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lundi 11 mai 2009

Aux délices d'Adeline ( 3ème jour )

Coralie en avait encore les yeux tout brillants d’excitation…

- Vous savez quoi, les filles ?… Eh bien je viens de prendre ma douche avec les quatre types du box d’à côté…

- Ca t’arrivera d’autres fois…

- J’étais dessous quand ils ont déboulé… « Salut !… Bien dormi ?… » Et ils se sont désapés…

- Parce que tu voulais qu’ils se lavent tout habillés ?

- Ben non, non, mais…

- Mais quoi ?…

- Non… Rien… Mais n’empêche que c’est des conneries ce qu’on raconte sur le patron… Que c’est un obsédé tout ça… Parce qu’il m’a même pas regardée… Enfin si !… Quand même un peu… Mais de l’air de celui qu’en a vraiment rien à foutre…

- Et ça t’a vexée…

- Ben pour être franche… quand même un peu, oui… Quand t’es à poil et que t’as l’impression de faire aucun effet c’est pas vraiment agréable… Ca vous fait pas ça à vous ?… En tout cas il en avait pris une aussi… Comme Basile… Et une belle… A tous les coups c’est mademoiselle Ternat qui la lui a flanquée… Ca peut être qu’elle… Comment c’était trop rigolo de les voir comme ça tous les deux l’un à côté de l’autre avec leurs derrières tout rouges… On aurait dit qu’ils faisaient un concours… Mais quand même !… Faut pas avoir honte !… Quand t’es patron !… Comment tu veux avoir de l’autorité après ça ?…

- Il en a pas besoin… Il compte pas…

- Je sais pas comment ils font… Je pourrais jamais, moi, vivre avec un mec qu’aurait aucune importance pour moi… Et encore moins coucher… Mais peut-être qu’ils couchent pas ?

- Qu’est-ce que tu veux que j’en sache ?… Je tiens pas la chandelle…

- On s’en fiche d’eux n’importe comment… C’est leur vie… Ils se débrouillent… Mais alors, à part ça, les filles, il y en a un !… C’est le petit jeune… Comment il est super mignon, super craquant et tout et tout… Et je peux vous dire – j’ai eu tout le temps de voir – qu’il a tout ce qu’il faut là où il faut… Pas la peine que je vous fasse un dessin…

- Je croyais que t’avais un copain ?

- Oui, oh !… De toute façon je me fais pas d’illusions… On est douze nanas – dont quelques-unes plutôt canons – pour quatre mecs… Et sur les quatre il y en a qu’un de baisable… Alors !…




Monsieur Ménisson s’est éclairci la voix…

- Bien… Alors si je vous ai tous réunis ici ce matin c’est pour régler quelques derniers petits détails avant l’ouverture de ce soir… D’abord qu’il soit bien clair que je serai votre seul interlocuteur… Sous aucun prétexte, à moins qu’elle ne vous ait expressément convoqués, vous ne devez déranger Mademoiselle Ternat…Est-ce bien clair ?

Quelques-uns ont bruyamment approuvé…

- Ensuite – mais cela devrait aller sans dire – je ne veux recevoir aucune plainte, entendre aucune doléance, de quelque nature qu’elles soient, de la part de la clientèle au sujet de n’importe lequel d’entre vous… La sanction serait immédiate… Aucune explication, aucune tentative de justification ne seront recevables… Et en cas de récidive ce serait le licenciement immédiat pur et simple… C’est bien compris ?

C’était compris, oui…

- Et enfin vous aurez à cœur d’entretenir les uns avec les autres les meilleures relations qui soient… Si nous avons délibérément choisi de vous faire vivre en étroite promiscuité c’est pour vous offrir la possibilité de former un groupe solidaire et homogène… J’espère que vous ne nous donnerez pas l’occasion de le regretter… Voilà… C’est tout… Et maintenant au travail !… Ah si !… Encore un dernier mot… N’oubliez pas d’avoir constamment présents à l’esprit les termes du contrat que vous avez signé… Ca vous évitera sans doute bien des déconvenues…




Les premiers clients ont commencé à arriver en tout début d’après-midi… Ils se sont approprié les chambres, ont investi le parc, les escaliers, les couloirs… A cinq heures l’hôtel était complet…

- Et l’autre qu’est toujours pas arrivée…

- Elle a peut-être changé d’avis…

- On va jamais assurer le service en salle à trois…

- Faudra bien…




Il a bien fallu… A sept heures tapantes la salle de restaurant était pleine. Monsieur Ménisson prenait cérémonieusement les commandes. Ouvrait les bouteilles. Faisait goûter le vin. Multipliait les courbettes. Et exerçait sur nous trois une surveillance de tous les instants qui mettait Clémence dans tous ses états…

- Il me stresse… Non, mais comment il me stresse !…

On courait. De la salle aux cuisines…

- Ben alors, Basile, qu’est-ce vous foutez ?… Ca fait dix minutes que je les attends les Saint-Jacques pour la 7…

- J’ai pas douze mains, moi !…

Et des cuisines à la salle…

- On peut avoir du pain ?

- Tout de suite, Monsieur !

- Je l’avais demandé saignant mon steak… Vous appelez ça saignant, vous ?

- Je le signale aux cuisines… Ils vont vous en refaire un…

- Mademoiselle, s’il vous plaît !…

- J’arrive…




Il l’a fait exprès. Délibérément exprès. Un grand type d’une trentaine d’années au sourire fat, puant à cent kilomètres à la ronde le contentement de lui-même… Juste au moment où je passais à sa hauteur avec trois assiettes sur les bras il a brusquement lancé sa jambe dans l’allée et je me suis étalée de tout mon long dans un grand fracas de vaisselle cassée. De la sauce a giclé sur la robe de sa femme qui a poussé un hurlement strident…

- Une robe toute neuve !… Où c’est qu’ils sont allés la chercher cette bonne à rien ?

Je me suis relevée aussi vite que j’ai pu. Clémence et Coralie se sont précipitées pour m’aider à réparer les dégâts. On n’a pas eu le temps. Monsieur Ménisson m’a fermement empoignée par le bras, tirée en arrière…

- Toi !… Evidemment, toi !… Tu n’en loupes pas une, hein !

Tout s’est tu. Plus un bruit. Plus le moindre cliquetis de couvert...

- Déculotte-toi !

D’un ton qui ne souffrait pas la moindre réplique. Et j’ai obéi. Dans le fond, près de la baie vitrée, des gens se sont levés pour mieux voir. Du regard j’ai cherché, tout autour de moi, où poser ma culotte. Le type au croche-pied a tendu la main. Je la lui ai machinalement donnée. Et voulu aussitôt précipitamment la reprendre en rougissant. Il ne me l’a pas rendue. En me fixant droit dans les yeux il l’a enfouie sous sa chemise. Monsieur Ménisson m’a obligée à me tourner vers lui. Il a posément dégrafé ma petite jupe noire, enfermé dans l’une de ses mains les deux miennes derrière lesquelles je m’efforçais maladroitement de dissimuler ma nudité. De l’autre il a tiré une chaise, posé le pied dessus. Il a pris tout son temps. Il m’a soulevée, couchée en travers de sa jambe et il a tapé. Ils étaient là eux aussi. Sortis tous les quatre des cuisines ils regardaient. Monsieur Ménisson ne m’a pas ménagée. Fort. Longtemps. Incroyablement brûlant. J’ai hoqueté. J’ai fini par crier. Il m’a reposée…

- Là… Pour cette fois ce sera tout… Retourne travailler…

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