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lundi 25 mai 2009

Aux délices d'Adeline ( 7ème jour )

- Tu dors ?…

- Qu’est-ce qu’il y a ?… Qu’est-ce qui se passe ?… Quelle heure il est ?

- Deux heures du matin… Ca y est… Je suis revenue de sa chambre à Escobar… Tout ce temps-là on a discuté…

- Eh ben dis donc !… Et alors ?

- Et alors il les a trouvés pas trop mal mes dessins… Du moins c’est ce qu’il a dit… Mais je sais pas s’il le pense vraiment ou si c’était juste pour me faire plaisir…

- Pourquoi il le penserait pas ?… Ils tiennent drôlement la route…

- Il m’a dit qu’il me montrerait des trucs… Qu’il me donnerait des astuces… Et moi je lui ai proposé… Je lui ai dit comme ça que si il voulait je pourrais lui servir de modèle quand on me l’aura donnée la fessée… Tu crois que j’ai bien fait ?… Qu’il va pas se mettre à imaginer des choses ?

- Quelles choses ?

- Ben attends !… Une nana qu’il connaît ni d’Eve ni d’Adam… Qui se pointe comme ça dans sa chambre et qui veut se mettre les fesses à l’air il y a quand même de quoi se poser des questions…

- C’est pas ça qui doit l’émouvoir, tu parles !… Il a dû en voir des milliers des fesses depuis le temps qu’il dessine… Alors un peu plus un peu moins… Et si t’en avais pas parlé c’est lui qui te l’aurait demandé si ça tombe…

- Le mieux, évidemment, ce serait que ce soit lui qui me la mette la fessée, mais bon ça… Faut pas rêver…

- Ben pourquoi ?… Pourquoi ça se pourrait pas ?

- Parce que… Parce que je crois pas que ce soit ça qu’il aime… Regarde ses dessins : t’as jamais un mec qui la donne la fessée… C’est toujours des femmes…

- Ca veut peut-être rien dire…

- Oh ben si, si !… Forcément…




Elles étaient six – les quatre filles du box D et les deux lingères – engagées, à l’entrée du parc, assises à même le sol, dans une conversation animée qui s’est interrompue à mon approche…

- Je dérange ?

- Non… Bien sûr que non… Assieds-toi et excuse-moi pour hier… J’étais sur les nerfs… Mais reconnais que quand t’as l’impression qu’on te snobe…

- C’est pas ça… C’est pas ça… Mais personne nous l’avait dit à nous que tout le monde se retrouvait là l’après-midi…

- Elles ont pas voulu venir les trois autres ?

- Il y en a deux qui dorment… Elles sont crevées… Quant à Laurianne je sais pas où elle est passée… Mais je croyais qu’il y aurait ceux des cuisines aussi… Ils sont pas là ?

- Ils devraient pas tarder… En principe…

Il s’est échangé des sourires gênés. Des regards entendus…

- Oui… Alors que je t’explique… Ce sera plus simple… Sarah – Sarah, c’est la fille qui est assise tout au bout là-bas en rouge – Sarah, elle est amoureuse folle de Milàn depuis le tout premier jour qu’on est arrivées ici… C’est aussi la meilleure amie de Caroline, l’une des deux filles qui s’est fait tambouriner le derrière au restaurant hier soir… Jusque là tu suis ?… Bon… Sauf que ce matin, aux cuisines, Caroline elle lui a fait du rentre-dedans comme c’est pas permis à Milàn… Et que là maintenant personne sait ce qu’ils sont devenus tous les deux… On peut imaginer tout ce qu’on veut… Quant aux trois autres ils se sont prudemment défilés… Pas question pour eux d’être mêlés à cette histoire… De devoir prendre parti… C’est courageux les mecs, mais seulement jusqu’à un certain point…




A la grande table du fond il y avait tout un groupe de jeunes. Qui commandaient bouteille sur bouteille. Qui parlaient fort. De plus en plus fort. Qui riaient haut. De plus en plus haut. Qui, chaque fois que l’une d’entre nous faisait son apparition avec un plat ou des assiettes, applaudissaient à tout rompre…

- C’est celle-là ?

- A poil !

- Bon alors ?!… C’est quand qu’on leur claque le cul ?… Ils vont se grouiller, oui ?

Monsieur Ménisson s’est approché, leur a dit quelque chose qu’on n’a pas entendu…

- Toi, le vieux, tu dégages !… On t’a pas sonné…

Le « vieux » l’a tranquillement soulevé de sa chaise par le col de sa veste. L’a laissé un bon moment gigoter en l’air, suspendu, sous les rires du reste de la salle. Et puis il l’a lâché. L’autre s’est étalé de tout son long, relevé et enfui sans demander son reste…

- S’il y a d’autres candidats…

Personne n’a plus bronché...




Là-haut, dans le box, Laurianne en riait encore…

- Cette tête qu’il faisait…Il est pas près de revenir s’y frotter… Mais tu sais que j’ai cru un moment que c’était lui qui allait s’en prendre une de fessée !… Ca pourrait arriver peut-être un jour, hein, que ce soit un client qui y attrape !… On n’aurait pas fini de rigoler… Qu’est-ce t’as, Clémence ?… T’en tires une tronche !

- Non, rien… Laisse !… Vous occupez pas !… Ca va passer…

- Mais si, dis !… On y est pour quelque chose ?

- Pas vous, non !…

- Qui alors ?

- C’est mon mari… Il se fout carrément de moi, j’ai l’impression… Parce qu’on s’était bien mis d’accord : je venais faire la serveuse ici et lui le client, sans dire qui il était, pour me voir en ramasser… Ca nous plaisait autant à l’un qu’à l’autre cette idée… Le 2 il devait venir… Et demain on est le 6… Et…

- Ben pour le moment il a pas perdu grand chose… T’en as pas eu…

- Oui, mais ça il pouvait pas le savoir… Non… Ce qu’il y a surtout c’est que chaque fois que je l’appelle il a toujours un bon prétexte pour pas arriver tout de suite… Il y a le voisin qu’a absolument besoin de lui pour sa gouttière qui fuit… Ou sa mère qu’est justement en train de faire les arrangements de famille et il veut pas laisser le champ libre à ses frères et sœurs… Il y a toujours quelque chose… La vérité c’est qu’il en profite que je sois pas là pour s’envoyer en l’air derrière mon dos avec son espèce de Nathalie… La v’là la vérité… Il m’a expédiée ici pour pouvoir la sauter tranquille… C’est cousu de fil blanc… Et moi, comme une conne, je suis tombée les deux pieds joints dans le panneau… Seulement s’il s’imagine que je vais le laisser me rouler comme ça dans la farine… Le jour où je vais dégoupiller il sera pas déçu du voyage…

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