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jeudi 28 mai 2009

Aux délices d'Adeline ( 8ème jour )

J’ai frappé. Il n’y a pas eu de réponse. J’ai fait comme si. Il était enfermé dans la salle de bains Escobar. Il sifflotait sous la douche. J’ai pris tout mon temps pour aller déposer le plateau sur la petite table près de la fenêtre et j’en ai profité pour tout bien examiner en détail dans la pièce. Oui, ben il y a rien d’extraordinaire en fait. On dirait vraiment la chambre de n’importe qui. Même des dessins j’ai pas réussi à en voir. Il doit les planquer dans l’armoire. Ou dans sa valise. Elle a eu de la chance Coralie. Elle est tombée au bon moment. Juste quand il les avait sortis. Faudra que je demande à une des filles qui font le ménage où il les range. Parce que les regarder en vrai c’est quand même pas pareil que sur Internet. Et puis tu peux te dire que t’es la première à les avoir vus. Et le dire aux autres…




A la 116 le type était tout seul, assis au bord du lit. Il y avait pas sa femme…

- Posez-le là-bas, s’il vous plaît !…

Et il a recommencé. Recommencé à tendre la jambe chaque fois que je voulais passer…

- C’est peut-être aujourd’hui que tu vas faire ta maladroite, qui sait ?… Que tu vas t’étaler avec ton plateau… Peut-être aujourd’hui… Ou peut-être la prochaine fois…

Dix tentatives. Quinze tentatives pour l’enjamber. Auxquelles il a systématiquement fait obstacle. J’ai voulu poser le plateau à côté de lui sur le lit…

- Non… Non… Pas question… Là-bas j’ai dit…

Et, contre toute attente, il m’a enfin laissé passer...

- Là… C’est bien… Merci…

Il l’a fait au retour. Quand je ne m’y attendais plus. Et je me suis étalée de tout mon long le nez dans ses chaussures…

- Tu peux pas faire attention, non ?… C’est incroyable d’être empotée comme ça…

Il m’a aidée à me relever. Fermement. Par le bras. Qu’il n’a pas lâché. Sa voix en chuchotement à mon oreille…

- Tu aimes, hein que tu aimes qu’on te traite comme ça ?!…

Je n’ai pas répondu. Je n’ai pas cherché à me dérober non plus. Il a serré un peu plus fort…

- Réponds !

Encore plus fort…

- Oui… J’aime…

Dans un souffle…

- Non… Tu n’aimes pas… Tu adores…

Et il m’a congédiée d’une petite claque sur les fesses…




Sarah l’a regardée approcher…

- T’étais où ?

- Hein ?!… Mais nulle part !… Qu’est-ce que ça peut te foutre n’importe comment ?

- Avec Milàn t’étais !…

- Pas du tout… Jamais de la vie…

- Menteuse !…

Elle s’est levée. L’autre n’a pas reculé. Une gifle est partie. Aussitôt rendue. Une pluie de gifles. Basile et Félicien en ont tiré une en arrière. Les filles s’y sont mises à quatre pour entraîner l’autre. Qui se débattait tant et plus. Qui hurlait comme une possédée…

- Lâchez-moi !… Lâchez-moi !… Je vais lui faire la peau… Je vous dis que je veux lui faire la peau…

Ca s’est éloigné. Ca s’est tu. L’autre s’est rassise…

- Quelle conne !… Mais si elle compte avoir le dernier mot avec moi…




Toutes les deux. A la même table. La prof d’Histoire et celle d’Anglais. D’avant. La mère Mac Miche et Catherine de Médicis…

- Ben t’en fais une tête !… Ca te fait pas plaisir de nous voir ?

- Oh si, si !…

- Ca tombe bien… Parce qu’on est là pour un moment…

- Et on n’a pas l’intention de s’ennuyer…

Clémence a longé leur table, les bras chargés d’assiettes. Elles l’ont suivie des yeux…

- Regarde-moi ça !… Ca mérite pas qu’on s’en occupe un petit derrière comme ça ?

- Et l’autre là-bas !… T’as vu comment elle le tortille ?… Quand il gigote sous les claques ça doit être un enchantement… Un véritable enchantement…

- Je sens qu’on va bien s’amuser…

- Oui… Ah, on va leur mettre de l’ambiance… Tu pourras leur dire à tes petites camarades… Beaucoup d’ambiance…




- Vous savez pas ce qu’il m’a fait Escobar ?…

On savait pas, non…

- Eh ben il a dessiné les deux filles des cuisines qu’en ont reçu une l’autre soir… Les fesses à l’air toutes rouges contre le mur du fond du resto il les a mises… A moitié retournées pour voir si ils regardent les gens… Evidemment qu’ils regardent… C’est dégueulasse, non ?… Parce que attends !… Moi, je lui propose gentiment de lui faire le modèle et lui il a rien de plus pressé que d’aller en croquer d’autres… Remarque, dans un sens, je le comprends aussi… C’est un artiste alors normal que ça le travaille… Faut que ça sorte… Et si moi j’ai pas un cul tout rouge à lui montrer qu’est-ce que tu veux que je l’intéresse ?… C’est pour ça maintenant faudrait vraiment que j’en prenne une… Et une bonne… Qu’il soit pas déçu… Et sans tarder en plus !… Parce qu’il va peut-être pas rester ici une éternité non plus… Pour bien faire c’est tout de suite qu’il faudrait que j’y aille avec les fesses toutes chaudes… Je suis sûre que ça le ferait craquer…

Elle nous a regardées l’une après l’autre…

- Vous voudriez pas me le faire, vous, les filles ?… Ca me rendrait drôlement service… Parce que vous voulez que j’aille demander ça à qui à part vous ?

- Oh, si il y a que ça pour te faire plaisir !

Elle s’est déshabillée. Elle s’est allongée sur le ventre…

- Allez-y carrément, hein !… Ayez pas peur de me faire mal… Faut qu’il soit content…

On y est allées carrément. Chacune son secteur. A grandes claques élancées de très haut. Elle a gémi. Elle a crié. On a arrêté…

- Merci…

Elle s’est précipitée dans la salle de bains. Au retour elle faisait la moue…

- Franchement c’est pas terrible… Il va être déçu… Vous voulez pas m’en remettre une couche ?

On voulait bien, si !

- Mais alors même que je gueule tant que je peux vous en tenez pas compte… Vous continuez, hein !… Jusqu’à ce que ce soit vraiment rouge de chez rouge…

Elle a gueulé tant qu’elle a pu. Et ça a vraiment été rouge de chez rouge…

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