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lundi 12 décembre 2011

Souvenirs d'avant ( 24 )



24-

Un valet fait brusquement irruption dans ma chambre.
- Le maître… Le maître…
- Eh bien quoi ?! Parle !
- Le maître… Le seigneur Amauri… Il est revenu… Il n’est pas…
- Que dis-tu ?
Je me précipite.

- C’est toi ! C’est bien toi !
Je le touche. Je le tâte.
- Tu es vivant !
- Par Dieu, oui ! Et en pleine santé. Ce dont Berthe – que je vais aller retrouver de ce pas – pourra témoigner.
- Non. Attends !
- Attendre ?! Alors que ce moment-là j’y aspire depuis des mois ?! Certes non…
- C’est que…

Mais il n’écoute pas. Il gravit l’escalier à la course.
Un hurlement. Un autre.
- Il l’a tué !

Aimé gît dans son sang.
- Qu’on l’emporte ! Qu’on aille pendre sa dépouille à un arbre vis-à-vis des remparts…

- Regardez-le votre bel amant, Madame ! Le trouvez-vous donc toujours aussi séduisant ?
Elle garde la tête obstinément baissée. Il la tire par les cheveux pour l’obliger à la relever. Elle ferme les yeux.
- Rouvrez-les, Madame, c’est un ordre !
Auquel elle n’obéit pas.
- Rouvrez-les ou je vous fais fouetter…

On la dénude.
Le fouet s’abat. Sur son dos. Sur ses fesses. Sur ses cuisses.
- Ouvrez les yeux, Madame !
Elle s’y refuse.
Les coups redoublent.
- Obéissez !
Non. De la tête. Non.
- Fort bien. Ils ne vous servent à rien ? On va vous les crever.
Elle les rouvre.

- Regardez, Madame ! Regardez comme il se balance mollement au gré du vent. N’est-il pas beau ainsi ? Beaucoup plus encore que de son vivant. Ne trouvez-vous pas ?

Venez ! Venez maintenant ! Venez faire la connaissance de votre nouvelle demeure…
Un cachot. Un cachot minuscule où elle aura à peine la place de se tenir couchée…
- Mais n’ayez crainte ! Je viendrai vous en tirer. Deux fois par jour. Que vous puissiez assister au festin que vont faire les corbeaux de votre bel amant…

La porte se referme sur elle. Les gardiens tirent les verrous.
Il s’éloigne dans un grand éclat de rire…

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