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jeudi 8 novembre 2012

Escobarines: La fête



– Toi ? Ici ? Alors là ! Si je m’attendais…
– Je fais que passer… En coup de vent… Pour la fête… Elle me manquait trop depuis le temps notre fête…
– Tu restes pas ? Même un peu ? On aurait pu se voir un peu… Bavarder… Évoquer nos vieux souvenirs…
– Et Dieu sait si on en a…
– À qui le dis-tu !
– J’y pense quelquefois…
– Et moi donc !
– Tu l’as refait ?
– Jamais… Non… Avec personne…
– Tu te rappelles ? C’était notre grand truc de sortir dans la rue, juste après, avec les fesses brûlantes…
– Et de s’arrêter à discuter…
– À un endroit où il passait plein de monde…
– Comme ici… Maintenant…
– En même temps qu’on parlait on les regardait les gens…
– Quel pied on prenait à se dire qu’ils savaient pas… Qu’ils se doutaient pas… Personne…
– On se flanquait de sacrées fessées n’empêche !
– Je te le fais pas dire…
– Qui laissaient de ces traces…
– Des jours et des jours ça mettait à s’en aller…
– Surtout les derniers mois… Avec la méthode qu’on avait trouvée de se la donner toutes les deux en même temps… Tête bêche…
– Qui c’est qui l’avait eue l’idée ?
– Je sais plus…
– Redoutablement efficace c’était en tout cas…
– Évidemment… En faisant comme ça il y avait de l’émulation…À celle qui taperait le plus fort… Alors une fois qu’on était lancées…
– Surtout que, souvent, on se mettait en condition avant…
– Oui… On se reprochait un truc…
– Et pas n’importe quoi… C’était toujours très ciblé…
– Des histoires de mecs en général…
– Ah, ben ça !
– Je sais pas comment on se débrouillait, mais fallait toujours qu’on tombe amoureuses du même…
– C’était toi ! Suffisait qu’il y ait un mec qui m’intéresse pour qu’aussitôt t’essaies de me le souffler…
– Non, mais alors là c’est la meilleure ! Retourne pas la situation, veux-tu ?!
– Parce que c’est moi qui retourne la situation ? Cette fois on aura tout vu… Ambrosio t’as pas tout fait pour le mettre dans ton lit ?
– Oui, oh, tu parles ! Il en avait rien à foutre de toi Ambrosio… Strictement rien…
– Tu crois ça, ma petite ! Tu crois ça ? Tu veux que je te dise ? Eh ben près d’un an j’ai vécu avec lui, Ambrosio, après, à Grenade…
– Je comprends mieux… Il y a des tas de choses que je comprends mieux d’un seul coup… Et tu as le front de venir me dire que c’est moi qui te l’ai soufflé !
– Je l’ai repris… Je me suis contentée de le reprendre…
– Quelles petites saloperies vous faites tous les deux… Si je me retenais pas…
– Te retiens pas ! Te retiens surtout pas… Qu’est-ce tu veux ? Qu’on aille chez toi ? Eh ben on y va si tu veux…
– À ta place je jouerais pas… Parce que si on monte tu vas t’en prendre une que t’es pas prête de pouvoir t’asseoir…
– Et toi de lui prêter tes fesses à Juan…

– Attends ! Un peu plus loin on va… Qu’on les voie ceux qui discutent à la buvette…
– Et qu’ils nous voient…
– Alors ? Qu’est-ce t’en dis ?
– Que t’as braillé comme jamais…
– Oui, ben toi, tu te serais vue gigoter…
– Ça brûle en tout cas ! Qu’est-ce que ça brûle !
– Mais qu’est-ce ça fait du bien ! J’avais oublié…
– Plus souvent faudrait qu’on puisse se voir…
– Je vais essayer de trouver une solution… De m’arranger…
– Oui… Parce qu’on en a encore des comptes à régler… Diego, par exemple…
– Ah, parle pas de Diego ! Parce que si on parle de Diego…
– La prochaine fois alors…
– La prochaine fois, oui… Je vais revenir… Bientôt…  

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