qui m’ont déshabillée… Complètement… Qui m’ont interminablement parcourue et reparcourue, offerte, abandonnée…

 

Il m’a doucement fait pencher, à l’équerre, sur le bureau… S’il voulait… Tout ce qu’il voulait… Tout… J’étais à lui… Et je l’ai clamé tant et plus mon plaisir… Chanté… Hurlé… Vaincue…

 

« On n’aurait pas dû, Charlie… On n’aurait jamais dû… » On était en bas… À côté de ma voiture… « Me dis pas que tu regrettes ! » « Non… Si ! Oui… On recommencera pas, hein, tu me promets ? » « Non, mais t’es vraiment trop, toi, dans ton genre ! Il est où le problème ? » « Il est que je suis mariée, Charlie, et toi aussi ! » « Et alors ? C’est une raison pour se priver de tout ? C’est pas lui qui va t’en donner du plaisir… Ou alors tous les six mois… C’est pas elle qui va m’en donner… Ou alors tous les tournants de lune… Alors je vois vraiment pas ce qu’on pourrait avoir à se reprocher… » « Oui, mais si jamais… » « Si jamais quoi ? Ils l’apprennent ? Il y a aucune espèce de raison… Ça ne regarde que nous… Nous deux… Tous les deux… » « Je sais pas, Charlie, je sais pas… » « Mais si ! » Il m’a attirée contre lui… Ses lèvres… Et je suis restée dans ses bras…

 

Et on est allés chez lui… Et on a recommencé… Et ça a duré toute la nuit… Au réveil j’étais blottie contre lui… Comblée…

 

Il fallait… Mon beau-père… Maintenant il fallait… Il fallait absolument… Oui, mais comment ? Comment lui avouer ça – maintenant que c’était fait – sans mourir de honte ? Est-ce que j’avais le choix pourtant ? Non… Je savais bien que non… J’avais trompé Patrice… Et d’une façon ! Rien que d’y repenser… Coupable… J’étais coupable… Il n’y avait pas, là-dessus, l’ombre d’un doute… Mais, en même temps, il y avait, en arrière-fond, une petite voix… Une petite voix qui me disait que, tout compte fait, Charlie n’avait peut-être pas forcément complètement tort… Une petite voix qui se faisait de plus en plus insistante… Cajoleuse… Une petite voix que j’écoutais de plus en plus complaisamment… Que je faisais sèchement taire… Non… Ça ne pouvait pas durer… Il fallait que ça s’arrête… Il fallait qu’on m’arrête… Oui… J’allais lui parler à mon beau-père… Dès que possible… Dès qu’allait se présenter une occasion favorable…

 

Elle ne l’était jamais, à mes yeux, tout-à-fait… Et, en attendant, Charlie et moi…

 

Je vous embrasse, Flavian

 

CAMILLE      

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