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jeudi 22 novembre 2012

Escobarines: Colocataires ( 2 )


– Tu viens, Amélie ?
– Où ça ?
– Ben à la douche, tiens ! Elle t’a pas expliqué Marjo ? C’est deux par deux qu’on y va ici… Et même quelquefois trois par trois… Parce que autrement à neuf – dix avec Madame Cavier – on aurait vite fait de manquer d’eau chaude… Déjà qu’il y a des jours où, même comme ça, c’est vraiment limite-limite… Mais on a toute une technique pour économiser, tu vas voir… Allez… T’es prête ? Alors j’y vais… On se mouille… Là… Et on coupe… Pas besoin de laisser couler pendant qu’on se savonne… Tu peux prendre ton temps maintenant, hein, il y a plus rien qui presse…
– Je peux te demander un truc ?
– Dis toujours…
– Ce qui s’est passé… hier soir… avec Clotilde… Ce qu’elle lui a fait Madame Cavier… C’est souvent que ça arrive ?
– Elle t’a pas dit Marjo ?
– Si, mais bon… D’après toi…
– Ça dépend… Il y a des périodes plus… Et puis des périodes moins…
– Et… tout le monde y a droit ? Ou bien il y a des filles qu’arrivent à passer complètement à travers ?
– Il y en a qui l’ont jamais eue… Et qui l’auront sûrement jamais… J’ai pas compté au juste… Mais trois ou quatre ça doit faire… Dont je suis… En deux ans j’en ai pas pris une… Parce que faut pas croire… Madame Cavier c’est pas une inconditionnelle de la fessée non plus… Si t’exagères pas, si tu respectes un tant soit peu les règles, si tu flanques pas la pagaille, si t’es correcte avec elle il y a aucune espèce de raison que tu t’en ramasses… Tu te contentes d’être hébergée gratos… Et, en prime, tu regardes les autres s’en prendre… Ce qu’est pas si désagréable que ça finalement…
– C’est vrai ? Toi aussi tu trouves ? Tu peux pas savoir ce que ça me rassure ce que tu me dis là… Parce que comment je culpabilisais hier soir… Je me trouvais pas trop normale… Parce qu’hier soir…
– Hier soir ça t’a bien plu Clotilde… Je sais…
– Comment ça « tu sais » ?
– T’as eu beau chercher à être aussi discrète que possible après dans le lit… On peut jamais l’être tout à fait quand on se fait ça…
– T’as entendu ? Oh, la honte ! La honte… Et il y en a d’autres qui se sont aperçues, tu crois ?
– Oh, ben oui… Oui… Ça pour ça, oui… Et tu te serais pas expédiée aussi vite et endormie encore plus vite tu te serais rendu compte que t’étais la première, oui, mais que t’étais loin d’être la seule… Les soirs de fessée en général ça donne… Un vrai festival… Forcément… Bon, mais allez… T’as fini ? De te savonner ? T’as fini ? Qu’on se rince, qu’on laisse la place aux autres et qu’on aille déjeuner…

– Tu sais qui c’est qu’en a eu le plus, de nous toutes, des fessées ? C’est Aline…
– Laquelle c’est Aline ?
– Celle qui travaille chez un notaire…
– Ah, oui ! Qui fait un peu pimbêche…
– Un peu ? T’es gentille… Plus d’une dizaine, je suis sûre, elle en a reçu, elle…
– Elle le fait exprès d’en recevoir ?
– Je crois pas, non… Pas elle… Ce serait Melissa encore, je dis pas… Mais Aline, non… Non… Ce qu’il y a avec Aline, c’est que c’est une vraie fouine… Elle peut pas s’empêcher de fourrer son nez partout… Et jusque dans la chambre de Madame Cavier…
– Ah, oui ? Mais pour y chercher quoi ?
– Rien… Je sais pas… C’est plus fort qu’elle, je pense… Le besoin de fouiller… De se faufiler dans la vie des autres… De s’emparer de leurs secrets s’ils en ont… Plusieurs fois elle l’a prise sur le fait Madame Cavier… Et alors je te dis pas ce qu’elle s’est ramassé… T’aurais vu ça ! C’était quelque chose… Peut-être tu le verras un jour d’ailleurs… Sûrement… Et même… On pourrait lui en faire avoir une ce soir si on voulait… Suffirait qu’on y aille dans la chambre de Madame Cavier… Et qu’on déplace deux ou trois trucs… Un peu… Pas trop… Juste qu’elle s’en aperçoive… Et alors sûre et certaine elle serait que c’est Aline… Hein ? Qu’est-ce t’en dis ? On y va ? Allez…

– Aline ?! Viens voir là… T’as encore fouillé dans ma chambre…
– Ah, non ! Non ! Je vous jure…
– J’en ai assez ! Plus qu’assez… Alors cette fois tu rassembles tes affaires… Et tu files… Je veux plus de toi ici…
– Oh, non ! Non ! S’il vous plaît… Je veux pas partir… Je suis trop bien ici… S’il vous plaît…
– Bon… Je veux bien te laisser une dernière chance… Une toute dernière… Mais alors tu vas commencer par reconnaître que tu m’as désobéi… Que tu es encore allée dans ma chambre…
– Mais non, mais… Je vous jure que… Si… Oui… J’y suis allée…
– Eh ben voilà… À la bonne heure… Bon… Et maintenant tu sais ce qu’il te reste à faire… À me demander…
– Donnez-la-moi… La fessée… Je l’ai méritée…


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