Nombre total de pages vues

jeudi 9 juillet 2009

Aux délices d'Adeline ( 20ème jour )

- C’est elle !… Je te disais bien que ce serait elle le petit déj aujourd’hui…

- Et toute nue !… On te l’avait pourtant interdit… On te l’avait pas interdit ?… Eh bien réponds !…

- Non, mais regarde-moi ça !… Regarde-moi comment elle te toise de son petit air supérieur… Et elle te répondra pas… Elle est au-dessus de ça… Pour qui elle se prend celle-là ?… Tu vas quand même pas supporter ça, Paul, enfin !… Tu vas pas la laisser faire…

- Sûrement pas, non !… Baisse les yeux, toi !… Eh bien ?!… T’entends ce que je te dis ?…

- Mais ils sont baissés !…

- Ne réponds pas !… Et regarde-moi quand je te parle !… Eh bien ?!… Tu vas me regarder, oui ?… Non, mais tu cherches, hein !… Tu cherches vraiment… Je t’avais pas dit de baisser les yeux ?…

- Ben si, mais vous…

- Recommence pas à discuter !… Bon, mais cette fois ça suffit !… On s’est montrés suffisamment patients… Tu fais preuve de tellement de mauvaise volonté que tu ne nous laisses pas vraiment le choix… On va devoir aller se plaindre en haut lieu… A moins qu’on règle ça ici tous les trois en interne… Qu’est-ce que tu préfères ?… Une fessée, ici, maintenant, entre nous, ou une fessée publique, plus tard, de la main de tes supérieurs ?

- Ici… Maintenant… Avec vous…

- Alors ce sera plus tard… En public…




Elle lui a dit quelque chose à l’oreille. Ils se sont longuement concertés tous les deux à voix basse…

- Tu as de la chance, beaucoup de chance, que Flora ait décidé d’intercéder en ta faveur… Parce que sinon… J’espère qu’en contrepartie tu sauras lui manifester un minimum de gratitude… Ce serait la moindre des choses…

Il s’est assis au bord du lit…

- Viens là !…

En travers de ses genoux. De son bras gauche il m’a solidement immobilisée contre lui… Elle, elle s’est emparée de mes poignets…

- Parce que j’ai horreur de ça celles qui essaient de se protéger avec leurs mains…

- Bon, ben en avant pour le quadrille…

- Tu la fais bien gigoter, hein, Paul !… Tu sais comment j’aime ça quand elles gigotent…




Il m’a laissée lourdement retomber au pied du lit elle est aussitôt venue me remplacer sur ses genoux…

- Qu’est-ce que tu lui as bien fait !… Beaucoup mieux que les autres filles les autres fois…

Elle a passé ses bras autour de son cou, s’est pressée tout contre lui…

- Mais c’est qu’elle le méritait aussi… Encore plus que les autres… Hein qu’elle le méritait !?…

- Et comment qu’elle le méritait !… File au coin, toi !… Les mains sur la tête !… Et essaie de te retourner pour voir…

Derrière moi il y a eu des bruits de baiser, de succion, des halètements…

- Comment il est rouge !… Comment tu lui as mis rouge !… Oh, je t’aime !… Si tu savais comme je t’aime…

Ca s’est emballé. Le lit a grincé. Elle a psalmodié son plaisir à pleine gorge…




- En tout cas il y en a une qui donnerait cher pour savoir à qui appartiennent ces lèvres qui lui ont donné tant de satisfaction hier…

- Séverine…

- Evidemment Séverine… Mais elle ne saura pas… Elle n’a pas à savoir… Elle a joui : c’est tout ce qu’on lui demande… C’est tout ce que je lui demande : qu’elle m’abandonne le spectacle de son plaisir… Et j’étais sûre qu’en te choisissant, toi, pour t’occuper d’elle, il n’y avait pas le moindre risque que je sois déçue… Je misais sur le bon cheval… Et tu sais pourquoi ?… Parce que toi, tu es totalement inapte au plaisir… Pour être capable d’en donner, d’en donner vraiment, il faut, contrairement aux apparences, être incapable d’en éprouver… Ne pas se reconnaître le droit d’en éprouver… Ou seulement par procuration… Tu comprends ?… Non… Tu ne peux pas… Tu peux seulement soupçonner un peu, de loin, de quoi il retourne… Parce que tu es, par nature, prédisposée à privilégier l’autre au détriment de toi-même… Mais ça ne suffit pas… Des dispositions naturelles ça se travaille… Pour que tu comprennes vraiment, de l’intérieur, il faudrait que je puisse te prendre en mains au quotidien… Tu es douée… Tu ferais des progrès fulgurants… On obtiendrait des résultats spectaculaires… Tu aimerais ?…

- Je sais pas…

- C’est exactement la réponse que j’attendais… La seule qui convienne… Parce qu’elle implique que ce sont toujours les autres qui décident à ta place… Même – surtout ? – quand ça te concerne au premier chef… C’est bien… C’est très bien… C’est parfait… Tu mérites vraiment que je m’occupe de toi… Je vais y réfléchir… Je finirai bien par trouver une solution…



Elles se sont enfin endormies. Le billet de Milàn serré dans ma poche je me suis relevée sans bruit. Le temps de m’habituer à l’obscurité et j’ai entamé l’escalier du grenier tout au bout là-bas. Les marches ne grinçaient pas. Presque pas. La deuxième porte il avait dit. Elle était ouverte. Il était là. Il m’attendait. Il m’a prise contre lui…

- Comme tu m’as manqué !… Si tu savais !…

On a entrelacé nos impatiences, emmêlé nos désirs, perdu pied…




- Milàn !…

- Quoi ?… Qu’est-ce qu’il y a ?…

- On s’est endormis !… T’imagines qu’on se réveille pas à temps demain et qu’on nous cherche partout… On aurait bonne mine…

- Les choses seraient claires au moins… Elles me ficheraient peut-être enfin la paix…

- Oui, ben alors là, ça, c’est pas demain la veille…

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire