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lundi 13 juillet 2009

Aux délices d'Adeline ( 21ème jour )

Laurianne lui a tout juste laissé le temps de prendre place sous la douche à Milàn…

- Tu peux me dire un truc, là ?… Tu disparais où tous les après-midi comme ça ?… Parce que t’as pas l’air de t’en rendre compte, mais tout le monde se pose la question…

- Oh, si, je me rends compte, si !… Discrètes comme vous l’êtes !…

- Si tu cherchais pas aussi !…

- Moi ?…

- Ben oui, toi !… On croirait que ça t’amuse… Que tu sais pas quoi inventer pour attirer l’attention…

- Ben alors ça, c’est la meilleure !…

- Tu crois pas qu’il vaudrait cent fois mieux dire carrément les choses une bonne fois pour toutes, non ?… Que t’aies une nana – ou un mec si tu préfères les mecs – c’est ton droit et c’est toi que ça regarde… Mais à faire tous ces mystères, comme tu fais, comment tu veux que les gens ils essaient pas de savoir, qu’ils aillent pas imaginer tout un tas de trucs ?…

- Mais il y a rien à imaginer !… Ni à savoir !…

- Peut-être !… Mais en attendant tu veux toujours pas dire ce que tu fais tous les après-midi…

- Mais rien enfin !… J’ai besoin d’être seul… De pas parler… De voir personne… C’est tout !… Il y a vraiment pas de quoi fouetter un chat…

- Ca, c’est sûr !… Ni de faire toutes les histoires que tu fais…




- Et voilà !… T’as vu ça ?… J’en étais sûre… C’est comme ça qu’il faut le mener, lui !… Tambour battant… Tu lui rentres dans le lard et t’en obtiens tout ce que tu veux… C’est bon à savoir… Parce que je vais foncer et je donne pas deux jours avant de l’avoir croqué en beauté… D’autant que – tu l’as entendu comme moi – il a personne… Alors si vraiment j’y arrive pas, je me fais nonne, tiens !… Ou un truc dans ce genre-là…




- Si c’était à refaire… Je sais bien que j’en ferais hurler plus d’un… mais si c’était à refaire je m’abstiendrais… Et comment !… Parce que ça m’a apporté quoi tout ça ?… Rien… J’ai du pognon, oui !… Je sais même pas combien… Et j’m’en fous… Pour ce que ça me sert !… Je peux me payer des trucs, ça c’est sûr… Tous les trucs que je veux… J’ai envie de rien… Je les fais même plus les magasins… Parce que toute seule… Tout ce que j’ai gagné dans cette histoire c’est que mes copines m’adressent quasiment plus la parole… Paraît que je me la pète… Que je suis devenue imbuvable… Ben voyons !… C’est facile… Non… Ce qu’il y a c’est qu’elles crèvent de jalousie… Ca se voit comme le nez au milieu de la figure… Si elles savaient !… Même avec les mecs… Parce que je sais pas ce qu’elles vont s’imaginer !… Ils ont qu’une seule chose en tête, les mecs… Pas de me sauter, non, ça, c’est plus qu’en option… De se placer… Parce que avec mon hôtel-restaurant qui tourne du feu de Dieu je suis devenue une fille vraiment intéressante… Ils voudraient bien gagner le gros lot… Tu les verrais faire !… Tout ce qu’ils sont pas capables d’inventer… De raconter… Ils me dégoûtent… Si tu savais ce que j’ai envie de me tirer des fois… De tout plaquer… De foutre le camp… N’importe où… De tout recommencer à zéro quelque part où personne me connaîtrait… Ce serait une belle connerie, oui, je sais… Il a raison Ménisson… Huit jours après je rappliquerais la queue entre les jambes… Le jour où je saurai vraiment ce que je veux… Ca viendra peut-être… Quand je serai vieille ou qu’il se sera passé je sais pas quoi… En attendant ils continuent à s’enculer les uns derrière les autres les jours… Sans qu’il y ait jamais rien dedans… J’en ai marre… Tu peux pas savoir ce que j’en ai marre… Ce qu’il faudrait c’est que… Non… Ce qu’il faut surtout c’est que je me bouge… Demain je vais à Lyon, tiens !… Tu viens avec moi ?…

- A Lyon ?… Pourquoi à Lyon ?…

- Et pourquoi pas à Lyon ?… N’importe où… Ca n’a pas d’importance… Allez, hop, je t’emmène !… Et qu’il essaie de dire quelque chose Ménisson pour voir !…




La Catherine m’attendait sur le pas de la porte de sa chambre, un foulard à la main…

- Eh ben dis donc !… T’en as mis un temps !…

- Désolée… Le service…

- Tourne-toi !… Ce soir à toi aussi je vais te bander les yeux… Et ne demande pas pourquoi… C’est comme ça… Un point c’est tout… Là… Ca serre pas trop ?… Tu vois quelque chose ?… Non ?… Tu le dirais pas n’importe comment… Mais avec ça par-dessus – quelque chose qu’elle a mis en place et ajusté par derrière – il y a pas de risque…

Elle m’a prise par le coude, guidée à travers la chambre…

- Voilà ta petite camarade, ma chérie !… Qui va bien s’occuper de toi… Comme l’autre jour…

Sur le lit ça a bougé… Elle a ri…

- Oh oui, tu es impatiente, hein !… Mais ça vient !… Ca vient !…

Elle m’a poussée vers le lit, installée entre ses cuisses…

- Là… Et tu nous fais ça en artiste, toi, hein ?!… Qu’elle perde complètement pied… J’adore ça quand elles perdent pied…

Elle a perdu pied. Très vite. Elle a battu l’air, le lit, les oreillers. Elle s’est cabrée. Elle a déclamé son plaisir, l’a rugi…




Elles ont chuchoté. La porte. Ouverte. Refermée. On m’a retiré le bandeau. Catherine était seule…

- Bien… Très bien… Tu t’es appliquée… Je suis très contente de toi…

- C’était qui ?…

- Séverine… Qui voulais-tu que ce soit ?…

- Non, c’était pas Séverine… C’était pas son goût… C’était pas son odeur… C’était pas son… C’était pas elle…

- Et alors ?… Qu’est-ce que ça change pour toi ?… Elle ou une autre… Tu fais ce qu’on te demande… Ce que j’ai décidé que tu ferais… Sans poser de questions… Est-ce que c’est clair ?… Eh bien ?… Tu réponds ?

- Oui, c’est clair… Oui…




Là-haut, dans notre cachette, Milàn dormait paisiblement. Je ne l’ai pas réveillé. Je suis redescendue…

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