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lundi 18 mai 2009

Aux délices d'Adeline ( 5ème jour )

Clémence – c’était son tour – était partie servir les petits déjeuners. Coralie, elle, s’était précipitée sous la douche dès qu’elle avait entendu que ça commençait à bouger dans le box des garçons. Laurianne s’est levée, est venue s’asseoir au bord de mon lit. Avec des mines de conspiratrice. Et un sourire radieux…

- Tu sais quoi ?… Eh bien ça y est…

- Qu’est-ce qui y est ?

- Le monsieur, là, qui s’occupe de tout…

- Monsieur Ménisson…

- Oui… Il voulait me voir hier pour remplir des papiers et m’expliquer des trucs… Eh ben comment il m’a engueulée d’être arrivée en retard et de pas avoir été là pour l’ouverture…

- Il avait pas complètement tort, non ?

- Il y a longtemps qu’on m’avait pas engueulée comme ça… Et aussi longtemps… Et il y a pas que ça… Parce que à la fin il m’en a mis une… Et une bonne…

- Ca aura pas traîné, dis donc !…

- Il m’a obligé à la réclamer… A dire que je l’avais méritée… A demander pardon… Et à enlever ma culotte… J’étais morte de peur… Mais comment j’ai aimé !… A ce point-là j’aurais jamais cru…

- Bon, ben tu vois finalement… C’aurait été un peu idiot de rentrer en Belgique, non ?

- Et comment !… Mais c’est quand que je vais en avoir une autre, tu crois ?… J’ai trop envie maintenant…

- Oh, pour ça t’inquiète pas… Ca viendra… Et peut-être bien plus vite que tu l’imagines…

- Il faut faire quoi ?…

- Même si tu fais rien… Les clients s’occuperont de t’en faire avoir… Il y en a de tout particulièrement motivés ici…

- Devant tout le monde on me la donnera ?

- Evidemment devant tout le monde…

- Dis, s’il te plaît, tu le dis pas aux autres filles que j’en avais jamais eu avant, hein !… J’aurais bien trop honte…




- Mademoiselle Ternat demande que tu lui montes un thé…

Adeline était allongée de tout son long sur le divan dans le bureau…

- Merci… Alors ?!… Raconte un peu !… Comment ça se passe ?

- Oh, il y a pas grand chose à raconter…

- C’est toi qui as pris la toute première il paraît ?

- C’est moi, oui !… Enfin je crois…

- Fais voir, ça me rappellera des souvenirs… Eh bien fais voir !… Qu’est-ce que t’attends ?… Non, mais désape-toi… Carrément… Oui… Oui… C’est pas franchement terrible… Tu marquais beaucoup plus l’année dernière… Ou alors c’est Ménisson qui manque de conviction… Faudra que je lui dise qu’il se montre un peu plus explicite… Les clients seront déçus sinon… Qu’est-ce que tu fais ?… Mais non, te rhabille pas !… Reste comme ça… Ca me passera un moment… Parce que si tu savais ce que je peux m’emmerder… Je suis pas faite pour ça, moi, passer mes journées à rien faire… C’est encore une idée à Ménisson, ça… « Vous avez tout intérêt à ne pas trop vous montrer, à rester inaccessible si vous voulez jouir d’un certain prestige, d’une autorité sans faille. Surtout sachant que vous avez occupé auparavant des fonctions beaucoup plus subalternes… » Tu parles !… A mon avis ce qu’il a surtout voulu Ménisson, c’est me mettre au placard pour pouvoir régner sur tout ça comme bon lui semble… Mais j’ai pas dit mon dernier mot… C’est moi la patronne, oui ou non ?… Alors le jour où je vais débouler là-dedans et prendre vraiment les choses en mains il aura qu’à bien se tenir… Lui aussi, comme les autres… Tu sais que s’il apprenait que je t’ai fait venir il serait furieux ?… Déjà qu’il supporte tout juste que Félicien me rende visite de temps en temps… S’il ne tenait qu’à lui Félicien serait confiné aux cuisines comme les autres et ne mettrait jamais les pieds ici… Faut tout de même pas exagérer… Parce que sans Félicien je serais pas là… J’aurais pas tout ça… Alors qu’il vienne se ramasser sa fessée de temps en temps je lui dois quand même bien ça… Même si pour moi, maintenant, c’est devenu une corvée beaucoup plus qu’autre chose… Au début, oui, je prenais mon pied… Et pas qu’un peu !… Mais à force… Il est trop prévisible Félicien… Trop répétitif… Il manque d’imagination… Et il bave beaucoup trop d’admiration devant moi… Tu t’enfonces dedans comme dans du beurre… C’est gonflant à force… Non… Le seul sur qui ça me motiverait vraiment maintenant c’est Fournier… Pour plein de raisons… Je t’ai déjà dit… Mais surtout parce que la fessée c’est pas du tout son truc… Et j’y arriverai… Je me suis juré d’y arriver… Mais pour ça encore faudrait-il que je puisse aller et venir ici comme bon me semble, Ménisson ou pas Ménisson…

Elle a soupiré…

- Ca va être son heure à celui-là… File !… Parce que s’il te trouve là je vais encore avoir droit à tout un tas de réflexions sur mon rang à tenir… File !… Je te rappellerai un de ces jours… On discutera… Ca me fait du bien…




- Tu fais voir ?

Elle a précipitamment dissimulé la feuille sous son oreiller…

- Oh, mais fais voir, quoi !

- Oui, mais alors vous en parlez pas aux autres, hein !… Vous me promettez…

- Pourquoi on irait faire une chose pareille ?… Ca regarde personne…

Elle nous l’a tendue. Elle s’était dessinée, elle, sous la douche qui coulait, couchée en travers des genoux de Milàn, le petit jeune des cuisines, qui la fessait. Il y mettait tout son cœur. Il la fessait et, en même temps, il assistait à sa fessée. Il était le seul spectateur, cloné en une dizaine d’exemplaires qui observaient la scène avec une attention soutenue, la mine surprise, ravie, scandalisée, gourmande, moqueuse, indifférente, effrayée ou compatissante, selon les cas. Plusieurs d’entre eux se masturbaient, les uns frénétiquement, les autres avec une retenue inquiète…

- En tout cas t’as un sacré coup de crayon…

Et on a voulu voir ses autres dessins qu’elle ne s’est pas fait prier pour nous montrer. Elle en était systématiquement l’héroïne principale. Et elle y était systématiquement fessée. Dans les endroits les plus peuplés qui soient : Au Stade de France juste avant la finale de la Coupe du Monde 98. Place de La Bastille à la fin d’une manifestation unitaire. Sur les remparts de Carcassonne au milieu d’une foule de touristes éberlués…

- C’est fou comment t’arrives à donner une impression de foule sans vraiment la dessiner…

- Il y a pas de risque qu’un jour ça t’arrive vraiment devant autant de monde. Ou alors tu finiras en taule… Et le type avec…

Laurianne a fait mine de s’enfuir avec la pile de dessins…

- Eh !… Où tu vas ?

- Les montrer à Monsieur Ménisson… Histoire qu’il t’en colle une bonne…

- Ca va pas, non ?

Elles ont lutté mi-joueuses mi-sérieuses. Quelqu’un a donné des coups dans la cloison…

- Oh, les filles, c’est fini ce boucan ? Il y en a qui voudraient dormir…

C’était la voix de Milàn…

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